Mes cours à l’Université de Lausanne: « Ritualités » et « Introduction à la théologie pratique »

Au semestre d’automne, je donne deux cours de Bachelor à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Et tout le monde (ou presque) peut les suivre comme auditeur ou auditrice libre (voir les conditions d’admission). Pour obtenir plus d’information ou pour vous inscrire, contactez le secrétariat de l’Institut lémanique de théologie pratique (envoyer un courriel au secrétariat de l’ILTP)!

Bauer, O. (Automne 2017). Les ritualités. Apprentissage par problème, Bachelor, Université de Lausanne. Le vendredi de 9h15 à 11h00; du 22 septembre au 15 décembre.

Les rites sont à la mode ! Mais quelles fonctions leur sont-elles accordées ou refusées ? Dans la partie cours, nous découvrirons ce que différentes approches incluent sous le vocable « ritualité » et nous comprendrons les différentes manières d’analyser les rites religieux. Dans la partie séminaire, chaque étudiant·e travaillera en groupe pour appliquer les théories de la ritualisation et du meaningless et créer un rite autour de la naissance selon la demande de Marie Ndongo.

Bauer, O. (Automne 2017). Introduction à la théologie pratique I: Maîtriser la praxéologie pastorale, Bachelor, Université de Lausanne. Le mercredi de 13 h 15 à 15 h; du 20 septembre au 20 décembre.

Au terme du cours, les étudiant·es

  • Sauront que la théologie pratique porte sur « les pratiques évangéliques ».
  • Auront interprété une pratique chrétienne à l’aide de la méthode de praxéologie théologique.
  • Auront jugé la fidélité et l’efficacité d’une activité de l’aumônerie universitaire.
  • Maîtriseront les cinq étapes de la méthode empirico-herméneutique et pourront l’appliquer à d’autres pratiques.
  • Auront articulé des référents en théologie et des référents en sciences humaines.

Pour connaître mes cours à l’UNIL, consulter la page: « À l’Université de Lausanne: les syllabus de mes cours« 

Respirez une bouffée de la bonne odeur du Christ!

En supplément (gratuit!) d’un entretien accordé à Protestinfo (« Le protestantisme a l’odeur du propre » par Laurence Villoz), je réfléchis sur quelques versets de la deuxième lettre de Paul aux chrétien·nes de Corinthe. Il y évoque deux parfums:

« Grâce soit rendue à Dieu qui, par le Christ, nous emmène en tout temps dans son triomphe et qui, par nous, répand en tout lieu le parfum de sa connaissance. De fait, nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, pour ceux qui se sauvent et pour ceux qui se perdent; pour les uns, odeur de mort qui conduit à la mort, pour les autres, odeur de vie qui conduit à la vie. Et qui est à la hauteur d’une telle mission? » La Bible, deuxième lettre aux Corinthiens chapitre 2, versets 14 à 16

Que faire avec un tel texte?

  • D’abord, réaliser que pour Paul, la « Parole de Dieu » est aussi une « Odeur de Dieu »: parfum de sa connaissance, bonne odeur du Christ.
  • Ensuite, réaliser que cette odeur est ambivalente: elle est odeur de mort pour certain·es, elle est odeur de vie pour d’autres.
  • Ensuite, réaliser que cette bonne odeur a quelque chose de paradoxal: la connaissance a le parfum de la mort, le Christ a l’odeur de Jésus crucifié; mais ils sont aussi le parfum et l’odeur d’un cadavre qui n’aura pas eu le temps de pourrir.
  • Ensuite, réaliser que la chrétienne et le chrétien reçoivent une double mission: elle et il doivent répandre le parfum de la connaissance en tout lieu et être pour Dieu la bonne odeur du Christ.
  • Enfin, réaliser que Paul ne précise pas ce que sentent la connaissance ni la bonne odeur du Christ; il laisse chacun·e libre d’attribuer au Christ l’odeur qui le ou la fait vivre.

Et se poser la question: pour moi, quelle odeur a le Christ, l’Évangile, la Grâce, la Bénédiction, la Vie?

Et surtout, surtout en respirer une bonne bouffée!

Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle! (Version théologique)

Vous connaissez sûrement l’histoire éculée du type qui repeint son plafond. Un fou arrive qui lui dit: « Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle! » Et bien, figurez-vous qu’il en existe une version théologique. Et que ça peut marcher!

« Selon les Cantigas de Santa Maria compilées à la fin du XIIe siècle par le roi de Castille et de Léon Alphonse X le Sage, un peintre avait, sur les murs d’un église, représenté le diable sous les traits affreux qui caractérisent celui-ci. Cette fois, c’est le diable qui s’insurge contre la norme iconographique qui n’est pas à son avantage. Pour punir le peintre, il fait s’écrouler l’échafaudage sur lequel celui-ci est monté. Mais la Vierge Marie veille et permet que le peintre, qui a bien servi la vérité, reste suspendu au mur de l’église par son pinceau et échappe ainsi à la mort. » Jean-Claude Schmitt (2002). Le corps des images. Essais sur la culture visuelle du Moyen Âge, Gallimard: 146

Puis-je revendiquer « ma théologie »?

Dans un culte que j’ai célébré à l’Église Unie St-Jean à Montréal, une paroisse de l’Église Unie du Canada, je me suis permis d’utiliser le moment des annonces, pour faire un peu de publicité pour mon blogue (500 abonnés ne me suffisent pas!). J’avais écrit sur le feuillet: « Si vous êtes intéressé·e par ma théologie, vous pouvez visiter et suivre mon blogue » et Jean-Luc m’a posé une question inattendue, intrigante, mais fort intéressante. Il m’a dit, en substance: « Tu écris ‘ma théologie’, mais je croyais qu’il y avait des grands courants théologiques et que la théologie était par exemple réformée ou catholique… » Je lui ai répondu en le prévenant que ma réponse pourrait bien faire l’objet d’un article de mon blogue. J’avais raison (pour le blogue, pas forcément pour « ma théologie »!)

La théologie est toujours personnelle. Car elle est nourrie de ce que nous sommes, de nos expériences, de nos rencontres, de nos lectures, de notre culture, bref de notre vie. Ainsi, je suis prêt à parier que la théologie du pape François n’est pas exactement la théologie catholique, que la théologie de Najla Kassab, la pasteure libanaise qui vient d’être élue présidente de la Communion mondiale d’Églises réformées, n’est pas exactement la théologie des Églises réformées (l’utilisation d’un pluriel en dit déjà beaucoup de la diversité de ces théologies réformées) et que la théologie de Jean-Luc n’est pas exactement la théologie de l’Église unie du Canada. Et c’est heureux! C’est heureux pour François, pour Najla et pour Jean-Luc, qui sont libres de croire à leur manière. Mais c’est aussi heureux pour l’Église catholique, pour les Églises réformées et pour l’Église Unie du Canada, qui peuvent profiter de la richesse de cette diversité.

Ce qui n’empêche pas (ou ce qui n’évite pas) que chaque théologie puisse être, le plus souvent, rattachée à de grands courants de pensée. Ainsi « ma théologie » s’inscrit plutôt du côté « religieux », plutôt du côté « monothéiste », plutôt du côté « chrétien », plutôt du côté « protestant », plutôt du côté « réformé » et plutôt du côté « libéral ». Ce qui n’empêche pas (ou ce qui n’évite pas) qu’elle soit aussi un peu « athée », un peu « hénothéiste et polythéiste », un peu « juive et musulmane « , un peu « catholique, orthodoxe, anglicane et pentecôtiste », un peu « luthérienne et évangélique », un peu « conservatrice » et un peu « autre ». Ce qui n’empêche pas (ou ce qui n’évite pas) qu’elle soit aussi un peu celle de François, de Najla et de Jean-Luc. Et j’en suis heureux, heureux pour moi!

"Ma théologie" est plutôt religieuse, monothéiste, chrétienne, protestante, réformée et libérale.
Enfin, « ma théologie » est ma théologie d’ici et maintenant. Ce qui n’empêchera pas (ou ce qui n’évitera pas) qu’elle change au gré de mes prochaines expériences, de mes prochaines rencontres, de mes prochaines lectures, bref de ce que seront ma culture et ma vie, de ce que je deviendrai. Et j’en suis heureux, heureux pour moi!


500 abonnements, 500 fois merci!

Mon blogue, « Une théologie au quotidien », compte désormais 500 abonnements. Ce qui me rend heureux et me donne envie de continuer.

Merci à chaque abonné·es. Et merci aussi à celles et ceux qui le visitent occasionnellement.

Olivier Bauer, un théologien du quotidien reconnaissant…

Transformer de l’eau en bière

Sainte Brigide d’Irlande (451-vers 525) savait contextualiser l’Évangile pour le (et se) rendre populaire, elle qui a transformé de l’eau en bière. Succès assuré et sainteté justifiée!

Lorenzo Lotto (1524). Tresore Balneario, Capella Suardi. Crédit: Wikipedia

« Parmi les épisodes rapportés dans [la] biographie [de sainte Brigide] figure la transformation de l’eau en bière; il s’agit d’un miracle analogue à celui accompli par Jésus-Christ lors des noces de Cana, mais la boisson – la bière au lieu du vin – est liée à l’Irlande, pays de la sainte et l’un des principaux producteurs de bière. » Silvia Malaguzzi (2006), Boire et manger. Traditions et symboles. Hazan, Guide des art: p. 287