Jésus le Christ (2): Mythes

Pour prolonger une invitation à parler du livre de Reza Aslan (2013). Zealot: The Life and Times of Jesus of Nazareth, Random House, («Plus on est de fous, plus on lit» mardi 20 août, 13h-14h sur La Première de Radio Canada), je propose six réflexions autour de Jésus comme Christ des chrétiens.
  1. Je m’intéresse plus en détail aux évangiles en me demandant s’ils sont des sources fiables pour connaître la vie de Jésus.
  2. Qu’ils soient canoniques (c’est-à-dire que le christianisme officiel les a retenus pour figurer dans la Bible) ou apocryphes (jugés hérétiques par le christianisme majoritaire et exclus de la Bible), ils sont les seuls documents détaillés que nous possédons sur Jésus. Or, ils sont des témoignages de seconde main, tous écrits par des chrétiens après la
    résurrection de Jésus.
  3. « Marc » a été écrit vers 60, « Matthieu » et « Luc » vers 80 et « Jean » vers 100 (les guillemets sont là pour indiquer que les prénoms ne sont pas ceux des auteurs des évangiles, sauf peut-être Luc, mais ceux de grands personnages de référence à qui on les a attribués).
  4. Les évangiles ne sont donc pas des biographies de Jésus, mais des exposés théologiques; ils ne sont pas des reportages, mais des récits de foi (ou des mythes au sens fort du terme). Dans le cadre fixé par des traditions orales (et peut-être écrite, voir la «source Q») et en s’inspirant les uns des autres, ils mettent en scène la vie idéale de Jésus en quelque sorte comme ils auraient voulu que Jésus la vive.
  5. À cet égard, les deux premiers versets de l’évangile attribué à Luc (écrit vers 80) sont éloquents. S’adressant à un certain Théophile, il commence par lui rappeler que « beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole » (Luc 1, 1-2).
  6. L’auteur reconnaît qu’il n’a pas été témoin oculaire de ce qu’il raconte, autrement dit qu’il n’a pas connu Jésus ni vécu avec lui. Par conséquent « les événements accomplis parmi nous » ne renvoient pas ou pas seulement à ce que Jésus a fait et dit de son vivant, mais aussi après sa mort parmi le « nous » de Luc.
  7. Et même s’il continue en précisant « il m’a paru bon, à moi aussi, après m’être soigneusement informé de tout à partir des origines, d’en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus » (Luc 1, 3-4), il faut plus en retenir le côté « ordonné », c’est à dire la mise en scène, qu’une toute relative (selon des critères modernes) soigneuse enquête historique.
  8. Les quatre évangiles canoniques se fondent sur le présupposé suivant: Jésus est le Christ, il est donc permis d’attribuer à Jésus tout ce que dit ou fait le Christ ressuscité. Et si les quatre évangiles s’accordent sur les grandes lignes (Jésus s’est entouré d’un groupe de disciple; il a parlé et fait des miracles; il est mort et ressuscité), il arrive (souvent) que les quatre évangiles divergent .
  9. Les différences entre les quatre évangiles portent parfois sur des détails. il y a par exemple cinq récits de la multiplication des pains et des poissons dans lesquels Jésus nourrit 4000 ou 5000 convives avec cinq ou sept pains laissant de quoi remplir sept ou douze corbeilles. Mais elles sont parfois plus importantes. Ainsi, ni l’évangile attribué Marc, ni celui attribué à Jean n’évoquent la naissance virginale de Jésus. Fils d’un homme et d’une femme, Jésus devient Fils de Dieu par adoption au moment de son baptême (chez «Marc») ou il est la Parole de Dieu de toute éternité (chez «Jean»)
  10. Les évangiles contiennent aussi des impossibilités historiques. En voici un exemple: «Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent: “Où est le roi des Juifs qui vient de naître?”» (Matthieu 2, 1-5). «Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier. Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinus était gouverneur de Syrie» (Luc 2, 1-6). Sachant que Hérode le Grand régna sur la Judée et la Samarie de 37 à 4 av.
    J.-C., qu’Octave Auguste fut empereur romain de 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C. et que Publius Sulpicius Quirinius gouverna la Syrie en 6 ap. J.-C., il est absolument impossible d’en déduire une année plausible pour dater la naissance de Jésus.
  11. Aux 18e et 19e siècles, de nombreux chercheurs ont analysé minutieusement les évangiles pour retrouver qui était vraiment Jésus (celui que l’on appelle «le Jésus historique»), établir ce qu’il avait vraiment dit et vraiment fait. Ernest Renan et sa Vie de Jésus (1863) en est un des exemples les plus connus.
  12. Si cette recherche a fait avancer l’exégèse biblique (elle a notamment apporté une dimension critique dans la lecture des évangiles), elle s’est soldée par un échec. Au début du 20e siècle, le théologien (et médecin et organiste) protestant alsacien Albert Schweitzer a montré que les reconstructions de la vie de Jésus ne peuvent pas prétendre à l’objectivité. Les sources sur Jésus sont trop peu nombreuses pour permettre d’établir sa biographie. Résultat, on projette toujours sur Jésus ce que l’on aimerait qu’il soit. On finit toujours par retrouver « son » Jésus.
  13. Il faut donc faire son deuil. Il faut donc définitivement (à moins de nouvelles découvertes) renoncer à reconstruire ce qui s’est vraiment passé entre Noël et Pâques, à prétendre connaître « le Jésus historique ». Il faut reconnaître
    qu’il est impossible de savoir ce que Jésus a vraiment dit ou vraiment fait et même plus simplement mais plus globalement qui il était vraiment: juif pieux, hippie, zélote, féministe ou gourou…
(demain: «Messie»)

