Georges Laraque: entre violence et foi

Ce matin, sur l’application de La Presse, j’ai lu les « réserves » de Georges Laraque, à propos de l’engagement (un terme que je préfère à « acquisition »: même les hockeyeurs ne sont pas des objets!) par le Canadien de Montréal de George Parros, un bagarreur notoire:

« Selon Laraque, Parros ne fait pas peur aux joueurs. Sa technique de combat est, dit-il, plus proche de la lutte que de la boxe. «Si tu n’intimides pas, tu ne fais pas peur. Même si tu es un homme fort, les gens vont s’en foutre. Les gars vont se dire: ‘Il va me lutter par terre, qu’est-ce que ça fait ?’ Les joueurs ont peur d’un homme fort qui peut leur casser la face, qui peut leur péter leur os orbital, leur péter le nez, qui peut leur donner une commotion. Parros n’est pas comme ça.» «C’est pour ça que le monde ne voulait pas se battre contre moi. Regarde ce que j’ai fait à Andrew Archer (alors joueur du CH). Je lui ai cassé la face. Quand tu fais ça à quelqu’un, les gars se disent: ‘bof, j’ai une famille, des enfants, je vais peut-être me tenir tranquille à soir, Laraque est sur la glace, ça ne me tente pas d’avoir la face pétée.’» » Gabriel Béland: «Boston ne craindra pas Parros » dit Laraque». La Presse 8 juillet 2013

Or en 2011, dans mon livre Une théologie du Canadien, j’avais cité en exemple la foi de George Laraque:

« Sur son site officiel, il concluait ses blogues du 24 avril et du 14 mai 2009 par un « Dieu vous bénisse » et déclarait sans ambiguïté: « Je crois en Dieu et prie régulièrement. Tous les jours, j’essaie d’être un bon chrétien et de venir en aide à autant de gens que possible. » Bauer, O. (2011). Une théologie du Canadien de Montréal. Montréal: Bayard Canada, 64

À la lumière de la récente déclaration de George Laraque, je crois devoir réviser mon opinion. Je peux comprendre, peut-être même excuser la violence des gestes qu’il a jadis posés. Après tout, c’était sur la patinoire et dans le feu de l’action. Mais que plusieurs années plus tard, il revendique tranquillement cette violence, qu’il reproche à un joueur de ne pas être aussi méchant qu’il l’a été me fait frémir. Une telle attitude ne me semble en rien fidèle à l’Évangile, un Évangile qui fait dire à Jésus:

38« Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil et dent pour dent. 39Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. » Évangile attribué à Matthieu, chapitre 5

J’admets qu’une telle règle de vie ne serait pas facile à appliquer dans le hockey de la LNH (mais peut-être que le règne de Dieu sera précisément là quand un hockeyeur pourra entrer sur la glace sans craindre de se faire « péter la face »). J’admets qu’une Muscular Christianity puisse défendre un christianisme plus viril que ce que l’on en fait généralement. J’admets que nous avons tous, moi le premier et y compris les « bons chrétiens », nos incohérences et nos pulsions de violences. Mais j’ai pourtant l’impression qu’aujourd’hui Georges Laraque est sorti du cadre (pourtant large) de la foi chrétienne.

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