On mange (aussi) comme on croit

La sagesse populaire établit un lien entre alimentation et identité : on serait ce qu’on mange. Sans vouloir entrer dans le jeu d’un déterminisme unilatéral – peut-on encore affirmer que les végétariens sont d’authentiques pacifiques quand on sait qu’Hitler ne mangeait pas de viande ? –, je crois que nos manières de nous alimenter disent un peu du Dieu auquel nous croyons. Car notre religion exerce son influence sur nos modes d’alimentation. « On mange comme on croit ! » Et peut-être plus qu’on ne le pense !

Jugez-en vous-même !

  • Il y a d’abord les nourritures liturgiques, celles que les institutions religieuses servent lors des célébrations. En christianisme, du pain ou de l’hostie, du mil, de la noix de coco, des galettes de riz… et du vin ou du jus de raisin, du thé, etc.
  • Il y a ensuite les nourritures sociales, celles que l’on partage après le culte, après la messe ou pendant une rencontre d’étude biblique ou de catéchèse. Les Églises sont souvent chiche hélas, mais il y a des exceptions : simples comme du café et des biscuits, apéritives comme du vin blanc et des cacahuètes,  partagées comme des repas « à la fortune du pot » ou « tirés des sacs ».
  • Il y a encore les nourritures rituelles, celles que l’on consomme chez soi pour marquer un temps fort du calendrier religieux. Vous en découvrirez plusieurs dans ce livre, mais je peux d’ores et déjà vous allécher en citant l’œuf du Seder, le chocolat de Pâques, les dates du ramadan, la tourtière de Noël, la dinde de l’Action de Grâce ou le gâteau aux pruneaux du Jeûne Fédéral.
  • Il y a enfin les nourritures quotidiennes au choix desquelles la religion participe : poisson du vendredi, inscrit dans les menus des cantines et des fast-food, le buffet halal de l’équipe de France de football ou menus « garantis sans porc » des compagnies aériennes.

Je crois profondément que les religions exercent encore une influence plus diffuse mais plus profonde sur nos pratiques alimentaires. Certains vont s’abstenir totalement et définitivement de certains aliments, comme dans le judaïsme et l’islam. D’autres vont manger ou ne pas manger certains aliments en fonction du jour de la semaine ou de la période de l’année, comme dans le catholicisme et l’orthodoxie. D’autres encore vont revendiquer de choisir librement ce qu’ils veulent ou ne veulent pas manger, comme dans le protestantisme. Ici rien n’est anodin. La religion forge nos habitudes. Je crois ainsi qu’il existe au moins deux manières générales de s’alimenter : le « manger protestant » et le « manger catholique ». « Manger protestant », c’est faire preuve de tempérance responsable, manger « avec modération » tout au long de l’année. « Manger catholique », c’est commettre des excès – le mardi-Gras, par exemple – qu’il faut ensuite expier – par le Carême en l’occurrence. Mais certainement que la mondialisation relativise ces deux pratiques alimentaires qui furent peut-être une fois typiques des deux confessions.


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