30 commentaires

  1. Dans la quête de Jésus, nous devons différencier le « Jésus réel » et le « Jésus historique ». Il est vrai que de retracer la vie quotidienne de Jésus est impossible. Il n’y a aucun écrit, aucune biographie, aucune sculpture. Nous avons quelques informations sur son ministère seulement. Nous ne connaissons pas la séquence des événements, mêmes les évangiles ne s’entendent pas. Tout ce qu’on sait de lui émane de son impact sur l’histoire. Donc, nous ne pouvons pas accéder au Jésus réel.

    Mais il nous reste le Jésus historique. Celui qu’on peut construire à partir de la science et les documents à notre disposition. Certes notre quête est modeste car nous ne pouvons pas vérifier les faits historiques. Mais je suis convaincu que nous pouvons nous représenter ce Jésus de l’histoire. C’est John Paul Meier qui a su, grâce à l’utilisation des critères d’historicité, en faire la démonstration.

    Chantal Drapeau

    1. Les évangiles nous indiquent en tout cas que pendant 3 ans, Jésus se déplaçait beaucoup, mangeaient avec plusieurs, allait en visite, et nous savons comment les autres ‘maitres’ s’entouraient de disciples.

      Jésus était ‘suivi’ par beaucoup de personne, il répondait aux questions des uns et des autres, dialoguait avec des personnes ‘de tout horizon’ maintenant, quelles seraient les questions que nous pourrions nous poser ? Dans le sens, en quoi d’autre, son quotidien nous est inconnu ?
      Il se faisait ‘servir’ par beaucoup (son gagne pain) et il pouvait lui rester un peu de la ‘petite fortune’ reçue à sa naissance …..

  2. Je suis surtout d’accord avec les deux derniers points de votre réflexion. Comme la psychologie nous a démontré l’importance que peuvent avoir les idées préconçues sur l’interprétation des différents stimuli que nous rencontrons, nous pouvons aussi penser qu’elles nous amènent à trouver ce que nous cherchons dans la description de Jésus que donnent les évangiles. Certains y voient des preuves que Jésus était vraiment le fils de Dieu et qu’il est ressuscité des morts, tandis que d’autres se basent sur les différences ou impossibilités historiques pour y voir la preuve que ces récits sont fictifs. Selon moi, il est important de comprendre que nous avons tous des biais personnels dans la vision de Jésus que nous retenons des évangiles, et nous devons donc accepter respectueusement qu’il puisse exister plusieurs interprétations. Les conflits commencent quand nous pensons connaître LE VRAI Jésus et que nous tentons d’imposer nos biais aux autres.

  3. Faut-il faire le deuil de Jésus? La réponse est «non». Jésus est ‘’Alpha et Oméga’’. Les autorités (juives, romaines), les bourreaux, la croix, le tombeau, les soldats (terrifiés par la résurrection), l’abatage des chrétiens (1er siècle à 1798) n’en pouvaient pas.

    Pour Jésus, après la croix, c’est la gloire. Il ne sera pas frappé deux fois. Moïse le savait. Paul l’a compris. Hérode a pris sa leçon. Les juifs l’ont vécu en 70 et d’autres occasions.
    Cette persuasion me pousse à encourager ceux qui ne peuvent pas aller à Jésus de jour, de le faire même de nuit (comme Nicodème). Car, l’expérience précède la foi.

