« Les meilleures ventes en christianisme »: février 2021

Incroyable, mais vrai, les deux premiers livres dans la catégorie « Christianisme » sur Amazon.fr au mois de février sont deux livres qui ont déjà été numéro 1 (La Bible Segond et Le Missel des dimanches). Ce mois-ci, je traiterai donc du livre numéro 3, encore un livre de conversation avec une puissance supérieure: après Jésus, une conversation avec Dieu!

  • À découvrir le 15 février : Neale Donald Walsh (traduction de Michel Saint-Germain) (2003). Conversations avec Dieu – un dialogue hors du commun (tome 1). J’ai lu: 256 pages.

Rappel du projet :

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi : lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans « Les meilleures ventes en christianisme » sur Amazon.fr. Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres que je n’achète pas forcément par correspondance.

Quand le choix d’une «Bible d’investiture» dit quelque chose en soi

Aujourd’hui donc, Joseph R. Biden va prêter serment et devenir le 46e président des États-Unis. La Constitution étatsunienne (article II, section 1) requiert que le président prête serment. On annonce qu’il le fera la main posée sur une Bible familiale avec une croix celtique sur le dessus. On verra si les images le confirment.

L’usage veut que le nouveau président (j’espère pouvoir écrire la nouvelle présidente bientôt) prête serment sur un livre (sauf Theodore Roosevelt qui, installé de toute urgence en 1901, n’a utilisé aucun objet), un livre qui a toujours été une Bible, sauf pour John Q. Adams (1825) qui a juré sur un livre de loi et Lyndon B. Johnson (1963) sur le missel de John F. Kennedy.

Dans ce contexte, plus que la Bible, c’est «quelle Bible?» qui devient signifiant.  Or, le comité d’organisation des cérémonies d’investiture tient une liste non exhaustive des Bibles utilisées, ce qui fait le bonheur des chercheur·es. Certaines ont une valeur particulière et transmettent un message particulier.

Si, en 1789, George Washington prête serment sur une Bible qu’il emprunte à une loge maçonnique de New York, pendant presque deux siècles, la Bible est souvent une Bible personnelle ou familiale qui semble suffire en elle-même. Les choses changent au 20e siècle, notamment quand Harry S. Truman en 1949 superpose deux Bibles ce qui permet de transmettre un double message: de continuité quand il utilise la Bible de sa première investiture et peut-être d’inscription dans une histoire plus large en choisissant un fac-similé de la Bible de Gutenberg. À la fin du 20e siècle, la Bible permet de revendiquer un héritage, comme en témoigne l’utilisation de la «Bible de George Washington» notamment par James E. Carter (1977) et Georges H. W. Bush (1989). Jugée trop fragile, elle ne peut plus être utilisée depuis, ce qui explique que Barack H. Obama et Donald J. Trump prêtent serment sur la Bible d’un autre «grand président», Abraham Lincoln. En 2013, Barack H. Obama lui ajoute une Bible ayant appartenu à Martin Luther King Jr, celle qu’il utilisait quand il prêchait, aux dires de ses filles.

Quand la Bible est ouverte, on peut approfondir la recherche et considérer que le choix de verset transmet lui aussi un message. En voici quelques-uns des plus significatifs:

  • Le texte le plus fréquent (3 utilisations, dont 2 par Ronald W. Reagan) vient du deuxième livre des Chronique: «Si mon peuple, sur qui est invoqué mon nom, s’humilie, prie et me recherche, s’il revient de ses voies mauvaises, moi, je l’entendrai depuis le ciel, je pardonnerai son péché et je guérirai son pays. » 2 Chroniques 7, 4
  • Succédant à trois mandats républicains, William J. Clinton (1997) choisit : «Grâce à toi, on rebâtira sur les ruines d’autrefois, tu relèveras les fondations des générations passées; on t’appellera “Celui qui répare les brèches”, “Celui qui restaure les sentiers, pour rendre le pays habitable”.» Ésaïe 58,12
  • Richard Nixon qui finit par faire la paix au Viêt-nam après y avoir fait la guerre: «Il sera juge entre les nations, il sera l’arbitre d’une multitude de peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et on n’apprendra plus la guerre.» Ésaïe 2,4
  • En pleine crise, Franklin D. Roosevelt (1933): «Or maintenant trois choses demeurent: la foi, l’espérance, l’amour ; mais c’est l’amour qui est le plus grand.» 1 Corinthiens 13 
  • En 1789, la Bible utilisée par George Washington: «Zabulon demeure sur la côte des mers, il se tient sur la côte des bateaux, et ses confins touchent à Sidon. » Genèse 49,13. Il semble que le livre était ouvert au hasard.

