rite

De la théologie pratique inspirée par Netflix

Netflix propose une série intitulé The Midnight Club. (Mike Flanagan, Leah Fong. The Midnight Club. Netflix, 2022). Elle raconte l’histoire de grands adolescent·es atteint·es de maladies incurables qui vivent ensemble dans une grande maison de soins palliatifs.

Chaque nuit, à minuit, les jeunes se retrouvent autour d’une table devant un feu de cheminée, ouvrent une bouteille de vin volée et portent un toast qui conviendrait parfaitement pour une Cène ou une Eucharistie chrétienne.

En anglais dans la version originale:

“To those before. To those after.

To us now and to those beyond.

Seen or unseen. Here or not here”

En français, selon ma traduction:

« À celles et ceux qui nous ont précédé·es.

À celles et ceux qui nous suivront.

À nous maintenant. À celles et ceux qui sont au-delà.

Visibles ou invisibles. Ici sans être ici. »

Cette formule me semble une excellente manière de dire aujourd’hui ce que la théologie nomme « communion des saint·es », c’est-à-dire cette intime conviction que la communion dépasse largement le cercle des gens présents.

Mon programme de novembre: alimentation et bénédiction

Ma théologie vous intéresse? Voici trois activités auxquelles je participe ou que j’organise en ce mois de novembre. Si vous êtes ou venez à Genève ou Lausanne, vous êtes les bienvenu·es.

Affiche des 30 ans de la Plateforme interreligieuse de Genève

« Religions et alimentation – se comprendre autour du repas »

Dimanche 6 novembre 2022, 10h45 à Genève pour les 30 ans de la Plateforme interreligieuse de Genève

Programme détaillé sur le site de la Plateforme interreligieuse de Genève.

Affiche du colloque universitiare Extravagantes bénédictions

« Extravagants bénédictions? Expériences et pratiques concrètes d’accompagnement nuptial de personnes LGBTQI+ en et hors Églises »

Jeudi 17 novembre 2022, de 13h15 à 18h00 à l’Université de Lausanne

Coorganisé par l’Institut lémanique de théologie pratique et la Société vaudoise de théologie.

Plus de renseignements sur le site de la Société vaudoise de théologie.

Affiche du colloque universitaire Qu'espère-t-on de la bénédiction?

« Qu’espère-t-on de la bénédiction ? Entre promesse et superstition ».

Vendredi 18 novembre 2022 de 9h15 à 17h00 à l’Université de Lausanne

Coorganisé par l’Institut lémanique de théologie pratique, l’Office protestant de formation et la revue Vie & Liturgie.

Plus de renseignements et inscriptions sur le site de l’Office protestant de formation.

Mon gâteau aux pruneaux pour le Jeûne fédéral

En Suisse, le « Jeûne fédéral » est une journée de repentance et d’action de grâce décrétée par les pouvoirs publics. Ce n’est pas un véritable jeûne, puisqu’on y mange peu, mais qu’on y mange quand-même. Traditionnellement, on y mange un gâteau aux pruneaux (ou tarte aux prunes) qui présente un triple avantage:

  1. Être un plat de saison, ce qui permet d’être en phase avec la nature.
  2. Coûter peu, ce qui permet de faire un don à celles et ceux qui en ont besoin.
  3. Pouvoir être cuisiné à l’avance, ce qui permet aux cuisinières – et maintenant aux cuisiniers – de participer au culte ou à la messe.

Mon gâteau aux pruneaux est fait maison et sans gluten.

Comment la cène protestante répare trois injustices

Mis au défi par un étudiant, j’ai compris que la cène – l’eucharistie protestante, pour fair court et simpliste – répare trois injustices :

  1. Alors que l’eucharistie catholique réserve le plus souvent le vin au seul prêtre, la cène protestante propose à chacun·e de le boire.
  2. Alors que le vin discrimine les enfants et les personnes abstinentes par motif éthique ou pour raison de santé, la cène protestante offre (aussi) du jus de raisin, sans alcool.
  3. Alors que le vin est parfois un produit étranger qu’il faut importer, la cène protestante valorise (aussi) des boissons locales : bière de mil, eau de coco, cidre, etc.

J’aime… le vin, le jus de raisin, la bière de mil, l’eau de coco, le cidre, etc. J’aime… la cène aussi !

71

Invité par l’Église évangélique réformée du canton de Vaud à participer à un débat à propos de l’éventuel ouverture de la bénédiction à d’autres mariages que celui d’un home et d’une femme, j’ai présenté ce texte.


71, c’est le nombre de bénédictions de couples mariés qui ont été célébrées dans l’Église évangélique réformée du canton de Vaud, en 2020, ce qui représente 0,34 % des mariages célébrés dans le canton de Vaud cette année-là.

  • 71 bénédictions de mariage. Chaque ministre n’a donc pas eu la joie d’en célébrer au moins un, chaque temple n’a pas eu la joie d’en accueillir au moins un.
  • 0,34 %, seulement 0,34 %, ce qui dit toute l’insignifiance et l’impertinence de notre bénédiction de mariage. Elle n’a de sens et de pertinence que pour 0,34 % des couples qui se marient dans le canton de Vaud.

Que faire alors ?

Nous pouvons choisir de ne rien changer. Je suis un très mauvais prophète, mais parti·es comme nous le sommes, au mieux dans dix ans, au pire dans cinq ans, notre Église ne bénira plus qu’un seul mariage par an et ce sera celui d’une pasteur et d’un diacre.

Mais nous pouvons aussi choisir de réagir.

Nous pouvons alors choisir de durcir nos positions et sélectionner quels couples civilement mariés méritent d’être bénis. Nous pouvons nous contenter d’exclure de la bénédiction les couples de même sexe. Mais nous pouvons aussi nous montrer plus exigeant·es. Nous pouvons obéir à la Bible, à l’apôtre Paul et refuser la bénédiction aux conjoint·es injustes, à « ceux qui se livrent à l’inconduite sexuelle, à l’idolâtrie, à l’adultère, aux hommes qui couchent avec des hommes [mais pas aux femmes qui couchent avec des femmes], aux voleurs, aux gens avides, aux ivrognes, à ceux qui s’adonnent aux insultes ou à la rapacité » (1 Corinthiens 6, 9-10). Je suis un très mauvais prophète, mais je crains qu’il ne reste plus beaucoup de candidat·es à une telle bénédiction. Trouverons-nous dans le canton de Vaud 142 personnes répondant à ces critères pour pouvoir bénir 71 mariages ?

Nous pouvons aussi choisir de dire du bien et donc de faire du bien à tous les couples civilement mariés qui le demandent. Civilement mariés, donc depuis le 1er juillet 2022, dire du bien et faire du bien aux couples mariés où s’unissent une femme et un homme, aux couples mariés où s’unissent deux femmes aux couples mariés où s’unissent deux hommes. Sans qu’importent leurs préférences amoureuses, nous pouvons choisir de bénir deux conjoint·es qui ont l’humilité de requérir l’aide de Dieu dans leur vie de couple. Sans qu’importent leurs préférences amoureuses, nous pouvons bénir les couples qui nous disent qu’une bénédiction réformée et vaudoise a un sens et une pertinence pour leur vie à deux. J’espère être un mauvais prophète, mais je ne pense pas qu’accepter de bénir tous les couples mariés suffise à renverser la tendance. Je doute fortement qu’en 2050, notre Église bénisse 1998 couples mariés comme elle l’a fait en 1970. Mais je ne suis pas trop mauvais théologien. Et je crois que c’est en bénissant tous les couples mariés peu importe leurs préférences amoureuses que nous sommes évangéliques.

Culte Georges Brassens

Pour marquer le 100e anniversaire de la naissance de Georges Brassens, je mets en ligne l’ensemble du «culte Georges Brassens» que j’ai déjà célébré deux fois dans des Églises méthodistes et réformées en Suisse romande, en équipe, avec des musicien·nes et des théologien·nes.

L’idée de ce «culte Georges Brassens» est née d’une rencontre avec Gaël Liardon, chansonnier, musicien d’Église, doctorant en musicologie, et d’une découverte, celle de notre goût commun pour les chansons de Georges Brassens. Je dédie d’ailleurs ce culte à Gaël, maintenant qu’il est décédé.

Je ne crois pas en Georges Brassens. Mais Georges Brassens est pour moi une sorte de prophète. Je trouve dans les chansons de Georges Brassens, dans ses paroles et dans ses musiques, dans sa vie aussi, un témoignage rendu à l’Évangile. Peut-être pas le plus orthodoxe de tous les témoignages rendus à l’Évangile, mais un témoignage vrai, un témoignage parfois dérangeant, mais un témoignage souvent stimulant.

En préparant ce culte, j’ai écrit qu’il y a plus d’Évangile dans les chansons de Georges Brassens que dans certains textes de la Bible. Et même si c’est un peu exagéré, je pense que c’est un peu vrai. Et j’espère que vous en ferez l’expérience. Mais pour être honnête, je dois dire aussi que certains textes de Georges Brassens offrent moins, peu ou pas d’Évangile. Comme moi, il est un être humain avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses. Comme moi, il est seulement un être humain et c’est ce qui fait tout son charme, tout notre charme.

Vous trouverez dans le document ci-dessous un déroulement complet d’un «culte Georges Brassens» construit selon un plan de l’Église réformée de France (voir la page que l’Église protestante unie de France consacre aux liturgies) en trois temps:

  • Nous adorons Dieu ensemble: Jeanne, Chanson pour l’Auvergnat, Le temps ne fait rien à l’affaire
  • Dieu nous adresse sa parole vivifiante: Celui qui a mal tourné, La mauvaise réputation
  • Nous répondons à Dieu par des actes communautaires: La prière, Les copains d’abord

J’ai créé des textes liturgiques en lien avec des chanson du Grand Georges. Vous pouvez le célébrer librement tel que je l’ai conçu, mais je vous conseille plutôt de l’adapter aux circonstances, à votre communauté et surtout aux envies et aux capacités des musicien·nes.

Télécharger à l’adresse: https://olivierbauer.files.wordpress.com/2021/10/bauer_cultebrassens_2018.pdf

Et je serais heureux que vous ajoutiez un commentaire sur cette page pour partager ce que vous allez faire ou ce que vous aurez fait.

Bon culte!