Je reçois la Bible

La question qui m’occupe en ce moment, c’est la question de la réception. Recevoir des cadeaux, recevoir des proches, mais surtout recevoir la Bible ; mon sommeil a été fécond (voir mes billets « J’éprouve plus de joie à recevoir qu’à donner ») et j’y reviens en commençant par la réception matérielle de la Bible.

Dans le protestantisme réformé, il est d’usage d’offrir une Bible au moment clef de l’existence.

  • Il est d’usage que les marraines et les parrains offrent une Bible à l’occasion du baptême d’un enfant.
  • Le catéchisme des adolescent·es — un temps de formation intensive à la foi — commence souvent pas une « cérémonie de la remise de la Bible », un culte au cours duquel les adolescent·es reçoivent solennellement une Bible. Pour leur dire que la Bible est la seule autorité en matière de foi, mais aussi leur signifier qu’ielles sont maintenant assez grand·es et assez mûr·es pour comprendre la Bible par ielles-mêmes.
  • Au moment de bénir un mariage, la ou le pasteur·e remet aux marié·es une Bible. Compagne de la piété quotidienne, mais aussi de toute une vie quand les marié·es, devenu·es parents y inscrivent les grands évènements de leur vie familiale.

Je poursuis par la réception spirituelle.

L’histoire de la réception de la Bible représente un domaine des études bibliques. Chercher à comprendre comment des femmes et des hommes ont compris les récits bibliques est une démarche saine et nécessaire. En examinant la manière dont les êtres humains de diverses époques, de divers endroits, de différents genres ou statuts sociaux ont reçu la Bible, on réalise rapidement que nous lisons toutes et tous la Bible à travers notre propre culture ; les mêmes textes prennent un sens différent selon que l’on est, disons, un patricien de l’Empire romain, un enfant du Moyen-Âge ou une footballeuse camerounaise du 21e siècle. Car même si on reçoit la Bible avec amour, même si on la reçoit avec respect, même si on la reçoit comme un cadeau ou comme un·e proche — c’est-à-dire avec plaisir —, on la reçoit avec ce que l’on est, avec ce que l’on a.

La Bible se reçoit comme un miroir ou comme un livre dont nous sommes les héro·ïnes ; car elle nous permet de nous voir comme nous sommes vraiment. Comme miroir, elle nous renvoie l’image de notre beauté ; comme livre, elle nous révèle nos super pouvoirs ; comme Bible, elle nous rappelle que notre valeur est infinie. Hélas, parfois le miroir est déformant, les superhéro·ïnes sont des contre-modèles et le texte accuse et abaisse.

Mais le sujet est délicat ; « le sommeil étant une arme » comme disait Jason Bourne, je reprends des forces et j’y reviens demain.


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