transmission de la foi

Eau de vie, eau de mort (#baptême)

Un entretien sur le baptême (lire l’article de Noriane Rapin: Les non pratiquants veulent encore le baptême) m’a donné envie d’en écrire un peu plus sur ce thème (d’après un article paru dans La Vie protestante Berne-Jura en mai 2003) hors de toute actualité, sauf que le calendrier propose de fêter aujourd’hui la conversion de Paul et que les Églises chrétiennes proposent de prier cette semaine pour l’unité des chrétien·ne·s.


« Baptiser » vient du grec « baptizo » qui signifie « plonger dans l’eau »; être baptisé.e, c’est donc plonger dans l’amour de Dieu. Plonger, c’est toujours prendre des risques, surtout quand on ne sait pas nager. Et quand il s’agit de l’amour de Dieu, personne ne sait jamais nager! Plonger dans l’amour de Dieu, c’est donc risquer de se noyer dans cet amour, c’est accepter de se laisser submerger par cet amour. Mais comme par miracle, l’amour de Dieu, plus salé que la Mer morte, soutient et supporte toutes celles et tous ceux qui s’y jette; personne ne s’y noie, jamais.

On peut baptiser à tous les âges, des nourrissons jusqu’aux adultes. Ce qui ne dit pas exactement la même chose. Baptiser un nourrisson, c’est insister sur la grâce de Dieu. Le petit bébé ne sait rien, ne connaît rien; il n’a pas suivi l’école du dimanche, il ne lit pas la Bible, il ne va pas au culte; il ne sait pas ce qu’être chrétien veut dire; et pourtant, l’amour de Dieu le soutient. Baptiser un adulte, c’est insister sur le courage du baptisé; la grande personne sait; elle a suivi à l’école du dimanche, elle a lu la Bible, elle participe au culte; elle connaît ce qu’être chrétien exige; et pourtant, elle accepte de plonger dans l’amour de Dieu; et l’amour de Dieu la soutient.

Être baptisé, c’est se noyer, juste pour un instant, c’est mourir et renaître à la vie nouvelle. Quand Paul présente le baptême aux chrétien·ne·s de Rome, il écrit:

« Ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Par le baptême en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. » Lettre aux Romains, chapitre 6, versets 3 à 4

Certain.e.s pensent qu’un vrai baptême doit noyer la personne baptisée, qu’elle doit être plongé entièrement dans l’eau, qu’elle doit suffoquer un instant et ressortir comme ressuscité; le symbole est beau. D’autres préfèrent verser simplement de l’eau sur la tête de la personne baptisée, parce que c’est là qu’est son identité; le geste est pratique. Mais le baptême ne dépend ni de l’âge, ni de la quantité d’eau. Il ne dépend que de l’amour de Dieu. D’ailleurs les Églises protestantes ne baptisent pas des protestant·e·s, ni l’Église catholique des catholiques, ni les Églises orthodoxes des orthodoxes, ni les Églises anglicanes des anglican·e·s. Elles baptisent simplement des personnes; elles témoignent ainsi que Dieu les aime; qu’il n’aime pas elles seulement mais qu’il les aime elles aussi.


À propos du baptême, on peut aussi lire sur mon blogue, l’avis des étudiant·e·s en théologie de l’Université de Montréal: Baptême – Apprentissage par problème.

Le christianisme selon Playmobil

On connaît certainement le succès de la figurine Playmobil « Martin Luther » (on peut sinon lire l’article de Joël Burri sur Protestinfo.ch: « Le Playmobil Luther, le succès d’un objet identitaire« ). On aura peut-être noté le succès médiatique du succès de la figurine.

Intrigué par le phénomène, je me suis amusé à recenser ce que le fabriquant de jouet Playmobil proposait à propos du christianisme. Le résultat est étonnant. Sans beaucoup de commentaires mais avec un peu d’organisation, en voici un choix certainement pas exhaustif.

Le mariage à l’église

Un mariage à l’église (il n’y a pas d’option « couple de même sexe »)

Une histoire biblique en seulement deux tableaux.

Une histoire de l’Église, de (saint) Martin à Martin (Luther)

Des anges passent…

Playmobil aime beaucoup Noël (où Noël se vend bien…)

Choisissez votre saint Nicolas selon votre culture et vos traditions!

À l’Université: Analyser les perceptions sensorielles de « Dieu ». Développer les artefacts et les pratiques sensorielles en christianisme.

