évangile

1 ange qui dicte quelque chose et 4 évangélistes qui écrivent d’autres choses

Faisons aujourd’hui un peu de théologie à partir d’une image vue sur la route des vacances!

Sur le socle de l’autel de l’église Santa Maria de la Alhambra à Grenade figure une image sculptée et peinte. On y voit de gauche à droite: un ange qui présente à l’évangéliste « Matthieu » une Bible ouverte au début de son évangile et les trois autres évangélistes – dans l’ordre « Luc », « Jean » et « Marc » – qui tiennent chacun en main une Bible ouverte au début de leur propre évangile.

Sur le socle de l'autel de l'église Santa Maria de la Alhambra à Grenade, on voit une image sculptée et peinte. On y voit de gauche à droite: un ange qui présente à l'évangéliste Matthieu le début de son évangile; Marc qui caresse la tête du lion qui est son symbole et qui tient en main une Bible ouverte au début de son évangile; Luc qui tient en main une Bible ouverte au début de son évangile; et Jeran qui qui tient en main une Bible ouverte au début de son évangile.

Autel de l’église Santa Maria de la Alhambra à Grenade (Espagne). (c) Olivier Bauer

On pourrait lire l’image comme une représentation de l’inspiration divine directe et littérale de la Bible, chaque évangéliste écrivant le même texte sous la dictée de l’ange. Sauf que…

  • Sauf que dans la Bible de « Matthieu » figurent les mots suivants:

« Liber generationis lesu Christi filii David, filii Abraham. » (« Livre des générations de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham », premier verset de l’Évangile attribué à Matthieu.)

  • Sauf que dans la Bible de « Luc » figurent les mots suivants:

« Quoniam quidem multi conati sunt ordinare narrationem, quae in nobis completae sunt, rerum. » (« De nombreuses personnes ont entrepris de composer un récit à propos des choses qui ont été accomplies parmi nous », premier verset de l’Évangile attribué à Luc.)

  • Sauf que dans la Bible de « Jean » figurent les mots suivants:

« In principio erat verbum, et verbum erat apud Deum. et Deus erat. » (« Au commencement était la Parole et le verbe était auprès de Dieu et le verbe était Dieu », premier verset de l’Évangile attribué à Jean.)

  • Sauf que dans la Bible de « Marc » figurent les mots suivants:

« Initium Evangelii lesu Christi, Filii Dei. » (« Début de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu », premier verset de l’Évangile attribué à Marc.)

Quatre évangélistes, quatre évangiles et quatre textes différents. Il me semble que cela remet en cause le principe d’une inspiration divine directe et littérale du texte biblique.

On n’osera pas penser que les évangélistes ont vraiment de mauvaises oreilles…

On pourrait interpréter l’image comme une tentative de donner une préséance à « Matthieu » qui lui seul aurait écrit exactement ce que l’ange a dicté. On n’aurait sans doute pas entièrement tort.

Pour ma part, je considère que l’image illustre parfaitement ce que je crois: chaque évangéliste est responsable de son texte; chaque évangéliste a écrit librement et différemment ce qu’il comprenait ce qu’il gardait de la vie, de la mort et de la résurrection d’un certain Jésus. Et je crois que j’ai raison…

Donner sens ou donner vie à l’Évangile?

Juste après avoir publié mon article sur mes deux prédications (Du sel et des pécheurs malades; 2 prédications), je faisais passer un examen de théologie pratique. L’étudiante évaluait la pertinence d’une prédication olfactive. Elle a utilisé cette expression:

« La prédication doit donner sens à l’Évangile. »

Immédiatement m’est venue cette idée:

« La prédication doit donner vie à l’Évangile. »

Et à votre avis? Conceptions complémentaires? Conceptions contradictoires? Une autre conception? Utilisez l’outil « Laissez un commentaire » pour écrire ce que vous pensez!

Du sel et des pécheurs malades; 2 prédications

Certaines paroisses me confient la responsabilité de prêcher; et certaines paroisses font figurer ma prédication sur leur site Internet.

En voici deux, l’une prononcée à l’Esprit sainf à Lausanne, un « lieu-phare » de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud et l’autre à Bois-Colombes, dans la paroisse d’Argenteuil, Asnières, Bois Colombes et Colombes de l’Église protestante unie de France.

On peut les lire ou les télécharger – et les garder pour un dimanche sans culte! – sur les sites du lieu-phare et de la paroisse en cliquant sur le titre de chaque prédication.

  • « Être le sel de la terre » Prédication à partir de Matthieu 5,13, Marc 9,49-50 et Luc 14,34-35 (10 février 2018)

Ça commence comme ça…

« Un homme partit de Dorigny pour se rendre à Bex, auprès de Pasteure Marcelle, une femme connue pour son intelligence, sa sagesse et sa clairvoyance. Quand il arriva devant elle, il lui dit :

  • Pasteure Marcelle, toi qui es connue pour ton intelligence, ta sagesse et ta clairvoyance, dis-moi comment être le sel de la terre ?
  • Homme, répondit Pasteure Marcelle ! Quand tu cuisines, pourquoi ajoutes-tu du sel à tes plats ?
  • Pour renforcer leur goût, dit l’homme.
  • Et bien va et fais de même ! Donne du goût à la vie ! Donne du goût à ta vie, à la vie de tes proches et à la vie de celles et ceux que tu rends lointaines et lointains ! Et pour ne pas oublier ta tâche, prends une cuillère de sel et dissous-la dans un peu d’eau ! Seulement, garde-toi bien de boire ce breuvage ! Et quand tu auras fait cela, reviens me voir ! »

Ça commence comme ça…

« Le chapitre 9 de l’Évangile attribué à Matthieu raconte des histoires de gens divers : des histoires d’hommes et des histoires de femmes, des histoires d’adultes et des histoires d’enfants, des histoires de malades et des histoires de bien portants, des histoires d’individus et des histoires de foules, des histoires de disciples de Jésus et des histoires disciples de Jean, des histoires de pharisiens et des histoires de collecteurs d’impôts.

Matthieu 9, ce sont des histoires de maladie, mais surtout des histoires de guérison. Des guérisons aux motifs divers : une guérison demandée, celle des deux aveugles ; une guérison espérée, celle de la fille d’un chef ; une guérison par défi, dans le cas du paralysé ; une guérison par compassion, dans le cas des foules blessées et abattues ; une guérison en plus, dans le cas du démoniaque muet qui retrouve la parole quand son démon le quitte ; même une autoguérison, dans le cas de cette femme qui perd son sang. »


P.S. Lorsqu’il s’agit de prédication, le texte n’est que la partition; il ne dit rien de l’interprétation par la prédicatrice ou le prédicateur.

Comment évangéliser les bons chrétiens?

Non, il n’y a pas d’erreur dans le titre.

On se demande souvent comment évangéliser les non chrétiens.

On se demande rarement comment évangéliser les bons chrétiens (et les bonnes chrétiennes, mais on manque alors le jeu de mot).

C’est-à-dire comment faire comprendre qu’être chrétien·ne, ce n’est pas un état mais un processus?

Pour paraphraser Nietzsche: « Il n’y a eu qu’un seul bon chrétien et il est mort sur la croix. »

Qui me dira alors comment rendre les mauvais·es chrétien·nes dont je suis le premier meilleur·es ou moins pires?

L’évangile selon #Federer

Donc, on résume:

Parce que Roger Federer a été touché par la grâce…

Le quotidien suisse Le Matin affiche en manchette:

Manchette du Matin

… il est devenu immortel!

Le quotidien L'Equipe titre une photo de Roger Federer:

Titre de L’Équipe

Notons que, comme pour les quatre « évangiles de Jésus Christ », ce n’est pas le héros qui en est l’auteur.