Canada

Quel rite pour les couples après le mariage pour toutes et tous? Les exemples français et canadien

Pour compléter mon article d’hier (Quel rite pour les couples après le mariage pour toutes et tous ?), j’ai eu envie de vérifier quel rite pour les couples proposent deux Églises réformées dans des pays qui ont déjà adopté un mariage pour toutes et tous.

L’Église protestante unie de France propose aux couples de même sexe, non pas une « célébration du mariage au temple » mais une « bénédiction des couples mariés de même sexe » (voir la page).

L’Église unie du Canada propose le mariage (je rappelle qu’au Canada, les pasteur·es marient civilement au nom de l’État) à tous les couples, dont les « couples formés de personne de même sexe » (voir la page).

Dois-je ajouter que c’est la proposition de l’Église unie du Canada qui me semble la seule conforme à l’Évangile ? Et que c’est celle que doivent adopter les Églises réformées en Suisse – et en France ! – après l’adoption du mariage pour toutes et tous ?

Le salaire des pasteur·es au 21e siècle: trop ou trop peu?

Mon article d’hier rapportant trois anecdotes historiques sur le salaire des pasteurs m’a donné l’idée de proposer un état des lieux sur les salaires des pasteur·es au 21e siècle. La chose n’est pas facile car toutes les Églises n’offrent pas ou pas aisément cette information. Avec un peu de persévérance et de savoir-faire, j’ai trouvé des chiffres fiables – et publics! – pour cinq Églises réformées francophones (Suisse, France et Canada) et pour l’Église catholique en Suisse romande. Les montants correspondent aux salaires mensuels.

J’intégrerai volontiers les salaires pastoraux que l’on m’indiquera.

Attention, ces chiffres sont à comparer avec modération et quelques précautions:

  1. Parce que le temps de travail varie d’un pays à l’autre;
  2. Parce qu’au salaire en argent, s’ajoutent parfois des avantages en nature: logement, voiture de fonction, etc.;
  3. Parce que les revenus effectifs dépendent des cotisations sociales, des assurances de santé, des taux d’imposition, des allocations familiales, etc. qui diffèrent selon les pays;
  4. Parce que le coût de la vie et partant le pouvoir d’achat varient fortement entre les pays concernés.

Sources:

Justin Trudeau, ses ennemis ou ses prochains

Justin Trudeau, dans son discours après avoir remporté la majorité absolue des sièges au Parlement canadien, a prononcé une phrase généreuse, mais énigmatique:

«Les conservateurs [le parti de son rival, le Premier Ministre sortant, Stephen Harper] ne sont pas nos ennemis, ils sont nos voisins.»

Phrase énigmatique, puisque «ennemis» et «voisins» ne s’opposent pas, mon voisin pouvant très bien être aussi mon ennemi.

Qu’a-t-il voulu dire?

Il faut qu’un théologien protestant installé à Montréal vienne à la rescousse, celui qui sait que Justin Trudeau est anglophone, celui qui connaît (un peu) la Bible, celui qui sait que l’anglais «neighbours» (voisins) désigne aussi ceux que le français appelle «prochains». En anglais, «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Évangile attribué à Marc, chapitre 12, verset 31) se dit ainsi: «You shall love your neighbour as yourself».

La phrase devient alors claire. Et si Justin Trudeau considère vraiment les conservateurs comme ses prochains, il en devient encore plus généreux.