Jésus le Christ (1): Sources

Pour prolonger une invitation à parler du livre de Reza Aslan (2013). Zealot: The Life and Times of Jesus of Nazareth, Random House, («Plus on est de fous, plus on lit» mardi 20 août, 13h-14h sur La Première de Radio Canada), je propose six réflexions autour de Jésus comme Christ des chrétiens.

  1. Je commence par faire l’inventaire des sources disponibles à propos de Jésus. Elles sont de trois sortes: des textes, des traces archéologiques et des reliques.
  2. Parmi les textes, on trouve des sources juives, romaines et chrétiennes.
    • Sources juives: le théologien Philon (15 av. J.-C.-40) évoque Pilate (et les exécutions injustes commises sous son autorité) mais ne cite pas Jésus. Dans Les Antiquités juives de l’historien Flavius Josèphe (38-100) figure un paragraphe sur Jésus (18,3,3), probablement retravaillé et «christianisé» par un copiste chrétien, ainsi qu’une mention de «Jacques, le frère de Jésus, celui qu’on appelle le Christ» (20,9,1), exécuté à Rome en 62. On trouve enfin dans les livres du Talmud (transcriptions écrites de traditions orales juives) une douzaine de passages qui semblent se rapporter à Jésus de façon polémique: il est par exemple appelé Jésus ben Panthera et serait le fils d’un centurion romain.
    • Sources romaines: l’historien Tacite (55-120?), évoque, dans ses Annales, les «christiani», à l’occasion de l’incendie de Rome en 66: «Ce nom vient de Christ, que le procurateur Ponce-Pilate avait condamné à mort sous le règne de Tibère. Cette superstition détestable, refoulée pour un temps, se répandit de nouveau, non seulement en Judée, où le mal était né, mais aussi à Rome où conflue tout ce que le monde produit d’affreux et de déshonorant et où elle a trouvé de nombreux adeptes» (15,44). Pline le Jeune évoque les chrétiens qui chantent des hymnes au christ comme à un Dieu (Lettres à Trajan 10,96). Suétone mentionne l’expulsion de Rome des Juifs qui se soulevaient sous l’influence de Chrestos (Claude 25); il explique que les Chrétiens sont des gens adonnés à une superstition nouvelle et malfaisante (Néron 16).
    • Sources chrétiennes: Les quatre évangiles (rédigés entre 60 et 100 ap. J.-C.) sont des sources d’information sur Jésus-Christ. Mais ils ne sont pas toujours «compatibles». Il ne faut pas pour autant les jeter, mais les lire comme des œuvres littéraires au service d’un projet théologique. L’Église les a choisis pour fixer les limites du christianisme. Les évangiles apocryphes («cachés») sont des textes à propos de Jésus, parfois aussi anciens que les évangiles, que l’Église a laissés de côté, les qualifiant d’hérétiques. Mais certains ont donné naissance à des traditions bien établies. On peut ainsi visiter à Bethléem la grotte où Jésus serait né… selon le Protoévangile de Jacques: «Ils étaient à mi-chemin, quand Marie lui dit: “Joseph, aide-moi à descendre de l’âne. L’enfant, en moi, me presse et va naître”. Il lui fit mettre pied à terre et lui dit : «“Où t’emmener? Où abriter ta pudeur? L’endroit est à découvert.” Mais il trouva là une grotte, l’y conduisit et la confia à la garde de ses fils.»
  3. La deuxième source, l’archéologie, se révèle décevante. Ce que François Bovon, professeur de Nouveau Testament à Harvard, écrit de manière générale, «Aucun des lieux bibliques n’a été identifié avec certitudes» vaut aussi pour les rares traces relatives à la vie de Jésus:
