hôte

Je reçois Jésus comme un cadeau et comme un·e hôte

Aujourd’hui, c’est Noël et je termine ma réflexion sur « recevoir la Bible » (voir mes billets « J’éprouve plus de joie à recevoir qu’à donner », «Je reçois la Bible » et «Je reçois la Bible comme un cadeau ou comme un·e hôte »).

On dit parfois que le christianisme est une des trois religions du livre. Mais c’est faux. Les chrétien·nes ne mettent pas leur confiance dans un objet, aussi intéressant soit-il, mais dans une personne.

J’ai la faiblesse de croire que si Dieu existe, il a le visage d’un être humain, né dans la simplicité, qui a passé sa vie d’adulte à rendre son monde meilleur et qui, pour cela, a été exécuté ; j’ai la fierté de considérer Jésus comme mon superhéros, comme mon super cadeau. Aujourd’hui, je le reçois chez moi et je lis la Bible qui raconte sa naissance.

Joyeux Noël à chacune et chacun !


Je reçois la Bible comme un cadeau et comme un·e hôte

Intellectuellement réarmé par le sommeil, je rédige ce troisième billet sur la joie de recevoir et plus particulièrement sur celle de recevoir la Bible (voir mes billets « J’éprouve plus de joie à recevoir qu’à donner » et «Je reçois la Bible »).

La Bible est donc un miroir ou un livre dont nous sommes les héro·ïnes. Mais le miroir biblique n’est pas toujours bien poli ; il est même parfois déformant. Et dans certaines histoires bibliques, les héros — moins les héroïnes — fonctionnent comme des contre-modèles quand ils s’imposent par la force ou par la ruse. Et certains textes bibliques suggèrent que l’être humain semble un·e moins que rien.

Tout cela nous autorise, je crois, à recevoir la Bible avec discernement.

 Comme les cadeaux, certains récits bibliques viennent combler mes besoins et mes désirs ; d’autres tombent comme des surprises, révélant et réveillant mes besoins et mes désirs. Pour être honnête, il y a aussi des récits — et des cadeaux ! — moches ou creux et d’autres qui ne sont pas des cadeaux, mais des prétextes, donnés par convenance, parce que l’on n’arrive pas les mains vides.

Et comme des personnes, j’aime accueillir des textes chez moi ; certains parce qu’ils me sont familiers, parce que je les fréquente depuis longtemps, parce qu’ils me rassurent, même s’ils me surprennent encore ; d’autres parce qu’ils sont nouveaux, parce que je trouve stimulant de dialoguer avec eux. Pour être honnête, il y a des textes — et des personnes ! — que je n’accueille pas volontiers ou même à contrecœur, parce qu’ils sont ennuyeux, incompréhensibles ou parce que je ne partage aucune de leurs idées que de totems façons, je n’ai pas envie d’adopter

Mon dernier mot sera pour indique que pour moi, pasteur et théologien, dire que je reçois la Bible, c’est aussi une marque d’humilité. Il a fallu, il faut encore que je réussisse à admettre que je reçois la Bible alors que j’ai longtemps pensé que je la donnais.

Encore une dernière nuit et je saurai enfin qu’écrire à la fin…


Je reçois la Bible

La question qui m’occupe en ce moment, c’est la question de la réception. Recevoir des cadeaux, recevoir des proches, mais surtout recevoir la Bible ; mon sommeil a été fécond (voir mes billets « J’éprouve plus de joie à recevoir qu’à donner ») et j’y reviens en commençant par la réception matérielle de la Bible.

Dans le protestantisme réformé, il est d’usage d’offrir une Bible au moment clef de l’existence.

  • Il est d’usage que les marraines et les parrains offrent une Bible à l’occasion du baptême d’un enfant.
  • Le catéchisme des adolescent·es — un temps de formation intensive à la foi — commence souvent pas une « cérémonie de la remise de la Bible », un culte au cours duquel les adolescent·es reçoivent solennellement une Bible. Pour leur dire que la Bible est la seule autorité en matière de foi, mais aussi leur signifier qu’ielles sont maintenant assez grand·es et assez mûr·es pour comprendre la Bible par ielles-mêmes.
  • Au moment de bénir un mariage, la ou le pasteur·e remet aux marié·es une Bible. Compagne de la piété quotidienne, mais aussi de toute une vie quand les marié·es, devenu·es parents y inscrivent les grands évènements de leur vie familiale.

Je poursuis par la réception spirituelle.

L’histoire de la réception de la Bible représente un domaine des études bibliques. Chercher à comprendre comment des femmes et des hommes ont compris les récits bibliques est une démarche saine et nécessaire. En examinant la manière dont les êtres humains de diverses époques, de divers endroits, de différents genres ou statuts sociaux ont reçu la Bible, on réalise rapidement que nous lisons toutes et tous la Bible à travers notre propre culture ; les mêmes textes prennent un sens différent selon que l’on est, disons, un patricien de l’Empire romain, un enfant du Moyen-Âge ou une footballeuse camerounaise du 21e siècle. Car même si on reçoit la Bible avec amour, même si on la reçoit avec respect, même si on la reçoit comme un cadeau ou comme un·e proche — c’est-à-dire avec plaisir —, on la reçoit avec ce que l’on est, avec ce que l’on a.

La Bible se reçoit comme un miroir ou comme un livre dont nous sommes les héro·ïnes ; car elle nous permet de nous voir comme nous sommes vraiment. Comme miroir, elle nous renvoie l’image de notre beauté ; comme livre, elle nous révèle nos super pouvoirs ; comme Bible, elle nous rappelle que notre valeur est infinie. Hélas, parfois le miroir est déformant, les superhéro·ïnes sont des contre-modèles et le texte accuse et abaisse.

Mais le sujet est délicat ; « le sommeil étant une arme » comme disait Jason Bourne, je reprends des forces et j’y reviens demain.


J’éprouve plus de joie à recevoir qu’à donner

En cette période de Noël, j’éprouve autant de joie à recevoir qu’à donner.

  • Recevoir des cadeaux, bien sûr. Des cadeaux qui me rappellent que des gens m’aiment, des cadeaux qui comblent des besoins que j’ai exprimés, des cadeaux surprises qui me disent que d’autres me connaissent mieux que je ne me connais.
  • Recevoir des hôtes ensuite, évidemment, pour l’amitié, pour la proximité, pour l’échange, pour la solidarité. Pour renforcer et rafraîchir les relations avec des gens que je connais depuis longtemps, pour apprendre à connaître des gens que je connais moins, peu ou pas. Cela me semble particulièrement important quand la situation sanitaire complique les relations sociales ; et ce qui peut parfaitement se faire dans le cadre des contraintes qu’elle impose.

Pour être honnête, je n’éprouve pas toujours la même joie à recevoir. Je reçois aussi — mais rarement — des cadeaux moches ou inutiles que je m’empresse d’oublier avant de m’en débarrasser ; il y a des gens — mais peu — que je ne reçois pas, que je ne reçois pas chez moi ou que je n’aime pas recevoir.

Mais il est une autre réception qui m’intéresse en tant que théologien, c’est la manière dont je, tu, ielle, nous, vous, ielles, la manière dont on reçoit la Bible.

Mais comme le temps passe et que le sujet est complexe, je préfère « dormir dessus » ; il est parfois bon de remettre à demain ce qu’on pourrait faire le jour même.


  • Demain: Je reçois la Bible