Les présidents ont-ils appliqué les programmes de gouvernement indiqués par ces versets ? Je n’ajoute aucun commentaire.

La cure d’âme comme forme de soins spirituels

Pour le vernissage de l’ouvrage collectif Clinique du sens, on me demande de préciser ce qu’est la cure d’âme en théologie protestante. Je le fais en quatre images, à peine commentée.

La tradition théologique protestante opposait traditionnellement la religion comme projection humaine et la Révélation de Dieu qui se fait connaître en Jésus.

La religion et la Révélation distinguées dans deux sphères séparées

Le développement de la spiritualité oblige à redéfinir la religion. On peut les opposer, en nommant « religion » ce qui postule l’existence d’un Dieu et « spiritualité » ce qui s’en passe.

La spiritualité et la religion articulée dans un continuum entre immanence et transcendance

J’aurais plutôt tendance à faire du christianisme une forme particulière de religion et de la religion une forme particulière de spiritualité.

le christianisme fait partie de la religion qui fait partie de la spiritualité

Ce qui fait de la « cure d’âme » (un synonyme de psychothérapie) protestante une forme chrétienne, donc religieuse, de soins spirituels.

La cure d'âme est une manière chrétienne d'apporter des soins spirituels

On me demande encore quelle place reconnaître à Dieu dans les soins spirituels.

Pour moi Dieu n’a pas de place. Il est un mot. Il est le nom que certaines personnes francophones donnent à leur expérience qu’il y a quelque chose de plus que la réalité. Cette expérience peut être diverse. On l’appelle chrétienne pour celles et ceux qui donnent à Dieu le nom de Jésus-Christ. Comme toutes les relations, la relation à Dieu peut être mortifère ou vivifiante. Une relation à Dieu mortifère se reconnaît à une relation mortifère à soi, aux autres et au monde. Une relation à Dieu mortifère nécessite des soins, une « cure d’âme ». En christianisme, elle consiste à rendre la relation à Dieu vivifiante en permettant de nommer Dieu, Jésus Christ.


P.S. Je dois cette conception de la cure d’âme à l’ouvrage du théologien et psychanalyste français Jean Ansaldi (1934-2010, voire sa page sur Wikipédia) Le dialogue pastoral : De l’anthropologie à la pratique. Labor et Fides, 1986 (le livre est épuisé, ce qui est à la fois une bonne est une mauvaise nouvelle).

Livre # 2 le 1er janvier 2021 : « Un moment avec Jésus chaque jour de l’année »

Janvier 2021

La Bible Segond 2010 étant de nouveau le meilleur vendeur au 1er janvier 2021, je traite du numéro 2: Sarah Young. Un moment avec Jésus chaque jour de l’année. Éditions Ourania. Édition du Kindle, 400 pages.

Une citation percutante

« 15 janvier : Mon visage brille sur toi, reflétant la paix qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre. Tu as beau être au cœur d’un océan de problèmes, tu es face à face avec moi. C’est moi qui suis ta paix. Tant que tes pensées sont orientées vers moi, tu es en sécurité. Si tu gardes ton attention sur tes nombreux problèmes, tu finiras par t’écrouler sous le poids de tes fardeaux. Si cela arrive, crie simplement : “Jésus, aide-moi !” et je te relèverai. Plus tu vis près de moi, plus tu seras en sécurité. Les circonstances ont beau te ballotter et des vagues menaçantes déferler à l’horizon, garde le regard sur moi : je ne change jamais. Le temps d’arriver jusqu’à toi, les flots se seront ajustés à mes plans. Je suis constamment à tes côtés et je t’aide à affronter les vagues d’aujourd’hui. L’avenir est un fantôme qui cherche à t’effrayer. Ne te préoccupe pas de lui et reste tout près de moi. Philippiens 4.7 ; Matthieu 14.30 ; Hébreux 12.2 » (page 30)

Le livre

Après une introduction où l’auteure raconte ce qu’elle veut dire d’elle, de son inspiration et de la genèse de son livre, elle propose pour chaque mois puis pour chaque jour de l’année (oui, même pour le 29 février) une courte méditation qu’elle écrit en « je », au nom de Jésus. Son texte souligne en italique « les paroles mêmes de la Bible (qu’il s’agisse de paraphrases ou de véritables citations) ». Elle ajoute les références bibliques des versets qui lui revenaient en mémoire « durant [s] es temps d’écoute de Dieu ». Ils servent « d’appui au texte » ou qui permettent « d’approfondir le thème abordé » (p. 13).

