Divers

Une Suisse romande de moins en moins protestante

Je profite d’une invitation dans l’émission Tribu sur la Radio suisse romande, pour prolonger ma réflexion sur 500 ans de Suisse romande protestante. Dans le dernier paragraphe de mon livre, j’indique la proportion de la population réformée dans les cantons suisses romands, sur la base des statistiques de l’Office fédéral de la statistique pour 2016 :

Extrait de la page 152 de mon ouvrage 500 ans de Suisse romande protestante

Après la publication de mon livre sont sortis les chiffres de 2018 (Appartenance religieuse selon diverses caractéristiques et le canton). Ils indiquent que la population réformée continue à décroître, même dans les cantons de Fribourg et du Valais. Le Jura est le seul canton qui voit la population réformée augmenter ; il double ainsi Genève. La population réformée représente donc :

  • 49 % de la population du canton de Berne (germanique et francophone).
  • 22 % de la population du canton de Vaud.
  • 18 % de la population du canton de Neuchâtel.
  • 11 % de la population du canton de Fribourg (germanique et francophone).
  • 9 % de la population du canton du Jura.
  • 8 % de la population du canton de Genève.
  • 5 % de la population du canton du Valais.

À celles et ceux qui me diraient : « Ceci vaut pour la population réformée, mais la population protestante est plus nombreuse puisqu’elle inclut la population évangélique et pentecôtiste qui est en pleine croissance », je répondrai que hors catholiques romain·es et catholiques chrétien·nes, toutes les « Autres communautés chrétiennes » comptent pour 5,5 % de la population helvétique. Quand elles et ils sauront que les « orthodoxes et chrétiens d’Orient » en représentent 2,4 %, elle et ils comprendront que la population évangélique et pentecôtiste reste peu nombreuse et que même la comptant parmi la population protestante — ce qu’il faut faire —, celle-ci décroît en Suisse romande.

Saurez-vous identifier les 12 chansons? #Concours #PrixAGagner

Depuis le 19 février, en marge du séminaire master Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, j’ai écrit 12 chroniques à propos de la transmission sensorielle de « Dieu ». J’ai donné à chaque chronique le titre d’une chanson francophone. Aujourd’hui, je lance un concours qui tient en une question:

 Saurez-vous identifier les 12 chansons?

Aux trois premières personnes qui identifieront les 12 chansons en indiquant le titre exact et en citant un·e interprète de chacune d’entre elle, j’enverrai un des 10 livres que j’ai publiés.

Envoyez vos réponses par courriel: olivier.bauer@unil.ch!

Les 12 chansons à identifier (et les 12 chroniques à lire):

  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)

Suis-je le seul à penser ça ?

Jeudi soir, comprenant que les lieux de culte vont rouvrir en Suisse comme en France, je gazouille ceci :

Les communautés chrétiennes ne devraient pas réouvrir leurs lieux de #culte tant que les lieux de #culture n’ont pas eux aussi le droit de réouvrir. #Covid_19 #Deconfinement @EKS_EERS @EPUdF @Cath_point_ch @Eglisecatho

Je pensais naïvement que d’autres que moi avait ce même souci des autres; j’espérais que mon gazouillis serait repris et partagé. Pour plus d’efficacité, je l’ai même adressé aux comptes de quelques Églises chrétiennes et ajouté des dièses et des mots clics d’actualité.

Mais non ! Sur 672 comptes abonnés, mon message n’a eu qu’un « retweet » et un « j’aime » pour lesquels je suis reconnaissant.

Ce qui me désole, ce n’est pas que mon message ait eu peu de succès. Mais c’est qu’il me laisse avec la triste impression que les Églises chrétiennes sont corporatistes et qu’elles ne défendent que leur propre intérêt.


Pour savoir ce qu’on pense « hors Église », on peut écouter le billet de l’humoriste Charles Nouveau sur France Inter: « Églises vs. théâtres »

Quand et comment les chrétien·nes célèbrent-elles et ils la résurrection de Jésus?

  • Par une célébration hebdomadaire, appelée culte, messe ou divine liturgie, fixée au dimanche parce que Jésus est ressuscité dans la nuit qui suit le sabbat.
  • Par une célébration annuelle, celle de Pâques, fixée au premier dimanche après la première pleine lune de printemps (une date astucieuse qui combine des symboliques religieuse – Pâques est fixée en fonction de la Pâque juive et de la crucifixion de Jésus –, cosmique – Pâques est une fête du printemps – et culturelle – Pâques ne pouvait pas tomber en même temps que les fêtes de la fondation de Rome).

Pour en savoir plus sur la fixation de la date de Pâques, lire Declercq, G. (2000). Anno Domini: Les origines de l’ère chrétienne. Brepols.

(Ne pas) faire de l’évangile une morale à deux balles

Dans son quotidien, le théologien rencontre deux affiches de publicité biblique. Elles sont produites par l’Agence C qui présente ainsi son projet:

« Nous diffusons des versets de la Bible en Suisse depuis 35 ans, touchant ainsi les cœurs et préservant notre héritage culturel chrétien. »

Sans trop de préjugés, il essaye d’en comprendre l’utilité. Mais franchement, il n’est pas convaincu.

Affiche avec le slogan « Dieu est fidèle » et la source: « La Bible »
(C) Olivier Bauer

Il supporte encore celle-ci. Même si elle ne casse pas trois pattes à un canard, elle rappelle une caractéristique que la Bible juive et le Nouveau Testament prêtent à Dieu. Préservation d’un héritage culturel judéo-chrétien.

Affiche avec le slogan « S’écarter du mal, c’est l’intelligence » et la source: « La Bible »
(C) Olivier Bauer

Mais celle-là l’insupporte. Car elle transforme l’Évangile en une morale à deux balles qui lui paraît insuffisante à toucher les cœurs.

En outre, il trouve dommage d’aplatir et d’appauvrir 66 livres bibliques écrits sur près de 1000 ans en 1 seule source générique: « La Bible ».

Racisme canin?

Bien que ce ne soit pas à proprement écrire de la théologie, le théologien du quotidien s’interroge quand-même sur le sens profond de ce panneau de signalisation.

Lausanne, 7 décembre 2019 (c) Olivier Bauer

Il lui semble signifier: «Les chien.nes noir.es doivent être tenu.es en laisse; les chien.nes blanc.hes peuvent se promener en toute liberté.» Mais il espère se tromper…