    • À Jérusalem, sur le Mont-des-Oliviers, on peut voir la trace du pied de Jésus, imprimée dans la pierre au moment de son Ascension (dans l’Église de l’Ascension qui est une mosquée depuis 1198), mais personne ne considère sérieusement cette trace comme une preuve de l’existence de Jésus (du moins, je l’espère).
    • En 1980, des archéologues ont retrouvé un tombeau contenant dix ossuaires. Il aurait contenu les os d’un «Jésus, fils de Joseph», d’une «Marie», d’un «Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus», d’une «Marie connue comme maître» (les archéologues ont décidé que c’était Marie-Madeleine) et d’un «Judas fils de Jésus». Les deux informations qu’ils entrent (il s’agit de la tombe de Jésus; Jésus a été marié et père d’un enfant) semblent peu crédibles. La lecture des inscriptions, dont celle du nom «Jésus», reste largement sujette à caution et la démonstration repose sur un certain nombre de syllogismes faciles dont voici un exemple: les ossuaires de «Jésus» et de «Marie connue comme maître» sont dans le même tombeau; or leurs ADN indiquent qu’ils appartiennent à deux familles différentes; donc s’ils sont réunis, c’est qu’ils étaient mariés (qu’on retrouve les os de Jésus ne ferait pas l’affaire des chrétiens, puisque cela contredirait la doctrine de la résurrection).
  4. La troisième source, les reliques, s’avère tout aussi décevante. Comment les prendre au sérieux alors que qu’il y a au moins 15 églises qui conserv(ai)ent chacune une partie ou l’intégralité du «Saint Prépuce de Notre Seigneur Jésus-Christ»? Quelle crédibilité accorder aux «langes de Jésus», au «drap qui ceignait la taille de Jésus», au «drap de la décapitation de Jean-Baptiste» et à «l’habit qui enveloppait la Mère de Dieu lors de la nuit sainte», autrefois conservées à Aix-la-Chapelle? Et même le «Saint-Suaire» de Turin s’est révélé être un faux. Certes, l’image n’est pas peinte, mais elle a été laissée par le cadavre d’un homme flagellé et crucifié; certes, on a retrouvé les pollens de fleurs qui représentent de forts indices pour une présence du Saint-Suaire non seulement en Europe, mais aussi au Proche-Orient; certes les analyses sur les traces de sang ont indiqué la présence de sang humain, du type AB. Mais en 1988, une analyse au carbone 14 sur un fragment du suaire a permis de dater le tissu entre 1260 et 1390 ap. J.-C.
  5. De cet inventaire des sources, je tire un bilan en quatre points.
    • En dehors des témoignages chrétiens, les traces de Jésus sont peu nombreuses; le personnage n’a donc pas particulièrement marqué son temps; à cette époque, il n’était d’ailleurs pas le seul à prétendre être le Messie ou à être reconnu comme tel.
    • Si les traces sont minces, elles ne sont pas inexistantes; d’un point de vue historique, il est raisonnable d’affirmer qu’un homme nommé Jésus a vécu au début du 1er siècle et qu’il est mort exécuté.
    • Qu’un homme nommé Jésus ait vraiment existé et qu’il ait vraiment été exécuté, n’est pas indifférent. Le christianisme ne se fonde pas sur une idée, mais sur une personne.
    • Mais que ce Jésus soit le Christ (c’est-à-dire que Dieu se révèle en lui) ne peut pas être établi d’un point de vue historique.

