judaïsme

Décryptons les métaphores religieuses utilisées dans le sport. Aujourd’hui : « Marcher sur l’eau »

J’ai repéré une nouvelle métaphore religieuse pour qualifier les exploits des sportifs et des sportives : ils ou elles « marchent sur l’eau ».

À l’évidence, une telle expression fait référence à cet épisode biblique où Jésus traverse un lac à la marche :

Jésus obligea les disciples à remonter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Et, après avoir renvoyé les foules, il monta dans la montagne pour prier à l’écart. Le soir venu, il était là, seul. La barque se trouvait déjà à plusieurs centaines de mètres de la terre ; elle était battue par les vagues, le vent étant contraire. Vers la fin de la nuit, il vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent affolés : « C’est un fantôme », disaient-ils, et, de peur, ils poussèrent des cris. Mais aussitôt, Jésus leur parla : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! » S’adressant à lui, Pierre lui dit : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » — « Viens », dit-il. Et Pierre, descendu de la barque, marcha sur les eaux et alla vers Jésus. Mais, en voyant le vent, il eut peur et, commençant à couler, il s’écria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus, tendant la main, le saisit en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui et lui dirent : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! » (La Bible, évangile attribué à Matthieu, chapitre 14)

Le sens de l’expression est limpide : comme Jésus, la sportive ou le sportif qui marche sur l’eau se révèle plus fort·e que les lois de la nature. Comme Jésus, il ou elle est capable de maîtriser ce qu’en général personne ne peut maîtriser, de dominer les aléas, de faire disparaître la glorieuse incertitude du sport. Encore plus, il ou elle a le pouvoir de sauver une équipe que le doute pourrait (mais ne devrait pas) menacer !

Notons qu’il existe une autre manière de traverser l’eau à pied sec, celle qu’utilisent Moïse et le peuple d’Israël pour traverser la mer Rouge.

Moïse étendit la main sur la mer. Le SEIGNEUR refoula la mer toute la nuit par un vent d’est puissant et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent, et les fils d’Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux — tous les chevaux du Pharaon, ses chars et ses cavaliers — jusqu’au milieu de la mer. (La Bible, livre de l’Exode, chapitre 14)

À ce jour, je n’ai pas repéré qu’elle soit utilisée dans les médias sportifs. Seuls les bateaux fendent les eaux, ce qui ne relève pas du miracle à proprement parler.

Mais je la suggère à qui voudra faire preuve d’originalité.


P.S. Par souci de cohérence et pour sauver ma crédibilité, je supplie le lecteur ou la lectrice de ne pas lire mon article « Pour mettre un frein à l’usage des métaphores religieuses dans les médias sportifs » !

Des glaces qui respectent vos convictions, toutes vos convictions

Les glaces Professor Grunschnabel respectent les valeurs spirituelles de celles et ceux qui mangent comme ils ou elles croient (voir sur mon blogue la page: On mange aussi comme on croit). Et elles le font savoir! Énonçons brièvement ces options spirituelles que les glaces Professor Grunschnabel prétendent satisfaire:

  • Pour celles et ceux qui font de l’alimentation un lieu de spiritualité: elles sont « 100% végétale » et même « végan ».
  • Pour celles et ceux dont la religion a des conséquences sur l’alimentation: elles sont exemptes de bœuf (hindouisme), elles sont parve (judaïsme), elles sont halal (islam).

Publicité pour les glaces « Professor Grunschnabel » (détail). Crédit: Patricia Bauer

Quant aux mentions « sans lactose » et « sans gluten », elles concernent la santé, pas la spiritualité.

« Nicole Rognon cuisine aussi comme elle croit », le livre (gratuit et en libre accès)

Vous avez aimé le feuilleton de Nicole Rognon, cette femme qui mange et cuisine aussi comme elle croit? Vous l’avez manqué? En partie? En totalité?

Vous pouvez maintenant télécharger tous les épisodes dans un seul livre gratuit et en libre accès: Bauer, O. (2017). Nicole Rognon mange aussi comme elle croit. Lausanne.

Nicole Rognon mange comme une déesse et Jean-Jacques comme un dieu.

Pour alimenter le cours « Alimentation et spiritualité » que je donne à l’EPFL ce printemps, je propose chaque mardi (à l’heure où je commence le cours) un épisode de la vie de Nicole Rognon, une protestante vaudoise qui cuisine aussi comme elle croit.


Aucune question cette fois-ci. Et aucun souci ! Dès que Nicole et Jean-Jacques Rognon se sont attablés, les plats sont apparus, comme par miracle, comme par magie, comme par enchantement. Sans qu’il soit besoin que quiconque fasse les courses, sans qu’il soit nécessaire que quiconque s’attarde dans la cuisine. Et quels plats ! Et quelles nourritures ! Celles dont ils ont toujours rêvé.

Les produits du barattage de la mer de lait : l’amrita, c’est-à-dire l’immortalité, et le beurre de Surabhî, la vache d’abondance ! L’unique grain de riz qui pourrait rassasier toute l’humanité ! Le nectar et l’ambroisie, neuf fois plus sucrée que le miel, ces mets qui procurent l’immortalité aux déesses et aux dieux de l’Olympe. Les fruits de la corne d’abondance. La manne au goût de gâteau à l’huile qui nourrit le peuple d’Israël pendant quarante ans, accompagnés du lait et du miel que produit la terre qui lui est promise ! Le vin nouveau que Jésus boira avec tou·tes dans le royaume de son Père et l’œuf qui symbolise sa résurrection ! Les dattes que Joseph offrit à Marie qui venait d’accoucher, celles que le Prophète mangeait pour déjeuner ! La soupe au lait que les ennemis catholiques et protestants partagèrent à Kappel !

Le galanga, l’épice du paradis ! Le chocolat, Théobroma, don des dieux (au singulier ou au pluriel avec ou sans majuscule) ! Une pomme, peut-être le fruit défendu du jardin d’Éden, peut-être celui d’un pommier d’Avallon où Arthur est enfermé, peut-être même une pomodoro que les Amérindien·nes ont donnée au monde.

Et les deux dindes truffées que Garrigou désira si fort qu’il en bâcla ses messes ! Le potage à la tortue, les blinis Demidoff, les cailles en sarcophage, les raisins, les pêches, les figues fraîches, l’Amontillado, le Clos-Vougeot et la Veuve Clicquot du dîner que cuisine Babette ! La poule faisane et le joli vin d’Arbois du dernier repas de Jacques Brel, le pain et le pain de l’Auvergnat que chante par Georges Brassens !

Tel est le repas divin que partagèrent Nicole et Jean-Jacques Rognon. À deux, en tête-à-tête, en amoureux. L’une avec l’autre et l’autre avec l’un. Sans remord ni regret. Sans crainte, pas même celle de grossir !

Vous connaissez maintenant les rêves les plus intimes de Nicole et Jean-Jacques Rognon, au moins quant à leur alimentation. Et si vous pouviez choisir ce que serait votre meilleur repas, que voudriez-vous manger ? Et avec qui ?


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Épisodes parus:

  1. Nicole Rognon cuisine aussi comme elle croit.
  2. Nicole Rognon cuisine en chrétienne.
  3. Nicole Rognon cuisine en contexte musulman.
  4. Nicole Rognon aménage une cuisine pour qu’un couple juif puisse y cuisiner.
  5. Nicole Rognon cuisine pour les beaux-parents hindous de son fils.
  6. Nicole Rognon reçoit une leçon de cuisine bouddhiste.
  7. Nicole Rognon s’adapte à la cuisine végane.
  8. Nicole Rognon découvre qu’elle cuisine autrement.
  9. Nicole Rognon arrête de manger et de cuisiner.
  10. Nicole Rognon transmet de quoi manger en suisse.
  11. Nicole Rognon laisse Jean-Jacques cuisiner pour la Saint-Valentin.
  12. Nicole Rognon cherche un menu qui plaise à tout le monde.
  13. Nicole Rognon mange comme une déesse et Jean-Jacques comme un dieu.

Nicole Rognon cherche un menu qui plaise à tout le monde.

Pour alimenter le cours « Alimentation et spiritualité » que je donne à l’EPFL ce printemps, je propose chaque mardi (à l’heure où je commence le cours) un épisode de la vie de Nicole Rognon, une protestante vaudoise qui cuisine aussi comme elle croit.


Mais comment va-t-on terminer cette année ?

Nicole Rognon aime boucler les choses. Et parce qu’elle est protestante, elle aime mettre en pratique ce qu’elle sait, ce qu’elle pense et ce qu’elle croit. Ces trois mois à réfléchir sur la nourriture lui ont donné l’envie d’organiser un repas pour toutes celles et tous ceux qu’elle a rencontré·es. Mais comment faire manger ensemble des gens qui mangent de manières si diverses ? Et surtout, quel menu proposer pour que chacune et chacun puisse manger, pour que toutes et tous puissent manger ensemble ?

