judaïsme

Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en négatif « Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que la première plante que Noé plante après le Déluge, c’est une vigne (Genèse 9, 20).
  2. Parce que la Terre promise est un pays de blé et de vin (Deutéronome 33,28).
  3. Parce que le vin réjouit « Dieu et les êtres humains » (Juges 9,13).
  4. Parce que le vin désaltère ceux qui sont épuisés dans le désert (2 Samuel 16,2).
  5. Parce que le vin rend la vie joyeuse (Qohélet 10,19).
  6. Parce que le vin réconforte « celui qui va disparaître » (Proverbes 31,6).
  7. Parce que le vin vieilli se boit avec joie (Siracide 9,10).
  8. Parce que Jésus était considéré comme un ivrogne (Matthieu 11,19).
  9. Parce que les effets de l’esprit ressemblent à ceux du vin doux (Actes 2,13).
  10. Parce que Paul recommande boire un peu de vin pour soulager son estomac (1 Timothée 5,23).

Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en positif « Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que l’ivresse conduit Noé à se montrer nu (Genèse 9, 21).
  2. Parce que les prêtres n’ont pas le droit de boire du vin (Lévitique 10,9).
  3. Parce que le vin est le « poison des dragons » et le « venin cruel des vipères » (Deutéronome 32,33).
  4. Parce que le vin empêche de devenir sage et riche (Proverbes 20,1 et 21,17)
  5. Parce qu’il « n’y a pas de secret là où règne l’ivresse » (Proverbes 31).
  6. Parce que le vin empêche de discerner « l’action du SEIGNEUR » (Ésaïe 5,12).
  7. Parce que ceux qui sont « grisés par le vin » se fourvoient et « vacillent dans leurs décisions » (Ésaïe 28,7).
  8. Parce que le vin déçoit (Habacuc 2,5).
  9. Parce que « le vin et les femmes égarent l’homme intelligent » (Siracide 19,2).
  10. Parce qu’il est « beau de ne pas boire de vin » (Romains 14,21).

Un Noël sans Jésus? Mais oui, c’est possible!

Le théologien du quotidien navigue sur Internet et tombe sur cet «ugly holiday sweater» (il est en solde!)

Le théologien du quotidien salue le souci d’œcuménisme (à défaut d’esthétisme) qui réunit dans le même cardigan une fête juive et une fête chrétienne. Il est frappé par l’asymétrie: le côté Hanouka est illustré par des symboles juifs, mais rien n’évoque l’origine chrétienne de Noël.

Je le disais en 2015 déjà: «Noël n’est plus la seule propriété des chrétiens». Ce qui ne me choque pas. Car c’est un beau cadeau que Dieu a fait au monde, sans y mettre aucune condition de foi!

À ce sujet, on peut relire l’entretien que j’avais donné dans le quotidien suisse 24 heures.

Certain·es enfants d’Abraham sont plus égaux que les autres (les sources)

Si donc les « croyant·es » ont un père — biologique ou adoptif — et deux mères, les textes fondateurs des trois monothéismes conçoivent différemment cette filiation.

La Torah Le Nouveau Testament Le Coran
« Le Seigneur répondit : “Certes, Sara, ton épouse, te donnera un fils, et tu le nommeras Isaac. Je maintiendrai mon pacte avec lui, comme pacte perpétuel à l’égard de sa descendance.Quant à Ismaël, je t’ai exaucé : oui, je l’ai béni ; je le ferai fructifier et multiplier à l’infini ; il engendra douze princes, et je le ferai devenir une grande nation. Pour mon alliance, je la confirmerai sur Isaac, que Sara t’enfantera à pareille époque, l’année prochaine.” »

Genèse 17, 19-21 (Bible du Rabbinat)

« Cette déclaration de bonheur ne concerne-t-elle donc que les circoncis, ou également les incirconcis ? Nous disons en effet : la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice. Mais dans quelles conditions le fut-elle ? Avant, ou après sa circoncision ? Non pas après, mais avant ! Puis le signe de la circoncision lui fut donné comme sceau de la justice reçue par la foi, lorsqu’il était incirconcis ; ainsi devint-il à la fois père de tous les croyants incirconcis, pour que la justice leur fût comptée, et père des circoncis, de ceux qui non seulement appartiennent au peuple des circoncis, mais marchent aussi sur les traces de la foi de notre père Abraham, avant sa circoncision. »

Romains 4, 11-12 (Traduction œcuménique de la Bible)

« Dis : “Nous croyons en Dieu, à ce qu’il t’a révélé, à ce qu’il a révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux tribus, à ce qu’ont reçu Moïse, Jésus et [les autres] prophètes de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune différence entre eux et à la volonté de Dieu nous nous abandonnons.” Sourate 3, 84

« [Et nous avons dirigé aussi] Ismaël, Élisée, Jonas, Loth. Nous avons donné à chacun d’eux la préséance sur tous les hommes [de son temps]. »

Sourate 6, 86 (Traduction par Ḥamza Boubakeur)

Trois remarques dans l’ordre chronologique de rédaction des ouvrages  :

  1. La Torah établit une hiérarchie entre les enfants d’Abraham. Si Ismaël est béni, s’il se multiplie à l’infini, l’alliance de D.ieu passe par Isaac. Pourquoi ? Probablement parce que l’enfant naît comme un cadeau de D.ieu, tandis qu’Ismaël est conçu comme un effort d’êtres humains.
  2. Le Nouveau Testament néglige les fils biologiques pour faire d’Abraham, le père adoptif de tous les croyants circoncis (les juifs) et incirconcis (les « grecs »).
  3. Le Coran conjoint deux modèles : une égalité entre Ismaël et Isaac, parce que Dieu s’est adressé aux deux fils ; une hiérarchie où Ismaël à la préséance sur tous les hommes, donc sur Isaac aussi.

Les « croyant·es » n’ont qu’un seul « père » (biologique ou adoptif), mais deux « mères »

On me permettra pour une fois de ne pas faire de la théologie au quotidien, mais plutôt de réfléchir sur un sujet décontextualisé (encore que cette réflexion soit en lien avec mon quotidien, mais vous n’avez pas à le savoir).

On dit souvent qu’Abraham (ou Avraham ou Ibrahîm) est le « père des croyant·es », parce que la tradition lui attribue deux fils : le premier s’appelle Ismaël dont la mère est Agar, une servante égyptienne ; Ismaël (ou Ismaïl) est considéré par l’islam comme l’ancêtre des musulman·es. Le second s’appelle Isaac, dont la mère est Sara, la femme d’Abraham ; Isaac est considéré par le judaïsme comme l’ancêtre des juives et des juifs. Enfin, le christianisme en fait le père adoptif des chrétiens·nes, qui comme lui, ont confiance en Dieu.

Je ne vais pas résumer la saga familiale d’Abraham. Je vous invite plutôt à la lire :

  • Dans la Torah : dans le livre de la Genèse, pour Abraham, les chapitres 12 à 25 ; pour Agar, les chapitres 16 et 21 ; et pour Sara, les chapitres 16, 17, 18 et 21 (par exemple dans la Bible du Rabbinat).
  • Dans le Coran, parmi les 25 sourates qui mentionnent Abraham, sur Abraham et Ismaël, les sourates 2,124-140 et 37,101-108 ; sur Abraham, sa femme et Isaac, la sourate 11,69-73 (par exemple dans la traduction de Ḥamza Boubakeur tome I et tome II).
  • Et dans le Nouveau Testament, dans la lettre de Paul aux Romains, le chapitre 4 (en utilisant par exemple le moteur de recherche de l’Alliance biblique française Lire la Bible).

Je ne vais pas la résumer, mais je peux en faire une histoire courte.

Le Seigneur promet à Abraham qu’il aura des descendants aussi nombreux que les étoiles du ciel. Mais le couple qu’il forme avec Sara est stérile. La femme propose à son mari d’avoir des relations sexuelles avec sa servante Agar. Et ça marche ! Agar enfante un fils et lui donne le nom d’Ismaël. Mais Dieu ne se satisfait pas de cette solution. Il annonce à Sara qu’elle aura elle aussi un fils, malgré son grand âge. Et ça marche encore ! Sara enfante un fils qui reçoit le nom Isaac. Abraham et Sara s’accordent alors pour chasser Agar et Ismaël. Ce qui n’empêche pas que ce soit et par Ismaël et par Isaac qu’Abraham aura des descendants aussi nombreux que les étoiles du ciel.

Les trois monothéismes affirment donc qu’Abraham est le « père des croyant·es » parce que par Agar et Ismaël, il serait l’ancêtre des musulman·es et que par Sara et Isaac celui des juives et des juifs ainsi que des chrétien·nes.

Selon le mythe, les croyant.es ont donc un père et deux mères. Ce qui établit des liens familiaux qui unissent ces trois manières de croire en un même Dieu. Nous sommes tous et toutes frères et sœurs, demi-frères et demi-sœurs, au moins cousin, cousines.


Alimentation et spiritualité (cours en sciences des religions @unil)

Au semestre d’automne, je donnerai pour la première fois à l’Université de Lausanne un cours de sciences des religions sur le thème Alimentation et spiritualité.

  • J’y aborderai l’impact des religions sur les pratiques alimentaires et l’alimentation comme lieu de spiritualité.
  • Il aura lieu le mercredi de 16h15 à 18h du 18 septembre au 18 décembre.

Comme tous les cours de la Faculté de théologie et de sciences des religions, il est ouvert aux étudiant·es mais aussi aux auditrices et aux auditeurs libres (voir la procédure d’inscription à l’Université de Lausanne). Je serai heureux de vous y accueillir.


En attendant le cours ou à la place du cours, on peut lire mon livre gratuit et en libre accès: Bauer, O. (2017). Nicole Rognon mange aussi comme elle croit. Lausanne. 34 pages