inclusivisme

Guide pour célébrer une cène (aussi) sans gluten

Proposer du jus de raisin ouvre la communion aux enfants et aux personnes ne désirant pas consommer d’alcool. Offrir du pain sans gluten permet d’inclure dans la communion les malades cœliaques et les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas consommer de gluten. On peut évidemment célébrer la cène uniquement avec du pain sans gluten. C’est un beau geste de respect et d’inclusion. On peut aussi proposer un choix. Pour éviter les accidents et les contaminations croisées, il convient alors de prendre des précautions. Car une seule miette de pain, une légère trace de farine avec gluten suffit à rendre malades les personnes sensibles. Il convient donc de respecter une règle fondamentale : que le pain sans gluten n’entre jamais en contact ni ne soit jamais proche d’un pain avec gluten ou de quelque chose qu’il a touché ou qui l’a touché, les mains, une assiette, un couteau, un torchon, etc.

Voici un guide qui devrait permettre d’accueillir à la cène les « personnes sans gluten », de leur permettre de communier sans angoisse :

Avant

  1. Choisir du pain sans gluten ou des galettes de riz, de sarrasin ou de châtaigne qui ont l’avantage de bien se conserver.
  2. Si l’on confectionne soi-même du pain sans gluten, veiller à ce que tous les ingrédients soient certifiés sans gluten, que la cuisine et les ustensiles soient totalement exempts de gluten, y compris le four.
  3. Transporter et conserver le pain ou les galettes séparément dans un contenant spécifique, fermé et clairement identifié.

Juste avant

  1. Préparer la « cène sans gluten » avant la « cène avec gluten ».
  2. Charger une seule personne de la cène sans gluten et lui confier uniquement cette tâche.
  3. Limiter les manipulations du pain sans gluten et des ustensiles.
  4. Utiliser des ustensiles spécifiques — assiette, corbeille, planche, couteau, torchon, éponge, etc. — ; les réserver au seul pain sans gluten et les identifier clairement.
  5. Se laver les mains, laver l’assiette et les autres ustensiles, même s’ils paraissent propres.
  6. Partager le pain ou les galettes et déposer les morceaux sur l’assiette ou dans la corbeille.
  7. Porter séparément l’assiette ou la corbeille ; la poser sur la table de communion à l’écart du pain avec gluten.

Pendant

  • Éviter de rompre le pain ou la galette sans gluten ; en tous les cas, les rompre après s’être lavé les mains et avant le pain avec gluten.
  • Ne pas rompre le pain avec gluten au-dessus ou près du pain sans gluten.
  • Charger une personne de distribuer le pain sans gluten.
  • Pour éviter les contacts, déposer un morceau de pain ou de galette dans la main des « communiant·es sans gluten ».
  • Comme les « coupes générales » peuvent contenir des miettes de pain, proposer deux coupes — avec et sans alcool — réservées aux seul.es communiant·es sans gluten ; les faire porter par la personne responsable du pain sans gluten.

Après

  1. Distribuer les éventuels restes de pain ou de galettes sans gluten.
  2. Laver les ustensiles ; les ranger dans un endroit spécifique en les identifiant clairement.

Avec l’aide de Patricia Bauer

À utiliser librement, à partager et afficher dans les lieux où se prépare la cène

Délavé·e, ravivé·e (repenser la théologie des couleurs)

J’ai entendu le pasteur Philippe Kabongo M’Baya, président du Mouvement du christianisme social, évoquer les « chrétiens délavés ». Il parlait, je crois, de celles et ceux dont la foi est mise à l’épreuve par l’époque que nous vivons.

Cette expression a réglé pour moi une vieille question de couleur.

Comme d’autres cultures, le christianisme associe la couleur noire au mal et la couleur blanche au bien. « Jésus lave plus blanc les âmes noires ». Ce qui arrange les chrétien·nes à la peau blanche (j’en suis un) mais discrédite les chrétien·nes à la peau noir (Philippe Kabongo M’Baya en est un).

La métaphore des « chrétien·nes délavé·es » recadre totalement la théologie des couleurs.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais elles peuvent toutes être plus ou moins intenses, plus ou moins profondes.

Le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs sont donc parfaitement égales, aussi bonnes les unes que les autres.

Mais le blanc, le noir, le rose, le brun, le jaune et toutes les autres couleurs courent le risque d’être délavées, de perdre de leur intensité, de leur profondeur.

Heureusement, Jésus vient raviver les couleurs ! Il leur rend leur éclat d’origine! Ce qui convient à tou·tes les chrétien·nes, peu importe la couleur de leur peau. Ce qui nous remplit d’espoir même dans l’époque que nous vivons.


P.S. Et ce qui explique peut-être que la Genèse ait fait de l’arc-en-ciel le signe de l’alliance entre Dieu et les êtres humains.

Funérailles: une prière (vraiment) universelle

On m’a demandé de rédiger une prière universelle pour les funérailles d’un proche, une prière que devait prononcer un membre de la famille. Sachant que les funérailles étaient catholiques, mais que le défunt et sa famille n’étaient ni catholiques, ni même chrétien·nes, j’ai rédigé un texte qui respecte la forme d’une prière universelle catholique et sur le fond de laquelle puissent s’accorder des personnes venant de divers univers spirituels.

Prions !

Dans la tristesse et dans la peine, en incluant celles et ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui, nous pensons les unes et les uns aux autres.

Longtemps, nous avons côtoyé NN, notre XX, notre proche, notre ami. Et maintenant, nous devons vivre sans lui. Que nous gardions le souvenir de la personne qu’il a été, dans les bons comme dans les moins bons moments !

Parce que nous sommes dans le deuil, nous nous associons aux personnes qui sont dans le deuil. Qu’elles trouvent la consolation !

Parce que NN a souffert d’un cancer, nous nous associons aux personnes qui souffrent d’une maladie grave, aux personnes qui les aiment, aux personnes qui les soignent et qui en prennent soin. Qu’elles trouvent la force et le repos !

Parce que la vie n’est pas toujours juste, nous nous associons aux personnes écrasées par l’injustice, la faim, la souffrance ou la guerre. Qu’elles trouvent la justice, l’espoir, le changement et la paix !

Parce que nous aimons la vie, nous nous associons à toutes les vivantes, à tous le svivants. Que nous vivions toutes et tous, ici et ailleurs, maintenant et toujours, une vie belle, une vie vraie, une vie pleine, une vie qui vaut d’être vécue !

Amen.