Foi et 6 sens

Esprit du vin – esprit divin

J’ai le plaisir d’organiser pour la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne un cours public sur les liens entre le vin et le divin, avec la collaboration de Sainte-Claire et de la paroisse réformée de Vevey, en synergie avec la Fête des Vignerons. Je serai heureux de vous y accueillir.

«La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 5 images seulement)

Il y a quelques semaines, j’ai publié un article intitulé « «La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 4 images seulement)« .

J’ai trouvé à Paris une cinquième image que j’ai ajoutée à ma prédication:

Image_QuiParleQuandNousLisonsBible

Pour savoir comment j’intègre cette image dans ma prédication, vous pouvez lire ou télécharger le texte enrichi de la prédication « LA BIBLE NE PARLE PAS, LA BIBLE NE DIT RIEN! (version enrichie)« .

La galette, les rois et les reines ou le vrai sens de l’Épiphanie

Trois mots sur un emballage ont produit quelques émois théologiques.

Quand quelques-uns se sont insurgés que l’on puisse associer les reines à la galette des rois au motif que les rois mages étaient des hommes, quelques autres ont rappelé, Bible en main, que de toutes façons, les mages n’étaient pas des rois. Le pasteur James Woody (Église protestante unie de Montpellier) l’a fait de manière vive, concise et brillante.

Gazouillis e @pasteurwoody: « TROIS ROIS... mais où dans la Bible les rois seraient-ils trois et rois? Indigence pour indigence.

En Suisse romande une publicité des boulangeries Pouly fait elle aussi la part belle aux reines. Ici, c’est la couronne des rois qui est la reine, c’est la couronne qui porte elle-même la couronne.

Photographie d’une couronne des rois posée sur une planche à découper. La couronne porte elle-même une couronne dessinée.

(C) Patricia Bauer

Cette publicité semble nourrir la polémique mais en fait, elle dissipe tous les malentendus.

Car dans la galette, les rois ne sont pas les personnages qui offrent à Jésus l’or, l’encens et la myrrhe. Et ce n’est pas non plus la couronne qui est la reine.

La galette consacre rois et reines celles et ceux qui la partagent. Pas seulement celui où celle qui trouve la fève, mais toutes celles et tous ceux qui partagent la couronne, la brioche ou la frangipane.

Et c’est là la vraie épiphanie, et c’est là l’utilité de la manifestation de Dieu: faire de chacun.e de nous une reine ou un roi. Rien de moins.

Un repas plus que parfait

Inspiré par l’émission télévisée « Un dîner presque parfait » (au Québec « Un souper presque parfait« ), je propose de nommer la cène, nom protestant d’un moment de communion où les chrétien·nes partagent du pain et du vin, je propose ce slogan: « Un repas plus que parfait ».

Un repas à consommer au présent, entre le passé pas si simple de la mort de Jésus et le futur antérieur d’un nouveau monde qui a déjà commencé.


Découvrez ou redécouvrez ce qu’est la cène protestante sur le site de L’Oratoire du Louvre, paroisse parisienne de l’Église protestante unie de France.

Quand l’Église s’intéresse à nos fesses! (Attention, titre racoleur)

L’église protestante Sainte-Claire à Vevey, Suisse. © Olivier Bauer 2018

La paroisse protestante de Vevey (Église évangélique réformée du canton de Vaud) a remplacé les bancs de l’église Sainte-Claire  par des chaises apportées par des paroissien·nes. Le changement n’a pas été seulement cosmétique, mais aussi profond, comme on peut le lire sur le site de l’église Sainte-Claire (oui, le site de l’église, avec un petit « e ».)

«Est-il bien de faire autant attention à ce que l’on mange?»

Le quotidien français La Croix me demande de répondre à la question: «Est-il bien de faire autant attention à ce que l’on mange?» L’entretien paraîtra «dans quelque temps».

J’en profite pour réfléchir. Et comme tous les universitaires qui réfléchissent (il y en a quelques un·es), je préfère mettre en question la question plutôt que d’y répondre. Et je mets cette question doublement en question:

Qu’est-ce que «faire autant attention»?