  • La méthode: Sarah Young décrit sa méthode pour « chercher sérieusement Dieu ». « Je démarrais mes journées seule avec lui, équipée de ma Bible, de mon livre de méditations, de mon journal de prière, d’un stylo et d’un café. Alors que je restais simplement tranquille dans sa présence, il a commencé à se révéler à moi. Une heure ou deux avec lui, cela passait trop vite » (page 10). Elle s’est directement inspirée d’un autre livre, God Calling (en lire la présentation en anglais seulement), « écrit par deux “auditrices” anonymes : des femmes qui savaient attendre patiemment dans la présence de Dieu, cahier et stylo en main, pour retranscrire les messages qu’elles recevaient de sa part. Elles les ont écrits à la première personne, le “je” désignant Dieu. » Comme ces deux femmes, elle a « donc décidé de me mettre à son écoute [du Seigneur], un stylo à la main, et de mettre par écrit tout ce [qu’elle pensait] recevoir de sa part » (page 12). Elle conseille de lire ses textes « lentement et dans un endroit calme » en prenant « de quoi relever vos pensées ou impressions. » (page 14)
  • Le contenu: Sarah Young le dit et le répète, l’expérience de la présence divine apporte du « bien-être » (page 11), les « directives » sont « encourageantes », les messages abordent « la confiance, la peur et l’intimité avec Dieu » (page 12). Dieu veut la fortifier et l’encourager, la détourner des « “légères difficultés du moment présent” (2 Corinthiens 4.17) », le Seigneur qui « aspire plus que nous encore à de tels moments de calme ensemble » veut que nous abandonnions nos préoccupations (p. 13).

Ce qui peut séduire

Le livre est la traduction française de Jesus Calling® le® indiquant que le titre est devenu une marque de commerce. Selon le site jesuscalling.com, le livre se serait vendu à plus de 30 millions d’exemplaires. Il existe même sous la forme d’une application.

Le succès du livre me semble venir à la fois de sa forme et de son fond. De sa forme, puisqu’i propose une courte méditation pour chaque jour de l’année. Qu’il soit surtout acheté au début de l’année ne m’étonne donc pas. Il a l’avantage d’être réutilisable, puisqu’il n’est pas ms à jour. Il n’en existe qu’une seule version que l’on peut relire année après année. De son fond, parce qu’il transmet un message de réconfort et de renforcement positif : nous pouvons « jouir de la présence et de la paix de Jésus » (p. 13).

Enfin, le livre est porté par des influenceurs. En 2019, on a vu le footballeur français Olivier Giroud, posé en train de lire Un moment avec Jésus !

Photo parue dans Le Parisien le 7 septembre 2019.

Mon avis

(+) J’apprécie d’abord le fait qu’un livre écrit par une théologienne protestante devienne un succès de librairie. Je constate que les gens apprécient un livre simple, pratique, dont on peut lire une page chaque jour. Quant au fond, je trouve les méditations un peu sirupeuses, un peu mielleuses, un peu cheesy. Mais une théologie qui fait du bien peut-elle faire du mal ? Oui, comme je l’explique plus bas !

(– ) J’ai deux critiques à formuler, une sur la forme une sur le fond. De nombreux commentaires qui critiquent la méthode choisie par Sarah Young, cette prétention à écrire au nom de Jésus. Je les partage, car c’est bien ses messages qu’elle propose. Même s’ils lui viennent dans l’espace que lui ouvrent de longs temps de prières et de silence, même s’ils sont nourris par sa lecture fréquente et attentive de la Bible, ses messages sont et restent ses messages, ni plus ni moins. Ce qui ne leur enlève ni ne leur ajoute rien, mais en relativise la portée. Et qui rend plus difficiles les éventuelles critiques, puisqu’elles seraient alors des critiques de Jésus. Évidemment, un livre titré Sarah Young Calling ou Un moment avec Sarah Young serait moins vendeur… Plus fondamentalement, je trouve qu’avec son message très positif, l’autrice tombe dans l’escroquerie théologique. Car il est évidemment facile d’aborder la vie avec confiance et de vivre en paix quand on est une femme blanche étatsunienne diplômée qui, comme elle l’écrit, n’affronte que de « légères difficultés du moment présent » (référence à 2 Corinthiens 4,17) : attendre un visa pour l’Australie et se faire ôter deux mélanomes, toujours comme elle l’écrit. Mais pour beaucoup de chrétien·nes, la vie est difficile, voire horrible. Et faire croire que se mettre à l’écoute de Dieu suffirait à la rendre meilleure est faux, injuste, indigne et culpabilisant. Moi, je crois que Jésus n’est pas venu apporter seulement la paix, mais aussi l’épée, que le monde nous donne quelques raisons de nous de nous révolter et que nous sommes appelé·es à le rendre meilleur. C’est ce que je crois et je l’assume.

