Comment perçoit-on la révélation de Dieu?

À l’occasion d’une invitation à la Faculté de théologie de l’Université de Neuchâtel, j’ai rédigé douze thèses sur les liens que je voudrais plus étroits entre la théologie et les six sens (voir aussi mon article: Parole de Dieu)

  1. À la question « Qu’est-ce qui fait de moi le chrétien que je suis? », j’aime répondre des artefacts théologiques, mis en scène dans des pratiques, pastorales ou non.
  2. Ceux-ci ne passent pas seulement par les oreilles – version protestante – ni par les yeux – version catholique – mais par tous les 6 sens (ouïe, vue, goût, olfaction, toucher et proprioperception)
  3. À titre d’exemple, reconnaissons que le goût de l’hostie, du pain, du mil ou de la noix de coco participe à la signification de la communion.
  4. Dans la Bible, d’ailleurs, Dieu se révèle à l’ouïe et à la vue, mais aussi au goût, à l’olfaction et au toucher.
  5. La théologie populaire sollicite largement les six sens pour provoquer l’expérience de Dieu, en particulier dans les rites et dans les fêtes.
  6. À partir d’un verset de Paul – Romains 10, 17 -, les théologiens estiment que la foi vient uniquement par les oreilles.
  7. Certes, il est vrai que la parole (et la vue et l’olfaction) introduit de la distance, là où le toucher, le goût et la proprioperception conduisent à la fusion.
  8. Est-il pour autant juste de faire la parole la digue qui empêche de se noyer dans une relation fusionnelle avec Dieu?
  9. La primauté de la parole ne dépend-elle pas de plutôt du pouvoir qu’elle accorde aux théologiens?
  10. Il est vrai que le discours et l’écriture peuvent avoir une vertu libératrice dans ce qu’elles ont de public et parce qu’elles permettent plus facilement de prendre distance et de rester critique.
  11. Certes, la théologie est un savoir; les sens de l’ouïe – par le discours – et de la vue – par la lecture – restent donc les plus appropriés pour transmettre le savoir théologique, dans le contexte occidental (et académique) du moins.
  12. Mais le christianisme est un croire; les sens du goût, de l’olfaction, du toucher et de la proprioperception – ainsi que les artefacts visuels et auditifs non-discursif – empêchent d’en faire une vérité objective; ils sont sans doute les plus appropriés pour transmettre le croire chrétien.

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