Chaque année, Jésus revient. Entre l’Épiphanie et Noël

Comme beaucoup d’articles sur mon blogue, celui-ci m’est inspiré par plusieurs événements de mon quotidien. Cette fois-ci, dans un ordre chronologique:

  • Premier événement: La lecture du titre: « Au secours, Jésus revient! » (à la une du quotidien Libération au lendemain de la victoire de François Fillion à la primaire de la droite).
  • Deuxième événement: La reprise positive de ce thème pour qualifier l’Avent (par la paroisse reformée vaudoise Saint-Laurent Église).
  • Troisième événement: L’invitation à dire si je suis prêt pour le retour de Jésus (dans la cabane de la pasteure Hetty à la gare du Flon à Lausanne).
  • Quatrième événement: Un travail sur les représentations de « l’au-delà, hier et aujourd’hui » (pour un cours donné avec mon collègue historien Frédéric Amsler).
  • Cinquième événement: L’affirmation que Jésus va diriger un « gouvernement mondial » pour régler les problèmes actuels (par deux témoins de Jéhovah rencontré dans l’escalier de mon immeuble).
  • Sixième événement: Noël et l’Épiphanie.

Six événements suffisent-ils à créer une tendance (#JésusRevient)? Peut-être! Mais alors qu’en dit un théologien du quotidien? Je me risque…

  • Première affirmation: J’ai toujours pensé que ma mort surviendrait avant le retour de Jésus, autrement dit que je mourrai avant que n’arrive la fin du monde.
  • Deuxième affirmation: Je n’ai jamais été pressé ni de mourir, ni que Jésus revienne; j’aime la vie et j’ai encore des projets.
  • Troisième affirmation: Mon attitude est égoïste; d’autres que moi ont une vie si difficile qu’ils/elles espèrent que Jésus revienne et qu’il revienne le plus vite possible.
  • Quatrième affirmation: Je les comprends; mais j’ai toujours de la peine à croire que Jésus revienne bientôt.
  • Cinquième affirmation: Que son retour soit régulièrement annoncé depuis presque 2000 ans ne m’aide pas à y croire.
  • Sixième affirmation: Les fêtes de Noël et de l’Épiphanie me disent que Jésus revient chaque année; pas comme un super-héros, mais comme un petit bébé impuissant qui dépend entièrement de sa mère et de son père pour survivre.

Ces six affirmations posées, qu’écrire d’autre (#JeSuisGénial)? Je me risque encore. Mais avec ses banalités, le théologien du quotidien risque surtout de décevoir ses lectrices et ses lecteurs…

  • Première banalité: Plus le temps passe, plus nous nous rapprochons de la fin du monde, quelle que soit la forme que cette fin pourra prendre.
  • Deuxième banalité: Je pourrais réconforter celles et ceux qui souffrent en leur affirmant que Jésus va bientôt revenir pour mettre fin à leur souffrance, mais je me sentirais malhonnête.
  • Troisième banalité: Car si je sais une chose c’est que je ne sais pas quand Jésus reviendra; ni comment il reviendra; ni même s’il reviendra; même si je demande régulièrement à Dieu: « Que ton règne vienne!).
  • Quatrième banalité: Et la Bible ne m’aide pas, elle qui évoque des scenarii multiples – Satan sera-t-il déchaîné avant ou après que Jésus règne il mille ans? ressuscite-t-on immédiatement après sa mort ou tout à la fin des temps? – et propose des métaphores désuètes: qui peut croire aux anges qui jouent de la trompette? à la ville qui tombe du ciel?
  • Cinquième banalité: Jésus ne m’aide pas non plus, lui qui prévient que nous ne pouvons savoir ni le jour ni l’heure où ce qui doit arriver arrivera.
  • Conséquence des 17 premiers points (et ce n’est pas une banalité, mais une nécessité): Je dois aider celles et ceux qui souffrent au point d’espérer que Jésus revienne immédiatement; je dois le faire immédiatement, sans attendre que tous les problèmes soient divinement réglés; je peux le faire étant moins égoïste; je dois le faire et contribuer à rendre le monde meilleur.

Que Jésus revienne ou ne revienne pas, je vous souhaite malgré tout une bonne année 2017!

2 commentaires

    1. Avec un peu de retard, je vous remercie de votre commentaire.
      À titre personnel, je réponds oui à votre question. Mais je sais que pour beaucoup, le moment présent est surtout riche de blessures et de deuils.
      Et je vous avoue que je trouve peu adaptée l’expression « Jésus nous dit ». À nous, il ne dit rien. Mais nous pouvons toujours prendre pour nous certaines paroles que les évangiles lui attribuent.
      Avec mes vœux pour 2017.

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