prière

Quand Jésus joue au football et fait la une

J’aime traquer dans les médias les mélanges de sport et de religion. Ce matin, je suis gâté par cette image et ses légendes.

Vu sur le site Internet de la Radio télévision suisse
Vu sur le site du quotidien Le Matin

Le sportif introduit de la religion dans le sport. Et les médias aussi, en profitant que le footballeur s’appelle Gabriel Jesus.


Sur les diverses manières d’articuler sport et religion, on peut relire mon billet Les relations entre sport et religion.

Prier Dieu plutôt que la Bible

Curieuse manière de nommer une activité somme toute classique – une méditation biblique inspirée par la Lectio Divina– dans une paroisse de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud.

Je dirais plutôt prier Dieu par, dans où avec la Bible, au travers de la Bible ou grâce à la Bible. Car on a beau prier la Bible aussi fort, aussi souvent, aussi pieusement que possible, il n’en ressort rien.

La Bible n’est qu’un objet. Mais en protestantisme, elle court le risque de devenir un fétiche, une idole, un faux dieu.

Contre l’idolâtrie, le fétichisme protestant de la Bible, on peut toujours lire, relire et rerelire ma prédication: La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien.

Ne faites pas peur!

J’ai l’honneur d’avoir écrit l’introduction de la brochure 2021 de l’École de la Parole en Suisse romande. Intitulée «N’ayez pas peur!», elle contient sept célébrations de lectio divina (à télécharger gratuitement sur le site de la Société biblique suisse).

Comme mon texte a été sérieusement modifié, j’en donne ici la version originale. Vous pouvez comparer les deux versions pour savoir ce qui dans ma théologie a pu déplaire.

J’en donne deux indices: mon titre « Ne faites pas peur! » est devenu « N’ayez pas peur! » et mon impératif: « Rassurez les croyant·es que des Églises menacent de l’enfer! » et devenu « Rassurez les croyants que l’on menace de l’enfer! »

Ne faites pas peur!

Il vous a été dit: «N’ayez pas peur!».

Mais moi je vous dis: «Ne faites pas peur!» Car il pourrait être écrit: «Heureuse celle, heureux celui qui rassure les personnes qui doutent!»

Rassurez celles qui portent un enfant et qui s’inquiètent pour son avenir!

Rassurez celles et ceux qui élèvent l’enfant d’un·e autre!

Rassurez les gens qui s’inquiètent de ce qu’ils vont manger, de ce qu’ils vont porter ou de l’endroit où ils vont dormir!

Rassurez les personnes qui doutent des conditions dans lesquelles elles produisent des aliments ou des vêtements, elles construisent des maisons!

Rassurez celles et ceux que menacent les catastrophes naturelles!

Rassurez celles et ceux que la mort effraye!

Rassurez celles ceux qui vivent dans la crainte que leurs secrets soient dévoilés!

Rassurez celles et ceux qui s’alarment de l’avenir de la planète!

Rassurez les enfants qui craignent leurs parents!

Rassurez les croyant·es que des Églises menacent de l’enfer!

Rassurez celles et ceux qui se noient au sens propre ou figuré!

Rassurez celles et ceux qui économisent un peu d’argent!

Rassurez celle et ceux que l’on traite de bon·nes à rien!

Rassurez celles et ceux qui cherchent Jésus sans le trouver!

Rassurez les chrétien·nes qui ne savent pas que penser de la résurrection!

Car en vérité, je vous dis: «Soyez rassurant·e! Et faites ce que vous pouvez, ce que vous devez pour que personne n’ait jamais besoin d’avoir peur! 

« Les meilleures ventes en christianisme »: juillet 2021

Changement ce mois-ci puisque les aléas de la vie me font lire le livre en français classé numéro 1 dans la rubrique « Livres et bibles chrétiens » sur Amazon.ca:

  • À découvrir le 15 juillet : Gregory Toussaint (2021). Que Ton Règne Vienne, Volume 3: Les Ennemis du Royaume. Pastor G Editions, 210 pages

Rappel du projet :

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi : lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans « Les meilleures ventes en christianisme » sur Amazon.fr (et pour l’été sur Amazon.ca). Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres que je n’achète pas forcément par correspondance.


Ouvrages déjà traités:

Livre # 5 le 1er mars 2021 : « Carnet d’étude de la Bible »

Mars 2021

Pour différentes raisons (voir mon article « Les meilleures ventes en christianisme » : mars 2021), je traite ce mois-ci du livre numéro 5 :

Carnet d’étude de la Bible : Un livret pour y inscrire les remarques que t’inspire l’étude de la Bible, y noter des versets bibliques ou y rédiger tes pensées. (2019). Inspired To Grace.

Une citation percutante

Une image valant sept mots — ceux qui se répètent page après page —, voici comment les éditions Inspired to Grace mettent scène l’utilisation de l’utilisation de leur carnet :

Le livre

Ce n’est pas un livre, mais un carnet de 53 pages comportant chacune sur le recto et le verso une case pour écrire une « date » et trois grands encadrés lignés : sept lignes pour recopier un « verset de la bible », onze lignes pour écrire des « réflexions » et sept lignes pour rédiger ses « prières ».

Ce qui peut séduire

Pour un prix raisonnable, vous achetez un beau carnet — le graphisme et la texture de la couverture sont particulièrement soignés — qui doit vous donner l’envie de noter et donc de conserver des versets bibliques qui vous semblent importants et ce qu’ils vous inspirent. Même si le carnet n’est pas directement conçu pour ça, la suggestion de l’utiliser à la manière d’un collimage ou d’un créacollage (les équivalents français de scrapbooking) permet sans doute d’allonger le temps passé avec les versets bibliques — surtout si en même temps on sirote un café et grignote des macarons ! — et d’augmenter le désir de relire ses notes.

La version en tête des ventes est une version générale qui s’avère être la version féminine. Car les éditions Inspired to Grace proposent aussi un « Carnet d’étude de la Bible pour hommes » qui révèle leur vision de la masculinité : sobre, sérieuse, droite et anguleuse comme la police de caractère et qui s’intéresse à la marine plutôt qu’aux fleurs !

Mon avis

(+) J’aime cette idée de faire de la Bible un objet du quotidien, de donner envie de la lire, de la réfléchir et de la méditer. J’aime aussi l’idée d’utiliser la mode du journal et du coloriage pour l’appliquer à la lecture de la Bible ; profiter de ce qui marche n’est pas un péché ! J’aime encore cette touche créative : créer un bel objet donne envie de relire ses notes. J’aime toujours le côté pratique du carnet, une page par verset et quelques lignes de réflexion et de prière. J’aime enfin ce que suggèrent les encadrés : la Bible est à réfléchir, elle est source de prière.

(–) J’aime un peu moins l’idée de découper la Bible en fine tranche d’un seul verset. S’il y a bien des versets qui peuvent « parler » hors de tout contexte, les lire dans le mouvement du passage, du chapitre ou du livre biblique permet de mieux en comprendre le sens.

L’auteur·e

C’est moi, c’est vous ! Elle ou il est donc forcément génial·e !

La maison d’édition

Sur son site Internet (en anglais seulement, donc je traduis), Inspired to Grace se présente comme « une maison chrétienne d’édition qui se passionne à répandre la parole du Christ à travers de magnifiques livres de coloriage, d’objet de piété, des journaux de prière et d’étude biblique. » Elle crée et vend des carnets, des agendas ou des affiches à colorier qui permettent de lire et de décorer des versets bibliques présélectionnés ou de noter et méditer ceux que l’on choisit. Ses produits ne sont disponibles que sur Amazon.


Ouvrages déjà traités:

Carte d’identité des protestant·es suisses

Le 14 décembre 2020, l’Office fédéral de la statistique en Suisse a publié les « Premiers résultats de l’Enquête sur la langue, la religion et la culture 2019 ». Ils concernent la « Population résidante permanente âgée de 15 ans ou plus ».

