J’ai tapé « robe pastorale dans un autre moteur de recherche et…

Ce que j’ai commencé comme une plaisanterie se révèle plus profond que je ne le croyais. Un commentaire sur mon article J’ai tapé « robe pastorale » dans un moteur de recherche et… m’a rappelé que les fureteurs ou leurs algorithmes ne sont pas neutres. J’ai donc cherché « robe pastorale » avec Google sur Safari. Et voici le résultat:

Passé les publicités qui nous entraînent vers des robes féminines et printanières (elles se vendent probablement mieux), Google associe « robe pastorale » à l’habit que portent des hommes et des femmes dans diverses Églises.

Google serait donc plus pieux que Qwant!

J’ai tapé « robe pastorale » dans un moteur de recherche et…

Voici les résultats d’une recherche « robe pastorale » avec le fureteur Qwant sur Firefox.

De cette collection d’images, j’induis que « pasteur·e » est un métier féminin et printanier, ce qui l’entraîne du côté de la vie et de la joie.


P.S. Avez-vous remarqué les deux intrus·es?

« Les meilleures ventes en christianisme »: mars 2021

Les choses se corsent ! Au premier mars 2021, les livres classés numéro 1 et 3 dans la rubrique « Christianisme » sur Amazon.fr sont la Bible Segond (voir mon article Livre # 1 le 1er octobre 2020 : « La Bible Segond 1910 ») et en numéro 3 Un moment avec Jésus (voir mon article Livre # 2 le 1er janvier 2021 : « Un moment avec Jésus chaque jour de l’année »). Instruit par mon expérience (voir mon article Livre # 3 le 1er février 2021 : « Conversations avec Dieu » par Neale Donald Walsh), je subodore que les livres classés numéro 2 et 4 ne devraient pas figurer dans la rubrique « christianisme ». Je traiterai donc du livre classé numéro 5 !

  • À découvrir le 15 mars : Carnet d’étude de la Bible : Un livret pour y inscrire les remarques que t’inspire l’étude de la Bible, y noter des versets bibliques ou y rédiger tes pensées. (2019). Éditions Inspired To Grace : 108 pages.

Rappel du projet :

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi : lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans « Les meilleures ventes en christianisme » sur Amazon.fr. Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres que je n’achète pas forcément par correspondance.


Ouvrages déjà traités:

Un dimanche du carême

Cette année, je propose sur mon blogue huit chroniques échelonnées de Mardi gras à Pâques. Je les ai intitulées : « Le jour V : un conte à rebours de Mardi gras à Pâques ». Pour chaque date symbolique, j’évoque un moment de la vie gastronomique et spirituelle d’une famille œcuménique multiculturelle avec deux mamans et un enfant, bref d’une famille tout à fait typique.


Toute la famille participe au culte puis au repas ceinture pour « donner des calories à celles et ceux qui ont faim »[1]. Quand Kerstin entend une amie leur raconter sa semaine de jeûne, « aussi bonne pour le corps que pour l’esprit », elle est séduite et pense y participer l’année prochaine. Toute la famille rentre à 16 heures pour écouter la conférence de Carême sur France Culture[2].


[1] Je tire l’expression du projet suisse romand « Des calories pour la vie »

[2] On peut en découvrir le programme sur le site Internet de l’Église protestante unie de France


Le jour V : un conte à rebours de Mardi gras à Pâques

  1. V-47 (Mardi gras)
  2. V-46 (mercredi des Cendres)
  3. Un dimanche du carême
  4. 20 mars 2021 : Équinoxe de printemps
  5. V-5 (Les Rameaux)
  6. V-1 (La dernière cène)
  7. Vendredi 2 avril 2021 : Jour V (Vendredi-Saint)
  8. V+3 (Pâques)

Pour une mort qui n’est pas escamotée, visionnez « Death, Through a Nurse’s Eyes »!

Je reviens un instant sur l’éventualité d’une mort escamotée par les médias (voir mon article La mort escamotée?). Ce matin, Nicolas Demorand, coanimateur du 7-9 sur France Inter, signalait un court documentaire mis en ligne sur la page Opinion du New York Times:

Sockton, A., & King, L. (2021, février 24). Death, Through a Nurse’s Eyes. In Opinion Video. The New York Times. https://www.nytimes.com/2021/02/24/opinion/covid-icu-nurses-arizona.html

« The short film above allows you to experience the brutality of the pandemic from the perspective of nurses inside a Covid-19 intensive care unit. »
« Le court métrage ci-dessus vous permet de faire l’expérience de la brutalité de la pandémie, du point de vue des infirmières dans une unité de soins intensifs COVID-19 »

Mêlant des images filmées par une caméra fixée sur le ventre d’infirmières, les témoignage de ces mêmes infirmières et le récit d’un narrateur, cette courte vidéo (15 min. et 10 sec.) fait voir et entendre les derniers moments des malades et les soins qui leur sont prodigués.

