Mon dixième livre est maintenant disponible!

Bauer, O. (2020). 500 ans de Suisse romande protestante (1526-2019). Alphil Presses universitaires suisses.

En 160 pages, j’y fais l’histoire de (presque) 500 ans de protestantisme en Suisse romande.

Il est issu d’un séminaire de Master que j’ai donné à l’Université de Lausanne au printemps 2018: «491 ans de théologie pratique et de pratiques théologiques protestantes en Suisse romande »). Et je remercie

  • les étudiant·es qui y ont participé: Nicole Awais, Maëlle Camille-Claire Bader, Abigaïl Bassac, Vincent Demaurex, Noémie Émery, Valérie Gafa, Calen Ebere Lee Gayle, Florence Hostettler, Julia Linder Simonin, Matthieu Mérillat, Pascal Pretot, Christine Rumpel et Carl-André Spillmann;
  • ainsi que mes assistants du moment: Nathalie Monot-Senn et Philippe Zannelli.

Note: Sur la quatrième de couverture, l’éditeur a malencontreusement attribué la célébration du premier culte protestant à Ulrich Zwingli en lieu et place de Guillaume Farel. Ce qui prouve combien ce livre est nécessaire…


Délavé·e, ravivé·e (repenser la théologie des couleurs)

J’ai entendu le pasteur Philippe Kabongo M’Baya, président du Mouvement du christianisme social, évoquer les « chrétiens délavés ». Il parlait, je crois, de celles et ceux dont la foi est mise à l’épreuve par l’époque que nous vivons.

Cette expression a réglé pour moi une vieille question de couleur.

Comme d’autres cultures, le christianisme associe la couleur noire au mal et la couleur blanche au bien. « Jésus lave plus blanc les âmes noires ». Ce qui arrange les chrétien·nes à la peau blanche (j’en suis un) mais discrédite les chrétien·nes à la peau noir (Philippe Kabongo M’Baya en est un).

La métaphore des « chrétien·nes délavé·es » recadre totalement la théologie des couleurs.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais elles peuvent toutes être plus ou moins intenses, plus ou moins profondes.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs sont donc parfaitement égales, aussi bonnes les unes que les autres.

Mais le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs courent le risque d’être délavées, de perdre de leur intensité, de leur profondeur.

Heureusement, Jésus vient raviver les couleurs ! Il leur rend leur éclat d’origine! Ce qui convient à tou·tes les chrétien·nes, peu importe la couleur de leur peau. Ce qui nous remplit d’espoir même dans l’époque que nous vivons.


P.S. Et ce qui explique peut-être que la Genèse ait fait de l’arc-en-ciel le signe de l’alliance entre Dieu et les êtres humains.

Nouveauté 2020: Prédications en libre-accès

Pour cette année 2020, j’ajoute une nouvelle page sur mon blogue: Prédications en libre-accès.

J’y propose mes réflexions sur la prédication, un outil pour vous aider à construire une prédication et surtout les textes de quelques unes de mes prédications, soigneusement sélectionnés, comme vous pouvez l’imaginer. Je tenterai de l’alimenter régulièrement.

J’ai organisé mes prédications en quatre rubriques :

  1. Sur la Bible juive
  2. Sur le Nouveau Testament
  3. Sur des thématiques théologiques
  4. Sur d’autres textes

Vous pouvez les lire ou les prêcher. Dans ce cas, soyez assez gentil·le pour en indiquer la source.

Un Noël sans Jésus? Mais oui, c’est possible!

Le théologien du quotidien navigue sur Internet et tombe sur cet «ugly holiday sweater» (il est en solde!)

Le théologien du quotidien salue le souci d’œcuménisme (à défaut d’esthétisme) qui réunit dans le même cardigan une fête juive et une fête chrétienne. Il est frappé par l’asymétrie: le côté Hanouka est illustré par des symboles juifs, mais rien n’évoque l’origine chrétienne de Noël.

Je le disais en 2015 déjà: «Noël n’est plus la seule propriété des chrétiens». Ce qui ne me choque pas. Car c’est un beau cadeau que Dieu a fait au monde, sans y mettre aucune condition de foi!

À ce sujet, on peut relire l’entretien que j’avais donné dans le quotidien suisse 24 heures.

Pour être universelle, une prière doit être athée

esprit802 a laissé deux commentaires à propos de mon dernier article « Funérailles : une prière (vraiment) universelle ». Après avoir précisé qu’il « aime cette belle prière » (je l’en remercie), il écrit notamment :

« Mais il me manque une phrase qui mentionne la deuxième dimension de notre vie : celle que nous ne maîtrisons pas, et qui pourtant qui nous permet d’exister. Le don d’être vivants. Dans ma vie, il n’y a pas seulement un JE et un NOUS, mais aussi un TU au-delà qui nous dépasse. »

Je comprends son manque, mais je l’ai voulu.

Car c’est précisément l’absence de « deuxième dimension » qui peut rendre la prière universelle. Dans un service funèbre « multispirituel », j’ai voulu permettre à celles et ceux pour qui il n’y a pas de « TU au-delà qui nous dépasse » de s’associer à cette prière. J’ai souhaité que chacun·e puisse trouver la consolation, la force, le repos, la justice, l’espoir, le changement et la paix là où elle, il la cherche : en soi, auprès de ses proches, de la part d’un Dieu, etc.

Une prière athée, une prière qui ne mentionne pas Dieu n’empêche personne de s’y référer. Mais elle n’oblige personne à le faire.

Funérailles: une prière (vraiment) universelle

On m’a demandé de rédiger une prière universelle pour les funérailles d’un proche, une prière que devait prononcer un membre de la famille. Sachant que les funérailles étaient catholiques, mais que le défunt et sa famille n’étaient ni catholiques, ni même chrétien·nes, j’ai rédigé un texte qui respecte la forme d’une prière universelle catholique et sur le fond de laquelle puissent s’accorder des personnes venant de divers univers spirituels.

Prions !

Dans la tristesse et dans la peine, en incluant celles et ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui, nous pensons les unes et les uns aux autres.

Longtemps, nous avons côtoyé NN, notre XX, notre proche, notre ami. Et maintenant, nous devons vivre sans lui. Que nous gardions le souvenir de la personne qu’il a été, dans les bons comme dans les moins bons moments !

Parce que nous sommes dans le deuil, nous nous associons aux personnes qui sont dans le deuil. Qu’elles trouvent la consolation !

Parce que NN a souffert d’un cancer, nous nous associons aux personnes qui souffrent d’une maladie grave, aux personnes qui les aiment, aux personnes qui les soignent et qui en prennent soin. Qu’elles trouvent la force et le repos !

Parce que la vie n’est pas toujours juste, nous nous associons aux personnes écrasées par l’injustice, la faim, la souffrance ou la guerre. Qu’elles trouvent la justice, l’espoir, le changement et la paix !

Parce que nous aimons la vie, nous nous associons à toutes les vivantes, à tous le svivants. Que nous vivions toutes et tous, ici et ailleurs, maintenant et toujours, une vie belle, une vie vraie, une vie pleine, une vie qui vaut d’être vécue !

Amen.