doute

Désolé la Bible, il n’y a pas de temps pour tuer

Dans une réunion d’Eglise, j’ai entendu ce texte tiré du livre biblique du Qohélet ou de l’Ecclésiaste comme il est traditionnellement nommé en christianisme.

« 1 Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel : 2 un temps pour enfanter et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher le plant, 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour saper et un temps pour bâtir, 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, 5 un temps pour jeter des pierres et un temps pour amasser des pierres, un temps pour embrasser et un temps pour éviter d’embrasser, 6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter, 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler, 8 un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps de guerre et un temps de paix. » Qohélet 3, Traduction œcuménique de la Bible

En général, j’aime bien le Qohélet et sa théologie un peu désabusée, si peu religieuse. Mais là, je dis non. Je ne dis pas non au texte dans son entier — j’aime cette alternance des temps —, mais je dis non au verset 3. Il n’y a pas de temps pour tuer. Il ne peut pas y avoir de temps pour tuer. Il ne doit pas y avoir de temps pour tuer.

Ce qui est écrit est écrit. Et Qohélet est responsable de son texte. Visiblement, il y a eu un temps où l’on a cru qu’il y avait un temps pour tuer. Et visiblement, il y a eu un temps où l’on a pensé que l’expression « il y a un temps pour tuer » méritait de figurer dans la Bible.

Mais comment dans une réunion d’Église au 21e siècle peut-on lire tranquillement, lire religieusement ce texte avec le verset 3? Comment dans une réunion d’Église peut-on écouter tranquillement, écouter religieusement ce texte avec le verset 3? Croit-on vraiment qu’il y ait un temps pour tuer? Et si oui, va-t-on en pofiter ? Suffit-il qu’une phrase figure dans la Bible pour qu’on la lise sans aucun sens critique?

Dans cette réunion d’Église, j’ai craqué. J’ai dit mon désaccord et mon désarroi. Je ne suis pas sûr d’avoir suscité autre chose que de l’incompréhension ou de la condescendance. D’où cet article sur mon blogue.


À propos de mes doutes sur l’autorité de la Bible, on peut lire ma prédication « La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien ».