Foi et 6 sens

2 méditations audiovisuelles pour se faire du bien

Durant le semestre du printemps 2022, dans mon cours « Un christianisme qui fait du bien« , j’ai proposé aux étudiant·es de méditer au début de chaque cours. Et j’ai donc préparé deux méditations audiovisuelles censées nous faire du bien, l’une pour nous apaiser, l’autre pour nous stimuler.

Pour vous, rien que que pour vous, je les partage sur mon blogue. À utiliser librement, en rendant à César ce qui est à César et à Olivier Bauer ce qui appartient à Olivier Bauer. Je précise que ce qui est à César ou à Bauer est à Dieu, pour lever toute ambiguïté sur la taille de mon égo.

Méditation apaisante

Olivier Bauer © 2022. Méditation apaisante sur la musique de What a Wonderful World, Louis Armstrong

Méditation stimulante

Olivier Bauer © 2022. Méditation stimulante sur I Feel Good, James Brown

Comment la cène protestante répare trois injustices

Mis au défi par un étudiant, j’ai compris que la cène – l’eucharistie protestante, pour fair court et simpliste – répare trois injustices :

  1. Alors que l’eucharistie catholique réserve le plus souvent le vin au seul prêtre, la cène protestante propose à chacun·e de le boire.
  2. Alors que le vin discrimine les enfants et les personnes abstinentes par motif éthique ou pour raison de santé, la cène protestante offre (aussi) du jus de raisin, sans alcool.
  3. Alors que le vin est parfois un produit étranger qu’il faut importer, la cène protestante valorise (aussi) des boissons locales : bière de mil, eau de coco, cidre, etc.

J’aime… le vin, le jus de raisin, la bière de mil, l’eau de coco, le cidre, etc. J’aime… la cène aussi !

Le lavement des pieds: orgueil ou humilité?

Aujourd’hui, dans mon cours « Un christianisme qui fait du bien », deux étudiantes m’ont appris que les Églises catholiques romaines et adventistes pratiquaient ce que le christianisme appelle « le lavement des pieds » (pour ma part, je parlerais plutôt de « lavage des pieds », puisqu’un lavement concerne une autre partie de l’anatomie). Pour mémoire, c’est un geste que l’évangile de Jean attribue à Jésus. Lors de son dernier repas, il aurait lavé les pieds de ses disciples et leur aurait ordonné de faire de même: « Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (évangile attribué à Jean, chapitre 13).

La pratique adventiste se déroule plusieurs fois par an. Elle est mutuelle, des femmes lavant les pieds d’autres femmes, des hommes d’autres hommes et des couple se lavant réciproquement les pieds.

La pratique catholique du lavement des pieds se déroule une fois par an, le soir du jeudi saint. Elle n’est pas mutuelle ni réciproque. Le pape et des évêques lavent le pied droit de douze personnes « ordinaires ». C’est évidemment un beau geste d’humilité de la part de personnages plus habitués à être servis qu’à servir.

Cependant, le parallèle entre la situation de Jésus — seul, il lave les pieds de douze disciples — et celle du pape et des évêques — seul, chacun lave le pied droit de douze personnes —, associé au souvenir que Jésus présente son geste comme celui d’un « maître » et d’un « Seigneur » qui se fait serviteur me trouble.

La première impression — celle de l’humilité du pape et des évêques — pourrait masquer une autre finalité. Elle pourrait être une manière, d’autant plus efficace qu’elle est non dite, d’établir discrètement le pape et les évêques comme seigneurs et comme maîtres à qui l’on demanderait, une fois par an, de faire preuve d’humilité.

Qui saura me convaincre que j’ai tort ?