(demain: «Mythes»)

20 commentaires

  1. Ce texte exprimerait le désespoir de ceux qui cherchent le Christ dans la mauvaise direction ou qui ne veulent pas le voir, puis l’accuserait d’être nulle part. En fait, c’est Dieu qui se révèle aux humains soupirent après lui.

    C’est peut-être pour des raisons politiques que les archives juives et romaines fassent silence sur Jésus, Car des deux côtés, on ne voulait pas de lui, mais que leur coalition l’a exécuté. Pas plus, (le Saint-Suaire» de Turin, le drap, l’ADN, etc.) ne constituent pas des sources messianiques, d’où Abbaye de Maredsous rejoint l’ange qui disait c’est inutile de chercher Jésus parmi les morts, il est ressuscité selon l’Écriture.

    ‘’Flavius Josèphe’’ écrivait : ‘’Jésus était le Christ’’. L’histoire en est témoin, L’A.T. en a prédit et le N.T. (évangiles) en est le principal récit (naissance, vie, mort, résurrection, ascension de Jésus universel, effusion du Saint-Esprit…) et non ‘’son Jésus’’.

    1. Je ne sais pas si j’ai bien saisi vos propos, mais je ne crois pas que la recherche de reliques ou de sources archéologiques n’exprime qu’un « désespoir de ceux qui cherchent le Christ dans la mauvaise direction » ou encore une recherche à prouver la non-existence de Jésus le Christ. Je suis d’avis que, oui, Jésus devrait être recherché dans la fois avant toute chose. Cependant, je pense que l’engouement pour les reliques religieuses ou les traces archéologiques relèvent bien plus d’un envie de se rapprocher du sacré, de « toucher », de « voir » de façon tangible le sacré et pas nécessairement pour se prouver l’existence ou la non-existence de Jésus le Christ, mais bien pour se rapprocher du sacré de façon plus directe. Peut-être n’est-ce pas la meilleur façon de rechercher Jésus ou de se rapprocher de lui, mais il n’en demeure pas moins, à mon avis, que les personnes qui recherchent ces traces peuvent, dans certains cas, déjà avoir la fois, mais recherché à faire survenir le sacré d’une autre façon, c’est-à-dire par des objets tangibles. D’ailleurs, à ce sujet, j’écouter un reportage au canal Historia à propos de ce qu’on a longtemps penser être une relique religieuse que les croyants allaient voir au musé et c’était bien des croyants qui allaient voir la relique, pas des non-croyants. Il avait donc déjà la foi et c’est pour cela qu’ils cherchaient à voir quelque chose qu’aurait touché le corps de Jésus.

  2. Récemment, on m’a mise au courant que dans les manuels scolaires donnés aux adolescents du secondaire dans les cours d’éthique et culture, ils y avaient des cartes géographiques ainsi que des dates approximatives des événements marquants qui retraçaient la vie du Christ. Le christianisme était l’unique religion qui avait ce type d’approche dans le livre pédagogique. Cela m’a fait prendre conscience de l’importance du rôle de Jésus au sein de cette religion. Toutefois, je crois que cela donne l’impression que l’existence et la croyance en cet être est inébranlable.

    Par conséquent, je suis curieuse d’en savoir plus sur les démarches archéologiques faites par le passé, puis sur les textes non-chrétiens, car je ne trouve pas qu’on en parle assez (c’est d’ailleurs la première fois que j’entends parlé de sources juives et romaines).

  3. « Du point de vue historique, il ne peut pas être établi si Jésus est le Christ (c’est-à-dire que Dieu se révèle en lui) ».

    Je pense que l’outil « histoire » jamais ne pourra effectivement, faire une chose comme cela. L’histoire s’occupe des faits du passé, en obtenant et en analysant différents donnés et sources. C’est une affaire qui se déroule dans une dimension matérielle ou dans le monde des formes.
    La révélation de Dieu au travers de Jésus, c’est une affaire d’un autre ordre. Ce n’est pas une affaire de la dimension matérielle ou du monde des formes, c’est une affaire, à mon avis, d’autre dimension, on pourrait l’appeler « la dimension spirituelle ». Je crois que la révélation de Dieu en Jésus Christ arrive dans le cœur de chaque homme, mais l’histoire y ne peut pas arriver.
    Les traces de Jésus sont minces d’un point de vue historique, matériel, mais je pense qu’ils sont tellement forts d’un point de vue de l’expérience. Aucun autre qui a dit être le Messie n’a survécu 2000 ans. Malgré la faiblesse historique, il y a ceux qui continuent en parlant de lui.

    1. Je partage tout à fait ton point de vue sur la dimension spirituelle. J’irai jusqu’à dire que le conflit entre la science et la religion vient du fait qu’il y a une incompréhension entre les deux. On sent dans cette réflexion une sorte de désolation du fait que les sources existantes soient minces, mais il faut se rappeler que la science ne peut pas tout expliquer. C’est ce fait mystérieux qui accompagne l’expérience spirituelle. L’homme mesure que ce qu’il peut mesurer. Je veux dire par là qu’il gravite dans ses propres limites. Tout ce qui transcende l’humain ne peut être expliqué par les moyens des hommes.

      1. Amen, j’aime ta réponse; les choses révélées sont aux hommes et les choses cachées sont à Dieu (parce qu’il se réserve le droit de ne pas les révéler).

        Mais l’homme qui possède une parcelle de connaissance se croire savoir tout et être en mesure de tout cerner et expliquer. Il va même jusqu’à nier toute réalité qui lui échappe.

        Alors que Socrate, lui disait dans sagesse :  »Tout ce que je sais, c’est que, je ne sais rien ». Et à bien observer, l’homme n’arrive même pas à cerner son existence, à savoir répondre aux questions fondamentales :«Qui suis-je? D’où suis-je venu? Où vais-je?

        Darwin disait qu’on est issu du  »singe », avant d’être  »homme », mais bien sûr, il ne savait pas où est-ce qu’on va finalement juste pour combattre le récit créationniste.

        Il est plus facile de favoriser le hasard que d’admettre la réalité du Dieu créateur qui est la cause des causes.

  4. Dans le sondage, on nous demandait quelles sources, à notre avis, est la meilleure pour relater la vie de Jésus. Personnellement, je crois qu’il y aurait du y avoir le choix de réponse: « toutes ces réponses ». Je crois que, pour réussir à regrouper le plus de connaissances possibles sur la vie de Jésus, il faut analyser chaque sources d’informations disponibles en les replaçant dans leur contexte historique et en prenant en considération les influences qui auraient pu être exercées sur l’auteur pour dresser le portrait le plus fidèle à Jésus: c’est un travail qui d’historien. Ensuite, ce qu’on peut savoir de façon certaine sur la vie de Jésus ne devrait pas être à la base de la fois chrétienne. La foi chrétienne demande une confiance envers les écrits du Nouveau-Testament, mais aussi une confiance envers Dieu. La foi se transmet et peut aussi se choisir, mais elle ne peut pas reposer uniquement sur l’histoire et les faits empiriques.

  5. Je pense aussi que la diversité des sources, contribue à avoir une meilleure appréciation de ce qu’aurait pu être la vie de Jésus : comprendre le monde dans lequel il nait, les conditions sociales dans lesquelles il ministre ainsi que le contexte politique dans lequel il émerge en tant que Fils de L’Homme.
    J’aimerais cependant rajouter un peu de « couleur » à l’article en ajoutant une autre source « non-chrétienne » : Le Coran, livre dans lequel Jésus est mentionné plus de fois que Mouhammad, et où l’on trouve des informations sur sa vie ainsi que sur celles de Jean, de Marie et de Joseph (dont une sourate entière sur Marie). Même si certains « faits historiques » et certaines conceptions « théologiques » sont contradictoires à la Foi chrétienne, le Coran reste une source d’informations sur Jésus pour plus de 1,3 milliards d’humains dans le monde.

  6. Il semble, avec la lecture de cette section, que plusieurs débats prennent lieu avec certaines découvertes que les archéologues ont fait dans les plus récents siècles. Plusieurs sources historiques de différentes communautés peuveut aussi se contredire l’une et l’autre. Je pense sincèrement qu’une seule souce historique n’est pas fiable car il faut plusieurs sources pour se construire une idée générale de la situation historique. Si on pense un peu, les Romains avaient une vision péjorative de Jésus car il était un hérétique dans leur pensée. Les Chrétiens ont une vision d’idolâtrie envers Jésus. Les Juifs avaient leur propre vision de Jésus. Donc, pour ce faire, il est intéressant d’avoir le plus de point de vue possible pour essayer de reconstituer la vie de Jésus.

  7. La source principale par laquelle il faut passer pour trouver Jésus Christ est l’esprit saint car sans cela, il est tres difficile pour nous de comprendre les écritures comme les paraboles « je vis dans le monde mais je ne fais pas partie du monde»

  8. Je propose une réflexion sur un mot, celui d’apocryphe (et même deutérocanonique). Ce terme est plus polysémique qu’on peut le supposer. Il peut simplement désigner les écrits qui ne furent pas retenue comme testamentaire ou encore un écrit faux. Ces deux définitions me semblent problématiques. Ils me paraissent problématiques car ce qui est apocryphe pour l’un ne le saura pas pour l’autre. En effet, les récits retenues par l’Église catholique ne sont pas les mêmes que ceux retenue par la tradition protestante. Tobie est-il apocryphe ? Qui possède la vérité de ce qui doit compris dans le canon ? Qui peut décider ou supposer de ce qui est vrai. D’affirmer que Tobie est apocryphe n’est pas seulement se positionner dans une tradition, c’est aussi se positionner face à ce qui est vrai. Je propose donc le terme de para-testamentaire pour tout ce qui n’est pas inclus dans une tradition.

    Cela peut sembler une problématique sans importance, une tempête sans raison dans un verre d’eau même, mais les mots sont riches de sens et parfois de supposés. Alors quand il est temps de nommer les sources testamentaires, pourquoi ne pas tenter de le faire non seulement de manière «politically correct» mais aussi objective et précise.

  9. Je veux bien croire que certains veuillent trouver des traces de l’existence de Jésus puisqu’il est le centre d’une religion qui compte des millions d’adeptes. On a besoin de preuve tangible. Mais n’est-ce pas contradictoire à la foi qui veut croire sans forcément voir ? Et quelles seraient les conséquences que de prouver que Jésus n’a finalement pas existé ? Ou qu’il n’était qu’un homme banal qui avait de très bonnes idées et savait les communiquer (pas de miracle et pas de lien avec Dieu) ? Peut-on alors passer d’une religion basée sur un individu (et toutes les structures qui ont été mises en place depuis 1500 ans pour «le glorifier») vers une religion basée uniquement sur des concepts et des théories ?

  10. Je me demande souvent les raisons qui ont fait que malgré le nombre si peu élevé de sources crédibles sur la véritable existence de Jésus, le nombre de croyants sois aussi élevé et que la certitude de son existence véritable sois autant rependue, même chez les non-chrétiens. Comme explication, j’ai souvent entendu que le simple fait que Jésus ai pu amassé autant de croyant est une preuve en soi de sa réel existence. En effet, à cette époque, il semblerait que personne n’aurait pu croire que le fils de Dieu puisse mourir crucifié et que le fait qu’un aussi important groupe ai cru en son message et le propage malgré ce destin est une preuve en soi de l’existence du Christ? Est-ce-que cette théorie tient réellement la route?

  11. Le problème quand il y a des Hommes, est qu’il y a souvent hommeries. Nous en avons maintenant la preuve, il est certain que le personnage de Jésus ait existé, mais nous ne pourrons jamais avoir une certitude totale en les évènements qui figurent dans la Bible à propos de la vie de ce célèbre personnages et des gens qui l’entouraient. Les Juifs comme les Chrétiens ainsi que toutes les personnes qui ont pu contribuer aux écrits sur le Christ ont très bien pu écrire les textes en leur avantage, faire des ajouts aux récits ou enlever des évènements réels qui ne convenaient pas à l’image qu’ils voulaient projeter… Il y a surement encore des restants de vérités dans les écrits, mais que faut-il croire ou ne pas croire? Comment repérer ces ajouts? En plus de cela, on ne peut pas vraiment différencier les éléments à prendre au second degré des vérités pures et dures. Mais, malgré toutes ces incertitudes et ces questions sans réponse, si nous nous souvenons encore du Christ plus de 2000 ans après son passage sur Terre, ce doit être pour une très bonne raison!

  12. Bien qu’il soit intéressant de se questioner sur le caractère historique de Jésus, cette approche me semble quelque peu paradoxale. Comme le mentionne assez justement M. Bauer dans le volet 5 de ces réflexions, « pour attribuer une autorité à la Bible, il faut déjà être chrétien. Même si certains diront qu’il s’agit d’une évidence, croire que Jésus est le Christ relève toujours d’un choix, d’une foi. » Ainsi, nous nous retrouvons devant deux postures différentes possible: 1) nous sommes un croyant et par acte de foi nous acceptons les enseignements bibliques ou 2) nous ne sommes pas croyant et les enseignements bibliques ont valeurs de mythe. Une personne se trouvant dans la première condition n’a aucunement besoin d’une confirmation historique pour asseoir sa foi, celle-ci pouvant même pallier à l’absence de preuves soutenant ses croyances. Par ailleurs, il pourrait même s’avérer dangereux pour la foi d’attendre quelques confirmations historiques, puisque leurs croyances pourraient être infirmées par ces preuves. De plus, dans la mesure où nous admettons les miracles de Jésus, l’effort de foi ne semble pas énorme pour en admettre aussi l’existence effective. Pour la personne dans la deuxième condition, la question est aussi vaine. Prenons par exemple les poèmes homériques. Personne aujourd’hui ne prétend à l’existence historique d’Homère, mais celà n’affecte en rien les écrits qui nous sont parvenus car leur valeur est strictement historique (ironiquement) plutôt que théologique, c’est-à-dire qu’en tant que mythe, l’existence de l’auteur, ou d’un quelconque personnage, n’a pas de valeur en soi, faisant plutôt place – d’une certaine manière, comme dans la Bible – aux enseignements contenus dans les textes.