Durant l’année 2016-2017, j’organise dans le cadre de l’Institut lémanique de théologie pratique à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne, un séminaire de recherche, consacré au thème: « Analyser les perceptions sensorielles de « Dieu ». Développer les artefacts et les pratiques sensorielles en christianisme ».

Il est ouvert à tou.te.s les théologien.ne.s engagé.e.s dans une Université ou une Église qui travaillent ou veulent travailler sur une médiation théologique: un artefact (« du pain », « Noël », etc.), une pratique (« prier », « le catéchisme », etc.), un sens (« l’olfaction dans le culte », « le toucher dans les soins spirituels », etc.) ou sur « les perceptions sensorielles » dans le récit de vie d’un.e chrétien.ne. Les rencontres de séminaire offrent l’occasion:

  1. De présenter l’état de sa recherche dans un environnement accueillant et stimulant.
  2. De rencontrer  chercheur.e.s et des pensées originales et utiles pour sa propre recherche.
  3. De partager avec des spécialistes autour de questions fondamentales et spécifiques en théologie pratique.

Les six rencontres ont lieu:

  • Vendredi 30 septembre 2016, 10h00-17h00: Journées de lancement de l’ILTP à l’Université de Genève.
  • Vendredi 4 novembre 2016, 9h00-12h00 (lieu à déterminer).
  • Vendredi 2 décembre 2016, 9h00-12h00 avec l’Office Protestant de Formation à Neuchâtel.
  • Vendredi 3 mars 2017, 9h00-17h00 à l’Université de Lausanne.
  • Vendredi 7 avril 2017, 9h00-12h00 (lieu à déterminer).
  • Vendredi 5 mai 2017, 9h00-12h00 (lieu à déterminer).

Vous pouvez vous inscrire au séminaire. Il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous. En cliquant sur « Envoyer », vous le transmettez au secrétariat de l’Institut lémanique de théologie pratique.

Qui décide de la réalité d’une présence? #SITP2016

Au cours du 10e congrès de la Société Internationale de Théologie Pratique: « Découvrir, vivre et annoncer l’Évangile dans un monde transformé par les nouveaux médias numériques », un journaliste catholique pose la question de la présence réelle du Christ dans une Eucharistie retransmise par un média électronique.

Pour mémoire, rappelons que la théologie catholique postule que, lorsqu’un prêtre prononce certaines paroles et performe certains gestes, il transsubstantifie des hosties qui deviennent « réellement et substantiellement » le corps du Christ et une coupe de vin qui devient « réellement et substantiellement » le sang du Christ. Cette doctrine de la transsubstantiation a été promulguée par le 4e Concile de Latran en 1215.

On permettra au théologien protestant que je suis de trouver la question peu pertinente. Car la réalité d’une présence dépend toujours de celui ou celle qui la reçoit ou de celui et celle qui la perçoit. Le Christ n’est ni plus ni moins présent dans l’hostie que sur l’écran. Sa présence n’est ni plus ni moins réelle dans la bouche que dans les yeux. Le Christ n’est réellement et substantiellement présent – que ce soit dans une hostie, dans la Bible, dans le mot « Christ » ou partout ailleurs – que pour celui et celle qui croit qu’il y est présent.

Une communauté de chercheur.e.s (Ecclésiologie et évangélisation cinquième et dernier cours)

Résumé des épisodes précédents:

Le professeur Olivier Bauer a décidé de donner un cours de théologie vraiment pratique. Avec les pasteurs de Saint-Laurent Église, il a lancé un défi aux étudiant.e.s de Master: «Transformer les portes en seuils et les seuils en passage» (voir la présentation du cours).

La première semaine, les quatorze étudiant.e.s ont proposé à Saint-Laurent Église sept idées. Trois ont été retenues: créer un chemin qui conduise dans l’église et qui montre dehors ce qui se passe dedans; installer une communauté; organiser des combats de boxe pour symboliser les luttes spirituelles (voir le récit du premier cours).

La deuxième semaine, les étudiant.e.s ont commencé à transformer leur idée en projet. Dans un premier temps, ils ont cherché à savoir comment ils pouvaient rendre leur projet plus fidèle à l’Évangile, dans son interprétation réformée (voir le récit du deuxième cours).

La troisième semaine, les étudiant.e.s ont cherché à rendre leur projet plus efficace par rapport aux personnes qui fréquentent ce « lieu-phare » de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud ou qui pourraient le fréquenter (voir le récit du troisième cours).

La quatrième semaine, les étudiant.e.s ont mis au point leur projet pour qu’il puisse convenir à Saint-Laurent Église tout en respectant leur propre théologie (voir le récit du quatrième cours).


Ma boîte aux lettres, jeudi 28 avril, 10h45.

Je reçois Bonne Nouvelle, le mensuel de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud et j’y lis un bel article où Stéphanie Billeter relate notre cours: « Apprendre à franchir les seuils« .

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 3 mai 2016, 9h15.

Début du cours. La tâche des étudiant.e.s est simple. A 10h30, il leur faudra présenter le projet aux deux pasteurs de Saint-Laurent Eglise. Il n’est plus temps de réviser leur projet, mais d’en soigner la communication. Travail en groupe, mais aussi soucis personnels. C’est le dernier cours et les étudiant.e.s pensent à la validation du cours, ce qui engendre des questions (« Puis-je encore corriger mon travail? » « Quand allez-vous l’évaluer? ») et génère des démarches administratives. Bref, je ne chôme pas.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 3 mai 2016, 10h30.

Les pasteurs Jean Chollet et Daniel Fatzer arrivent. Le temps d’un café et nous rejoignons la salle de cours. Les étudiant.e.s sont prêt à défendre leur projet. Il y du théâtre, de la musique; il y a du témoignage, des informations. Je ne peux pas vous faire vivre le temps de présentations, mais je peux vous donner à lire les résumés des trois projets. ce sont eux les héros de la journée (avec les étudiant.e.s qui les ont conçus, évidemment).

Le projet « Communauté »

Le projet « Ring »

Le projet « Chemin »

Les pasteurs réagissent. Avec leur regard pratique, fort de leurs expériences, heureuses et malheureuses. Ils abordent notamment la question de l’accueil radical. Il est souhaitable mais est-il possible? Et les nuisances d’un grand magasin qui a fait de l’arrière de l’église son quai de déchargement. J’avais rêvé qu’ils adopteraient au moins l’un des projets avec enthousiasme, et que, de concert avec les étudiant.e.s, ils le mettraient en œuvre le soir-même. Il faut me faire une raison, ce ne sera pas le cas. Mais au moins un élément émerge: la possibilité d’engager (et de payer) un ou deux étudiant.e.s pour renforcer l’équipe de Saint-Laurent Église et pour développer de nouveaux projets. Un tel modèle existe déjà (qui disait qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil?) dans l’Espace de la Fusterie, au sein de l’Église protestante de Genève. Un exemple à suivre?

Le groupe qui a travaillé sur la communauté termine sur un vibrant plaidoyer en faveur de la communauté. Ils/elles témoignent, chacun.e à son tour, de la manière dont ils/elles sont devenus une communauté de chercheur.e.s au fil du cours.

Avec des hauts et des bas;

Avec la nécessité de demander pardon et de pardonner;

Avec des charismes particuliers, avec une diversité enrichissante;

Avec un droit à la parole qu’il a parfois fallu revendiquer;

Avec des rythmes particuliers qu’il a fallu apprendre à respecter;

Avec des projets personnels qu’il a fallu intégrer.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 3 mai 2016, 13h15.

Après un repas communautaire, je dispense mon dernier enseignement. Je transmets aux étudiant.e.s ma propre vision d’une Église, celle que j’ai développée comme professeur de théologie pratique, à partir de mon expérience de pasteur de l’Église protestante francophone de Washington, DC Centre (entre 2003 et 2006): Bauer, O. (2007). Vers une communauté d’individus. Le cas de l’Église protestante francophone de Washington, DC. In J. Richard & M. Dumais (éd.), Église et communauté (p. 59‑78). Montréal: Fides. En voici le résumé:

De 2003 à 2006, j’ai été le pasteur de l’Église protestante francophone de Washington, DC (EPFW). Fondée en 1927, l’EPFW est une Église complètement autonome sur les plans institutionnel, financier et théologique. Elle compte une centaine de foyers-membres et une centaine de foyers-amis: Européens, Africains et Américains. Deux forces opposées s’exercent dans l’EPFW: une force centrifuge qui sépare les individus et une force centripète qui les réunit en communauté. La force centripète comprend, entre autres, le protestantisme, le désir de se retrouver entre gens de la même origine, la volonté de continuer à utiliser la langue française, le goût pour les rencontres interculturelles et le climat religieux américain. La force centrifuge se compose notamment de la diversité des origines ethniques et religieuses, de la dispersion géographique, de la brièveté des séjours à Washington et de l’hyperactivité généralisée. Dans cet article, je présente la manière dont nous – pasteur, Conseil de paroisse, responsables-laïcs et communauté – avons essayé de rassembler des individus en une communauté et les références théologiques qui m’ont aidé dans mon travail.

