prière

Ne pas lire mon blogue; des raisons proposées par des personnes rempli·es de l’amour de Dieu

Mon billet «Vers un “Notre Père-Mère” plus inclusif : 2 propositions» et ma tribune dans La Croix «Pour un Notre Père plus inclusif» m’ont valu une avalanche de commentaires souvent très désobligeants (on peut les lire à la suite du billet). Ils m’ont aussi valu quelques billets de blogues du même acabits. J’en ai repéré trois particulièrement intéressants.

  • Le site ripostecatholique.fr (le nom donne une indication sur ses convictions) pratique l’ironie en évoquant une transformation de l’Ave Maria «Priez pour nous pauvres pécheresses». J’en profite pour répondre à la question: « Le plus vite possible. »
  • Sur l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires (il les repère pour les dénoncer), Guillaume Pronesti consacre un long article en cinq points et une caricature — «Théologien “inclusif”, ou le Cuistre en croix» — pour dénoncer en bloc et de manière détaillée tout mon blogue, toute ma théologie, tout mon protestantisme, tout mon enseignement et toute ma vie spirituelle. Si vous n’aimez pas mon blogue, vous y trouverez des arguments confirmant que vous avez raison. Et si vous aimez mon blogue, je vous recommande de le lire attentivement pour développer votre esprit critique.
  • Sur Causeur.fr, Étienne Moreau me classe parmi les « Certains théologiens [qui] ont décidé de rompre avec la tradition chrétienne et de s’attaquer au “patriarche” suprême en réécrivant la prière fondamentale des fidèles, “Notre Père”. » Je n’ai pas pu lire l’article qui est réservé aux abonnés, mais j’ai apprécié le titre: « Pauvre prêcheur« . [ajout le 2 novembre]

La plupart des commentaires viennent de personnes qui s’affirment chrétiennes et qui les font au nom de la foi chrétienne. J’espère au moins que dire du mal leur fait du bien.

Vers un « Notre Père-Mère » plus inclusif: 2 propositions

Depuis 2018, on sait que la prière du « Notre Père » est modifiable puisque les Églises chrétiennes ont remplacé la demande « ne nous soumets pas à la tentation » par « ne nous laisse pas entrer en tentation » (voir mon article Vers plusieurs « Notre Père » ?)

De mon côté, en privé et dans le culte — à voix basse pour ne pas perturber mes voisin·es —, j’exprime deux modifications qui visent à rendre la prière plus inclusive.

Je les indique en majuscule, en gras et en rouge, sur la version protestante (principale différence : les communautés protestantes récitent toute la prière, tandis que les communautés catholiques et orthodoxes laissent les trois dernières phrases à l’officiant·e) :

Notre Père-MÈRE qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi,
À CELLES ET ceux qui nous ont offensé·Es,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne,
La puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,

Amen !

J’ajoute deux remarques :

  1. S’adresser à Dieu comme Père-Mère me semble aller de soi. Et je ne fais que m’inscrire dans une assez longue histoire.
  2. On me dira peut-être que rappeler que des femmes aussi ont pu m’offenser n’est pas prioritaire, que je pourrai mentionner leurs limites après que j’aurai reconnu toutes leurs qualités. Je fais remarquer que reconnaître leur responsabilité me permet de leur pardonner.

Bien entendu, je doute que ces deux modifications soient un jour adoptées. Mais j’aurai fait ma proposition.


Vigousse 58, 23 septembre 2022

2 méditations audiovisuelles pour se faire du bien

Durant le semestre du printemps 2022, dans mon cours « Un christianisme qui fait du bien« , j’ai proposé aux étudiant·es de méditer au début de chaque cours. Et j’ai donc préparé deux méditations audiovisuelles censées nous faire du bien, l’une pour nous apaiser, l’autre pour nous stimuler.

Pour vous, rien que que pour vous, je les partage sur mon blogue. À utiliser librement, en rendant à César ce qui est à César et à Olivier Bauer ce qui appartient à Olivier Bauer. Je précise que ce qui est à César ou à Bauer est à Dieu, pour lever toute ambiguïté sur la taille de mon égo.

Méditation apaisante

Olivier Bauer © 2022. Méditation apaisante sur la musique de What a Wonderful World, Louis Armstrong

Méditation stimulante

Olivier Bauer © 2022. Méditation stimulante sur I Feel Good, James Brown

Comment la cène protestante répare trois injustices

Mis au défi par un étudiant, j’ai compris que la cène – l’eucharistie protestante, pour fair court et simpliste – répare trois injustices :

  1. Alors que l’eucharistie catholique réserve le plus souvent le vin au seul prêtre, la cène protestante propose à chacun·e de le boire.
  2. Alors que le vin discrimine les enfants et les personnes abstinentes par motif éthique ou pour raison de santé, la cène protestante offre (aussi) du jus de raisin, sans alcool.
  3. Alors que le vin est parfois un produit étranger qu’il faut importer, la cène protestante valorise (aussi) des boissons locales : bière de mil, eau de coco, cidre, etc.

J’aime… le vin, le jus de raisin, la bière de mil, l’eau de coco, le cidre, etc. J’aime… la cène aussi !

Quand Jésus joue au football et fait la une

J’aime traquer dans les médias les mélanges de sport et de religion. Ce matin, je suis gâté par cette image et ses légendes.

Vu sur le site Internet de la Radio télévision suisse
Vu sur le site du quotidien Le Matin

Le sportif introduit de la religion dans le sport. Et les médias aussi, en profitant que le footballeur s’appelle Gabriel Jesus.


Sur les diverses manières d’articuler sport et religion, on peut relire mon billet Les relations entre sport et religion.

Prier Dieu plutôt que la Bible

Curieuse manière de nommer une activité somme toute classique – une méditation biblique inspirée par la Lectio Divina– dans une paroisse de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud.

Je dirais plutôt prier Dieu par, dans où avec la Bible, au travers de la Bible ou grâce à la Bible. Car on a beau prier la Bible aussi fort, aussi souvent, aussi pieusement que possible, il n’en ressort rien.

La Bible n’est qu’un objet. Mais en protestantisme, elle court le risque de devenir un fétiche, une idole, un faux dieu.

Contre l’idolâtrie, le fétichisme protestant de la Bible, on peut toujours lire, relire et rerelire ma prédication: La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien.