Sport et religion

De l’Évangile dans le rugby

Regardez cette brève séquence d’une rencontre de rugby à 7 aux Jeux Olympiques de Tokyo! Elle oppose les Fidji à la Grande-Bretagne. Les Fidjiens marquent un essai et remportent le match. Et retrouvez les trois moments évangéliques:

Fidji-Grande-Bretagne, Tokyo 27 juillet 2021
  1. Le numéro 13 fidjien pourrait marquer l’essai, il préfère l’offrir au numéro 11.
  2. C’est en dessinant une croix que le numéro 11 Aminiasi Tuimaba marque son essai.
  3. Il lève ensuite les yeux au ciel pour remercier Dieu.

Êtes-vous plutôt Nike ou Asics ?

Parmi les nombreuses marques d’équipement sportif, deux m’intéressent particulièrement pour les valeurs éthiques qu’elles transmettent.

Logo Nike
  • Nike qui porte le nom de Nikè, la déesse grecque de la victoire.
logo Asics
  • Asics qui est l’acronyme d’un adage latin : Anima sana in corpore sano, en français « une âme saine dans un corps sain », une phrase empruntée au poète romain Juvénal.

Ce qui place les athlètes devant un choix fondamental, chaque fois qu’elles ou ils se chaussent ou s’habillent : veulent-elles, veulent-ils chercher la victoire ou privilégier la santé physique et spirituelle ?

Une vraie information à propos de Jésus et de Noël

En 2020, le théologien du quotidien a quand-même trouvé une véritable information inédite à propos de Jésus et de Noël (voir mon article: Pseudos informations à propos de Jésus et de Noël).

Goal.com: 26 décembre 2020

Lire mon article: Pseudos informations à propos de Jésus et de Noël

#Maradona est « dans la main de Dieu » (Charline Vanhoenacker, France Inter, 25.11.2020)

La mort de Diego Armando Maradona a suscité une avalanche de métaphores religieuses. Car il était Dieu.

La une de l’Équipe, 26 novembre 2020

Mais l’allusion la plus intéressante pour qui étudie les rapports entre sport et religion (voir sur mon blogue les quatre manières d’articuler « Sport et religion») vient de la journaliste satirique belge Charline Vanhoenacker (voir sa page sur Wikipédia).

Mercredi 25 novembre 2020, dans son émission « Par Jupiter ! » sur France Inter, elle affirme à propos de Maradona qu’il est maintenant « dans la main de Dieu ».

Un petit rappel contextuel peut être utile. En 1986, en quarts de finale de la coupe du monde Maradona marque avec la main un but pour l’Argentine contre l’Angleterre. Expliquant (?) ou justifiant (?) son geste, il précise peu après que c’était « la main de Dieu ».

Maradona et Charline Vanhoenacker introduisent tou·tes les deux de la religion dans le sport. Mais Maradona avait instrumentalisé Dieu et sa main, le faisant jouer aux côtés de l’Argentine. La théologie de Charline Vanhoenacker me convient mieux. La main de Dieu lui sert simplement à recueillir celles et ceux qui en ont besoin, dont Maradona.

Maradona qui avait déjà visité les « paradis artificiels ».

L’Équipe, 26 novembre 2020

Maradona à la fois « Dieu et diable ».

L’Équipe, 26 novembre 2020

Maradona, déjà « céleste » par la couleur de son maillot et qui, par sa mort, l’est devenu pour l’éternité.

La une de Libération, 26 novembre 2020

Savoir prendre de la distance sociale avec soi-même

Il arrive au théologien du quotidien de courir. Ce matin, il l’a fait. Juste derrière quatre personnes qui marchaient côte-à-côte, il entend un coureur apostropher le groupe:

— Et la distance sociale?

L’un des membres du groupe lui réplique:

— C’est facile de la respecter quand on est seul!

Le cerveau stimulé par la course, le théologien du quotidien ajoute habilement:

— Encore faut-il savoir prendre de la distance avec soi-même.


Pour justifier son salaire de professeur d’université, il précise qu’il s’inspirait d’un livre du philosophe protestant Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre, Seuil, 1990. Par solidarité, mais sans savoir si le téléchargement est légal, il signale que le livre est disponible en libre accès sur le site palimpsestes.fr.

Devenir meilleur.e ou « meilleur.e que »?

Lors du 2nd Global Congress on Sport and Christianity, le théologien Miroslav Volf (visiter sa page personnelle sur Wikipedia) a résumé l’évangile dans une conception qui me convient parfaitement, dans le sport comme dans le reste de ma vie.

Je la reformule ainsi:

« Vraiment, il est juste et bon de vouloir devenir meilleur.e. Mais en vérité, je vous le dis, il est inutile et dangereux de vouloir devenir meilleur.e que quelqu’un.e d’autre. »

Ce qui fait toute une subtile différence.