L’autrice

Dans son introduction, Sarah Young (lire sa biographie sur son site Internet) donne quelques indications sur sa vie, des éléments soigneusement choisis pour donner d’elle une image conforme à ce qu’une chrétienne doit être.

Fille d’un professeur d’université, diplômée en philosophie de l’université de Wellesley, elle a « presque achevé [s]on master à l’université de Tufts » puis obtenu un master en relation d’aide et études bibliques au Covenant Theological Seminary à Saint-Louis et encore « un autre diplôme en relation d’aide, à l’université d’État ». Elle a épousé Steve « missionnaire de troisième génération au Japon », un « mari bon et aimant ». Deux enfants, leur sont nés, une fille et un garçon « qui [font] la joie de [s] a vie ». Ils ont notamment vécu au Japon, à Atlanta et à Melbourne des lieux où elle a « soutenu son mari dans l’implantation d’Églises ». Elle a travaillé comme rédactrice technique en Virginie, « dans un centre chrétien » à Atlanta pour « aider des femmes profondément blessées à trouver la guérison en Christ » et à Melbourne, « pratiquant la relation d’aide avec des femmes australiennes qui, pour certaines, avaient un passé d’abus et de liens spirituels terribles ». Elle a subi « quatre interventions chirurgicales, dont deux pour enlever un mélanome ».

Elle raconte plusieurs phases qui me semblent être autant de conversions :

  • La lecture du livre de Francis A. Schaeffer Démission de la raison ayant répondu « à des questions [qu’elle avait] depuis longtemps considérées comme sans réponse », elle est partie pour loger et étudier dans une branche de la communauté chrétienne L’Abri, fondée par les époux Schaeffer dans les Alpes suisses, à Huémoz-sur-Ollon. Lors d’une promenade solitaire dans la forêt et la nuit, alors que « l’air était sec et glacial, vivifiant », elle a senti « un brouillard chaud l’envelopper » et elle a su qu’elle appartenait à Jésus.
  • Aux États-Unis, alors qu’elle « en plein deuil d’une relation amoureuse sérieuse », elle errait « sans buts dans les rues d’Atlanta » elle voit des livres dans une vitrine et se met à lire Beyond Ourselves de Catherine Marshall. Elle s’agenouille, elle sent « une présence pleine de paix et d’amour » et sait que Jésus est avec elle, « compatissant à [s] a peine de cœur ».
  • Pendant les 16 ans qui suivent, « pas une seule fois », elle n’expérimente « de façon tangible la présence de Jésus ». Mais elle lit The Secret of the Abiding Presence d’Andrew Murray et commence « à chercher sérieusement la présence de Dieu » : « il a commencé à se révéler à moi ».
  • Un jour qu’elle prie, elle se sent « soudainement enveloppée d’une lumière étincelante et d’une paix profonde », une expérience qu’elle n’a pas recherchée, mais qu’elle reçoit « avec reconnaissance ».
  • Quand elle lit God calling, elle se demande si elle aussi peut « recevoir des messages de la part de Dieu » et décide de se mettre à l’écoute de Dieu. Comme l’écoute de Dieu « fait grandir [s] on intimité avec lui plus que toute autre pratique spirituelle », elle décide de « transmettre certains messages reçus ».

Sur le site jesuscalling.com, elle indique qu’elle est membre d’une Église protestante étatsunienne, la Presbyterian Church in America.

La maison d’édition

Sur leur site Internet, Les éditions Ourania se présentent ainsi :

« Les éditions Ourania [du mot grec ouranos, le ciel] s’intéressent à la façon dont les réalités spirituelles peuvent influencer notre quotidien, que nous soyons croyants ou non. Elles proposent des biographies ainsi que des ouvrages de réflexion sur l’éthique et diverses problématiques actuelles dans le but d’accompagner un cheminement de foi. Leur force réside dans la capacité à proposer des histoires authentiques, des parcours de vie à a fois atypiques et profondément inspirantes. Au fil de pages se dessine un message d’espoir qui ne peut laisser quiconque indifférent. Chaque ouvrage est une invitation à entreprendre un voyage avec son auteur et ses réflexions. »

Ouvrages déjà  présentés:


Carte d’identité des protestant·es français·es

Vu le succès de ma « Carte d’identité des protestant·es suisses », je propose de dresser celle des protestant·es français·es. Les chiffres proviennent d’une Enquête auprès des protestants réalisée par l’Institut de sondage Ipsos pour l’hebdomadaire protestant Réforme et la Fédération protestante de France. On verra que les intérêts sont différents selon les pays et selon celles et ceux qui « commandent » l’enquête.

Réalisée entre le 5 septembre et le 3 octobre 2017, elle porte sur un échantillon de « 500 personnes âgées de 15 ans et plus se déclarant de confession protestante ou évangélique ». Je me concentre sur les protestant·es « non-évangéliques ».

Je recopie les chiffres bruts en les classant dans l’ordre décroissant.

« Profil des répondants »

  • 53 % des protestant·es sont des hommes. 47 % des femmes.
  • 56 % des protestant·es ont entre 34-64 ans. 25 % ont 65 ans et plus. 19 % ont moins de 35 ans.
  • 35 % des protestant·es sont « retraité ». 20 % « employé ». 13 % « cadre supérieur ». 13 % « profession intermédiaire ». 9 % « ouvrier ». 5 % « artisan, commerçant, chef d’entreprise ». 1 % « inactif ».
  • Politiquement, 21 % des protestant·es ne sont proches d’aucun parti. 20 % sont proches des Républicains. 18 % du Parti socialiste/Europe Écologie les Verts. 17 % de La République en Marche/MoDem. 12 % du Front National. 10 % de la France Insoumise/Parti Communiste.
  • 87 % des protestant·es sont né·es en France métropolitaine. 12 % dans un autre pays. 1 % en France d’outre-mer.

« Rapport à la religion »

  • 80 % des protestant·es sont « né·es dans une famille protestante ». 20 % sont « devenu·es protestant au cours de son adolescence ou à l’âge adulte ».
  • Parmi les converti·es, 70 % viennent du catholicisme. 26 % n’avaient pas de religion. 2 % viennent « de la religion musulmane ». 1 % « de la religion juive ». 1 % « d’une autre religion ».
  • 74 % des protestant·es disent « qu’il faut poursuivre le rapprochement actuel entre les confessions chrétiennes sans pour autant chercher à les réunir ». 19 % « qu’il ne faut pas aller plus loin dans le rapprochement entre les confessions chrétiennes ». 7 % « qu’il faut désormais réunir les confessions chrétiennes en une seule église ».

« Niveau de pratique »

  • « D’habitude », 57 % des protestant·es ne vont jamais à un « office religieux » ou « uniquement pour les cérémonies, mariages, enterrements… ». 28 % y vont « une ou deux fois par mois » ou « de temps en temps, aux grandes fêtes ». 15 % « plusieurs fois par semaine » ou « une fois par semaine ».
  • « Chez elles ou eux », 64 % des protestant·es ne lisent jamais la Bible ou « plus rarement ». 20 % la lisent « au moins une fois par semaine » et « quelques fois par an ». 16 % la lisent « au moins une fois par semaine » ou « plusieurs fois par mois ».
  • 21 % des protestant·es appartiennent à une « association caritative ».

« Grands enjeux politiques »

  • Les protestant·es sont « d’accord ou plutôt d’accord » avec les affirmations suivantes à…
90 %« Il faudrait faire davantage pour lutter contre le réchauffement climatique »
79 %« Dans certaines circonstances, chacun devrait pouvoir choisir le moment de sa mort »
64 %« L’ouverture des droits au mariage aux couples homosexuels est une bonne chose »
63 %« Il y a trop d’immigrés en France »
60 %« C’est un devoir pour la France d’accueillir les réfugiés des pays en guerre »
60 %« Les couples homosexuels devraient pouvoir être bénis par les Églises »
58 %« En France, la laïcité prend trop souvent la forme d’un rejet des religions de la vie sociale »
57 %« Pour relancer la croissance, il faut limiter au maximum le rôle de l’État dans l’économie française et donner aux entreprises le plus de liberté possible »
56 %« À terme, il faut abandonner la production d’énergie nucléaire en France »
54 %« Les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment »
51 %« La Procréation Médicalement Assistée devrait être étendue aux couples de femmes »
46 %« La Gestation Pour Autrui (GPA) devrait être autorisée en France »

Lire aussi: Carte d’identité des protestant·es suisses

Carte d’identité des protestant·es suisses

Le 14 décembre 2020, l’Office fédéral de la statistique en Suisse a publié les « Premiers résultats de l’Enquête sur la langue, la religion et la culture 2019 ». Ils concernent la « Population résidante permanente âgée de 15 ans ou plus ».

Il m’a semblé utile d’en extraire les chiffres concernant la « Communauté protestante ». Elle réunit les « Églises nationales protestantes ou Réformés » distinguées des « Autres communautés évangéliques ou évangéliques libres » (1,5 %) et des « communautés luthériennes et des autres églises remontant à la Réforme ou des communautés chrétiennes internationales » (1,1 %) incluses parmi les « Autres communautés chrétiennes ».

Je recopie les chiffres bruts (complétés par quelques « données relatives au graphique ») en les classant dans l’ordre décroissant.

« Appartenance religieuse »

  • La communauté protestante représente 23,1 % de la population suisse.
  • Les 65 ans ou plus représentent 34,5 % de la communauté protestante. Les 50-64 ans 25,3 %. Les 15-34 ans 21,4 %. Les 35-49 ans 18,8 %.
  • La communauté protestante se compose à 87,2 % d’une « population non issue de la migration ». À 10,7 % d’une « population issue de la migration de 1re génération ». À 2,1 % d’une « population issue de la migration de 2e génération ou plus ».

« Pratiques religieuses et spirituelles » pendant les 12 deniers mois

  • 49,1 % de la communauté protestante a participé « aux services religieux collectifs » entre une et cinq fois par année. 24,6 % n’y a jamais participé. 19,6 % a participé entre six fois par an et au moins une fois par mois. 6,7 % au moins une fois par semaine.
  • 28,2 % de la communauté protestante a suivi une célébration religieuse « au moins sur un média ». 20,8 % « à la TV ». 9,2 % « à la radio ». 7,9 % « sur Internet ».
  • 38,1 % de la communauté protestante n’a « jamais prié ». 22,7 % a prié « tous les jours ou presque ». 21,6 % a prié « entre au moins une fois par semaine et au moins une fois par mois ». 14,1 % a prié « entre une et onze fois par année ». 3,1 % a prié « plusieurs fois par jour ».
  • Les membres de la communauté protestante ont déclaré être des personnes :
 TrèsPlutôtPlutôt pasPas du tout
Religieuses11,7 %28,3 %40,4 %19,6 %
Spirituelles6,7 %24,2 %35,0 %34,0 %
  • 22,3 % de la communauté protestante a « pratiqué de façon rituelle une technique basée sur le mouvement/la respiration ». 20,3 % a « utilisé des objets apportant chance, protection ou guérison ». 20,0 % a « entrepris des démarches allant dans le sens du développement personnel ». 15,9 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) religieux, tels que la Bible, le Coran, la Torah ou un autre livre sacré ». 10,6 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) ou magazine(s) traitant d’ésotérisme ou de spiritualité ». Personne n’a « recouru à un/une guérisseur/-euse », « demandé à se faire établir son horoscope ou recouru à un/e voyant/e », ni « participé à un rituel ésotérique, magique ou chamanique ».

« Croyances »

  • 39,7 % de la communauté protestante croit en un Dieu unique. 31,3 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux », mais croit « en une puissance supérieure ». 18,9 % ne sait pas « si un Dieu unique ou plusieurs dieux existent » et ne croit pas « qu’on puisse le savoir ». 9,1 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux ». 1,1 % croit « en plusieurs dieux ».

« Importance de la religion ou de la spiritualité »

  • 19,0 % des parents de la communauté protestante déclarent que leurs enfants appartiennent à la communauté protestante.
  • Pour 59,8 % de la communauté protestante, la religion ou la spiritualité joue « un rôle plutôt pas important ou aucun rôle » dans l’éducation des enfants. Pour 40,2 %, elles jouent « un rôle plutôt ou très important ».
  • 49,1 % de la communauté protestante « tient à transmettre d’autres valeurs qui ne soient ni religieuses ni spirituelles à ses enfants ». 22,9 % « tient à éduquer ses enfants selon les principes de sa religion ». 16,3 % n’est d’accord avec aucune des trois affirmations. 11,7 % « tient à transmettre des valeurs spirituelles à ses enfants ».

« Valeurs et attitudes »

  • 4,6 % de la communauté protestante a « fait l’expérience de la discrimination au cours des douze derniers mois dans au moins une situation concrète ».

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