inclusivisme

Délavé·e, ravivé·e (repenser la théologie des couleurs)

J’ai entendu le pasteur Philippe Kabongo M’Baya, président du Mouvement du christianisme social, évoquer les « chrétiens délavés ». Il parlait, je crois, de celles et ceux dont la foi est mise à l’épreuve par l’époque que nous vivons.

Cette expression a réglé pour moi une vieille question de couleur.

Comme d’autres cultures, le christianisme associe la couleur noire au mal et la couleur blanche au bien. « Jésus lave plus blanc les âmes noires ». Ce qui arrange les chrétien·nes à la peau blanche (j’en suis un) mais discrédite les chrétien·nes à la peau noir (Philippe Kabongo M’Baya en est un).

La métaphore des « chrétien·nes délavé·es » recadre totalement la théologie des couleurs.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais elles peuvent toutes être plus ou moins intenses, plus ou moins profondes.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs sont donc parfaitement égales, aussi bonnes les unes que les autres.

Mais le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs courent le risque d’être délavées, de perdre de leur intensité, de leur profondeur.

Heureusement, Jésus vient raviver les couleurs ! Il leur rend leur éclat d’origine! Ce qui convient à tou·tes les chrétien·nes, peu importe la couleur de leur peau. Ce qui nous remplit d’espoir même dans l’époque que nous vivons.


P.S. Et ce qui explique peut-être que la Genèse ait fait de l’arc-en-ciel le signe de l’alliance entre Dieu et les êtres humains.

Funérailles: une prière (vraiment) universelle

On m’a demandé de rédiger une prière universelle pour les funérailles d’un proche, une prière que devait prononcer un membre de la famille. Sachant que les funérailles étaient catholiques, mais que le défunt et sa famille n’étaient ni catholiques, ni même chrétien·nes, j’ai rédigé un texte qui respecte la forme d’une prière universelle catholique et sur le fond de laquelle puissent s’accorder des personnes venant de divers univers spirituels.

Prions !

Dans la tristesse et dans la peine, en incluant celles et ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui, nous pensons les unes et les uns aux autres.

Longtemps, nous avons côtoyé NN, notre XX, notre proche, notre ami. Et maintenant, nous devons vivre sans lui. Que nous gardions le souvenir de la personne qu’il a été, dans les bons comme dans les moins bons moments !

Parce que nous sommes dans le deuil, nous nous associons aux personnes qui sont dans le deuil. Qu’elles trouvent la consolation !

Parce que NN a souffert d’un cancer, nous nous associons aux personnes qui souffrent d’une maladie grave, aux personnes qui les aiment, aux personnes qui les soignent et qui en prennent soin. Qu’elles trouvent la force et le repos !

Parce que la vie n’est pas toujours juste, nous nous associons aux personnes écrasées par l’injustice, la faim, la souffrance ou la guerre. Qu’elles trouvent la justice, l’espoir, le changement et la paix !

Parce que nous aimons la vie, nous nous associons à toutes les vivantes, à tous le svivants. Que nous vivions toutes et tous, ici et ailleurs, maintenant et toujours, une vie belle, une vie vraie, une vie pleine, une vie qui vaut d’être vécue !

Amen.

Une pâtisserie inclusive

Dans la vitrine de la pâtisserie Paysant-Leduc à Enghien-les-Bains (région parisienne), cette figurine à placer sur un gâteau de mariage. (En passant, notez aussi les marié·es noires en arrière-plan.)

Quand le mariage pour tou·tes est devenu une évidence!

Deux hommes en tenue de marié comme figurine à placer sur un gâteau de mariage

Crédit: Patricia Bauer