UNIL, bureau 5059, mercredi 4 mai 2016, 17h56.

Fatigué mais heureux, je termine le dernier article sur mon cours « Ecclésiologie et évangélisation ». J’ai relevé mon défi, celui de publier chaque mercredi le compte-rendu du cours de la veille.

  • Merci aux pasteurs de Saint-Laurent Église d’avoir pris le risque de participer au projet.
  • Merci aux étudiant.e.s d’avoir accepté une forme inhabituelle d’enseignement.
  • Merci à Stéphnaie Billeter et à Bonne Nouvelle d’avoir suivi et médiatisé le cours.
  • Merci à vous d’avoir lu l’un, l’autre ou tous ces articles.

« Si la porte est fermée, entrez par la fenêtre! » (Ecclésiologie et évangélisation, quatrième cours)

Résumé des épisodes précédents:

Le professeur Olivier Bauer a décidé de donner un cours de théologie vraiment pratique. Avec les pasteurs de Saint-Laurent Église, il a lancé un défi aux étudiant.e.s de Master: «Transformer les portes en seuils et les seuils en passage» (voir la présentation du cours).

La première semaine, les quatorze étudiant.e.s ont proposé à Saint-Laurent Église sept idées. Trois ont été retenues: créer un chemin qui conduise dans l’église et qui montre dehors ce qui se passe dedans; installer une communauté; organiser des combats de boxe pour symboliser les luttes spirituelles (voir le récit du premier cours).

La deuxième semaine, les étudiant.e.s ont commencé à transformer leur idée en projet. Dans un premier temps, ils ont cherché à savoir comment ils pouvaient rendre leur projet plus fidèle à l’Évangile, dans son interprétation réformée (voir le récit du deuxième cours).

La troisième semaine, les étudiant.e.s ont cherché à rendre leur projet plus efficace dans le contexte socio-culturel de Saint-Laurent Église, mais aussi par rapport aux personnes qui fréquentent ce « lieu-phare » de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud ou qui pourraient le fréquenter (voir le récit du troisième cours).


Sur les réseaux sociaux: vendredi 22 avril 2016, 6h53.

Je reçois un long commentaire sur mon blogue. Il vient de « Marcel Raymond Vonnez, pasteur retraité de l’EERV, 83 ans » qui tient à apporter sa contribution au défi et à réagir aux propositions des étudiant.e.s. Je leur transmets aussitôt son commentaire. Une étudiante prend la peine de lui répondre. Merci à Marcel Vonnez et merci à Agnès.

Sur les réseaux sociaux: vendredi 22 avril 2016, 10h01.

@UNIL, le compte Twitter de l’Université de Lausanne gazouille ceci:

unil
#FF @Bauer_Olivier, professeur à la Faculté de théologie et de sciences des religions, qui blogue ses cours: https://t.co/ENfsSxi6R4
22.04.16 10:01

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 9h15.

Je commence le cours en partageant avec mes étudiant.e.s un article de Protestinfo, l’agence suisse de presse protestante. Sous le titre « Un banc se promène au Val-de-Travers« , il raconte une initiative stimulante de la paroisse du Val-de-Travers dans l’Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel: sortir de l’église un banc d’église!

Crédit: David Allisson

Crédit: David Allisson

Sa mission est d’aller à la rencontre des personnes qui ne viennent pas volontiers à l’église. En effet, «des gens préfèrent croire à leur façon ou ne veulent absolument pas entrer dans une église, et c’est une manière de les rejoindre», confie David Allisson. Il est très important de «ne pas avoir d’idées préconçues lors des rencontres», poursuit-il. Promeneurs, passants, pratiquants ou non, ayant une vie spirituelle ou pas, tous sont invités à s’asseoir sur ce banc, pour converser ou partager un moment. «Il n’y a pas l’idée d’évangéliser, mais d’écouter et d’échanger», précise le pasteur.

Une excellente manière de « Transformer les portes en seuil et les seuils en passage »! David, j’aime bien ce que tu fais! (Je sais qu’il lit parfois ce blogue; on peut le suivre sur son compte Twitter @DavidAllisson). Le temps d’une discussion et le cours continue. Aujourd’hui, les étudiant.e.s ont 90 minutes pour mettre en commun leurs découvertes, issues de leurs lectures en histoire, en sociologie, en psychologie, en anthropologie, en gestion, etc. C’est un avantage du travail en groupe, on mobilise plus de connaissances que si l’on était seul. Cette semaine, ils/elles ont pour tâche de rendre leurs projets plus efficaces dans le contexte socio-culturel de Saint-Laurent Église. Chaque groupe s’égaille pour travailler dans son environnement préféré. Mais cette fois, je connais leurs habitudes et je sais où les retrouver. Tous, sauf un. Et je passe les rencontrer en leur demandant si tout va bien et si je peux leur être utile. Tous répondent oui à la première question et non à la seconde. Moment d’humilité du professeur… Mais moment de joie et de fierté quand un étudiant me confie en aparté que la brièveté du travail demandé pour valider le cours l’a frustré; le sujet l’a passionné, il aurait voulu en écrire plus. Et quand je lui demande si cela lui arrive souvent, il réfléchit un instant et répond que non, que c’est la première fois.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 11h30.

Tour à tour, chaque groupe vient présenter son projet. Ils ont beaucoup évolué depuis l’idée imaginée la première semaine. Ils sont  plus aboutis, mais ils sont aussi parfois très différents. Le passage par la double interprétation en théologie et en sciences, sciences humaines et sciences sociales a porté du fruit. Je maintiens le suspens. Vous ne connaîtrez les projets que mercredi prochain, après qu’ils auront été présentés à Saint-Laurent Église.

Vient l’heure de la pause de midi. Pour les un.e.s, repos ou repas; pour les autres, étude biblique dans le cadre de l’aumônerie universitaire; pour le professeur, entretien avec le quotidien français La Croix (sur le pain, ça ne se refuse pas) et rencontre avec le doyen de la faculté, le sociologue des religions Jörg Stolz.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 13h15.

L’après-midi est consacrée à un retour sur le thème du cours: trois questions à débattre en plénum: « À quelles portes fermées vous êtes-vous heurté.e.s? Quels seuils avez-vous passés? Quels passages avez-vous trouvés ou creusés? » Les réponses évoquent le contenu, mais elles s’orientent vers une réflexion fondamentale, sur l’idée même d’une porte grande ouverte: sur quoi? pour qui? pourquoi? À l’appui, deux références bibliques, qui pourraient remettre en cause le défi. (Heureusement, personne ne cite la conclusion de la parabole des invités au banquet: 23Le maître dit alors au serviteur: “Va-t’en par les routes et les jardins, et force les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie. Évangile attribué à Luc, chapitre 14.)

13Entrez par la porte étroite. Large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux ceux qui s’y engagent; 14combien étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux ceux qui le trouvent. Évangile attribué à Matthieu, chapitre 7.

20Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi. Apocalypse, chapitre 3.

Je me rassure: si la porte est étroite, au moins elle peut s’ouvrir… Le professeur serait-il un peu désabusé? Pour nous tou.te.s, c’est le quatrième cours intensif consécutif. En 22 jours: 36 heures de cours sur le même sujet, plus la préparation, plus les travaux. C’est long… Mais une belle expression de l’un des groupes me redonne de l’énergie: « La porte était fermée et nous sommes entrés par la fenêtre ». Et de fait, ce groupe a littéralement retourné l’église. (Mais si c’est possible! Vous saurez comment la semaine prochaine.)

 UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 14h30.

IltpCh
Cours Ecclesiologie et évangélisation: @bauer_olivier reçoit le pasteur et théologien Virgile Rochat, pour parler d’une Église publique.
26.04.16 14:58

Les thèses de son livre « Le temps presse! » ayant été quelque peu discutées (voir le compte-rendu du troisième cours), j’ai invité Virgile Rochat (pasteur, théologien, ancien aumônier de l’Université, un ami aussi), pour qu’il puisse exposer sa version d’une Église de service publique.

Difficile de résumer ses propos (mieux vaut lire son livre), mais je peux redire quelques idées fortes:

« La religion, c’est la gestion historique et sociale du spirituel. Elle s’est construite comme une langue, du cri primitif au langage articulé. »

« Une Église publique a comme mission de gérer le sacré endémique. » (Celui de la région où vit cette Église)

« En tant que pasteur, je suis reçu comme quelqu’un qui a une relation particulière avec Dieu. »

« Jésus dit: Tu as une chance, tu as le droit, tu peux. »

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 15h40.

J’ai juste le temps de rappeler que mardi prochain, il faudra présenter les projets à Saint-Laurent Église. Il faudra convaincre et peut-être séduire…


Et rendez-vous sur mon blogue pour le compte-rendu du cinquième e dernier cours: mercredi 4 mai.