Spiritual Peanut Butter

In North America, I bought some spiritual peanut butter (click for visiting the producer’s website). Very spiritual indeed, three times.

1. It is called MaraNatha, an Aramaic expression used by Christians, which could be translated by “Lord, come!”.

  1. It’s made by MaraNatha Foods; “Maranatha” is an Aramaic expression used by Christians which could be translated by “Lord, come!”.
  2. It’s imported from Hain-Celestial Canada; if it’s “celestial”, it has something to do with God·dess.
  3. It’s been copyrighted by nSpired Natural Foods; therefore, it contains Spirit.

This peanut butter is good for my body. But unfortunately it has no particular effect on my soul.


Dans le même esprit, on peut lire: « Le pain est-il meilleur s’il est biblique? »

Je suis évidemment contre ce qu’on appelle faussement des « thérapies de conversion »

Sollicité par le média suisse en ligne Heidi.news (« Vers une interdiction des dévastatrices et trompeuses thérapies de conversion« ), j’ai dû réfléchir sur les prétendues « thérapies de conversion ». Voici ce que je pense en penser.

Quel regard portez-vous sur les thérapies de conversion?

Je suis bien évidemment totalement opposé à ce que certains milieux chrétiens appellent faussement « thérapie de conversion ». Car parler de « thérapie de conversion » sous-entend qu’une préférence amoureuse – qui n’est pas seulement sexuelle et qui ne se réduit donc pas à l’homosexualité – pour une personne du même sexe ou du même genre serait une maladie qu’il faudrait soigner (d’où « thérapie ») et qu’elle serait en même temps un choix qu’il serait possible de changer (d’où « conversion »). Mais ne me demandez pas comment une maladie pourrait être choisie!

Ces prétendues « thérapies de conversion » cherchent en fait à arracher le désir d’une personne qu’elle réduise à son homosexualité pour lui imposer de force une forme unique d’amour conjugal. Pour le faire, elles utilisent la manipulation psychologique et même la contrainte physique si nécessaire.

Théologiquement, comment jugez-vous l’homosexualité?

Ma compréhension de l’Évangile me laisse fondamentalement croire que chacun·e est libre d’aimer qui elle ou il veut, de vivre librement son amour quand la, le ou les partenaire·s est ou sont majeur·es et quand l’amour est partagé. Je crois aussi  chacun·e doit pouvoir afficher sans crainte cet amour publiquement. Je crois encore que chacun·e n’a de compte à rendre qu’à son, sa ou ses partenaires (lire sur mon blogue mon article « (Im)précis d’éthique sexuelle chrétienne »). Je crois enfin que Dieu inspire toutes les amours.

Quels sont les différents points de vue en Suisse à travers les religions majoritaires? Comment expliquer par exemple les spécificités de l’Église réformée?

Il existe une ligne de partage qui passe par l’amour jugé légitime : qui a-t-on le droit d’aimer? Qui a le droit de former un couple, d’avoir des enfants? Quelle liberté me donnent ou me laissent les communautés auxquelles j’appartiens, les autorités que je respecte? Quelles interdictions, quelles limites veulent-elles m’imposer? Cette ligne de démarcation traverse aussi bien les religions que les partis politiques, les fédérations sportives ou l’armée. Elle sépare un courant exclusif qui interdit ou punit tout couple qui n’est pas formé d’un homme et d’une femme et un courant inclusif qui tolère, admet ou reconnaît les couples formés de deux personnes de même sexe ou de même genre.

Dans le christianisme, et plus spécifiquement dans le protestantisme, les Églises réformées et luthériennes – au moins en Occident – ont en général choisi le courant inclusif – non sans peine ni sans opposition –. Elles admettent théologiquement plusieurs formes de conjugalité – et soyons clair plusieurs formes de sexualité – . Elles accueillent des paroissien·nes et engagent des pasteur·es peu importe que leurs préférences amoureuses aille à une personne du même et/ou d’un autre sexe et/ou d’un autre genre. Mais elles vont encore plus loin dans l’inclusion.

En 2003, C’est l’Église (protestante) unie du Canada qui a demandé au gouvernement canadien de reconnaître le mariage entre conjoint·es de même sexe. Et depuis 2005, les couples de même sexe peuvent s’y marier (lire sur mon blogue mon article « Le mariage de couples de même sexe vu depuis le Québec et l’Église unie du Canada ».

En Europe, où les Églises ne peuvent bénir que des couples déjà reconnus l’État – le « mariage à l’Église » n’y existe donc pas –, les Églises réformées et luthériennes font souvent le choix de bénir tous les couples « civilement officialisés » – pour peu qu’ils le souhaitent évidemment –. Ainsi en France, l’Église protestante unie bénit les « mariages pour tou·tes » depuis 2015. En Suisse romande, comme je l’explique dans mon livre 500 ans de Suisse romande protestante (Alphil, 2020), l’Église réformée du canton de Berne bénit des couples de même sexe depuis 1995, celle de Fribourg depuis 1998 et celle de Genève depuis 2019. L’Église réformée évangélique du canton Vaud célèbre les partenariats enregistrés – y compris ceux de couples de même sexe – depuis 2012. Et l’assemblée des délégué·es des Églises réformées de Suisse (l’Église évangélique réformée de Suisse) s’est prononcé en 2019 en faveur de l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe.

