Funérailles: une prière (vraiment) universelle

On m’a demandé de rédiger une prière universelle pour les funérailles d’un proche, une prière que devait prononcer un membre de la famille. Sachant que les funérailles étaient catholiques, mais que le défunt et sa famille n’étaient ni catholiques, ni même chrétien·nes, j’ai rédigé un texte qui respecte la forme d’une prière universelle catholique et sur le fond de laquelle puissent s’accorder des personnes venant de divers univers spirituels.

Prions !

Dans la tristesse et dans la peine, en incluant celles et ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui, nous pensons les unes et les uns aux autres.

Longtemps, nous avons côtoyé NN, notre XX, notre proche, notre ami. Et maintenant, nous devons vivre sans lui. Que nous gardions le souvenir de la personne qu’il a été, dans les bons comme dans les moins bons moments !

Parce que nous sommes dans le deuil, nous nous associons aux personnes qui sont dans le deuil. Qu’elles trouvent la consolation !

Parce que NN a souffert d’un cancer, nous nous associons aux personnes qui souffrent d’une maladie grave, aux personnes qui les aiment, aux personnes qui les soignent et qui en prennent soin. Qu’elles trouvent la force et le repos !

Parce que la vie n’est pas toujours juste, nous nous associons aux personnes écrasées par l’injustice, la faim, la souffrance ou la guerre. Qu’elles trouvent la justice, l’espoir, le changement et la paix !

Parce que nous aimons la vie, nous nous associons à toutes les vivantes, à tous le svivants. Que nous vivions toutes et tous, ici et ailleurs, maintenant et toujours, une vie belle, une vie vraie, une vie pleine, une vie qui vaut d’être vécue !

Amen.

Racisme canin?

Bien que ce ne soit pas à proprement écrire de la théologie, le théologien du quotidien s’interroge quand-même sur le sens profond de ce panneau de signalisation.

Lausanne, 7 décembre 2019 (c) Olivier Bauer

Il lui semble signifier: «Les chien.nes noir.es doivent être tenu.es en laisse; les chien.nes blanc.hes peuvent se promener en toute liberté.» Mais il espère se tromper…

Les professeur·es sont fourbes (et tous les Crétois sont des menteurs)

À l’université de Lausanne, deux étudiant·es tombent d’accord: les professeur·es sont fourbes (il s’agissait d’une question d’évaluation ou d’examen, je crois).

Elle et il m’interpellent pour me demander ce que j’en pense. Je leur donne évidemment raison. Et je leur précise que c’est même le critère déterminant de notre nomination. Si notre candidature est retenue, nous recevons ce questionnaire.

Et n’entrent en considération que celles et ceux qui ont coché la case « Oui ». Ce sont les seul·es (futur·es) professeur·es dignes de confiance, car ce sont les seul·es à être honnêtes. Ce qui, de fait, instille le doute quant à leur véritable fourberie…

Classiquement, ce « paradoxe du menteur » est illustré par l’épisode d’Épiménide le Crétois qui affirme: « Tous les Crétois sont des menteurs! ». Mais un professeur vraiment fourbe, un vrai professeur donc, ne devrait pas dévoiler sa source.

Devenir meilleur.e ou « meilleur.e que »?

Lors du 2nd Global Congress on Sport and Christianity, le théologien Miroslav Volf (visiter sa page personnelle sur Wikipedia) a résumé l’évangile dans une conception qui me convient parfaitement, dans le sport comme dans le reste de ma vie.

Je la reformule ainsi:

« Vraiment, il est juste et bon de vouloir devenir meilleur.e. Mais en vérité, je vous le dis, il est inutile et dangereux de vouloir devenir meilleur.e que quelqu’un.e d’autre. »

Ce qui fait toute une subtile différence.

Le Master en théologie aux Universités de Lausanne et Genève

Une vidéo qui n’est pas toute récent (10 janvier 2018), mais qui reste d’actualité…

J’y présente la théologie pratique à partir de 3 minutes 40.

Négociez mieux qu’Abraham! (super bonus)

On écrit en commentaire à mon dernier article:

« Face à un Dieu qui détruit, puis qui est inconsistant dans ses jugements, ce qui reste c’est la PEUR, Et après? Pour les gens? »

La réponse à ces deux questions se trouve être la réponse à la question: « Comment négocier mieux qu’Abraham? ».

Pour mémoire, ou pour vous éviter de lire mon article Négociez avec Abraham ! (bonus), je rappelle qu’Abraham négocie pied à pied avec Dieu pour qu’il ne détruise pas les villes de Sodome et Gomorrhe. S’il y vit 50 justes? Dieu ne les détruira pas! Et pour 40, 30, 20, 10? Dieu ne les détruira pas! Mais il n’y avait pas 10 justes et Dieu a détruit les deux villes.

Mais pourquoi Abraham s’est-il arrêté à 10? J’aurais mieux négocié. S’il y vit seulement 9 justes? Et 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1? Et même 0? Je suis convaincu que Dieu se serait laissé fléchir et qu’il aurait renoncé à détruire les deux villes. En théologie chrétienne, on appelle ce comportement la grâce.

Pour revenir au commentaire, ça ne me dérange pas que Dieu soit « inconsistant dans ses jugements ». Comme le dit le prophète Jonas: « Je savais bien que tu es un Dieu bon et miséricordieux, lent à la colère et plein de bienveillance, et qui revient sur sa décision de faire du mal. » (Jonas 4, 2). Mais, contrairement à Jonas, je m’en réjouis. Car c’est un Dieu dont je n’ai pas peur.

P.S. J’ai consacré mon tout premier livre au livre de Jonas, en montrant combien il est avantageux que Dieu change et s’adapte aux êtes humains : Bauer, O. (1996). Le jeu de Dieu et de Jonas. Grille de lecture pour un livre déroutant. Aubonne: Éditions du Moulin.


À propos d’Abraham, on peut aussi lire sur mon blogue: