Alimentation et spiritualité

Saint nettoyage ou Lendemain de Cène

Pour marquer le 14 juin, journée de grève des femmes ou grève féministe en Suisse, je vous propose ce tableau du peintre catalan Joan Costa (1952 —) illustrant ce qui s’est passé le lendemain de la Cène.

Joan Costa, Sacra Neteja – III. Fundació Martinez Guerricabeitia, Universitat de València

Les disciples hommes ayant tout laissé en plan — Jésus avait une excuse valable —, ce sont les disciples femmes qui ont dû ranger et faire le ménage!


En lire sur ce tableau et sur d’autres Cènes contemporaines sur la page de mon blogue: La Cène: Époque contemporaine

Berger, brebis, collègues. Condition animale et monde du travail

Je ne suis pas spéciste. Je mets l’être humain avant les animaux. Mais je suis sensible à la condition animale.

Et quand, lors d’un débat organisé par la Société vaudoise de théologie consacré aux «Églises et au bien commun », le philosophe Fabrice Hadjadj (consulter sa page sur Wikipedia) a affirmé que « berger et brebis sont collègues », j’ai fait une crise d’indignation.

Je connaissais déjà cette définition du ou de la collègue : «Une personne qui fait le même travail que moi mais en moins bien.» Mais il me faut maintenant la modifier :

«Un·e collègue, c’est une personne que j’exploite, que je trais, que je tonds et que je tue quand j’en ai l’envie (ou que j’envoie à l’abattoir si c’est trop pénible pour moi).»

Quelle conception est ainsi pervertie ? Celle de la relation avec les animaux ou celle du monde du travail ? J’aurais tendance à répondre : « Toutes les deux ! ».

Le vin rapproche les protestant·es du Très-Haut

En primeur, je vous livre une citation que j’utiliserai lors de la conférence sur « Le vin divin » que je donne ce soir à Vevey dans le cadre du cours public « Esprit du vin – esprit divin« . Je l’emprunte au géographe français Jean-Robert Pitte.

«Dans l’univers protestant, boire n’est pas s’abandonner, encore moins s’enivrer. Apaiser sa faim et sa soif est une nécessité biologique et quasi instinctive qui rapproche l’homme de l’animal. Il n’est donc pas question d’en abuser, mais au contraire de limiter volontairement sa consommation et de profiter des gorgées que l’on s’accorde pour méditer sur la condition humaine et se rapprocher du Très-Haut.»  Jean-Robert Pitte, «Le vin de Bordeaux est-il protestant?», L’amateur de Bordeaux, décembre 2000, 47.

Carême et Avent

Ça m’est venu comme une illumination! Le carême et l’Avent remplissent tous deux la même fonction. En nous promettant une récompense – les cadeaux de Noël et les chocolats de Pâques -, ils nous font faire patienter jusqu’à la fête, la naissance de Jésus et la résurrection du Christ.

La galette, les rois et les reines ou le vrai sens de l’Épiphanie

Trois mots sur un emballage ont produit quelques émois théologiques.

Quand quelques-uns se sont insurgés que l’on puisse associer les reines à la galette des rois au motif que les rois mages étaient des hommes, quelques autres ont rappelé, Bible en main, que de toutes façons, les mages n’étaient pas des rois. Le pasteur James Woody (Église protestante unie de Montpellier) l’a fait de manière vive, concise et brillante.

Gazouillis e @pasteurwoody: « TROIS ROIS... mais où dans la Bible les rois seraient-ils trois et rois? Indigence pour indigence.

En Suisse romande une publicité des boulangeries Pouly fait elle aussi la part belle aux reines. Ici, c’est la couronne des rois qui est la reine, c’est la couronne qui porte elle-même la couronne.

Photographie d’une couronne des rois posée sur une planche à découper. La couronne porte elle-même une couronne dessinée.

(C) Patricia Bauer

Cette publicité semble nourrir la polémique mais en fait, elle dissipe tous les malentendus.

Car dans la galette, les rois ne sont pas les personnages qui offrent à Jésus l’or, l’encens et la myrrhe. Et ce n’est pas non plus la couronne qui est la reine.

La galette consacre rois et reines celles et ceux qui la partagent. Pas seulement celui où celle qui trouve la fève, mais toutes celles et tous ceux qui partagent la couronne, la brioche ou la frangipane.

Et c’est là la vraie épiphanie, et c’est là l’utilité de la manifestation de Dieu: faire de chacun.e de nous une reine ou un roi. Rien de moins.

Un repas plus que parfait

Inspiré par l’émission télévisée « Un dîner presque parfait » (au Québec « Un souper presque parfait« ), je propose de nommer la cène, nom protestant d’un moment de communion où les chrétien·nes partagent du pain et du vin, je propose ce slogan: « Un repas plus que parfait ».

Un repas à consommer au présent, entre le passé pas si simple de la mort de Jésus et le futur antérieur d’un nouveau monde qui a déjà commencé.


Découvrez ou redécouvrez ce qu’est la cène protestante sur le site de L’Oratoire du Louvre, paroisse parisienne de l’Église protestante unie de France.