P.S. Pour expliquer mon soupçon, je rappelle ce qu’écrivait Pierre Bourdieu et qui s’applique par exemple à la circoncision:

« On peut en effet se demander si, en mettant l’accent sur le passage temporel — de l’enfance à l’âge adulte par exemple —, cette théorie ne masque pas un des effets essentiels du rite, à savoir de séparer ceux qui l’ont subi, non de ceux qui ne l’ont pas encore subi, mais de ceux qui ne le subiront en aucune façon et d’instituer ainsi une différence durable entre ceux que ce rite concerne et ceux qu’il ne concerne pas. » Bourdieu, Ce que parler veut dire, Paris, Fayard, 1982, p. 121.

Pourquoi se lève-t-on pour recevoir la bénédiction à la fin du culte? Et pourquoi se rassoit-on juste après?

Le pasteur vaudois Pierre Bader raconte ce qu’un vieux pasteur lui avait raconté

Si les participant·es au culte se lèvent pour recevoir les paroles et les gestes de bénédiction, c’est que ce sont les dernières paroles et les derniers gestes; une fois celles-ci dites et ceux-ci faits, tout est dit et tout fait; il est donc temps de partir… ce qui est plus facile quand on est déjà debout. « Ite, missa est! » comme le disent mes sœurs-frères catholiques, « allez, vous êtes envoyé·es » plutôt que « allez, la messe est finie! ».

Et pourtant, en Suisse romande au moins, les participant·es au culte se rassoient après la bénédiction finale pour écouter un dernier morceau d’orgue. On devrait partir, mais on reste encore; tout est fini, mais ça continue. Que faire de cet paradoxe?

J’y vois comme un rappel que la ou le pasteur·e, malgré toute ses connaissances théologiques, ses compétences rituelles et sa reconnaissance ecclésiale, n’a pas le dernier mot. Et j’y entends comme un avertissement que la parole intelligible et rationnelle ne suffit pas à transmettre l’Évangile. Et j’aime plutôt ce que je vois et ce que j’entends.


P.S. Si vous vous demandez comment tenir aussi compte de celles et ceux qui ne peuvent pas se lever, vous pouvez lire mon article: « Quel culte protestant pour des corps humains », disponible en libre-accès sur Serval, le dépôt institutionnel de l’Université de Lausanne.

Parabole et histoire vraie : le partage des chocolats

Le règne de Dieu est semblable à un homme qui, ayant acheté des chocolats pour ses collègues, s’arrêta dans un café. Lorsqu’il vit les chocolats, le serveur plaisanta, le remerciant de les lui avoir apportés. L’homme offrit au serveur cinq chocolats. Juste avant que l’homme ne parte, le serveur revint et lui dit : « Aujourd’hui, c’est jour de partage. » Et à son tour, il lui offrit cinq chocolats. En vérité je vous le dis, il y a autant de joie à donner qu’à recevoir.

Quel est le goût du divin? Fin et sensuel!

Brack.ch une entreprise suisse de vente par correspondance utilise cette publicité.

Publicité pour Brack.ch. Un paquet de café Mövenpick Le Divin avec ce te question: "Quel est le goût du "divin"?"

Je constate:

  1. Que Mövenpick a l’outrecuidance de juger son café « Der Himmelsche » en allemand (= « Le Céleste ») et « Le Divin » en français !
  2. Que Brack a l’intelligence de demander « Quel est le goût du “divin” ? » et la prudence de mettre des guillemets à « divin » !
  3. Que le « divin » est « fin et sensuel », qu’il « convient à tous les moments de la journée », que son arôme est « riche », qu’il est plus acide (4/5) qu’intense (3/5) et plus torréfié (3/5) qu’amer (2/5); qu’il ait trois cinquièmes de corps devrait un peu rassurer celles et ceux qui croient que le divin s’est incarné en l’homme Jésus !
Présentation du café Mövenpick Le Divin: «Avec un temps d’écoulement de 18 à 22 secondes, le goût du café Mövenpick “LE DIVIN” peut être décrit comme fin et sensuel. Il convient à tous les moments de la journée et possède un arôme riche. Selon Mövenpick, ce café a les notes suivantes : intensité 3/5, torréfaction 3/5, amertume 2/5, acidité 4/5 et corps 3/5.»