pasteur·e

Où sont les femmes… pasteures?

J’ai reçu le dernier livre de mon collègue à l’Université de Strasbourg Jérôme Cottin: Cottin, J. (2020). Les pasteurs. Origines, intimité, perspectives. Labor et Fides (découvrir le livre sur le site de l’éditeur). Je me réjouis de le lire. Mais avant de l’ouvrir, je vois la couverture et là, je tique!

Couverture du livre Cottin, J. (2020). Les pasteurs. Origines, intimité, perspectives. Labor et Fides.

Je sais par expérience (je voulais que mon livre « Les cultes des protestants » s’intitule « Les cultes des protestant·e·s« ) que les éditions Labor et Fides refusent d’utiliser le langage inclusif, d’où le « pasteurs » seulement au masculin. Malheureusement la caricature renforce l’exclusivisme masculin et redouble l’invisibilisation des femmes pasteures.  D’autant plus dommage que Jérôme Cottin indique que son livre propose une étude complète du ministère pastoral et qu’il

« prend en compte ses évolutions récentes (sa féminisation) » 4e de couverture.

Dommage de ne pas le donner à voir!


Correction d’une coquille le 15 mars: « Malheureusement » au lieu de « Mais heureusement ». (Maudit soit le correcteur orthographique)

Magistère et ministère

En christianisme, on utilise souvent les termes «magistère» et «ministère». Par «magistère», on désigne une autorité, par exemple le pape en catholicisme ou la Bible en protestantisme. Par «ministère», on désigne une fonction, par exemple «les ministères ordonnés» ou le «ministère pastoral».

J’ai longtemps utilisé ces deux termes sans me demander ce qu’ils voulaient vraiment dire. J’associais «magistère» avec quelque chose de plus grand (par association avec méga ou maxi) et «ministère» avec quelque chose de plus petit ou de plus modeste.

Hier, enfin, j’ai vérifié dans le dictionnaire étymologique Littré d’où viennent ces deux termes. Voici ce que j’ai trouvé:

  • Magistère: Provenç. magisteri; espagn. et ital. magisterio; du lat. magisterium, de magister, maître (voy. MAÎTRE).
  • Ministère: Provenç. ministeri; espagn. et ital. ministerio; du lat. ministerium, de minister, ministre. Ministerium avait donné, dans l’ancienne langue, mestier (voy. MÉTIER).

Je n’avais donc pas entièrement tort, mais pas complètement raison.

«Magistère» désigne un maître – par exemple le pape – ou une maîtresse (notez en passant la connotation négative du féminin) – par exemple la Bible –.

«Ministère» désigne un métier – pape, évêque, prêtre, pasteur·e, diacre, mais aussi catéchète, assistant·e de paroisse, organiste, journaliste, secrétaire, concierge, etc. –.

Ces ministres sont toutes et tous ministres de l’Évangile, le seul magistère que je reconnaisse.

Et qui s’impose au pape comme à la Bible.