  13. Pour ce qui est de l’historicité sur la vie de Jésus, nous sommes confronté à une limite sur ce qui est vraiment arrivé en réalité. L’ homme en générale a besoin d’avoir des preuves tangibles pour croire, on reconnaît ce piège sur le chemin de la foi. Toute spiritualité qui est digne de ce nom a une partie intangible, intemporelle, immatérielle et incommensurable. Tenter de définir ces termes est hazardeux voir impossible. La bible est un outil qui a besoin de la foi pour arriver à un résultant satisfaisant, soit sa compréhension. Je ne crois pas qu’avec des artéfacts de l’époque de Jésus nous puissont arriver à vraiment cheminer vers une quête spirituelle intérieure et atteindre l’illumination. Enfin, vouloir définir l’Esprit Saint c’est tout un défi. Je crois fermement que Dieu a caché les responses à tout cela, dans une cachette que l’homme aurait beaucoup de difficultés à trouver… Dans les confins du coeur de l’homme.

  14. Il est vrai que les sources de Jésus-Christ peuvent être multiples et je crois que c’est justement cette multiplicité qui en fait sa force. Bien que certaines sources puissent paraître fort douteuses et décevantes (notamment par des raisonnements fallacieux) lorsqu’elles sont considérées de façon indépendante, elles peuvent toutefois susciter l’intérêt lorsqu’elles s’inscrivent dans un réseau de diverses sources. Il n’en demeure pas moins que la source la plus pertinente lorsqu’il est question de Jésus-Christ se trouve dans les textes et, donc les témoignages qui nous ont été transmis puisque ces sources s’inscrivent dans un contexte de foi religieuse. En effet, il n’est pas nécessaire de chercher à tout prix des traces archéologiques afin de tenter de prouver l’existence de Jésus-Christ. Au contraire, la foi en les témoignages des textes suffit, car c’est principalement sur ces témoignages et non sur des sources archéologiques que doivent reposer la foi en Jésus-Christ.

  15. D’après les différentes sources citées dans cet article, l’existence de Jésus ainsi que sa véracité me semblent un peu nébuleuses. Je trouve bien cocasse la diversité des différentes sources ainsi que le manque de cohésion entre certaines provenant du même milieu culturel ou linguistique. Même les quatre Évangiles du Nouveau Testament parlent presque l’une contre l’autre par moment. Mais ce qui retient surtout mon attention, c’est la croyance des différentes reliques saintes ainsi que l’utilisation de celles-ci comme preuves de l’existence de Jésus. Continuer de vénérer une relique même quand le Saint-Suaire semble s’avérer faux ou n’ayant même pas éponger le visage de Jésus me semble autant cocasse que triste. Oui d’un côté, les reliques peuvent apporter un certain patrimoine aux églises et peuvent permettre aux fidèles de se recueillir ou de posséder une partie du chritianisme ou du Christ dans leur maison ou leur paroisse mais au final, ce ne sont que des objets auxquels on donne une valeur légèrement trop significative.

  16. Personnellement, je crois que le christianisme se base beaucoup plus sur l’idée que sur l’homme, parce que peut-être que Jésus était fils de Dieu, par contre, il venait livrer un message comportant certaines valeurs, ainsi qu’une morale et une éthique à suivre. Même si cet homme avait quelque chose de divin, n’importe quel humain a la capacité d’aimer son prochain et de choisir une moral prônant le vivre ensemble. Ce qui est important dans les textes sacrés est le message qui aidera à développer son esprit spirituel. Les miracles servent seulement à impressionner, ce qui n’est pas pratique, puisque c’est la raison dans les textes qui doit convaincre, non pas l’émotion. C’est pour raison que je prétend que le christianisme est plus basé sur l’idée que sur l’individu. Parce que sans l’idée il n’y aurait pas d’individu dans les textes.

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