« Ceci n’est pas une porte! » (Ecclésiologie et évangélisation, premier cours)

Résumé des épisodes précédents:

Le professeur Olivier Bauer a décidé de donner un cours de théologie vraiment pratique. Il a demandé aux deux pasteurs de Saint-Laurent Eglise, Daniel Fatzer et Jean Chollet, de lancer un défi aux étudiant.e.s de Master: « Transformer les portes en seuils et les seuils en passage » (voir la présentation du cours).


Twitter: lundi 4 avril, 15h02.

Je prépare mon cours et je gazouille cet appel (je n’ai reçu aucune réponse):

bauer_olivier
Selon vous, quel est le livre ou l’article le plus important sur le thème de mon cours: Ecclésiologie et évangélisation? @IltpCh
04.04.16 15:02

Université de Lausanne à Dorigny: mardi 5 avril, 9h15.

Je veux mettre mes quatorze étudiant.e.s sous pression. Ils ont moins de cinq heures pour relever le défi de Saint-Laurent Église (SLE). À 14h00, ils devront proposer à Daniel Fatzer une idée pour « transformer les portes en seuils et les seuils en passage ». Mais ce sont eux qui me stressent  Je présente mon plan de cours et les procédures d’évaluations et les questions fusent: sur la méthode (est-ce vraiment de la théologie pratique?), sur l’Église choisie (que dois-je faire si je ne suis pas d’accord avec le projet de SLE?), etc. Le temps passe, trop vite. Je dois renoncer à faire lire onze articles de journaux qui nous auraient permis de reconstruire la manière dont Saint-Laurent Eglise conçoit l’Église (et l’église). J’ai à peine le temps de présenter SLE.

Saint-Laurent au centre-ville de Lausanne: 11h00.

Un église et un chantier: une parabole?

Un église et un chantier: une parabole?

Nous sommes devant l’église. Les portes, les fameuses portes sont fermées. En plus, il pleut. On fait le tour, on hésite, on attend. Je retrouve Stéphanie Billeter, journaliste à Bonne Nouvelle. Elle couvrira le cours pour son mensuel. Le temps passe, j’invite les étudiant.e.s à prendre un café quand un étudiant m’appelle : la porte est ouverte ! (Mais tout était prévu. Les étudiant.e.s devaient faire l’expérience de cette porte fermée, savoir combien il est pénible de ne pas pouvoir entrer dans une église quand on en a envie ou besoin). On entre, on s’installe et Daniel se met à raconter SLE.

« Nous ne sommes pas une paroisse, ni un territoire ni une communauté. Nous sommes une plate forme, comme un aéroport. Les gens peuvent venir, interagir et repartir. Mais moi, qui suis un pasteur plutôt communautaire, je m’épuise. Car je ne suis pas un directeur d’aéroport. »

« SLE dépend directement du Conseil synodal. Elle est dirigée par un conseil de six sept personnes. Elle implique entre 30 et 50 bénévoles qui tournent. Mais il n’y a pas de gens qui me disent : “Dimanche, je serai là, tu peux compter sur moi!”. »

« Comment aller dehors pour donner envie aux gens d’aller dedans? »

Les étudiant.e.s lui posent des questions. La discussion s’engage. Pendant ce temps, je prends des libertés (privilège du professeur). Je me lève, je me promène. Je photographie.

À 12h15, je décide de mettre un terme à la discussion. Les étudiant.e.s n’ont plus qu’une heure et quarante-cinq minutes pour finaliser (ou ébaucher) leur idée. Et il faut bien manger!

Saint-Laurent: 14h00.

Deux par deux, les étudiant.e.s présentent leurs idées. Elles sont toutes originales, toutes géniales, certaines plus abouties. Voici ce que j’entends, ce que je retiens:

  1. Créer un chemin extérieur qui reflète ce qui se passe à l’intérieur et qui y conduise.
  2. S’inspirer de la croix comme point de rencontre entre un développement personnel humainement possible et divinement inspiré.
  3. Célébrer les principales fêtes liturgiques sur la place devant l’église.
  4. Créer une communauté à SLE pour passer des « pasteurs » aux « passeurs ».
  5. S’inspirer de Ben et Magritte et afficher un panneau au-dessus de la porte: « Ceci n’est pas une porte ».
  6. Ouvrir l’église à des associations pour travailler avec les Roms, les migrant.e.s, les requérant.e.s d’asile, etc.
  7. Organiser des combats de boxe entre communautés associées à SLE pour transformer les affrontements en combats intérieurs.
"Ceci n'est pas une porte". Bricolé en 10 minutes par Philippe

« Ceci n’est pas une porte ». Bricolé en 10 minutes par Philippe

Daniel en choisit trois (il avait pour consigne d’en retenir une ou deux, mais quand il y a trop de bonnes d’idées…). Lesquelles?

  • Le chemin extérieur;
  • La communauté;
  • Et les combats de boxe.

Comme les étudiant.e.s se sentent motivé.e.s à travailler sur les trois projets, je les retiens tous les trois. Nous formons trois groupes, un par idée. Chaque groupe aura pour tâche de transformer une idée en un projet. Et la pression demeure! Car c’est déjà mardi 3 mai que les trois groupes devront présenter leurs projets à SLE.

Saint-Laurent: 15h15.

Je mets fin au cours. Rendez-vous à l’UNIL pour le deuxième cours: mardi 12 avril à 9h15!


Et rendez-vous sur mon blogue pour le compte-rendu du deuxième cours: mercredi 13 avril.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s