S’il y a des extrêmes qui sont clairs (et encore, sont-ils toujours si clairs que cela?), le «autant» est une question de point de vue.

  • Un extrême serait de ne pas faire du tout attention à ce que l’on mange. Tout ce qui entre ferait ventre! Ce point de vue pourrait être motivé par une nécessité physiologique: ne pas mourir de faim ; par une maladie psychique, la boulimie par exemple; par un principe philosophique — on attribue à Socrate l’adage «il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger» — ou spirituel: le détachement impose aux moines et moniales bouddhistes, plutôt végétarien·nes, de manger de la viande si c’est ce que les gens mettent dans leurs bols.
  • L’autre extrême serait de faire scrupuleusement attention à ce que l’on mange. Ce point de vue pourrait être motivé par une maladie psychologique — comme l’anorexie, ou l’orthorexie — ou par une maladie spirituelle — un désir de perfection qui fait par exemple de la gourmandise un péché mortel auquel se condamne celui ou celle qui mange trop, trop tôt, trop cher, trop vite ou trop soigné —.
  • Entre les deux extrêmes on pourrait faire un peu attention à ce que l’on mange, très attention à ce que l’on mange, moins ou plus attention à ce que l’on mange, etc.

Chacun·e aura tendance à situer le «autant» en fonction de sa propre position et de ses propres convictions. Et nous aurons tou·tes tendance à penser que les autres font «trop» attention à ce qu’ils ou elles mangent et que nous faisons «normalement» attention à ce que nous mangeons.

Qu’est-ce qui est «bien»?

Cette mise en question pose la question des critères. J’en identifie au moins trois:

  1. Est-ce qu’il est «bien» de respecter une norme médicale, de manger uniquement ce qui est bon pour la santé?
  2. Est-ce qu’il est «bien» de respecter une norme éthique, de manger uniquement ce qu’il est juste de consommer?
  3. Est-ce qu’il est «bien» de respecter une norme gustative, de manger uniquement ce que l’on aime manger?

Des réponses

Je suis un universitaire, je mets en question les questions. Mais il m’arrive aussi d’apporter des réponses. Et quand j’ai des doutes, je cède parfois à la tentation d’assurer mes réponses en m’appuyant sur la Bible. Et pour cet article, je vais m’appuyer sur trois citations tirées des lettres de l’apôtre Paul; bien que vieilles de 2000 ans, elles restent toujours d’actualité!

  1. Comme Paul, je crois que «ce n’est pas un aliment qui nous rapprochera de Dieu: si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins; si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus» Le Nouveau Testament, première lettre de Paul aux Corinthiens chapitre 8, verset 8. Vous pouvez supprimer «Dieu» et le remplacer par le «Bien», la «Perfection», la «Vérité», etc. J’en tire comme principe que j’ai le droit de ne pas faire attention à ce que je mange et que j’ai exactement le même droit d’y faire un peu ou beaucoup attention.
  2. De fait, il me semble que nous faisons tou·tes au moins un peu attention à ce que nous mangeons. Avec Paul, je crois que «tout est permis, mais [même si] tout n’est pas utile; [que] tout est permis, [même si] tout n’est pas constructif.» Le Nouveau Testament, première lettre de Paul aux Corinthiens chapitre 10, verset 23. J’en tire comme principe qu’il peut être utile de faire attention à ce que l’on mange. Et qu’il peut être constructif de concilier les trois critères de la santé, de l’éthique et du goût. J’essaye donc de manger ce que j’aime, tout en me préoccupant de ma santé et des conséquences de mon mode d’alimentation sur la Création, de l’impact de ma manière de consommer sur les autres êtres vivants, qu’ils soient humains, animaux ou végétaux.
  3. J’écris «j’essaye de concilier», car, comme Paul, je sais que «je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas.» Le Nouveau Testament, lettre de Paul aux Romains chapitre 7, verset 19