    NB. Dieu se révèle à travers sa parole et une relation personnelle, et non pas par des arguments scientifiques, ni même par certains courants théologiques. Puis, Jésus est ‘’salut’’ pour ses fidèles, ‘’témoignage’’ contre ceux qui l’associent au mythe. (Matt. 24 :14)

  4. Je suis d’accord avec l’idée que la lecture de la Bible ne doit se faire à la manière d’un récit historique. Comme il est dit dans l’article : « Les évangiles ne sont donc pas des biographies de Jésus ». Dans le fond, il importe peu de connaître et de débattre sur les détails de la vie de Jésus : les écrits évangéliques ont d’abord et avant tout l’objectif de susciter la foi chrétienne et non pas de relater de façon précise des faits qui se sont produits il y a 2000 ans. À la manière d’un mythe, les Évangiles racontent de façon symbolique et allégorique les mystères de la foi chrétienne. Il ne faut donc pas perdre de vue le contexte et les intentions derrière ces textes afin de mieux saisir les sens qui s’en dégagent.

    1. Pour commencer, j’aimerais préciser que je suis du même avis à propos de la lecture symbolique de la Bible. Par contre il y a, encore de nos jours, des personnes qui croient que les événements racontés dans les récits bibliques devraient être considérés comme des faits réels. D’ailleurs, ces gens auront de la misère à accepter qu’on puisse comparer les évangiles à des mythes. C’est là que, je pense, la religion devient en quelque sorte fragile. On peut peut-être se demander s’il n’y a qu’une seule manière de croire ou de pratiquer une religion. Et s’il y a plusieurs façons de la pratiquer, peut-on toujours la considérer comme une religion ?

      1. Pour répondre à ta dernière question Mursel, la religion chrétienne se trouve justement être pratiqué de plusieurs façons. Par exemple, les catholiques et les orthodoxes ne pratique pas leur croyance de la même façon et pourtant les catholiques et les orthodoxes font tous parties d’une seule et unique religion, qui se trouve être le christianisme. Pourtant la religion chrétienne n’est pas pour autant fragile, d’ailleurs comme nous avons pu le voir dans le cadre du cours, le christianisme est encore l’une des religions les plus pratiqués malgré le fait qu’elle ne soit pas pratiqué de la même façon partout dans le monde. Il n’y a donc pas qu’une seule manière de voir ou de pratiquer une religion, mais cela ne rend pas cette dernière plus fragile pour autant.

  5. « Les évangiles ne sont donc pas des biographies de Jésus, mais des exposés théologiques; ils ne sont pas des reportages, mais des récits de foi (ou des mythes au sens fort du terme). »

    À mon avis, de même que le reste de la Bible, l’interprétation des textes « sacrés » – si l’on les considère encore sacrés à l’heure actuelle – doit se faire à la lumière de cette perception. La vie de Jésus reste une sorte d’énigme, malgré tout ce que nous avons pu acquérir comme connaissances sur l’archéologie et l’histoire bibliques, la psychologie, etc. L’oeuvre des Évangiles reste une oeuvre fondée sur une profession de foi. Le témoignage de la foi peut être celui d’un chercheur de vérité, comme il peut être celui d’un chercheur de salut, ou d’un lecteur qui ne prend pas le texte au pied de la lettre mais qui sait s’en inspirer pour devenir une meilleure personne. Il peut être toutes ces interprétations à la fois et même bien plus.

    Tant qu’on considérera que la lettre est morte, et qu’elle parle en elle-même sans la nécessité de l’inteprétation et de la réactualisation, il y aura des inégalités dans le monde des croyants. Le texte selon moi est un guide, et comme tous les guides demande de s’adapter au voyageur, et non l’inverse. C’est la meilleure manière de contrer les fondamentalismes excessifs qui peuvent faire beaucoup de mal à la psyché des individus; si le roseau ne plie pas, il casse.

    1. « La vie de Jésus reste une sorte d’énigme, malgré tout ce que nous avons pu acquérir comme connaissances sur l’archéologie et l’histoire bibliques, la psychologie, etc. ».

      Le contraire n’existe pas. C’est à dire, tous les ‘personnages’ de l’histoire restent ‘des énigmes’.

      « Tant qu’on considérera que la lettre est morte, et qu’elle parle en elle-même sans la nécessité de l’inteprétation et de la réactualisation, il y aura des inégalités dans le monde des croyants ».

      De mon coté, je crois au contraire.

      Retrouver le vocabulaire de l’époque et sa définition et surtout sa compréhension à l’époque et instruire suffisamment chacun pour qu’il puisse réaliser le contexte historique, ethnologique, géographique, etc.

      Et alors chacun sera capable de lire tout seul l’enseignement.

      Les inégalités ne relèvent pas de l’interprétation mais de ‘sortir de leur contexte’ (premièrement littéraire) de petits passages de la bible et de les ‘associer’ à d’autres passages d’autres livres, eux aussi sortis de leur contexte. La plupart des interprétations, et toutes les doctrines (ou presque) ‘tombent’ en les remettant simplement dans leur contexte.

      Les interprétations découlent si souvent d’avoir souhaité ‘contrer’ une doctrine et d’alors y opposer une ‘contre-doctrine’ tout aussi ‘réductrice’ que la précédente.

      Le chrétien lamda a soif d’une Bible compréhensible et surtout ‘objective’. Et l’objectivité n’a souvent rien à voir avec l’exégète, bien au contraire, la non-objectivité découle la plupart du temps de partir de ‘notre propre croyance’ pour interpréter les écritures (AT + écrits apostoliques).

      En n’interprétant rien, mais en traduisant ‘un chat’ par ‘un chat’ tout en mettant en bas de page, un minimum d’explication donnera à tous la même ‘lecture’ de l’enseignement.

      D’autre part, pour comprendre la Bible, il faut premièrement la croire (comme le relevait Augustin dans les années 410 et des poussières)

      En plus de la lire en suivant, l’intention de lecture, le coeur du lecteur compte. Un homme de prière en fera une lecture ‘d’homme de prière’, un intégriste y verra sas cesse des ‘interdits’ etc.

      Mais celui qui a connu aime et ceux qui aiment lisent tous la Bible sous le même angle de lecture. Il suffit d’écouter les chrétiens qui le sont devenus dans les pays où ils sont persécutés. Ils n’ont souvent aucun arrière plan culturel judéo-chrétien, ne savent rien à rien en dehors de la Bible, sont seuls contre ‘tous’ mais ils ont tous la même compréhension de la Bible et y découvrent tous le même Dieu.

      Que tous puissent comprendre l’enseignement de la Bible était l’objectif du protestantisme pendant des siècles. Lorsque je lis des Seg21 ou des NBS, j’ai de gros doutes sur l’objectivité de ses traducteurs. Sont-ils chrétiens ?

      Car traduire la Bible sans croire à la mort propitiatoire de Christ et à sa résurection … puis enseigner ‘les chrétiens’ sans y croire non plus … le mot ‘protestant’ me semble souvent ‘un mot four tout’ qui a perdu son sens profond.

      La liturgie telle que pratiquée de nos jours n’existe pas dans la Bible … pratiquer une liturgie qui n’existe pas dans la Bible, tout en la ‘proclamant’ chrétienne, et vidée en plus de son sens ‘premier’ ?

      … et pourtant, beaucoup revendiquent les ‘soli’ de Luther, et disent haut et fort ne s’appuyer que sur ‘scriptura’ sans aucune tradition autre que celle des apotres ….

      Mais en prenant un verset ici et un autre là dans la Bible, je pense qu’il est possible de tout lui faire dire. En la lisant en suivant, sans mettre un seul passage en exergue, les « croyances chrétiennes » se rapprocheront de plus en plus …

  6. À la lumière de ce que j’ai lu du texte Jésus le Christ Mythe, j’aimerais ajouter une nuance. Il convient d’admettre que les Écritures demeurent un livre d’interprétation. En effet, Luc donne son interprétation en fonction de ce qu’il comprend de Jésus. Matthieu en fait de même; et c’est à cause de cela que certains détails que l’on retrouve dans un évangile sont absents dans un autre évangile.

    Par ailleurs, il ne faut pas prendre à la lettre tout ce qui est dit dans les Écritures. Évidemment, on rapporte ce que dit Jésus, mais Jésus n’a pas écrit, il n’y a pas un évangile qui porte le nom de Jésus. Donc, c’est une question d’interprétation; et les interprétations se font en fonction de la culture, de l’époque, d’un vécu, d’un contexte social et autres. Ce ne sont pas les lettres qui sont inspirées de Dieu, en d’autres termes, ce n’est pas la forme qui est inspiré, mais le fond. Voilà pourquoi en lisant les Écritures on essaie de comprendre l’esprit du texte.

    1. Je vois au contraire, les différences entre les évangiles non pas pour des questions d’interprétations des faits, mais pour s’adapter aux lecteurs. Ceux qui ont écrit pour le peuple hébreu, se sont fait comprendre du peuple hébreu,.

      Bien que, les chrétiens perdent ‘toutes leur cultures’ en le devenant. Réellement, leur façon de penser change et réellement au tout début, ils ne savent pas comment penser. Toutes leurs habitudes ‘de positionnement’ par rapport aux autres tombent … tout ce qui avait de l’importance pour eux tombent …

      C’est pourquoi, en discutant avec un chinois, un arabe, un juif, un européen devenu chrétien, même avec un arrière plan culturel entièrement différent, il est évident qu’ils se sont mis à ‘réfléchir’ et donc à ‘interpréter’, plutôt à COMPRENDRE la Bible tous de la même façon. Même en ayant à la base, des façons différentes de ‘perception fondamentale’ (dualisme, etc).

      Par contre, dans ‘nos’ pays de TRADITIONS CHRÉTIENNE, nous avons bien souvent des habitudes … si nous avons suivi ‘le catéchisme’, nous écoutions bien sagement (ou pas ! 🙂 ) le cours … mais nous dépêchions de sortir pour … prier tous ensemble et chercher Dieu tous ensemble ? ….. ??? bien plutot pour parler de tout autre chose.

      Et nous reproduisons parfois cela étant adulte, pensant qu’assister au culte du dimanche matin ‘bien sagement’ fait de nous des chrétiens … écoutons ce que disent les uns et les autres au repas qui suit le culte. Cherchent-ils Dieu tous ensemble ? Se posent-ils des questions sur la Bible ? Non, c’est déjà « le reste de la semaine » …

      Parmi ces personnes, il y a alors de très nombreux interprétés car elles ont GARDES leur ‘culture de base’ … et chacun y va souvent de sa propre croyance, recherchant dans la Bible se qui pourra la corroborer.

      Ce qui est très différent que de croire la Bible et de croire l’enseignement des prophètes et des apotres ‘supérieurs’ à tout autre enseignement.

  7. <>

    Ces lectures ont le but de susciter la foi chrétienne et c’est sur cela qu’on doit se concentrer. Puisqu’elles sont des témoignages de seconde main, on ne pourrait pas trouver une histoire racontée de la même manière à travers les quatre évangiles. Ce sont avant tout des récits de foi qui mettent en scène la vie de Jésus selon quatre points de vue différents. Ils présupposent tous que Jésus est le Christ même si les détails de sa vie sont différents d’un évangile à un autre.

  8. Il ne faut pas oublier que le monde dans lequel les « évangélistes » ont œuvré à « raconter » Jésus n’était pas socialement homogène. Parmi les premiers chrétiens nous avons des juifs et des païens, des grecs, des romains et des égyptiens, des soldats, des commerçants et des pauvres ; et je pense que « Matthieu », « Marc », « Luc » et « Jean » représentent ces différences dans leurs textes respectifs en ciblant une communauté plutôt qu’une autre, en adoptant une « façon de parler », une structure du texte ainsi qu’un choix d’informations pertinents pour se faire comprendre et faire comprendre la « Bonne nouvelle ».

  9. Je trouve cet article extrêmement intéressant. Plusieurs contradictions sont ainsi soulevés et cela amène une analyse intéressante de la légitimité des récits évangéliques. Un peu comme plusieurs personnes, la lecture de la Bible ne doit pas se faire sous forme d’un journal personnel mais plus comme une lecture philosophique pour comprendre le sens religieux des écrits qui figurent dans cette même Bible. Je me demande si certaines versions de la Bible revoient les impossibilités historiques car cela peut mener à des interprétations fausses et commetrent des anachronismes qui peuvent ainsi mettent en question la légitimité des dates qu’on retrouve dans ce livre sacré. Comme le théologien Albert Schweitzer le reconnaît, il existe un manque flagrant de preuves concrètes de la vie de Jésus et cela amène les croyants à une projection idéale de ce qu’on aimerait que Jésus soit pour nous. En plus, il est dur de retracer la vie de Jésus sous le point de vue des Évangiles car la majorité n’ont pas côtoyer Jésus dans leur existence. Des traditions orales peuvent ainsi avoir changer avec le temps. Pour un archéologue et un historien, il est vraiment captivant de s’attarder sur ces mythes.

  10. Je crois qu’on pourraient ajouter plusieurs livres dans la bible comme celui d’héli ou de Barrabas mais que Dieu a voulu qu’il en soit ainsi. Cependant nous aurions pu ajouter d’autres livres sur plusieurs personnages bibliques comme les freres de Joseph par exemple.

  11. Encore une fois, je propose une réflexion sur un terme, celui de mythe. Je propose d’abandonner la définition grecque rationnalisante qui enferme le mythe dans le domaine du fantastique, du faux. Voyons le mythe et la mythologie plutôt comme «ce qu’une culture se dit à elle-même et à propos d’elle-même pour se fonder, pour valider ses institutions et/ou pour justifier ses pratiques» (Eve Paquette). Dans cette optique, la véracité ou la fausseté des Évangiles est sans importance, leur richesse n’est pas là. Leur richesse n’est-elle pas de nous en apprendre sur ce que les premières communautés chrétiennes se disaient de Jésus pour fonder leur christologie, source de valeurs? Leur richesse n’est-elle pas d’avoir permis à ces récits fondateurs de valeurs d’être accessibles à nos sociétés actuelles? Alors étudions les «mythes chrétiens» comme ils nous sont donnés pour ce qu’ils nous enseignent en tant que faits d’une société humaine qui se parlait et qui maintenant nous parle.

  12. À mon avis, tout le sujet du Jésus historique passe à côté de l’essentiel des Évangiles. La quête de ce Jésus trouve ses racines dans la modernité où l’imagination est remplacée par le doute, la culture ne s’appuie que sur le matériel et Jésus ne peut avoir de valeur que si l’on prouve qu’il a réellement existé.

    Cet article semble réduire les Évangiles à de simples mythes et démontre pourquoi il est inutile de les traiter autrement. Le but de l’existence n’est pas de savoir, mais de vivre en harmonie avec les autres. L’humanité a toujours eu recours aux mythes pour donner un sens à la vie, car leur enseignement crée le contexte dans lequel l’harmonie peut être atteinte. Les Évangiles peuvent nous enseigner sur les relations entre créatures et avec le divin. Tout comme la poésie n’a pas besoin d’être logique, Jésus n’a pas besoin d’être prouvé.

  13. Nous ne pouvons certainement pas prouver aujourd’hui si ce qui est écrit dans la Bible, particulièrement dans les Évangiles, est vrai ou non. Selon moi, les Évangiles relatent, certes des évènements de la vie de Jésus, mais sous forme de métaphores. L’importance, en nombre, de la multiplication des pains n’est pas ce qu’il faut retenir. Il faut plutôt retenir la morale que contient la Bible, soit dans ce cas-ci, que Jésus était bon pour les autres et que le partage des pains et du poisson était une source de bonheur et d’amour pour chacun. Peut-être avaient-ils tous des pains et des poissons avec eux à la base et qu’ils ont simplement écouté Jésus et partagé un énorme repas de plus de 3000 convives, qui sait! En somme le point important à retenir est qu’il n’y a rien à prouver dans les Évangiles, et qu’il faut cesser de se demander quelle histoire est vraie ou non, puisque je ne crois pas que ces histoires soient réelles: elles sont là pour que l’on lise entre les lignes une certaine morale de ce que Jésus propageait comme message de son vivant.

  14. Il est mentionné ici que les évangiles ne sont pas nécessairement identiques les unes, aux autres et que certaines ont même des impossibilité historiques. Personnellement je me pose la question si il faut absolument lire les évangiles d’un point de vue factuel. En effet, est il possible que les textes inscrits soit plus métaphoriques qu’ils semblent l’êtres? Par exemple, lors des passages sur la multiplications des pains, le nombre de pains ou de poissons n’est pas le même d’un évangile à l’autre. Mais est-ce possible que ces pains et ces poissons soit en fait que des figures métaphoriques représentant par exemple le message de Jésus. Ainsi, lorsque le texte se termine par le passage ou tout le monde reparti rassasié. On pourrait ainsi comprendre que tous furent rassasiés de la parole de Jésus, plutôt que de pains et de poissons. Je me demande si cette hypothèse peut être une possibilité?

  15. Je trouve intéressant que Luc s’adresse à théophile, étant donné le sens étymologique. Théos signifiant dieu et phile, aimer,il est donc possible d’interpréter cela étant qu’il s’adresse donc simplement à celui qui aime dieu ou à chaque personne qui aime Dieu plutôt qu’à un individu particulier.

    Par rapport à la naissance virginale de Jésus, j’avais appris dans mon cours d’histoire de la vie privée au cégep que le sens de virginité a évolué au fil du temps et qu’autrefois, il était utilisé non pas pour parler de quelqu’un qui n’avait pas eu de relation sexuelle mais pour parler de quelqu’un qui ne pouvait pas avoir d’enfant, que ce soit à cause de l’âge ou simplement de la stérilité. Ainsi, les récits où Jésus naît d’une relation virginale est miraculeuse dans le sens où Dieu rend fertile ce qui ne l,était pas pour que Jésus puisse naître.

  16. « Les évangiles contiennent aussi des impossibilités historiques. »

    Voila ce qui est, à mon avis, la beauté des textes religieux. La Bible contient plusieurs impossibilités historiques, où défois même des miracles qui nous semblent être impossibles de nos jours. Or, je ne crois pas que le but de ces textes est d’être un manuel d’histoire, ou d’être exacte sur les miracles d’un certain personnage; je crois que La Bible a pour but de partager une manière de vivre en utilisant des allégories, qu’elles soient véridictes où non.

    Un autre exemple d’impossibilité historique (cet article a déjà traité celui de Jésus né à Bethlehem et les anachronisme avec le Roi Hérode) est le fait qu’il n’y ait aucune preuve d’esclavage en Égypte durant le temps ou les Hébreux devaient y être. Oui, cela secoue la validité historique de l’Ancien Testament, mais cela ne touche pas aux valeurs que La Bible a à offrir, ce qui me semble être le but principal des textes religieux.

  17. Bien que je sois d’accord avec la conclusion j’ai quelques problèmes avec le développement. Premièrement il semble supposé qu’un biographe est un témoin de premier ordre. Or cela n’est pas le cas. La biographie historique est quelque chose qui est possible et qui existe, malgré que je ne veuille pas prétendre que les évangiles en sont. Par ailleurs, parler de biographie pour des textes de cette époque est anachronique, mais nous savons comment interpréter le genre littéraire utilisé (penser aux travaux sur Diogène Laerce, biographe des philosophes antiques). Ensuite, si nous admettons que les histoires des évangiles sont faillibles, nous ne pouvons nous référer à la datation mise en oeuvre dans son texte, car si nous ne pouvons y lire une histoire réelle de Jésus, a fortiori nous ne pouvons prétendre que les auteurs y aient inscrit une histoire réelle du monde. Il serait cependant possible de penser la vie de Jésus comme historique et de voir les décalages dans la datation comme un manque de connaissance historique de l’auteur, bien que ce ne soit pas ma position. De plus, je ne crois pas que « ordonné » renvoie nécessairement à une mise-en-scène, le terme de récit ordonné, prenant naissance d’abords dans le logos grecque, pouvant avoir une connotation plus rationnelle que fictionnelle. Dans la mesure où nous voulons penser les évangiles comme historique, il me semble que nous devons prendre en compte le contexte d’écriture: une « biographie » n’était pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Un long lapse de temps sépare les événements des récits. Les détails historiques (comme le nom des rois, etc.) peuvent avoir été ajoutés de manière érronnée par l’auteur. Bref, le contexte d’écriture explique les divergences que nous pouvons trouver. Bien entendu, une explication n’est pas une preuve et je pense même que la mienne n’est même pas une justification.

  18. Pour les évangiles je suis d’accord qu’ils sont des récits de foi. Les différents auteurs de l’évangile nous décrivent leur vision de la vie de Jésus. Donc, il faut tenir compte qu’il est écrit selon Marc, Luc, Mathieu et Jean(interprétation). Aussi le fait, qu’ils ont étés écrits plusieurs années après la vie de Jésus, il faut s’attendre à un certaine distorsion.
    Pour faire un paralèlle avec notre époque le meurtre de JFK Kennedy, est-ce que nous savons qui l’a tué et les raisons? Nous savons qu’il a vécu et a été tué et ce devant une foule de gens.À savoir comment était vraiment Jésus ceci me parait farfelus de prétendre quoique ce soit. Nous pouvons nous faire une idée sur ce qui était plausible pour un homme de cette époque, sans plus.

