goût

On a communié sur la lune

Dans le documentaire Les conquérants de l’espace: Gemini et Apollo diffusé sur France 5 à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier alunissage, j’apprends que Buzz Aldrin, le deuxième être humain à poser le pied sur la lune a célébré une cène dans le module lunaire.

Comme j’ignorais totalement cet épisode, je cherche et j’en apprends plus sur le site de la chaîne de télévision History: «Buzz Aldrin Took Holy Communion on the Moon. NASA Kept it Quiet».

J’y trouve la photographie du Communion Kit emporté par l’astronaute :

The communion bag and chalice used by Buzz Aldrin during his lunar communion. (Credit: David Frohman, President of Peachstate Historical Consulting, Inc.)

Et un récit de l’événement dont je traduis quelques passages :

«L’astronaute était aussi un ancien de la Webster Presbyterian Church et, avant de partir pour l’espace en 1969, il reçut une permission spéciale de prendre du pain et du vin avec lui dans l’espace et de se donner la communion à lui-même. […]

Comme les hommes se préparaient pour l’étape suivante de leur mission, Aldrin enclencha le système de communication et s’adressa à l’équipage sur terre: “J’aimerais demander quelques instants de silence”, dit-il. “J’aimerais inviter chaque personne à l’écoute, où et qui qu’il soit à contempler un moment les événements des dernières heures et de dire merci, chacun à sa manière.”

Il prit ensuite le vin et le pain qu’il avait apporté dans l’espace — les premières nourritures jamais servies ou mangées sur la lune. “J’ai versé le vin dans la coupe que notre Église m’avait donnée. Dans la gravité six fois moindre de la lune, le vin a remonté gracieusement en formant des boucles sur les parois de la coupe”, écrivit-il plus tard. Ensuite, Aldrin lut quelques passages de la Bible et mangea. Armstrong le regarda tranquillement, mais ne participa pas.»

Alimentation et spiritualité (cours en sciences des religions @unil)

Au semestre d’automne, je donnerai pour la première fois à l’Université de Lausanne un cours de sciences des religions sur le thème Alimentation et spiritualité.

  • J’y aborderai l’impact des religions sur les pratiques alimentaires et l’alimentation comme lieu de spiritualité.
  • Il aura lieu le mercredi de 16h15 à 18h du 18 septembre au 18 décembre.

Comme tous les cours de la Faculté de théologie et de sciences des religions, il est ouvert aux étudiant·es mais aussi aux auditrices et aux auditeurs libres (voir la procédure d’inscription à l’Université de Lausanne). Je serai heureux de vous y accueillir.


En attendant le cours ou à la place du cours, on peut lire mon livre gratuit et en libre accès: Bauer, O. (2017). Nicole Rognon mange aussi comme elle croit. Lausanne. 34 pages

Berger, brebis, collègues. Condition animale et monde du travail

Je ne suis pas spéciste. Je mets l’être humain avant les animaux. Mais je suis sensible à la condition animale.

Et quand, lors d’un débat organisé par la Société vaudoise de théologie consacré aux «Églises et au bien commun », le philosophe Fabrice Hadjadj (consulter sa page sur Wikipedia) a affirmé que « berger et brebis sont collègues », j’ai fait une crise d’indignation.

Je connaissais déjà cette définition du ou de la collègue : «Une personne qui fait le même travail que moi mais en moins bien.» Mais il me faut maintenant la modifier :

«Un·e collègue, c’est une personne que j’exploite, que je trais, que je tonds et que je tue quand j’en ai l’envie (ou que j’envoie à l’abattoir si c’est trop pénible pour moi).»

Quelle conception est ainsi pervertie ? Celle de la relation avec les animaux ou celle du monde du travail ? J’aurais tendance à répondre : « Toutes les deux ! ».

Le vin rapproche les protestant·es du Très-Haut

En primeur, je vous livre une citation que j’utiliserai lors de la conférence sur « Le vin divin » que je donne ce soir à Vevey dans le cadre du cours public « Esprit du vin – esprit divin« . Je l’emprunte au géographe français Jean-Robert Pitte.

«Dans l’univers protestant, boire n’est pas s’abandonner, encore moins s’enivrer. Apaiser sa faim et sa soif est une nécessité biologique et quasi instinctive qui rapproche l’homme de l’animal. Il n’est donc pas question d’en abuser, mais au contraire de limiter volontairement sa consommation et de profiter des gorgées que l’on s’accorde pour méditer sur la condition humaine et se rapprocher du Très-Haut.»  Jean-Robert Pitte, «Le vin de Bordeaux est-il protestant?», L’amateur de Bordeaux, décembre 2000, 47.

Esprit du vin – esprit divin

J’ai le plaisir d’organiser pour la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne un cours public sur les liens entre le vin et le divin, avec la collaboration de Sainte-Claire et de la paroisse réformée de Vevey, en synergie avec la Fête des Vignerons. Je serai heureux de vous y accueillir.

La galette, les rois et les reines ou le vrai sens de l’Épiphanie

Trois mots sur un emballage ont produit quelques émois théologiques.

Quand quelques-uns se sont insurgés que l’on puisse associer les reines à la galette des rois au motif que les rois mages étaient des hommes, quelques autres ont rappelé, Bible en main, que de toutes façons, les mages n’étaient pas des rois. Le pasteur James Woody (Église protestante unie de Montpellier) l’a fait de manière vive, concise et brillante.

Gazouillis e @pasteurwoody: « TROIS ROIS... mais où dans la Bible les rois seraient-ils trois et rois? Indigence pour indigence.

En Suisse romande une publicité des boulangeries Pouly fait elle aussi la part belle aux reines. Ici, c’est la couronne des rois qui est la reine, c’est la couronne qui porte elle-même la couronne.

Photographie d’une couronne des rois posée sur une planche à découper. La couronne porte elle-même une couronne dessinée.

(C) Patricia Bauer

Cette publicité semble nourrir la polémique mais en fait, elle dissipe tous les malentendus.

Car dans la galette, les rois ne sont pas les personnages qui offrent à Jésus l’or, l’encens et la myrrhe. Et ce n’est pas non plus la couronne qui est la reine.

La galette consacre rois et reines celles et ceux qui la partagent. Pas seulement celui où celle qui trouve la fève, mais toutes celles et tous ceux qui partagent la couronne, la brioche ou la frangipane.

Et c’est là la vraie épiphanie, et c’est là l’utilité de la manifestation de Dieu: faire de chacun.e de nous une reine ou un roi. Rien de moins.