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L’intérêt théologique de la série « La vie de JC » – Judas Guevara

Depuis le 18 septembre 2021, la Télévision suisse romande diffuse une série parodique en 20 épisodes — un « Kaamelott évangélique suisse » — intitulée La vie de JC :

Le théologien du quotidien décrypte chaque lundi l’intérêt théologique de l’épisode diffusé le samedi précédent (voir la page « La vie de JC »).

« Judas Guevara » (9 octobre 2021)

Voir l’épisode sur le site de la RTS (en Suisse seulement): https://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/12528333

« Judas est emprisonné pour “acte révolutionnaire”. Il a osé dessiner une caricature de Pilate. Cela impressionne son co-détenu. Jusqu’à qu’il se rende compte que Judas dessine comme un nul, personne n’a reconnu Pilate et il est juste accusé d’avoir sali le mur des latrines en dessinant une fleur. »

Ma vision

Judas se fait passer pour un prisonnier politique. En caricaturant Pilate, il aurait “dit non à l’oppresseur romain”. Mais un gardien casse le mythe puisqu’il purge seulement une peine de trois semaines pour un graffiti de fleur et qu’il est “libéré pour bonne conduite”. Il reste cependant un doute : Judas a-t-il vraiment voulu représenter la tête du gouverneur romain ou prétend-il avoir voulu la dessiner pour se donner de l’importance ?

L’intérêt théologique?

  • Un plus

Judas se fait passer pour un prisonnier politique. En caricaturant Pilate, il aurait “dit non à l’oppresseur romain”. Mais un gardien casse le mythe puisqu’il purge seulement une peine de trois semaines pour un graffiti de fleur et qu’il est “libéré pour bonne conduite”. Il reste cependant un doute : Judas a-t-il vraiment voulu représenter la tête du gouverneur romain ou prétend-il avoir voulu la dessiner pour se donner de l’importance ?

  • Un moins

Depuis le début de la série, JC, sa famille, ses proches et ses disciples passent tou·tes et toujours pour des débiles et des incapables. Certes, le comique de répétition fait rire, mais il peut aussi lasser. Le scénario montrera-t-il plus de finesse dans les prochains épisodes ?


  1. Medicine Man (18 septembre 2021)
  2. L’apprenti paraboliste (25 septembre 2021)
  3. Maman (2 octobre 2021)
  4. Judas Guevara (9 octobre 2021)
  5. Transversalité (16 octobre 2021)
  6. Le baptême de Jean-Ba’ (23 octobre 2021)

L’intérêt théologique de la série « La vie de JC » – Maman

Depuis le 18 septembre 2021, la Télévision suisse romande diffuse une série parodique en 20 épisodes — un « Kaamelott évangélique suisse » — intitulée La vie de JC :

Le théologien du quotidien décrypte chaque lundi l’intérêt théologique de l’épisode diffusé le samedi précédent (voir la page « La vie de JC »).

« Maman » (2 octobre 2021)

« J.C. vient prévenir sa mère qu’il part en mission pour le Seigneur. Elle espérait plutôt qu’il lui annonce enfin qu’elle va être grand-mère. Mais non, son J.C. préfère ses copains à la jolie Marie-Madeleine. Ayayay ! Qu’est-ce qu’elle a fait pour mériter ça ? »

Partie 1, épisodes 1-3

Ma vision

Encore une histoires de malentendus.

JC est fier d’annoncer qu’il part « en mission pour le Seigneur ».

Sa mère – caricature de la mère juive – ramène tout au sexe : son fils quitte sa fiancée Marie-Madeleine et « part avec des garçons ».

Les garçons ne s’intéressent qu’à savoir s’il a « largué Marie-Mad » comme ils la surnomment.

Et Marie-Mad croit que JC la trouve trop vieille et que accuse le « salaud » d’avoir « rencontré quelqu’un ».

L’intérêt théologique?

  • Deux plus

L’épisode signale que la vie de JC n’est pas un long fleuve tranquille ; ses choix radicaux provoquent des incompréhensions et des rebuffades ; y compris parmi ses proches et même ses très proches. Il rappelle aussi qu’homme, JC vit sa vie comme un homme, même s’il redéfinit ce qu’est « un homme ».

  • Un moins

Le JC de la RTS passe pour un idiot, insensible aux sentiments des autres, des femmes en particulier. Mais le JC des évangiles est un personnage plein d’attention pour celles et ceux qui l’entourent ; il n’est pas toujours commode avec les plus fort·es, mais il se montre toujours attentif à ne pas blesser les plus faibles.


  1. Medicine Man (18 septembre 2021)
  2. L’apprenti paraboliste (25 septembre 2021)
  3. Maman (2 octobre 2021)

L’intérêt théologique de la série « La vie de JC » – L’apprenti paraboliste

Depuis le 18 septembre 2021, la Télévision suisse romande diffuse une série parodique en 20 épisodes — un « Kaamelott évangélique suisse » — intitulée La vie de JC :

« JC est désespérément nul pour raconter les histoires. On ne comprend rien, mais il persiste à vouloir utiliser les paraboles pour faire passer son message. Judas, Simon et Pierre essaient de le coacher. Et s’il les chantait, ça passerait mieux, non ? »

Le théologien du quotidien décrypte chaque lundi l’intérêt théologique de l’épisode diffusé le samedi précédent (voir la page « La vie de JC »).

« L’apprenti paraboliste » (25 septembre 2021)

Partie 1, épisodes 1-3

Ma vision

JC aimerait raconter une histoire – « Un homme avait trois chameaux » – pour faire passer son message – « « Il est plus simple pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Mais il se révèle un piètre conteur.

Simon reconnaît que « c’est pas complètement nul » et lui donne trois conseils : « il faut juste resserrer ton scénar », « fais plus simple ! », « garde l’essentiel ! ».

Et ça marche! Quand JC se lance en public, les gens l’écoutent et approuvent son message; mais ils s’en vont dès qu’il commence à raconter l’histoire des trois chameaux.

L’intérêt théologique?

  • Un plus

C’est évidemment le message délivré, emprunté directement à l’évangile selon Matthieu (chapitre 19,  verset 24). Peu importe les circonstances, il est toujours utile de rappeler cet essentiel, qu’en christianisme, les riches ne valent pas plus que les autres.

  • Un moins

Contrairement au JC de la RTS, le JC des quatre évangiles est un bon conteur ; ce sont ces histoires qui font son succès. Plus important, on peut penser que « l’essentiel » qu’il faut garder, c’est précisément de raconter des histoires. Parce qu’avec ces paraboles, JC suggère, propose, donne envie, ouvre des possibles ; il n’impose rien.


  1. Medicine Man (18 septembre 2021)
  2. L’apprenti paraboliste (25 septembre 2021)
  3. Maman (2 octobre 2021)
  4. Judas Guevara (9 octobre 2021)
  5. Transversalité (16 octobre 2021)
  6. Le baptême de Jean-Ba’ (23 octobre 2021)

L’intérêt théologique de la série « La vie de JC » – Medicine Man

Depuis le 18 septembre 2021, la Télévision suisse romande diffuse une série parodique en 20 épisodes — un « Kaamelott évangélique suisse » — intitulée La vie de JC :

«Autour de J.C. on retrouve les apôtres Pierre, Simon et Judas, ainsi que Marie, Marie-Madeleine, Ponce Pilate, Jean-le-Baptiste. Personnages caricaturaux et scènes courtes, chaque épisode aborde avec légèreté et humour les grandes histoires autour de la vie de JC.»

Le théologien du quotidien décrypte chaque lundi l’intérêt théologique de l’épisode diffusé le samedi précédent (voir la page « La vie de JC »).

« Medicine man » (18 septembre 2021)

Partie 1, épisodes 1-3

«La foule veut des miracles, encore des miracles. J.C. désespère de leur parler d’autre chose et d’être vu autrement que comme un guérisseur… Même Simon, qui le tire d’un mauvais pas, aimerait bien qu’il fasse quelque chose pour la tronche de sa femme.»

Ma vision

JC n’en peut plus. Il veut «annoncer la parole divine», les gens lui demandent de «soigner leurs petits bobos»; même son disciple Simon veut le miracle que lui permettent ses relations:

Simon : « Je me suis dit, puisque tu le connais un peu… Dieu… ton oncle, c’est ça? »

JC: « Non, c’est mon père »

Simon Pierre : « Encore mieux. »

Le miracle augmente l’attente; une femme le prie de faire quelque chose pour le sexe de son homme; réponse cinglante de JC: «Moi je suis là pour annoncer un Dieu de pardon, un Dieu d’amour. Je ne suis pas là pour allonger des bittes»; conclusion tout aussi catégorique de la femme: «Il s’en fout du petit peuple.»

L’intérêt théologique?

  • Un plus

L’épisode reprend un thème classique dans les évangiles, celui du malentendu: certes Jésus possède des superpouvoirs, mais ce n’est pas là l’essentiel; comme ses paroles ou son comportement, ses miracles sont les indices de ce que le monde pourrait devenir si les gens mettaient leur confiance en Dieu. Les récits évangéliques des miracles de Jésus se terminent presque toujours par une consigne de silence; il ne faut pas en parler de peur de créer un malentendu, car si Jésus est un superhéros, il meurt à la fin!

  • Un moins

Contrairement au JC de la RTS, le JC des quatre évangiles consacre toute son existence au «petit peuple» dont il reconnaît et souligne la valeur absolue et qu’il traite et demande de traiter en conséquence.


  1. Medicine Man (18 septembre 2021)
  2. L’apprenti paraboliste (25 septembre 2021)
  3. Maman (2 octobre 2021)
  4. Judas Guevara (9 octobre 2021)
  5. Transversalité (16 octobre 2021)
  6. Le baptême de Jean-Ba’ (23 octobre 2021)