Évidemment, les ou ces Églises réformées et luthériennes ne pratiquent pas de « thérapies de conversion », puisque elles sont convaincues qu’une préférence amoureuse pour une personne du même sexe ou du même genre n’est pas une maladie, ni un choix. Elle est une manière d’aimer que Dieu a déjà approuvée.

« Héros du quotidien » ou « ange gardien » (Europe versus Québec).

Je savais que les personnes qui travaillent pendant, contre et malgré l’épidémie de la Covid 19 sont appelées « héros du quotidien » en Belgique, en France et en Suisse. Je découvre qu’elles sont nommées « anges gardiens » au Québec.

Le surnom utilisé en Europe francophone en reflète la laïcité. Celui utilisé au Québec peut témoigner d’un reste d’inconscient collectif catholique. Ou alors, au contraire, il peut révéler une sorte de post-laïcité où les termes religieux sont totalement dépouillés de toute valeur religieuse, à tel point que leur emploi ne pose plus aucun problème dans une société laïque.

J’ajoute que grammaticalement, les « héros du quotidien » sont forcément des mâles, alors que théologiquement, les « anges gardiens » n’ont pas de sexe.

Dieu « qui voit dans le secret » porte-t-il: a) un regard bienveillant b) un regard déshumanisant?

Travaillant sur les rites célébrés à distance pendant les périodes de confinement, je me plonge dans un ancien article qui m’a été recommandé par le journaliste et théologien suisse Michel Kocher (lire sa brève présentation sur Réformés.ch) . En 1978, le professeur de théologie pratique Jean-Marc Chappuis (lire sa notice dans le Dictionnaire historique de la Suisse) réfléchissait sur la réalité de la présence de celles et ceux qui écoutent et/ou regardent le culte ou la messe à la radio ou à la télévision.

J’y lis ces lignes qui me semblent rester d’actualité, tant dans la constance du regard bienveillant de Dieu que dans le renforcement de la technologie omnivoyante et déshumanisante.

« La question n’est plus en effet aujourd’hui de savoir comment je puis me comporter devant le regard omniscient de Dieu. Cette question est deux fois dépassée. Elle est dépassée parce que l’Evangile nous a révélé que le regard de Dieu « qui voit dans le secret » est un regard aimant qui ne fait pas de nous des objets inertes et manipulables, mais des sujets actifs et responsables. Elle est dépassée parce que la technologie moderne a extériorisé le péril de l’omnivoyance. Le regard intérieur de Dieu est relayé par le regard extérieur de la société. À tout moment, je puis sans m’en douter être réduit à l’état d’objet, et d’objet « dépouillé et possédé » à quoi le regard d’autrui sur moi me condamne selon l’analyse sartrienne. » Jean-Marc Chappuis (1978). « La Téléprésence réelle », Positions Luthériennes, 26/2, page 161.


Je recommande très vivement la lecture de la petite fiction de Jean-Marc Chappuis Ecclesiastic Park, Histoire fantastique de William Bolomey, dernier pasteur chrétien, paru chez Labor et Fides en 1984 et réédité en 1998.

« Que peut-il se passer au XXIe siècle lorsque sociologues, ethnologues, psychoallergologues et autres savants découvrent parmi les anciennes cures métamorphosées en centres culturels une communauté chrétienne oubliée où le pasteur William Bolomey (2021-2102) continue fidèlement d’officier ? Tout simplement une cascade de conséquences plus imprévisibles les unes que les autres, qui éclairent d’un humour discret la fin du XXe siècle. »


Oui, les professeurs de théologie pratique peuvent avoir des visions prophétiques… Et pour ne pas laisser d’ambiguïté, je précise que le prophète annonce un avenir possible pour nous inciter à l’empêcher d’arriver.


Ajout à 16h40: Michel Kocher évoque la téléprésence réelle dans un entretien avec Joël Burri: « La radio permet de vivre un événement de la Parole », Réformés.ch, 13 mars 2020.

Croix et vigne: troublante ressemblance

Me promenant dans le cimetière de Colombes (Hauts-deSeine, France), j’ai repéré une tombe offrant une troublante ressemblance avec la couverture que j’ai choisie pour l’ouvrage collectif Esprit du vin, esprit divin (à partir d’un tableau de Jean-Pierre Laÿs, Vigne à la croix (1862), exposé au musée des beaux-arts de Lyon. Jugez vous-mêmes!

Dieu ne protège pas du coronavirus mais le coronavirus pourrait aider les religions

Pour savoir ce qu’un théologien du quotidien pense théologiquement de la COVID-19, de son impact sur les rites et de son exploitation par certains groupes religieux, on peut lire ma Tribune sur le médias suisse en ligne heidi.news: