Église

Suis-je le seul à penser ça ?

Jeudi soir, comprenant que les lieux de culte vont rouvrir en Suisse comme en France, je gazouille ceci :

Les communautés chrétiennes ne devraient pas réouvrir leurs lieux de #culte tant que les lieux de #culture n’ont pas eux aussi le droit de réouvrir. #Covid_19 #Deconfinement @EKS_EERS @EPUdF @Cath_point_ch @Eglisecatho

Je pensais naïvement que d’autres que moi avait ce même souci des autres; j’espérais que mon gazouillis serait repris et partagé. Pour plus d’efficacité, je l’ai même adressé aux comptes de quelques Églises chrétiennes et ajouté des dièses et des mots clics d’actualité.

Mais non ! Sur 672 comptes abonnés, mon message n’a eu qu’un « retweet » et un « j’aime » pour lesquels je suis reconnaissant.

Ce qui me désole, ce n’est pas que mon message ait eu peu de succès. Mais c’est qu’il me laisse avec la triste impression que les Églises chrétiennes sont corporatistes et qu’elles ne défendent que leur propre intérêt.


Pour savoir ce qu’on pense « hors Église », on peut écouter le billet de l’humoriste Charles Nouveau sur France Inter: « Églises vs. théâtres »

Une église où l’on ne peut se réunir est de fait une église fermée.

J’apprends qu’en France les « lieux de culte » — une manière de qualifier église, synagogue, mosquée, temple, etc. — sont ouverts, mais qu’il est interdit de s’y réunir. Je me dis que la mesure n’a aucun sens pour le protestantisme. Car l’église n’existe que comme lieu de réunion d’une communauté et tant que dure la réunion de la communauté. À tout autre moment, l’église n’existe pas. Une église où l’on ne peut se réunir est de fait une église fermée. Et devrait le rester.


P.S. Pour mémoire, « église » vient du terme grec ek-klesia, « appelé hors de ». N’en déplaise à « l’autre pasteur B. » (lire « Quand au temple, nous serons »), le protestantisme a des églises. Mais, avant d’être un bâtiment, l’église est l’assemblée de celles et ceux qui sont appelé·es, hors de leur maison, hors de leur routine, hors de leur vie quotidienne.

« Quand au temple, nous serons »

Dans la dynamique de mon cours Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, je propose chaque mercredi matin pendant les prochaines semaines, 12 chroniques réunies sous le titre Les confessions d’un autre pasteur B., en hommage au titre du livre de Jacques Chessex : Chessex, J. (1974). La confession du pasteur Burg. Ch. Bourgois.


11. « Quand au temple, nous serons »

Je ne vous révélerai pas où j’exerce mon ministère. Mais quand je vous aurai dit ce que je vois entre le presbytère où j’habite et le temple où je célèbre, vous réussirez sans doute à identifier ma paroisse. Mais — j’ouvre une parenthèse —, écrire « presbytère » et « temple » plutôt que « cure » et « église » dit quelque chose de la famille religieuse à laquelle j’appartiens ; en l’occurrence, que je suis de confession protestante et de théologie libérale ; ils disent aussi que, dans ma volonté farouche de me démarquer du catholicisme – mysterium tremendum et fascinans, mystère terrifiant et fascinant (Rudolf Otto) — je fais de mon domicile celui du prêtre et du lieu de mon culte un lieu de sacrifice… — mais — je referme la parenthèse — et je passe, rapidement.

Si la taille compte — je parle des bâtiments évidemment —, alors, elle dit qui, dans ma ville, commande. Le plus haut bâtiment est une banque, le plus vaste un centre commercial et le plus visible le casino : argent roi. Mais Dieu soit loué, deux bâtiments imposants — mais pas tant que ça ! — relativisent ce jugement : un temple — protestant — et une église — catholique —. Oui, ils gaspillent de la place ; oui, ils coûtent cher à entretenir ; oui, ils sont sous-utilisés et surdimensionnés. Mais oui aussi, ils rééquilibrent la ville, ma ville, vers l’essentiel. Car si temple et église sont visiblement là pour être vus — parfois je les préférerais un peu plus modestes, comme l’église évangélique dans la zone commerciale discrète et pratique —, ils sont visiblement là pour montrer que des personnes se réunissent en communauté parce qu’elles croient que croire en « Dieu » rend leur vie meilleure. Celles et ceux qui ont des yeux pour voir l’invisible le comprennent ! Mais pour les autres, petite explication…

Mon temple comme cette église sont construits selon deux dimensions, verticale et horizontale. Verticale : le clocher s’effile, pointe vers le Ciel ; il conduit vers « autre chose », vers « quelqu’un·e d’autre », il suggère un lien à « Dieu ». Horizontale : le bâtiment s’allonge, s’élargit pour accueillir, pour réunir une communauté ; il rend solidaire.

Ce n’est qu’à l’intérieur que temple protestant et église catholique se distinguent. Beau symbole, d’abord l’unité — de façade ? —, ensuite la diversité. Et encore, d’abord, encore une similitude : des sièges pour accueillir des fidèles. Ensuite seulement une différence, minime ; au cœur de l’église catholique, là où tous les regards se dirigent, il y a le tabernacle — pour conserver les hosties consacrées — et l’autel — pour célébrer la messe ; c’est qu’au cœur de la foi catholique, il y a le sacrifice de la messe. Au centre de mon temple protestant, là où tous les regards se dirigent, il y a la chaire — pour commenter la Bible — ; c’est qu’au cœur de la foi protestante, il y a la transmission d’une Parole, celle d’un livre et des personnes qui le lisent. Celle de « Dieu ».


  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)

Saint·es athlètes, priez pour nous!

La Française des jeux propose une application « Parions sport ». Pour sa campagne de publicité, elle n’hésite pas à surjouer la dimension religieuse du sport. Voyez plutôt!

«La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 5 images seulement)

Il y a quelques semaines, j’ai publié un article intitulé « «La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 4 images seulement)« .

J’ai trouvé à Paris une cinquième image que j’ai ajoutée à ma prédication:

Image_QuiParleQuandNousLisonsBible

Pour savoir comment j’intègre cette image dans ma prédication, vous pouvez lire ou télécharger le texte enrichi de la prédication « LA BIBLE NE PARLE PAS, LA BIBLE NE DIT RIEN! (version enrichie)« .

«La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 4 images seulement)

Serez-vous capable de comprendre ma prédication avec ces quatre images comme seuls éléments?

Premier élément

Publicité d'une Église à Montréal: "La Bible parle. Centre-Ville. Bienvenue à tous"

Publicité d’une Église à Montréal

Deuxième élément

Chapelle œcuménique des Hôpitaux Universitaires de Genève- À gauche, un tabernacle. À droite, une Bible dans une vitrine en verre.

Chapelle œcuménique des Hôpitaux Universitaires de Genève

Troisième élément

Caricature d'un homme debout sur les pages d'un livre. "Sola Scriptura". "Les feuilles d'automne emportées par le vent (de la Réforme)"

Caricature d’un homme debout sur les pages d’un livre

Quatrième élément

Une publicité de l'Église Unie du Canada. Une Bible avec des signets verts et roses. Signerts verts: "Agree". Signets roses: "Disagree".

Une publicité de l’Église Unie du Canada


Si vous voulez vérifier la justesse de votre intuition ou si avez de la peine à reconstruire l’ensemble de la prédication, lisez ou téléchargez le texte de la prédication «LA BIBLE NE PARLE PAS, LA BIBLE NE DIT RIEN!».