Foi et 6 sens

Les 12 chansons identifiées #Solutions #Concours #PrixGagnés

Le 27 mai dernier, j’ai lancé un concours « Saurez-vous identifier les 12 chansons ? ». Il s’agissait de retrouver les douze chansons françaises qui ont inspiré les douze confessions de l’autre pasteur B sur sa manière de transmettre — ou de ne pas transmettre — « Dieu » à tous les sens.

J’ai maintenant récompensé les gagnant·es et je donne les solutions. Évidemment, il existe d’autres versions de chaque chanson, interprétée par d’autres artistes. Pour vous permettre de découvrir les chansons que vous ne connaitriez pas ou que vous connaitriez mal, j’ajoute un lien vers une version « youtube » de chaque chanson.

  1. « Paroles, paroles, paroles » (19 février)

Dalida & Alain Delon (1973). Paroles… Paroles. Paroles de Michaële, musique de Gianni Ferrio. IS Records/Orlando.

  1. « Elle est ailleurs » (4 mars)

Pierre Bachelet (1980). Elle est d’ailleurs. Paroles de Jean-Pierre Lang, musique de Pierre Bachelet. Polydor.

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Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en négatif « Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que la première plante que Noé plante après le Déluge, c’est une vigne (Genèse 9, 20).
  2. Parce que la Terre promise est un pays de blé et de vin (Deutéronome 33,28).
  3. Parce que le vin réjouit « Dieu et les êtres humains » (Juges 9,13).
  4. Parce que le vin désaltère ceux qui sont épuisés dans le désert (2 Samuel 16,2).
  5. Parce que le vin rend la vie joyeuse (Qohélet 10,19).
  6. Parce que le vin réconforte « celui qui va disparaître » (Proverbes 31,6).
  7. Parce que le vin vieilli se boit avec joie (Siracide 9,10).
  8. Parce que Jésus était considéré comme un ivrogne (Matthieu 11,19).
  9. Parce que les effets de l’esprit ressemblent à ceux du vin doux (Actes 2,13).
  10. Parce que Paul recommande boire un peu de vin pour soulager son estomac (1 Timothée 5,23).

Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en positif « Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que l’ivresse conduit Noé à se montrer nu (Genèse 9, 21).
  2. Parce que les prêtres n’ont pas le droit de boire du vin (Lévitique 10,9).
  3. Parce que le vin est le « poison des dragons » et le « venin cruel des vipères » (Deutéronome 32,33).
  4. Parce que le vin empêche de devenir sage et riche (Proverbes 20,1 et 21,17)
  5. Parce qu’il « n’y a pas de secret là où règne l’ivresse » (Proverbes 31).
  6. Parce que le vin empêche de discerner « l’action du SEIGNEUR » (Ésaïe 5,12).
  7. Parce que ceux qui sont « grisés par le vin » se fourvoient et « vacillent dans leurs décisions » (Ésaïe 28,7).
  8. Parce que le vin déçoit (Habacuc 2,5).
  9. Parce que « le vin et les femmes égarent l’homme intelligent » (Siracide 19,2).
  10. Parce qu’il est « beau de ne pas boire de vin » (Romains 14,21).

Saurez-vous identifier les 12 chansons? #Concours #PrixAGagner

Depuis le 19 février, en marge du séminaire master Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, j’ai écrit 12 chroniques à propos de la transmission sensorielle de « Dieu ». J’ai donné à chaque chronique le titre d’une chanson francophone. Aujourd’hui, je lance un concours qui tient en une question:

 Saurez-vous identifier les 12 chansons?

Aux trois premières personnes qui identifieront les 12 chansons en indiquant le titre exact et en citant un·e interprète de chacune d’entre elle, j’enverrai un des 10 livres que j’ai publiés.

Envoyez vos réponses par courriel: olivier.bauer@unil.ch!

Les 12 chansons à identifier (et les 12 chroniques à lire):

  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)

« Y’a qu’un Jésus digne de ce nom »

Dans la dynamique de mon cours Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, je propose chaque mercredi matin pendant les prochaines semaines, 12 chroniques réunies sous le titre Les confessions d’un autre pasteur B., en hommage au titre du livre de Jacques Chessex : Chessex, J. (1974). La confession du pasteur Burg. Ch. Bourgois.


12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom »

Je me souviens avoir lu, il y a presque vingt ans, l’article d’un jeune théologien que j’avais jugé prometteur — je sais qu’il a fait du chemin depuis… —. Détournant la célèbre déclaration d’Antoine de Saint-Exupéry « L’essentiel est invisible pour les yeux », l’auteur affirmait que « L’essentiel est inaudible aux oreilles ». Il plaidait — déjà ! — pour que la prédication transmette Dieu — il ne mettait pas de guillemets à l’époque — à tous les sens. L’idée m’avait séduit, mais je ne l’ai que très exceptionnellement mise en pratique. Je sais ce qui est bien, mais je ne le fais pas ; pas toujours…

Mais je lui donne raison. L’essentiel est aussi inaudible aux oreilles qu’invisible à l’œil, inodore au nez, insipide à la bouche, immatériel aux mains, imperceptible au corps. L’essentiel est ailleurs, l’essentiel est autre ; l’essentiel nous échappe, l’essentiel se dérobe. S’il y a « Dieu », c’est au-delà de ce que nous pouvons percevoir. Mais s’il y a révélation de « Dieu », elle se donne dans ce que nous pouvons percevoir.

La théologie classique résume cette apparente contradiction dans une question : « Le fini est-il capable de porter l’infini ? » — « l’essentiel », « l’infini », j’aurais pu ajouter « l’absolu » ou « l’ultime », je prends soin de varier mes termes de peur d’enfermer « Dieu » dans un seul concept, dans une seule idole —. J’y apporte ma réponse. Et c’est ainsi, et c’est ici que la confession d’un autre pasteur B. devient confession de sa foi :

Je crois qu’il y a un infini. Je le crois parce que j’ai envie de le croire, parce que j’ai besoin de le croire. Je le crois parce que c’est ainsi que je m’accepte être fini. Je le crois parce que certaines images, certains sons, certains goûts, certaines odeurs, certaines matières, certaines perceptions sont pour moi les traces de ce que le fini peut être, de ce que le fini doit être plutôt que de ce qu’il est.

Je le reconnais, je l’avoue, je le confesse, j’ai passé 35 ans de ministère pastoral à prétendre transmettre un « Dieu » intransmissible, un « Dieu » qui se transmet tout seul, qui se transmet sans moi. En fait, de fait, je le réalise aujourd’hui, j’ai passé 35 ans de ministère pastoral comme un transmetteur de second degré ; ce n’est jamais « Dieu » que j’ai transmis, mais toujours sa transmission. J’ai transmis ce que j’avais reçu pas plus (et parfois moins). J’ai transmis aux oreilles — surtout —, à la vue, à la bouche, au nez à la peau comme aux muscles — un peu et probablement plus que ne le pense — les médiations d’une médiation, celle de Jésus exécuté mais ressuscité : fini, mais infini.

« Ce que personne n’a jamais vu ni entendu, ce à quoi personne n’a jamais pensé. Dieu l’a préparé pour celles et ceux qui l’aiment. » (Première lettre de Paul aux Corinthiens chapitre 2, verset 9)


  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)

« Quand on ouvre les mains »

Dans la dynamique de mon cours Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, je propose chaque mercredi matin pendant les prochaines semaines, 12 chroniques réunies sous le titre Les confessions d’un autre pasteur B., en hommage au titre du livre de Jacques Chessex : Chessex, J. (1974). La confession du pasteur Burg. Ch. Bourgois.


9. « Quand on ouvre les mains »

Longtemps, j’ai fait des choses par habitude ou par conformisme. Et puis un jour, je me suis mis à réfléchir, à penser ce que je faisais machinalement, automatiquement, voire magiquement. Quand j’évoque ces « choses que j’ai faites », je pense à ce qui relève de notre sixième sens, le moins connu, la somesthésie (sensibilité du corps) ou la proprioception (perception de soi), tout ce que nous éprouvons avec nos muscles, dans notre corps : les stimuli, les sensations, les sentiments que nous provoquent nos déplacements, nos postures ou les gestes que nous performons.

Longtemps, à l’impératif « Prions ! », j’ai réagi comme je l’avais appris : en fermant les yeux et en baisant la tête ; pourquoi ? Pour me concentrer, par humilité ou pour « rentrer en moi-même », mais personne ne m’en a jamais rien dit ; en joignant les mains « à la protestante », les doigts croisés plutôt que tendus ; pourquoi ? Pour ne pas faire comme les catholiques ou pour signifier une communauté profondément imbriquée. Mais on ne me l’a jamais expliqué ; ou alors, j’ai oublié.

Longtemps, j’ai prié assis ou debout, jusqu’au jour où j’ai essayé la prière de Taizé. Essayée, mais pas adoptée. Je suis aussi souple qu’une barre d’acier et m’agenouiller me cause trop d’inconfort ; je vis la prière comme une épreuve à surmonter, comme un défi à relever. Pas bon pour moi.

Longtemps, j’ai béni les (petites) foules, les deux bras largement écartés ; pourquoi ? Parce que ! Jusqu’au jour où j’ai vu une collègue méthodiste bénir en levant les deux bras, les paumes ouvertes vers le ciel ; pourquoi ? Parce qu’elle reçoit la bénédiction plutôt qu’elle la donne. J’ai adopté son geste et je le partage désormais avec les paroissien·nes : je leur propose de lever les bras, d’ouvrir les paumes, pour recevoir la bénédiction directement de « notre père-mère qui est aux cieux ». Un geste que longtemps j’avais refusé ; pourquoi ? Parce qu’il était pentecôtiste (on peut être pasteur et bête à la fois) ! Un geste qui rend heureuses les personnes qui ne peuvent pas se lever « pour recevoir la bénédiction » ou qui le font par devoir, mais en souffrant. Plus de postures permettent de mieux inclure.

Longtemps, j’ai rechigné à faire agenouiller les personnes que je bénissais — adultes baptisés, catéchumènes confirmés, nouveaux mariés — ; je trouvais cet agenouillement trop humiliant. Jusqu’à cette double expérience visuelle — voir un pasteur polynésien tendre la main, prendre la main pour relever une personne agenouillée — et somesthésique — éprouver la grâce d’une main secourable qui m’a relevé alors qu’épuisé, j’étais assis par terre à la fin d’un marathon —. J’ai enfin compris qu’on peut accepter, mais je dois écrire « je », que je peux accepter de m’abaisser si c’est pour être relevé. Belle réalité évangélique qu’il est facile de transmettre au corps.


  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)