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De la spiritualité dans la salade

Je n’aime pas cette publicité de la Migros, une grande chaîne suisse de supermarchés!

Je ne l’aime pas car elle suggère que le temps passé à laver une salade serait du temps perdu; ouvrir un sachet plastique donnerait la possibilité de pratiquer une activité physique, quelque chose comme du yoga.

Il est vrai que parfois, la salade toute prête me simplifie la vie. Mais le plus souvent, je passe du temps à choisir une salade, à la laver, à l’assaisonner. Et j’aime y passer ce temps. Car c’est un temps riche, un temps plein, un temps gagné pour mon harmonie intérieure. Pour pas cher, sans me prendre la tête, je me reconnecte à la nature, aux autres et à moi-même. Et ça me fait du bien! Du bien à mon ventre, du bien à mon cerveau, du bien à mon cœur.

Je n’aime pas non plus le slogan « Cuisine pour toi ». Il dit bien l’égoïsme que promeut notre société de consommation. Quand je cuisine, je cuisine pour moi et pour les autres. Et c’est pour les autres que je cuisine le mieux, et c’est pour les autres que je prends le plus de plaisir à cuisiner. Y compris une simple et bonne salade.

(Ne pas) faire de l’évangile une morale à deux balles

Dans son quotidien, le théologien rencontre deux affiches de publicité biblique. Elles sont produites par l’Agence C qui présente ainsi son projet:

« Nous diffusons des versets de la Bible en Suisse depuis 35 ans, touchant ainsi les cœurs et préservant notre héritage culturel chrétien. »

Sans trop de préjugés, il essaye d’en comprendre l’utilité. Mais franchement, il n’est pas convaincu.

Affiche avec le slogan « Dieu est fidèle » et la source: « La Bible »
(C) Olivier Bauer

Il supporte encore celle-ci. Même si elle ne casse pas trois pattes à un canard, elle rappelle une caractéristique que la Bible juive et le Nouveau Testament prêtent à Dieu. Préservation d’un héritage culturel judéo-chrétien.

Affiche avec le slogan « S’écarter du mal, c’est l’intelligence » et la source: « La Bible »
(C) Olivier Bauer

Mais celle-là l’insupporte. Car elle transforme l’Évangile en une morale à deux balles qui lui paraît insuffisante à toucher les cœurs.

En outre, il trouve dommage d’aplatir et d’appauvrir 66 livres bibliques écrits sur près de 1000 ans en 1 seule source générique: « La Bible ».

Saint·es athlètes, priez pour nous!

La Française des jeux propose une application « Parions sport ». Pour sa campagne de publicité, elle n’hésite pas à surjouer la dimension religieuse du sport. Voyez plutôt!

Jesus shoes, une chaussure déjà culte

MSCHF, un digital culture studio de Brooklyn a transformé une chaussure de sport Nike pour en faire ce qu’elle a baptisé des « Jesus shoes ».

Inutile de chercher à l’acheter. Sitôt mise en vente, sitôt épuisée!


De Lush à Qohélet

Si je me prétends théologien du quotidien, c’est que j’aime débusquer le théologique – au sens large de « ce qui qualifie un rapport à Dieu, au sens spécifique de « ce qui appartient à la foi chrétienne » – dans le quotidien.

Ce matin, c’est la vitrine du magasin de cosmétique Lush qui a attiré mon attention, parce qu’une affiche emprunte son langage aux confessions de foi (sur le mode: « Nous croyons en Dieu tout puissant qui a fait le ciel et la terre… »).

Affiche dans la vitrine de Lush, gare Saint Lazare à Paris. (c) Olivier Bauer

Je signerais volontiers le quatrième article – « Nous croyons qu’il est important de prendre de longs bains aux chandelles en mangeant du chocolat, de faire ou de recevoir des massages et de remplir sa maison de parfum en prenant sa douche » – qui résonne avec l’un des versets bibliques que je préfère:

« Va, mange ton pain avec plaisir et bois ton vin d’un cœur joyeux, car Dieu a déjà approuvé tes actions. En toute circonstance, mets des vêtements de fête et n’oublie pas de parfumer ton visage. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de la fugitive existence que Dieu t’accorde sous le soleil. C’est là ce qui te revient dans la vie pour la peine que tu prends sous le soleil. Utilise ta force à réaliser tout ce qui se présente à toi. Car il n’y a ni action, ni réflexion, ni savoir ni sagesse là où sont les morts que tu vas rejoindre. » La Bible juive, livre de Qohélet, chapitre 9, versets à 10.

C’est ça que j’aime dans la théologie du quotidien. Quand elle me conduit de Lush à Qohélet.

Idole + icône = Idôle

Ayant vu cette publicité pour un nouveau parfum

je me suis demandé pourquoi il s’appelait « Idôle » avec un accent circonflexe sur le « o ».

Pour justifier mon statut de brillant théologien, j’ai élaboré une splendide théorie:

« Idôle » est un mot valise, la contraction de « idole » et de « icône ». « Idôle » est donc un subtil message du parfumeur qui, dans une perspective juive, musulmane… ou protestante, rappelle que toute image est un faux dieu!

Après réflexion, j’ai compris que le « ô » de « Idôle » rappelle celui de « Lancôme ».