aumônerie

Aumônerie sportive: question de reconnaissance

Au cours d’un entretien à la Radio suisse romande (Sport et religion sont-ils faits pour s’entendre?), j’ai tout à coup compris comment formuler ce que l’aumônerie peut apporter aux sportives et aux sportifs.

Sandrine Ray, la seule aumônière en Suisse romande, avait préparé le terrain lors d’une conférence à l’Université de Lausanne («Expérience d’aumônerie en club et aux jeux»). Elle avait signalé que l’aumônier ou l’aumônier est la seule personne dans l’entourage d’un·e athlète à s’intéresser à l’être humain qu’il ou elle est. Car il ou elle n’a pas pour objectif de lui permettre d’être plus performant, mais simplement de l’aider à mieux vivre.

Tout tourne alors autour de la notion de reconnaissance: pour quoi (en deux mots) un·e athlète est-il, est-elle reconnu·e? La plupart du temps et pour la plupart des gens, c’est pour ce qu’il, qu’elle fait: reconnu·e par le public pour sa performance; reconnu·e par les médias pour ses résultats; reconnu·e par un pays pour les médailles qu’il, qu’elle remporte; reconnu·e par un club pour l’argent qu’il, qu’elle rapporte; reconnu·e par les partisans pour le plaisir qu’il, qu’elle leur donne; peut-être même reconnu·e par sa famille pour la gloire qu’il, qu’elle lui apporte.

L’aumônière, l’aumônier rappelle à l’athlète qu’il, qu’elle est d’abord un être humain ; reconnu·e simplement pour ce qu’il, qu’elle est; reconnu·e, quels que soient sa performance et ses résultats; reconnue·e qu’il, qu’elle gagne ou qu’il, qu’elle perde; reconnu·e peu importe qu’il, qu’elle réussisse ou qu’il, qu’elle rate; reconnu·e parce qu’il est, parce qu’elle est un être humain.

Et l’aumônière, et l’aumônier rappelle à l’athlète que si la reconnaissance ne vient pas — ou quand la reconnaissance ne viendra plus — ni du public, ni des médias, ni de son entourage, ni de son pays, ni de sa famille, elle lui vient toujours de Dieu. Pas pour ce qu’il, qu’elle fait, simplement parce qu’il, qu’elle est. Et parce qu’il, qu’elle est toujours reconnu·e par Dieu, l’athlète peut toujours être fière d’elle, fier de lui.