Il m’a semblé utile d’en extraire les chiffres concernant la « Communauté protestante ». Elle réunit les « Églises nationales protestantes ou Réformés » distinguées des « Autres communautés évangéliques ou évangéliques libres » (1,5 %) et des « communautés luthériennes et des autres églises remontant à la Réforme ou des communautés chrétiennes internationales » (1,1 %) incluses parmi les « Autres communautés chrétiennes ».

Je recopie les chiffres bruts (complétés par quelques « données relatives au graphique ») en les classant dans l’ordre décroissant.

« Appartenance religieuse »

  • La communauté protestante représente 23,1 % de la population suisse.
  • Les 65 ans ou plus représentent 34,5 % de la communauté protestante. Les 50-64 ans 25,3 %. Les 15-34 ans 21,4 %. Les 35-49 ans 18,8 %.
  • La communauté protestante se compose à 87,2 % d’une « population non issue de la migration ». À 10,7 % d’une « population issue de la migration de 1re génération ». À 2,1 % d’une « population issue de la migration de 2e génération ou plus ».

« Pratiques religieuses et spirituelles » pendant les 12 deniers mois

  • 49,1 % de la communauté protestante a participé « aux services religieux collectifs » entre une et cinq fois par année. 24,6 % n’y a jamais participé. 19,6 % a participé entre six fois par an et au moins une fois par mois. 6,7 % au moins une fois par semaine.
  • 28,2 % de la communauté protestante a suivi une célébration religieuse « au moins sur un média ». 20,8 % « à la TV ». 9,2 % « à la radio ». 7,9 % « sur Internet ».
  • 38,1 % de la communauté protestante n’a « jamais prié ». 22,7 % a prié « tous les jours ou presque ». 21,6 % a prié « entre au moins une fois par semaine et au moins une fois par mois ». 14,1 % a prié « entre une et onze fois par année ». 3,1 % a prié « plusieurs fois par jour ».
  • Les membres de la communauté protestante ont déclaré être des personnes :
 TrèsPlutôtPlutôt pasPas du tout
Religieuses11,7 %28,3 %40,4 %19,6 %
Spirituelles6,7 %24,2 %35,0 %34,0 %
  • 22,3 % de la communauté protestante a « pratiqué de façon rituelle une technique basée sur le mouvement/la respiration ». 20,3 % a « utilisé des objets apportant chance, protection ou guérison ». 20,0 % a « entrepris des démarches allant dans le sens du développement personnel ». 15,9 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) religieux, tels que la Bible, le Coran, la Torah ou un autre livre sacré ». 10,6 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) ou magazine(s) traitant d’ésotérisme ou de spiritualité ». Personne n’a « recouru à un/une guérisseur/-euse », « demandé à se faire établir son horoscope ou recouru à un/e voyant/e », ni « participé à un rituel ésotérique, magique ou chamanique ».

« Croyances »

  • 39,7 % de la communauté protestante croit en un Dieu unique. 31,3 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux », mais croit « en une puissance supérieure ». 18,9 % ne sait pas « si un Dieu unique ou plusieurs dieux existent » et ne croit pas « qu’on puisse le savoir ». 9,1 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux ». 1,1 % croit « en plusieurs dieux ».

« Importance de la religion ou de la spiritualité »

  • 19,0 % des parents de la communauté protestante déclarent que leurs enfants appartiennent à la communauté protestante.
  • Pour 59,8 % de la communauté protestante, la religion ou la spiritualité joue « un rôle plutôt pas important ou aucun rôle » dans l’éducation des enfants. Pour 40,2 %, elles jouent « un rôle plutôt ou très important ».
  • 49,1 % de la communauté protestante « tient à transmettre d’autres valeurs qui ne soient ni religieuses ni spirituelles à ses enfants ». 22,9 % « tient à éduquer ses enfants selon les principes de sa religion ». 16,3 % n’est d’accord avec aucune des trois affirmations. 11,7 % « tient à transmettre des valeurs spirituelles à ses enfants ».

« Valeurs et attitudes »

  • 4,6 % de la communauté protestante a « fait l’expérience de la discrimination au cours des douze derniers mois dans au moins une situation concrète ».

Lire aussi: Carte d’identité des protestant·es français·es