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  19. J’aimerais discuter de l’article Jésus Le Christ (2) : Mythes, plus particulièrement du point 6. Je suis en désaccord avec l’affirmation suivante : ‘’Par conséquent, ‘’les événements accomplis parmi nous’’ ne renvoient pas ou pas seulement à ce que Jésus a fait et dit de son vivant, mais aussi après sa mort parmi le ‘’nous’’ de Luc.’’ Les événements décrits dans les évangiles concernent la vie de Jésus en tant qu’humain, ainsi que quelques moments après sa résurrection, avant qu’il ne monte vers le Père, et les derniers instants de sa présence physique, même si différente de celle qu’il dégageait lorsqu’il était homme. À mon sens, ‘’les événements accomplis parmi nous’’ ne font pas référence aux événements contemporains de Luc, qui seraient perçus comme des interventions divines dont la connaissance relève de la foi, mais bien aux souvenirs des agissements et miracles dont ont été témoins les contemporains de Jésus. Le ‘’nous’’ ferait référence à la communauté chrétienne de tout temps, celles qui se sont constituées tout juste après la mort de Jésus et celles qui existent au temps de Luc, ces communautés étant liées entre elles par leur foi en Jésus Christ et transcendant le temps. C’est, selon moi, le sens des mots ‘’parmi nous’’.

  20. Je ne crois pas que les évangiles mettent en idéal la vie de Jésus comme ils auraient voulu qu’il la vive. Je dirai plutôt qu’ils ont mit l’emphase sur les évènements les plus marquants de sa vie et ce qui a le plus marqué son alentour: les miracles, la souffrance qu’il a vécu, les paraboles, etc. Je suis plutôt d’avis que les évangiles sont présents pour guider les chrétiens dans leur foi et leur vie spirituelle. D’une façon ou d’une autre, chacun interprète la Bible à sa façon, ce qui est selon moi un avantage et en même temps un inconvénient de cette religion, ou de la Bible. Donc, comme un point de votre article, oui on finit par retrouver « son » Jésus en ce sens. Nous lisons un peu son histoire, nous l’interprétons à notre façon, et les informations manquantes sur celui-ci se complètent avec la façon dont nous jugeons la religion chrétienne et les écritures.

  21. Pour ma part, il n’est pas important que les histoires racontées dans les évangiles aient été réelles ou non, puisque ce qui est importe est la morale véhiculée dans les textes. Il reste que ceux qui ont écrit ces textes étaient peut-être religieux, mais avant tout des philosophes. Les évangiles permettent de comprendre quel a été le chemin de vie de Jésus afin d’expliquer ses enseignements et sa morale. Sa morale amène une certaine hiérarchie de valeurs ainsi d’un code de conduite. Par conséquent, ce n’est pas l’individu en tant que tel qui est important, mais ce qu’il véhicule, c’est-à-dire ses idées et son message. Même si l’humain est mortel, son idée peut être immortelle, si elle est partagée.

  22. Être un disciple de Jésus, au temps biblique, signifiait renoncer à la conception grecque du logos comme organisation rationnelle de l’univers. Pour adhérer à l’idée scandaleuse que le logos était incarné dans la personne de Jésus, ses disciples ont dû abandonner tout recours à la pensée logique. Donc, le fait qu’il y ait des impossibilités historiques dans les évangiles va de soi. La Bible n’a pas comme but de décrire la vie comme elle est mais de prescrire la bonne façon de la vivre.

  23. Je pense que cette conclusion est sage car il est plus important de chercher le message que de chercher l’homme. La bible est, selon moi, une allégorie, vraie ou fausse, qui sert à la fois de code d’éthique, à la fois de textes pour aider À trouver la paix intérieure. L’existence de Jésus, selon moi, ne devrait donc pas être aussi importante que le message qui se trouve dans la Bible. Imaginons qu’on trouve un jour la preuve irréfutable que Jésus n’a jamais existé, va t-on condamner le message de paix qui s’y rapporte? J’espère bien que non, car celui-ci prime.

  24. « Ils mettent en scène la vie idéale en Jésus en quelque sorte comme ils auraient voulu que Jésus la vive ». A-t-on assez d’éléments pour consolider cette affirmation ? Et si oui (quoique l’on en ait jusqu’à présent, à ma connaissance), que fait-on de ceux que le temps nous apporteraient, qui pourraient aussi bien corroborer cette dernière, que l’infirmer ? S’il y aurait vraiment « Mise en scène ou Idéalisation, seraient-ce là des facteurs argumentatifs valables suffisant à relayer une histoire au stade de mythes ?

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