Berger, brebis, collègues. Condition animale et monde du travail

Je ne suis pas spéciste. Je mets l’être humain avant les animaux. Mais je suis sensible à la condition animale.

Et quand, lors d’un débat organisé par la Société vaudoise de théologie consacré aux «Églises et au bien commun », le philosophe Fabrice Hadjadj (consulter sa page sur Wikipedia) a affirmé que « berger et brebis sont collègues », j’ai fait une crise d’indignation.

Je connaissais déjà cette définition du ou de la collègue : «Une personne qui fait le même travail que moi mais en moins bien.» Mais il me faut maintenant la modifier :

«Un·e collègue, c’est une personne que j’exploite, que je trais, que je tonds et que je tue quand j’en ai l’envie (ou que j’envoie à l’abattoir si c’est trop pénible pour moi).»

Quelle conception est ainsi pervertie ? Celle de la relation avec les animaux ou celle du monde du travail ? J’aurais tendance à répondre : « Toutes les deux ! ».

Le vin rapproche les protestant·es du Très-Haut

En primeur, je vous livre une citation que j’utiliserai lors de la conférence sur « Le vin divin » que je donne ce soir à Vevey dans le cadre du cours public « Esprit du vin – esprit divin« . Je l’emprunte au géographe français Jean-Robert Pitte.

«Dans l’univers protestant, boire n’est pas s’abandonner, encore moins s’enivrer. Apaiser sa faim et sa soif est une nécessité biologique et quasi instinctive qui rapproche l’homme de l’animal. Il n’est donc pas question d’en abuser, mais au contraire de limiter volontairement sa consommation et de profiter des gorgées que l’on s’accorde pour méditer sur la condition humaine et se rapprocher du Très-Haut.»  Jean-Robert Pitte, «Le vin de Bordeaux est-il protestant?», L’amateur de Bordeaux, décembre 2000, 47.

Esprit du vin – esprit divin

J’ai le plaisir d’organiser pour la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne un cours public sur les liens entre le vin et le divin, avec la collaboration de Sainte-Claire et de la paroisse réformée de Vevey, en synergie avec la Fête des Vignerons. Je serai heureux de vous y accueillir.

« L’être humain et ses limites… et Dieu dans tout ça? »

Dans le cadre de la réflexion « La planète et ses limites. Et nous dans tout ça? », proposée par le Centre 72 à Bois-Colombes (Île-de-France), je suis invité à une table ronde sur le thème « Quels engagements personnels et communautaires? ». Plutôt que d’imprimer et de photocopier ma présentation, j’ai choisi de la proposer en ligne. Un petit engagement personnel.

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Carême et Avent

Ça m’est venu comme une illumination! Le carême et l’Avent remplissent tous deux la même fonction. En nous promettant une récompense – les cadeaux de Noël et les chocolats de Pâques -, ils nous font faire patienter jusqu’à la fête, la naissance de Jésus et la résurrection du Christ.

L’hypothèse « il faut rire pour survivre » résiste-elle à l’épreuve de la réalité? [2/2]

Je ne sais toujours pas si les étudiant·es à qui j’enseigne la théologie pratique lisent mon blogue.

Mais ce deuxième article pourrait lui aussi intéresser celles et ceux qui suivent mon cours «Education à/de/dans/par la foi. Pédagogie, adogogie, anthropogogie de la religion». Je rappelle que nous y discutons méthode en posant des affirmations à propos de la catéchèse comme des hypothèses et en regardant si elles résistent à l’épreuve de la réalité. C’est la méthode du rationalisme critique, adaptée à la théologie par Pierre Paroz, notamment dans son ouvrage Foi et raison, Labor et Fides, 1985).

Dans un livre un peu étrange, un dialogue me fournit un exemple de cette démarche.

– « Parfois, dit-il, je ne comprends pas comment nous tenons.

Mue par une longue habitude de la compassion, Bernard pose une main rassurante sur son épaule.

— Nous continuons parce que nous n’avons pas le choix, dit-il.

Master B. le regarde avec de grands yeux tristes et soupire.

— Le meilleur moyen de tenir est peut-être de considérer l’existence sur Terre comme une vaste blague, une création d’une stupidité tellement énorme que la seule façon de vivre est de rire jusqu’à en perdre haleine. »

Meg Rosoff, Au commencement, il y avait Bob. Hachette 2012, p. 321

Je me demande si l’hypothèse « la seule manière de tenir ou de continuer dans une création d’une énorme stupidité, c’est d’être capable de rire jusqu’à en perdre haleine » résiste à l’épreuve de la vérité ! Et je propose une démarche en deux temps :

  1. La première partie — la création dans laquelle nous vivons est d’une énorme stupidité — ne me semble pas entièrement démentie par les faits (évidemment, écrire « création » est une confession de foi en un créateur ou une créatrice, une affirmation que je devrais aussi mettre à l’épreuve de la réalité).
  2. Ce qui devrait se discuter, c’est premièrement de savoir si rire jusqu’à perdre haleine est une bonne manière de tenir ; et deuxièmement, si c’est la meilleure manière de tenir.

Lors du prochain cours, je demanderai à mes étudiant·es ce qu’ils et elles en pensent.