kinesthésie

Pourquoi se lève-t-on pour recevoir la bénédiction à la fin du culte? Et pourquoi se rassoit-on juste après?

Le pasteur vaudois Pierre Bader raconte ce qu’un vieux pasteur lui avait raconté

Si les participant·es au culte se lèvent pour recevoir les paroles et les gestes de bénédiction, c’est que ce sont les dernières paroles et les derniers gestes; une fois celles-ci dites et ceux-ci faits, tout est dit et tout fait; il est donc temps de partir… ce qui est plus facile quand on est déjà debout. « Ite, missa est! » comme le disent mes sœurs-frères catholiques, « allez, vous êtes envoyé·es » plutôt que « allez, la messe est finie! ».

Et pourtant, en Suisse romande au moins, les participant·es au culte se rassoient après la bénédiction finale pour écouter un dernier morceau d’orgue. On devrait partir, mais on reste encore; tout est fini, mais ça continue. Que faire de cet paradoxe?

J’y vois comme un rappel que la ou le pasteur·e, malgré toute ses connaissances théologiques, ses compétences rituelles et sa reconnaissance ecclésiale, n’a pas le dernier mot. Et j’y entends comme un avertissement que la parole intelligible et rationnelle ne suffit pas à transmettre l’Évangile. Et j’aime plutôt ce que je vois et ce que j’entends.


P.S. Si vous vous demandez comment tenir aussi compte de celles et ceux qui ne peuvent pas se lever, vous pouvez lire mon article: « Quel culte protestant pour des corps humains », disponible en libre-accès sur Serval, le dépôt institutionnel de l’Université de Lausanne.

Quand l’Église s’intéresse à nos fesses! (Attention, titre racoleur)

L’église protestante Sainte-Claire à Vevey, Suisse. © Olivier Bauer 2018

La paroisse protestante de Vevey (Église évangélique réformée du canton de Vaud) a remplacé les bancs de l’église Sainte-Claire  par des chaises apportées par des paroissien·nes. Le changement n’a pas été seulement cosmétique, mais aussi profond, comme on peut le lire sur le site de l’église Sainte-Claire (oui, le site de l’église, avec un petit « e ».)