Elle permet de partager les derniers moments des malades et l’engagement des soignantes.

Elle permet de comprendre ce que signifie mourir, mourir de la COVID-19 et mourir loin de sa famille – qui ne peut être présente qu’en visioconférence -, et sans les rites auquel on tient – le sacrement des malades est administré seulement par téléphone -.

La mort escamotée?

Laure Dasinières, journaliste pour Heidi.News (lire son article : Pourquoi la mort a disparu à la faveur de l’épidémie de Covid-19), me suggère une hypothèse : « En période de COVID-19, la mort et ses représentations seraient escamotées dans l’espace public et dans les médias ». Pas entièrement convaincu, je la mets à l’épreuve de quelques faits, pour voir si elle leur résiste.

La mort escamotée dans l’espace privé ?

Mais je commence par rappeler que la pandémie a forcé beaucoup d’entre nous à se confronter à la mort d’un·e proche, même si certaines morts ont été effectivement escamotées par l’impossibilité d’accompagner les mourant·es dans leurs derniers instants ou de prendre soin de leur cadavre.

La mort escamotée dans l’espace public ?

Il est vrai que les limites imposées, en particulier celles du nombre de participant·es aux funérailles ont pu rendre la mort plus abstraite. Car depuis un an, nous avons fréquenté moins de cimetières, vu moins de cadavres, moins de cercueils et moins d’urnes, réconforté moins de proches en pleurs, entendu moins de rappel de notre vulnérabilité. Et nous avons parfois dû participer à des obsèques à distance ce qui a limité les perceptions à la vue et à l’ouïe, ce qui a réduit notre émotion et peut-être escamoté un peu de la réalité de la mort.

Il est aussi vrai que les diverses variantes de confinements, la fermeture de commerces et l’obligation de faire des activités à distance ont pu conduire à relativiser l’importance de la mort. Pour certain·es, la mort physique est un moindre mal par rapport à l’impossibilité de travailler, de vivre des rapports sociaux et même de consommer. Le christianisme a pu contribuer à relativiser la mort au nom de l’espérance d’une vie après la mort garantie par la résurrection du Christ.

La mort escamotée dans les médias ?

Loin d’escamoter la mort, les médias l’ont littéralement mise « à la une » ! Pudiquement certes, mais ils l’ont fait. Que ce soit pour indiquer l’ampleur du drame, pour dresser le bilan quotidien du nombre de décès ou pour marquer des seuils symboliques. Mais il est vrai que la répétition du nombre des décès crée sans doute une certaine accoutumance à la mort et tend à la banaliser, si ce n’est à l’escamoter. J’en donne trois exemples récents :

L’Express: Un cimetière portugais débordé par les mort·es de la COVID-19.
Une du Temps avec l'indication du nombre de mort de la COVID-19
Le Temps: Bilan quotidien des décès dus à la COVID-19 en Suisse.
Une du New York Times comémmorant 500'000 mort·es de la Covid-19
New York Times: Symbolisation des 500’000 mort·es de la COVID-19 aux USA.

L’hypothèse d’une mort escamotée résiste-t-elle à l’épreuve de la réalité ?

L’hypothèse « En période de COVID-19, la mort et ses représentations seraient escamotées dans l’espace public et dans les médias » ne résiste qu’à moitié à la mise à l’épreuve de la réalité. Il est vrai que la mort a pu être escamotée dans l’espace public. Mais il est faux qu’elle l’ait été dans les médias.

Si la mort était escamotée serait-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Il me reste encore une dernière mise à l’épreuve de l’hypothèse, une mise à l’épreuve subjective cette fois, une mise à l’épreuve qui implique le sujet que je suis. Elle n’y résiste pas. Que la mort soit escamotée peut être rassurant, agréable, réconfortant. Mais c’est illusoire et trompeur. Car ce n’est évidemment jamais la mort qui est escamotée, mais seulement sa représentation publique et médiatique. Tant qu’il y a des mort·es, tant que la mort est présente dans les espaces intimes et privés, il faut qu’elle le soit aussi dans l’espace public et dans les médias. Il faut la présenter et la représenter pour rappeler sa mortalité à qui se croit immortel. Il faut la présenter et la représenter pour rappeler sa cruauté à qui a l’espoir de la résurrection. Il faut la présenter et la représenter pour rappeler combien la vie peut valoir la peine d’être vécue, combien il est nécessaire de la protéger.


Sur la mort et le mourir, on peut aussi lire sur mon blogue: