prédication

Placez Marie dans votre crèche! (Théologie moins pratique)

Pour marquer Noël (le 25 décembre) et l’Avent (les quatre dimanches avant Noël), je vous propose chaque lundi un texte à ce propos.

Lire aussi:

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Même s’il existe des crèches sans Marie (lire le mémoire de Jonas St-Martin sur les crèches de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal) et même si vous êtes protestant (lire le triple refus protestant du pape, de la messe et de Marie dans mon article « Être protestant-e ou être réformé-e?« ), je vous recommande quand-même de placer Marie dans votre crèche.

D’abord parce qu’elle est un personnage biblique, et même un personnage biblique important. Contrairement à Joseph, qui disparaît peu après la naissance de Jésus, Marie reste sur la scène jusqu’au bout. On la retrouve à plusieurs reprises dans les évangiles: elle est avec son fils aux noces de Cana; elle se fait rabrouer lorsqu’elle vient le chercher; elle est pourtant encore là au pied de la croix. On la rencontre même au début des Actes des apôtres, membre du groupe qui se rassemblent à Jérusalem après la résurrection de leur Seigneur. Ensuite, parce que Marie mène un peu de féminité dans un christianisme qui, parfois, en manque cruellement.
Mais quelle Marie faut-il placer dans votre crèche? La Vierge Marie? La Mère de Dieu? Notre-Dame? Ou encore une autre Marie? Je vais examiner ces figures les unes après les autres.

  • Faut-il placer « la Vierge Marie » dans votre crèche? (Je ne parviens pas à écrire l’ambigu « Mettez Marie! ») Si par la Vierge Marie, vous entendez celle qui, selon les évangiles selon Matthieu chapitre 1, versets 18-24, et selon Luc chapitre 1, versets 26-36 (Trouver une traduction française) était vierge au moment de la conception de Jésus, alors, la réponse est indiscutablement oui. Des deux évangiles, c’est Luc qui affirme le plus fortement cette virginité. Marie demande à l’ange: « Comment cela se fera-t-il puisque je suis vierge? » Luc 1, 34. Et l’ange lui répond: « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre ». C’est clair, même si justement, le récit reste un peu obscur. Cette « ombre » me semble évocatrice de la part d’ombre justement qui entoure cette naissance. La manière dont elle pourrait concevoir ce fils est d’ailleurs la seule chose qui intrigue Marie. Qu’on appelle son fils, « Fils du Très Haut », que le Seigneur Dieu lui donne le trône de David, qu’il règne pour toujours sur la maison de Jacob, que son règne n’ait pas de fin, Marie semble trouver cela normal. Ce qui l’intrigue, c’est la manière dont il pourrait bien être conçu. Mais si par Marie la Vierge, vous entendez celle qui aurait elle-même été conçue sans péché (Immaculée Conception), celle qui serait restée vierge toue sa vie (Virginité Perpétuelle) et celle à qui Dieu aurait évité de mourir (Assomption chez les Catholiques ou Endormissement chez les Orthodoxes), alors là, je trouve que c’est pousser le bouchon beaucoup trop loin. On peut, bien entendu, croire ce que l’on veut, mais ces dogmes-là (Immaculé Conception, Virginité Perpétuelle et Assomption ou Endormissement) n’ont absolument et définitivement aucun fondement biblique. Au contraire, les évangiles nous parlent des frères et sœurs de Jésus, et comment imaginer qu’ils n’ont pas été conçus et qu’ils ne sont pas nés comme vous et moi. Et nous n’avons pas la moindre information sur la fin de Marie. Parce qu’il serait difficile de comprendre que les évangiles ou que les actes des apôtres aient caché une fin miraculeuse de Marie, nous devons plutôt penser qu’elle est morte comme n’importe quel être humain.
  • Faut-il placer « la mère de Dieu » dans votre crèche? Oui, sans aucune hésitation. Et l’affirmation « Marie est la mère de Dieu » dit beaucoup à propos de Dieu. Élisabeth ne s’y est pas trompé, elle qui accueille Marie par ces mots: « Comment met-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? » Luc 1, 43. La formulation est excellente. Marie n’est pas la mère de Dieu. Marie est « la mère de mon Dieu ». Irénée, un Père de l’Église, l’un de ces théologiens qui ont pensé le christianisme dans les premiers siècles a écrit: « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne fils de Dieu ». J’aime bien la formulation, ce parallélisme: « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne fils de Dieu ». Pas de fausse promesse: l’homme ne devient pas Dieu, mais fils de Dieu. Si Dieu a une mère, si la mère de Dieu est cette jeune femme ordinaire, alors mon Dieu est un Dieu proche, qui me ressemble, qui sait ce dont j’ai besoin. Les évangiles soulignent de plusieurs manières la réalité de l’humanité de Jésus. Les deux les plus convaincantes sont le récit de sa naissance et le récit de sa mort. Confesser que Marie est la « mère de Dieu », c’est confesser que « le Fils de Dieu s’est fait homme » et espérer « que l’homme devienne fils de Dieu ».
  • Faut-il placer « Notre-Dame » dans votre crèche? J’en viens à ce qui nous concerne directement. Les deux premières Marie précisaient sa relation entre elle et Jésus. La troisième va me permettre de préciser la relation qui se noue entre elle et nous, les Chrétiens du 21e siècle. Le titre que l’on donne à Marie n’est pas innocent. L’appeler Notre-Dame est évidemment une marine de respect. Il correspond bien au respect dont lui témoigne Élisabeth: « Tu es bénie entre toutes les femmes ». Ce n’est quand même pas rien! J’apprécie aussi dans le titre « Notre-Dame », ses variations locales. « Notre-Dame à Québec », « Notre-Dame de Paris », « Notre-Dame des Victoires de Yaoundé », « Nuestra-Siñora de Guadalupe » ou « Our Lady, Queen of the Americas ». Elles nous rappellent que ce vieil événement de Noël, cette vielle historie d’une mère et de son enfant a des conséquences sur la terre entière. Elles nous rappellent que la mère de Dieu est aussi de Québec, de Paris, de Yaoundé ou des Amériques, comme elle est de Palestine ou d’Israël. Mais en même temps, le titre de « Notre-Dame » ne me parait pas rendre justice à la manière dont Marie elle-même se comprend: « Je suis la servante du Seigneur » Luc 1, 38; « Dieu a porté son regard sur son humble servante » Luc 1, 48. Je ne trouve pas là la trace de cette grandeur que j’associerais à « Notre-Dame ». Marie se comprend comme une femme ordinaire que rien ne prédispose à recevoir la grâce que Dieu lui fait.
  • Faut-il placer une autre Marie dans votre crèche? J’imagine encore deux titres dont on use (pourrait user ou devrait user) pour désigner Marie. Elle pourrait être « notre mère » ou « notre sœur ». J’avoue franchement que ma préférence va à notre sœur. Pour moi, Marie est notre sœur en Christ. Pas une mère qui aurait des avantages sur chacun d’entre nous, pas une mère qui serait un peu plus près de Dieu que les autres femmes. Je soupçonne dans l’expression « Marie notre mère », la volonté de suggérer que Marie aurait un rôle particulier. Située entre Dieu et les êtres humains, elle aurait un peu d’influence sur Dieu, elle pourrait coopérer à notre salut. Mais Marie n’est pas plus proche de Dieu que n’importe qui d’autre. Elle est ma sœur en divinité comme en humanité, même si je lui accorde volontiers un avantage: elle est la première à avoir cru que le fils qu’elle portait pouvait être Dieu: « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit » Luc 1, 37, la première à avoir témoigné de l’alliance réconciliée que Dieu établit avec l’humanité dans un psaume admirable (Luc 1, 46-55). Pour tout cela, j’ai envie de l’appeler ma sœur aînée.

Placez donc Marie, vierge, mère de Dieu ou notre Dame dans votre crèche! Placez-la avec le respect que mérite une sœur aînée. Pas plus, mais pas moins!

Réflexions inspirées par la lecture de Leplay, Michel (2003). Le protestantisme et Marie: une belle éclaircie. Genève, Labor et Fides

(Lundi prochain: Joseph)

Placez des mages dans votre crèche! (Théologie moins pratique)

Pour marquer Noël (le 25 décembre) et l’Avent (les quatre dimanches avant Noël), je vous propose chaque lundi un texte à ce propos.

Lire aussi:

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Placer des mages dans votre crèche, c’est entrer dans l’univers de l’évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 1-20 (Trouver une traduction en français). C’est partir pour Bethléhem de Judée en passant par Jérusalem « au temps du roi Hérode » v.1.
Mais c’est aussi aller là où se rencontrent les juifs (tous les grands prêtre et les scribes du peuple » v.4) et les païens étrangers (les mages qui suivent un « astre à l’Orient » v.2); où se rencontrent le savoir de ceux qui lisent « ce qui est écrit par le prophète » v.4 et la foi de ceux qui éprouvent une grande joie « à la vue de l’astre » v.10; où se rencontrent la force du roi à Jérusalem et la fragilité de l’enfant à Bethléhem; où se rencontrent la haine et la « grande fureur » de Hérode qui envoie « tuer, dans Bethléhem et tout son territoire, tous les enfants jusqu’à deux ans » v.16 et l’humilité de ceux qui se prosternent devant « l’enfant avec Marie, sa mère » pour lui offrir « en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe » v.11.

Plus encore, placer des mages dans votre crèche, c’est annoncer au moins quatre bonnes nouvelles .

  • C’est annoncer une bonne nouvelle à celles et ceux qui s’inquiètent de la violence et de la méchanceté des hommes. Dans l’évangile selon Matthieu, Dieu dirige les étoiles, il protège les mages et la famille de Jésus. La bonne nouvelle c’est que Dieu est plus fort que les plus forts, plus puissants que les plus puissants. Reste une question, la question: pourquoi Dieu ne protège-t-il pas aussi les Innocents, ces enfants massacrés? Je n’ai malheureusement pas de réponse.
  • C’est annoncer une bonne nouvelle à celles et ceux qui s’inquiètent de ne pas savoir comment vivre leur foi. Dans l’évangile selon Matthieu, tout est très simple: les mages voient l’étoile; ils vont à Jérusalem; ils écoutent la lecture de la Bible; ils adorent l’enfant; ils entendent la parole de Dieu; ils y obéissent. La bonne nouvelle c’est qu’être chrétien n’est pas si compliqué: il suffit d’ouvrir les yeux, de regarder le monde, d’y discerner l’action de Dieu (mais Dieu donne lui-même l’interprétation dans le texte biblique) et de lui obéir.
  • C’est annoncer une bonne nouvelle à celles et ceux qui s’inquiètent de ne pas mériter l’amour de Dieu. Dans l’évangile selon Matthieu, ceux qui adorent Jésus sont des mages. C’est que la bonne nouvelle est aussi pour les puissants, les riches et les intelligents: à une seule condition, qu’ils s’agenouillent devant Jésus
  • C’est annoncer une bonne nouvelle à celles et ceux qui s’inquiètent d’être trop éloignés (temporellement, géographiquement, spirituellement) de Noël. Dans l’évangile selon Matthieu, ce sont des « lointains » qui les premiers apprennent la naissance de Jésus; les mages sont loin par la religion (ils ne sont pas juifs, ils connaissent pas la Bible), loin par la géographie (ils viennent d’Orient) et même déjà loin dans le temps (ils viennent après la naissance de Jésus). C’est que la naissance de Jésus ne concerne pas seulement la famille de Jésus, ni seulement son village, ni seulement le peuple juif. Elle concerne le monde entier! Et ce sont des mages venus d’Orient qui en sont les premiers témoins.

Placer des mages dans vote crèche, c’est dire que ce sont parfois celles et ceux qui paraissent être les plus éloignés de Dieu qui en sont les plus proches. D’où le principe: « Aime aussi ton lointain comme toi-même! »

À lire: Tournier, Michel. 1983. Les rois mages. [Paris]: Gallimard.

(Lundi prochain: Marie)

Placez des bergers dans votre crèche! (Théologie moins pratique)

Pour marquer Noël (le 25 décembre) et l’Avent (les quatre dimanches avant Noël), je vous propose chaque lundi un texte à ce propos.

Lire aussi:

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« Moi, je suis le berger. J’ai un joli filet de voix. Je fais rire personne. Je parle seul, je sens mauvais, j’ai pas d’amis. Enfin, j’en ai qu’un, c’est mon chien. »
Yvan Audouard, La Pastorale des santons de Provence. Gulf Stream & Le Cerf, 2001: p. 20 (Écouter sur Youtube)

Placer des bergers dans votre crèche, c’est entrer dans l’univers de l’évangile selon Luc, chapitre 2, versets 1 à 21 (Trouver une traduction en français). C’est partir pour Bethléhem, petite ville de Judée, « à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie » verset 2. Mais c’est aussi aller là où se rencontrent le local et l’universel (les « bergers qui vivaient aux champs » v.8 et « tout le peuple » v.10), le ciel et terre (les anges et les bergers), la force et la faiblesse (César Auguste et « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire), la nuit et la lumière.

Plus encore, placer des bergers, dans votre crèche, c’est annoncer au moins quatre bonnes nouvelles .

  1. C’est dire à celles et ceux qui seraient inquiets de ne pas savoir comment vivre leur foi: « Regardez les bergers, ils écoutent, ils croient, ils voient, ils racontent, ils louent Dieu! » C’est leur dire qu’il n’est pas compliqué d’être chrétien; leur dire qu’il suffit de regarder le monde, d’y discerner l’action de Dieu, d’écouter Dieu qui donne lui-même le sens de son action, de témoigner de cette action et de remercier Dieu de l’avoir faite.
  2. C’est dire à celles et ceux qui seraient inquiets de ne pas savoir comment établir une relation avec Dieu: « Noël a mis les anges au chômage; il n’y a plus ni séparation, ni opposition entre le ciel et la terre. Dieu est entré dans notre monde. » C’est leur dire qu’il n’y a plus besoin d’intermédiaire entre Dieu et les êtres humains, aucune personne (aucun théologien, aucun ecclésiastique), aucun lieu (aucune église), aucun temps (aucun dimanche, aucune fête liturgique); leur dire encore, leur dire autrement, que chaque personne (même et surtout des bergers qui vivent aux champs), chaque lieu (même et surtout une mangeoire), chaque temps (même et surtout une nuit que des bergers passent auprès de leur troupeau) peuvent révéler (au moins un peu) qui est Dieu.
  3. C’est dire à celles et ceux qui seraient inquiets de savoir s’ils méritent l’amour de Dieu: « L’ange préfère s’adresser aux bergers plutôt qu’à l’empereur César Auguste ou au gouverneur Quirinius. » C’est leur dire que l’évangile est pour chacune et chacun; leur dire que l’évangile n’a rien d’élitiste; leur dire même plus, que celles et ceux qui se croient puissants, forts ou intelligents risquent bien de passer à côté de l’évangile.
  4. C’est dire à celles et ceux qui seraient inquiets de ne pas voir de grandes actions de Dieu: « Dieu commence par en bas; il change le monde en donnant de la valeur au fragile, au provisoire, au petit, au faible. » C’est leur dire qu’ils ne doivent pas attendre un miracle qui tombe du ciel; leur dire qu’il leur faut espérer d’en bas, depuis leur terre, depuis leur vie; leur dire encore que Dieu intervient dans la fragilité, dans la beauté de nos existences (ce qui est fragile peut être beau); leur dire enfin que c’est au cœur de nos vies que nous pouvons ressentir la chaleur et la lumière de Dieu.

Placer des bergers dans votre crèche, c’est dire que Dieu ne nous tire pas par la main (au risque de nous déboîter l’épaule ou de nous traîner par terre) mais qu’il nous pousse, gentiment, dans le dos.

(Lundi prochain: Les mages)

Has God chosen our destiny before our birth?

As a rebound to what I wrote about what LeBron James said, I want to deal with a very controversial theological question: Predestination.

On this topic, here is a sermon I delivered in Washington, DC on Sunday, 2005 April the 10th in front of the Frenchspeaking Protestant Church. For sure, it is not new, but it is still not bad…

Has God chosen our destiny before our birth?

Jean Calvin in his major work, l’Institution de la Religion chrétienne, promotes the doctrine of predestination: God would predestinate ones to salvation and others to destruction Predestination is a classical theme in Christian theology. Throughout the history of the Church, some of the most important theologians promoted predestination. Among them, Augustine and Jean Calvin. Predestination means that before one does anything, before one thinks anything, before one believes anything, even before one was born, even before mankind had existed, even before the world had been created, God knew one’s destiny. Yes Sir, yes Madam, before the beginning, God would have known the destiny of every one of us. And what our destiny would be? Here is the answer: some of us are predestined to salvation and others to destruction! In fact, there is a double predestination: a good one for salvation and a bad one for destruction!

Do I have to tell you how hard such an idea is? It’s not difficult to understand its meaning but it’s so hard to believe what it implies. Could God really be so unfair? Could he really have chosen, before I believe, think or do anything, before I was born, if I will be saved or destroyed? Among all the doctrines developed in the reformed tradition, the doctrine of predestination is probably the most problematic one. How could it be possible that our destiny would have already been written, chosen by God before our birth? Does it mean there is no free will? Are we just robots? Are we only God’s puppets?

This morning, in this Huguenot service, I would like to discuss some questions about predestination, because it’s a Huguenot doctrine. I want to evaluate the doctrine of “Eternal Election, or God’s predestination of some to Salvation, and of others to Destruction”, as wrote Calvin. In fact, I just want to think about one: “Has God chosen our future before our birth?” But for answering such a hard question, it’s better to part it in some smaller and, hopefully, easier aspects.

In order to answer this very classical problem of predestination, I want to use an uncommon form of sermon, uncommon in the Western Christianity at least. It’s a traditional way of preaching in the reformed church in Tahiti. And that’s where I learned it. I have built my sermon like a tree. At the base, there is the trunk: it’s the question I want to discuss. And the answer is at the top of the tree. Because I want to get the answer, I will climb up to the top of the tree. Fortunately, to help me, there are some branches along the trunk and I will find some clues to the final answer. But I have to warn you: climbing up could be a little bit hard. But I promise you: it’s worth it. So take a deep breath and… let’s go!

The big question, the fundamental question, the base of the tree is the following: “Has God chosen our destiny before our birth?”

I recall you that to get the answer to this question we need to climb up on the tree. For doing this, we can use the small branches along the trunk.

The first branch, the first question is this one: “Where does Calvin find this doctrine of predestination?”

First, he finds this idea in his personal experience. By observing people, he realizes that God’s Word is not preached to every one and that God’s Word does not have the same effect on everyone. This practical point of view is very important, because predestination is not at first an intellectual construction, but a personal experience. By the doctrine of predestination, Calvin tries to answer this question: Why when hearing the Gospel, ones believe and others do not? And he answers: it’s not the responsibility of the preacher, it’s not the responsibility of the listener, it’s just because God has predestined some to believe and not the others. Calvin is rather smart, isn’t he? But personal experience is not enough. And Calvin finds in the Bible the confirmation of what he’s thinking. The predestination is a biblical idea. We find it in the Old Testament of course – the vocation of Abraham, the election of Isaac and the rejection of Ismael for example –, but we also find the same idea in the New Testament, after Jesus-Christ, after God established a new covenant with mankind. We can read this doctrine of predestination, for example, in Paul’s letter to the Ephesians, that we are going to read.

3 Blessed be the God and Father of our Lord Jesus Christ, who has blessed us in Christ with every spiritual blessing in the heavenly places, 4 just as he chose us in Christ before the foundation of the world to be holy and blameless before him in love. 5 He destined us for adoption as his children through Jesus Christ, according to the good pleasure of his will, 6 to the praise of his glorious grace that he freely bestowed on us in the Beloved.” (Ephesians 1)

Now, we can climb up and catch the second branch, answering a second question: “Is such a doctrine very common in Christianity?”

Calvin didn’t invent the doctrine of predestination. It’s a very old and a very classical article of faith. But when Calvin promotes this doctrine, he’s using it as a weapon to criticize the Catholic Church. For Calvin, predestination is the best mean to express that God saves human only by his free grace. If before one’s birth, one is already predestined to salvation or destruction, whatever one would do, or think, or believe doesn’t have any importance. You can still buy all the indulgences sold by your priest, but it’s no use to be saved! Your destiny is chosen by God and only by God. Neither by believing, nor by good acting, nor by taking part to the Eucharist, nor by anything else, you can earn or deserve the salvation. Neither yourself, nor any church can guarantee your salvation. Salvation is always an unmerited mercy of God. No one but God can give you salvation, no one, neither a pastor nor a priest, not even a pope, no one but God. You can just welcome your salvation as God’s choice.

Now, we are ready to take the next step and to ask a third question: “Does the predestination mean the ones are saved and the others destroyed?”

Calvin has absolutely and definitely no doubt! He answers yes, since there is a double predestination to salvation and to destruction. He writes: “God has one for all determined, both whom he would admit to salvation, and whom he would condemn to destruction.” The ones are saved and the others are destroyed. Calvin doesn’t have any problem with this idea. These ones will live and those ones will die! And this is independent of what the ones and the others are, believe, think or do. According to the doctrine of predestination, God has chosen our destiny before our birth, before we can believe, think or do anything. So the decision of God is quite arbitrary, we could say he decides randomly. God decides to choose this one and to reject that one. “I pick you for salvation and I let you for destruction”! One more time, I don’t have to tell you how problematic is such a doctrine. What kind of God is a God who is acting like that? Would it be possible that God could be so unfair? Could we believe in such a God?

But before discussing this image of God, we need to get more information. So, let’s climb up and reach another branch: “Is it fair for God to condemn some people to destruction?”

According to Calvin, God to be fair, should condemn everybody to destruction. Mankind to get what it deserves, should get death. And we to count on our own beliefs, our own thoughts or our own actions, should be condemned to destruction. But God by his free grace decided to give life, to give salvation to some people without considering their beliefs, their thoughts or their actions, without considering what they deserve. Damnation would be mere justice, and salvation is “gratuitous mercy, totally irrespective of human merit”. So, according to Calvin, God is not unfair to condemn some to destruction. On the contrary, he’s right to do that. It’s only what everybody deserves.

Are you tired of climbing up? Don’t worry! Hope is on the way! Only one branch left and we’ll reach the top of the tree: “Is it possible to recognize who is predestined to salvation and who is predestined to destruction?”

Calvin thinks it’s not very obvious to recognize those who are predestined to salvation from those predestined to death. In his “Institution”, Calvin says it is “the wonderful secret of Divine grace”. Since it’s a secret, it’s not possible for us to know who is predestined to what. With Augustine, Calvin thinks, since we don’t know who will be saved and who will be destroyed, it’s better to consider and to desire that everyone will be saved. But despite this very clear statement, Calvin thinks that our behavior can give some indication about what we are predestined for. The one who is predestined to salvation will act like someone predestined for salvation! Those who God has chosen for life have to act like the chosen for life! That’s why Calvin adds sanctification to justification. Justification is God’s gift, which God gives freely to whom he wants. Sanctification is a human duty, the task of those who are justified. But the order should be always clear: because one is predestined for salvation, one can believe, think and act according to God’s will! Justification is always first and sanctification, second. Off record, I confess that sometimes, Huguenots seem to change the order, making the sanctification the only way to salvation. Sometimes, it seems, that Huguenots seek to earn salvation by correct ethics, by right thoughts and by a perfect behavior. From time to time, Huguenots want to deserve what God has already given to them. For that, I have to say, they are not faithful Calvinist!

Anyway, now we have reached the top of the tree. We can rest a while, have a look to the view and answer to the big question, the fundamental question: “Has God chosen our destiny before our birth?”

I don’t have any problem with this doctrine. I believe that God has chosen my destiny before I was born. But watch out, God chose my destiny, not my future. He did not know, before my birth, what I would be doing on Sunday, April the 10th. God has let me free. I hope he’s not too disappointed with what I’m believing, thinking and doing now. But I made my own choices, I make my own choices, and I will always make my own choices. God gave me this liberty, this free will. Whatever, good choices or bad choices, they are my own choices. I’m responsible for my future. But I believe that, before I was born, God had already chosen my destiny. My destiny, my ultimate destiny, eventually the only thing that matters, is my status before God. Destiny is what God thinks of me; my destiny is what I look like to the eyes of God.

So, what’s my destiny? You know, I’m a protestant, a reformed theologian, I’m the descendant of a Huguenot family, I like a lot of Calvin’s work, but I do not agree with him on double predestination. On this point, I do not agree with him at all. And that’s my right! In protestant churches, no one is infallible; no one is infallible not even Martin Luther, or Jean Calvin.

Yet, I do believe, in agreement with Calvin, that my destiny, what God thinks of me, does not depend on what I believe, think or do. I do believe that if I should get what I deserve, it would be death and destruction. I do believe that life and salvation can only be the gift of the gratuitous mercy of God. I do believe that God has predestined me to salvation. But I do not believe that some are predestined for salvation and the others are predestined for death. I do not believe that, randomly, God could pick this one for life and let that one for death. For me, a God who predestines someone to death and destruction is properly UN-BELIEVABLE! For me, such a God is properly UN-BELIEVABLE! I do not to know if God is like that more anything else. I can’t know how God is. My point is that I can’t believe in such a God. I can’t believe in a God who, before our birth, randomly, has already condemned some of us to death and destruction. If I really have to choose, I would prefer a God that gives to all of us what we deserve, life or death, according to our beliefs, thoughts and behavior! But I can only believe in a God who gives life to every one. And what I know of God, what I know of him through Jesus-Christ, let me believe that eventually, he will give life to every one. So I hope!

I understand that in the 16th century, in the context of the religious wars, it was very difficult for Jean Calvin as for every one else to conceive that everybody could at the end be saved and get eternal life. I understand his position, but I don’t agree with him. Whatever we believe, think or do, before we were born, before mankind has existed, before world has been created, God has predestined every single human being to salvation and life. That’s what I believe!

And I want to close this sermon with another biblical reading. In the Gospel of Matthew, Jesus said not to worry for our heavenly Father is taking care of us!

25 « Therefore I tell you, do not worry about your life, what you will eat or what you will drink, or about your body, what you will wear. Is not life more than food, and the body more than clothing? 26 Look at the birds of the air; they neither sow nor reap nor gather into barns, and yet your heavenly Father feeds them. Are you not of more value than they? 27 And can any of you by worrying add a single hour to your span of life? 28 And why do you worry about clothing? Consider the lilies of the field, how they grow; they neither toil nor spin, 29 yet I tell you, even Solomon in all his glory was not clothed like one of these. 30 But if God so clothes the grass of the field, which is alive today and tomorrow is thrown into the oven, will he not much more clothe you—you of little faith? 31 Therefore do not worry, saying, « What will we eat?’ or « What will we drink?’ or « What will we wear?’ 32 For it is the Gentiles who strive for all these things; and indeed your heavenly Father knows that you need all these things. 33 But strive first for the kingdom of God and his righteousness, and all these things will be given to you as well. 34 « So do not worry about tomorrow, for tomorrow will bring worries of its own. Today’s trouble is enough for today.” (Matthew 6)

I do not worry, because I know that my heavenly father is taking care of me! I do not worry, because I know that our heavenly father is taking care of all of us! I do not worry, because I know that our heavenly father will always be taking care of every body without any exception.

Amen!

La règle d’or? Réveillons-là!

Mon frère, Philippe Bauer, élu président du Grand Conseil de la République et canton de Neuchâtel en Suisse, m’a invité à prêcher lors de la cérémonie solennelle qui précède l’installation des autorités (c’était le 28 mai 2013 à la Collégiale de Neuchâtel, une cérémonie concélébrée avec Don Flavio Gritti). Voici le texte de ma prédication:

«La règle d’or? Réveillons-là!»

7«Lequel d’entre vous, s’il a un serviteur qui laboure ou qui garde les bêtes, lui dira à son retour des champs: “Va vite te mettre à table”? 8Est-ce qu’il ne lui dira pas plutôt: “Prépare-moi de quoi dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive; et après tu mangeras et tu boiras à ton tour”? 9A-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? 10De même, vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites: “Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire.”» Luc 17, 7-10

Je ne sais pas, Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil et du Conseil d’État, si vous vous êtes indigné-e-s comme je me suis indigné en entendant cette lecture biblique. Parce qu’il est question d’un serviteur qui, lorsqu’il rentre des champs, n’a pas le droit de se mettre à table mais doit encore préparer le repas, se changer, servir son maître et attendre que celui-ci soit repu, avant de pouvoir enfin se reposer, manger et boire à son tour.

Bien-sûr, ce texte a été écrit dans un tout autre contexte, à une époque ou il y avait encore des maîtres et des esclaves. Et lorsque Don Flavio vous l’applique, il prend un sens totalement différent. Celles et ceux que l’on pensait ou qui se croyaient les maîtres se révèlent des serviteurs et des servantes. Et ce sont les serviteurs et les servantes qui se font servir. Cela pourtant ne me suffit pas. Lue aujourd’hui, cette parabole provoque mon indignation. Je ne peux pas me résoudre à accepter un monde où les maîtres auraient tous les droits et où les serviteurs n’en auraient aucun. Je ne peux pas l’accepter, peu importe qui sont les maîtres et qui sont les serviteurs.

Mon indignation devient encore plus légitime si je reformule la question que l’auteur de l’évangile de Luc met dans la bouche de Jésus: «Qui d’entre vous, s’il a une employée ou un ouvrier ne l’exploitera pas au maximum pour son propre confort?» Posée ainsi, la question n’est plus rhétorique. C’est une vraie question qui implique forcément, définitivement de se désolidariser de la parabole et de répondre: «Qui? Mais moi!»! Moi, je ne veux pas exploiter les personnes que j’emploie. Moi je veux laisser mon employée ou mon ouvrier libre de son temps libre. Moi, je prépare moi-même mes repas ou je commande une pizza. Moi je n’exige pas des personnes que j’emploie plus que ce pour quoi je les paye.»

Et cette perspective vaut aussi pour vous qui avez été élu-e-s. Oui, vous êtes au service du peuple. Mais jusqu’à quel point? Cette question porte très concrètement sur le temps que vous devez consacrer à votre mandat. Je ne saurais le chiffrer, mais il me semble forcement et légitimement limité. Plus fondamentalement, elle porte aussi sur le type de service que vous devez rendre au peuple de ce canton. Devez-vous lui donner tout ce qu’il désire et sans attendre aucune reconnaissance? Je crois que non et je vais m’en expliquer dans un instant.

Mais tout d’abord, je dois te dire mon cher frère (ou « Philipe Bauer », ou « Monsieur le Président selon tout probabilité », ou « Maître », ou « Brutus » ou « Grand Bauer ») qu’en me proposant de prêcher lors de cette cérémonie solennelle, tu m’as fait un grand honneur mais tu m’as aussi causé du souci. Car c’est une lourde responsabilité que de s’adresser aux élu-e-s d’un canton où je ne vis plus depuis un certain temps.

Parce que je suis un théologien protestant et que j’imagine que c’est aussi pour cela que tu m’as choisi, il m’a semblé évident que je devais m’appuyer sur un texte biblique. Mais il m’a semblé tout aussi évident qu’il me fallait choisir un texte biblique qui puisse être fédérateur. Car tes collègues et toi venez de divers horizons politiques mais aussi, du moins je l’imagine, de différents horizons religieux, philosophiques ou spirituels. Tu m’as donc lancé un défi de taille, mais je crois pouvoir le relever avec un seul verset, un petit verset, un verset de l’évangile de Luc:

«Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.» (Luc 6, 31)

Ce principe qu’on a l’habitude d’appeler la règle d’or ou l’éthique de la réciprocité présente l’avantage d’être partagé par de nombreuses traditions philosophiques et religieuses. La liste serait longue et je n’en donne que quatre exemples:

Confucius: «N’inflige pas aux autres ce à quoi tu n’aspires pas toi-même.» (Enseignement de la Voie du Milieu 13, 3)

Thalès: «Évite de faire ce que tu blâmerais les autres de faire.» (Diogène Laërce, Vie des Philosophes, I, 36

Le Talmud: «Ce qui t’est haïssable, ne le fais pas à ton prochain.» (Le Talmud, Shabbat, 31a)

Les Hadiths du Prophète: «Aucun d’entre vous n’est un véritable croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même.» (13e des 40 Hadiths de Nawawi)

Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil et du Conseil d’État, je crois que cette règle d’or constitue un principe de gouvernement sur lequel vous pourriez vous entendre, aussi bien vous qui êtes rassemblé-e-s ici ce matin, que vos collègues qui sont resté-e-s à l’extérieur de la Collégiale. Mais que signifie-t-elle concrètement?

Imaginons que le maître de la parabole ait eu la sagesse, ou simplement l’humanité, d’appliquer la règle d’or dans les relations qu’il entretient avec son serviteur. Il se serait dit: «De quoi ai-je envie quand j’ai fini ma journée de travail? De me mettre à table, de manger et de boire!» Alors, il aurait renoncé à demander à son serviteur de lui préparer son repas. Il n’aurait pas exigé qu’il se change et qu’il le serve. Il aurait fait cela lui-même ou il aurait engagé un deuxième serviteur pour s’occuper des tâches domestiques. Et si son serviteur avait eu envie, un certain soir, de l’inviter a partager son repas, alors, il lui en aurait été reconnaissant, parce qu’il n’y a pas de serviteur quelconque et qu’il aurait fait pour lui ce qu’il n’était pas obligé de faire! C’est là ce qu’aurait fait un maître inspiré par la règle d’or. Et quant à ce que feraient des élu-e-s inspirés par la règle d’or, je vous laisse l’imaginer. Après tout, ce n’est pas moi qui ait été élu.

Mais j’aimerais aller ce matin encore un peu plus loin. Si la règle d’or me parait bonne, elle ne me semble pas parfaite. Elle pose des problèmes, des questions, notamment celui de l’universalisation du soi, de l’absolutisation de ses propres besoins, de ses propres désirs. Car la règle d’or établit le soi comme norme. Elle préconise de faire aux autres ce que j’aimerais qu’on me fasse, de ne pas faire aux autres ce que je n’aimerais pas qu’on me fasse. Mais mes valeurs ne sont pas forcément les leurs: qui me dit que l’autre aime ce que j’aime ou qu’il n’aime pas ce que je n’aime pas? Et les valeurs de l’un ne sont pas forcément celle de l’autre: comment pourriez-vous mettre d’accord quand cent vingt élu-e-s n’ont forcement ni les mêmes besoins, ni les mêmes envies?

Je prends un exemple totalement au hasard et hors du monde politique: Dois-je faire pour mon frère ce que j’aimerais qu’il fasse pour moi? Connaissant ses goûts et les miens, je ne suis pas certain qu’il trouverait que ce soit toujours une bonne idée. Comment le savoir? C’est étonnamment simple: il suffit que je réfléchisse à ce qu’il aime ou que je lui demande ce dont il a besoin ou ce dont il a envie. Ou alors, pas supplémentaire que recommande mon épouse, de lui demander pourquoi il en a besoin ou pourquoi il en a envie.

Ainsi, nous pourrions imaginer une «super règle d’or» ou une règle de platine dont la perspective ne serait plus centrée sur moi, sur soi, mais sur toi, sur l’autre. Sur ce dont l’autre a besoin, sur ce que l’autre veut, aime, espère, attend. Elle s’énoncerait ainsi: «Au minimum, ne fais pas aux autres ce qu’ils n’aimeraient pas que tu leur fasses. Au mieux, fais aux autres ce qu’ils aimeraient qu’on leur fasse.» Et ce serait certainement un bon principe de gouvernement.

Mais la règle de platine serait-elle meilleure que la règle d’or? Voilà qui pourrait se discuter. Pour ma part, si j’aime cette perspective centrée sur l’autre, je crois cependant important de conserver les deux règles d’or et de platine. Car il convient d’être tout à la fois centré sur ses propres besoins, sur ses propres désirs et sur les besoins, sur les désirs des autres. En tant qu’élu-e-s de la République et canton de Neuchâtel, il est certes nécessaire que vous vous mettiez au service de la population neuchâteloise et que vous répondiez à ses besoins, à ses désirs, à ses attentes, à ses espoirs. Mais vous ne devez pas pour autant négliger vos propres besoins, vos propres désirs, vos propres espoirs, vos propres convictions. Car vous n’êtes pas là seulement pour faire ce que le peuple désire, mais aussi ce que vous estimez bon ou juste pour lui, y compris parfois et si nécessaire contre sa volonté.

Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil et du Conseil d’État, je ne prétends pas que ces deux règle d’or et de platine vous permettront de relever tous les défis qui vous attendent. Mais avec la notion de service, elles pourraient être un principe commun qui guidera votre action pendant les quatre prochaines années. Et que vous pourrez mettre en œuvre, avec l’aide de Dieu.

Amen.

Domenica culto con predicazione

Vu à Verbania (province de Verbano-Cusio-Ossola, Italie).

Les méthodistes italien ne plaisantent pas avec les spécificités réformées: dans le culte dominical, l’important, c’est la prédication (en italien au moins, mais il est vrai que celles et ceux qui ne comprennent pas l’italien auront de la peine à en profiter).