pasteur

Un·e pasteur·e ne connecte personne à Dieu!

Un gazouillis de Christophe Chalamet, mon ami et collègue à l’Université de Genève, attire mon attention sur un article du site Reformes.ch: « Quand les saints deviennent des prédateurs ». Je lui donne raison et le cœur rouge est le mien ! Et pour qui lit mon blogue ou cet article, et pour vous seulement, j’apporte quelques précisions. En théologie protestante, les « responsables religieux ou religieuses », les « leaders spirituels ou spirituelles » sont aussi bien des laïques qui dirigent des paroisses ou des Églises que des « ministres », c’est-à-dire des pasteur·es et des diacres qui sont aussi laïques, mais qui ont été reconnu·es dignes et capables (c’est souvent la formule consacrée) d’exercer une fonction particulière. En ce qui concerne spécifiquement les pasteur·es, on leur reconnaît traditionnellement quatre types de ministère pastoral :
  1. Les pasteur·es peuvent se voir et être vu·es comme des bergers ou des bergères qui rassemblent, gardent et conduisent un troupeau.
  2. Les pasteur·es peuvent se voir et être vu.es comme des enseignant·es qui éduquent, forment et enseignent les personnes qui s’adressent à eux.
  3. Les pasteur·es peuvent se voir et être vu·es comme des prophètes qui dénoncent les injustices.
  4. Les pasteur·es peuvent se voir et être vu·es comme des prêtres qui gèrent le sacré, qui servent d’intermédiaire entre les êtres humains et Dieu.
Quant à moi, je crois fermement que les pasteur·es reçoivent la même mission fondamentale que tou·tes chrétien·nes, celle d’aider les gens à grandir, à se tenir debout. J’ai même lu un jour que leur rôle est d’aider les gens à se passer d’eux, ce qui me semble juste. Pour ce faire, il est utile et nécessaire que les pasteur·es dénoncent les injustices; utile, mais pas nécessaire, que les pasteur·es rassemblent une communauté. Mais prétendre qu’on a besoin de quelqu’un·e pour être connecté·e à Dieu et affirmer que c’est le rôle des pasteur·es produit l’effet contraire à ce que je crois être l’Évangile: c’est rabaisser les gens et les mettre à genoux. P.S. Il y aurait aussi à écrire sur les « saints ». Mais ce sera pour une autre fois…
Article corrigé le 28 septembre 2018.

Le salaire des pasteur·es au 21e siècle: trop ou trop peu?

Mon article d’hier rapportant trois anecdotes historiques sur le salaire des pasteurs m’a donné l’idée de proposer un état des lieux sur les salaires des pasteur·es au 21e siècle. La chose n’est pas facile car toutes les Églises n’offrent pas ou pas aisément cette information. Avec un peu de persévérance et de savoir-faire, j’ai trouvé des chiffres fiables – et publics! – pour cinq Églises réformées francophones (Suisse, France et Canada) et pour l’Église catholique en Suisse romande. Les montants correspondent aux salaires mensuels.

J’intégrerai volontiers les salaires pastoraux que l’on m’indiquera.

Attention, ces chiffres sont à comparer avec modération et quelques précautions:

  1. Parce que le temps de travail varie d’un pays à l’autre;
  2. Parce qu’au salaire en argent, s’ajoutent parfois des avantages en nature: logement, voiture de fonction, etc.;
  3. Parce que les revenus effectifs dépendent des cotisations sociales, des assurances de santé, des taux d’imposition, des allocations familiales, etc. qui diffèrent selon les pays;
  4. Parce que le coût de la vie et partant le pouvoir d’achat varient fortement entre les pays concernés.

Sources:

Le salaire des pasteurs: trop ou trop peu?

© Olivier Bauer, 2018

 

Cohabiter? Mais oui, c’est possible!

© Olivier Bauer, 2018