féminisme

«Il n’est pas juste d’attribuer à Dieu ce qui vient des hommes» #ÉvangileSelonMoi

La Gare de Lyon à Paris propose une exposition sur les Luttes féministes au XXe siècle (voir le site de l’exposition). Le théologien du quotidien y a lu cette citation de Gisèle Halimi, militante féministe, entre autre causes (lire sa biographie sur le site du magazine Elle).

Si elle a raison quant à la condition des femmes — théologiquement, être femme n’est pas un péché qui nécessite un pardon —, elle a tort sur le plan théologique. Car il n’est pas juste d’attribuer à Dieu ce qui relève de la responsabilité des hommes.

Pour sa part, le théologien du quotidien écrirait plutôt: «Le rôle que les hommes nous attribuaient et qu’ils justifiaient au nom de Dieu…» Ce serait un peu plus long, mais ce serait beaucoup plus juste. Et ce serait infiniment plus prudent!

Le théologien du quotidien essaye d’éviter d’utiliser Dieu pour justifier ses propres opinions. Et il vous conseille d’en faire autant…

Pour une Église de nanas, de mecs, etc.

Dans le quotidien suisse Le Matin du 7 janvier 2015 (soit le jour même du carnage à Charlie Hebdo, concordance troublante et non sans lien), sous le titre: « Ils dénoncent une Église de nanas« , le journaliste Raphaël Pomey rapporte les propos hallucinants de quatre protestant-e-s suisses.

Herbert Pachmann, »un  pasteur de Dübendorf », Gottfried Locher, « président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse »,  Shafique Keshavjee « théologien et écrivain vaudois » et Suzette Sandoz « Membre du synode de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud » dénoncent la trop grande place des femmes dans les Églises protestantes. Ils et elle y voient une dévirilisation des Églises protestantes qui expliquerait:

  1. Que les Églises protestantes se vident (couplet suisse-allemand).
  2. Qu’elles n’ont pas le courage d’aborder « les sujets qui fâchent »: la sexualité, l’argent, le rapport à la vérité, la présence de crèche dans l’espace public et les chants de Noël à l’école (couplet suisse-romand).

Ces propos sont insultants aussi bien pour les femmes accusées, en bloc, de faiblesse et de lâcheté (quoiqu’en dise les quatre personnes citées) que pour les hommes ainsi réduits, en bloc, au seul rôle de guerriers. De tels propos me font peur quant au type de christianisme et d’Église que voudraient ces personnes qui sont à  la fois mes compatriotes et mes coreligionnaires, mais avec qui je ne me reconnais aujourd’hui aucune affinité.

Que l’article soit paru le jour même du carnage à Charlie Hebdo donne une résonance particulière à leur propos. Et je me demande jusqu’où ces personne seraient-elle prêtes à aller, que seraient-elles prêtes à faire pour défendre leur vision du christianisme, de l’Église, pour prouver qu’elles sont de courageux guerriers de la foi, qu’ils (et elle) en ont et qu’elles sont bien pendues?


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