Comme entrée, Nicole Rognon aurait souhaité servir un carpaccio de bœuf, mais les parents d’Amyia n’en voudront pas ; du saumon fumé ou des tomates mozzarella risquent de faire tiquer le Vénérable et de dégoûter Mélissa. Comme plat principal, elle aurait bien préparé un filet mignon aux morilles, mais parce que c’est du porc, ni les musulmanes algériennes ni le pasteur adventiste n’en mangeront ; et Ziva et David le refuseront plutôt deux fois qu’une : parce qu’il s’agit de porc et parce que la viande serait recouverte de crème. Jean-Jacques voudrait une entrecôte qui ne conviendrait ni aux hindou·es, ni aux végétarien·nes ; Sébastien apprécierait des rösti, un tubercule que les jaïns ne pourraient pas manger. Comme dessert, elle aurait voulu préparer des crêpes flambées, une spécialité qui lui vaut toujours des éloges, sauf qu’elles contiennent de l’alcool, du lactose et du gluten ! Et comme boisson, pas d’alcool pour les musulman·es, pas de caféine ni de théine pour les mormons ; il reste alors de l’eau ou une tisane qui pourrait plaire à tout le monde et même à d’éventuel·les jeûneur ou jeûneuses, à condition bien sûr qu’elle soit produite localement, issue de l’agriculture biologique, cultivée dans une perspective de développement durable et qu’elle réponde aux règles du commerce équitable ; et Amyia pourrait s’inquiéter de savoir qui l’a produite et qui l’a vendue. Quel casse-tête !

Il ne reste à Nicole Rognon qu’à trouver le plus petit dénominateur commun, qu’à découvrir ou à inventer le plat qui pourra convenir à toutes et à tous. Et tant pis pour celui ou celle qui peut le plus ! Pour une fois, il ou elle s’accommodera du moins !

Nicole Rognon sait maintenant tout ce qu’elle peut savoir à propos de l’impact des convictions sur les pratiques alimentaires. Mais quel repas peut-elle préparer pour que tout le monde puisse manger et puisse manger ensemble ?
ce soir ?


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  • Mardi 23 mai à 15h00: « Nicole Rognon mange comme une déesse et Jean-Jacques comme un dieu. »

Épisodes parus:

  1. Nicole Rognon cuisine aussi comme elle croit.
  2. Nicole Rognon cuisine en chrétienne.
  3. Nicole Rognon cuisine en contexte musulman.
  4. Nicole Rognon aménage une cuisine pour qu’un couple juif puisse y cuisiner.
  5. Nicole Rognon cuisine pour les beaux-parents hindous de son fils.
  6. Nicole Rognon reçoit une leçon de cuisine bouddhiste.
  7. Nicole Rognon s’adapte à la cuisine végane.
  8. Nicole Rognon découvre qu’elle cuisine autrement.
  9. Nicole Rognon arrête de manger et de cuisiner.
  10. Nicole Rognon transmet de quoi manger en suisse.
  11. Nicole Rognon laisse Jean-Jacques cuisiner pour la Saint-Valentin.
  12. Nicole Rognon cherche un menu qui plaise à tout le monde.
  13. Nicole Rognon mange comme une déesse et Jean-Jacques comme un dieu.

Nicole Rognon laisse Jean-Jacques cuisiner pour la Saint Valentin.

Pour alimenter le cours « Alimentation et spiritualité » que je donne à l’EPFL ce printemps, je propose chaque mardi (à l’heure où je commence le cours) un épisode de la vie de Nicole Rognon, une protestante vaudoise qui cuisine aussi comme elle croit.


Mais qu’est-ce qu’il va me faire à manger cette année ?

En bons protestants, les Rognon n’aiment pas tellement les rites ; ils les jugent trop mécaniques et leur préfèrent les gestes spontanés. Mais ils ont au moins une tradition : pour la Saint Valentin, c’est Jean-Jacques qui cuisine un repas en amoureux. Depuis plus de trente ans !

Nicole Rognon doute que l’on puisse attacher l’amour aux queues des casseroles ; si c’était le cas, ses 364 nœuds annuels seraient plus solides que le lien unique de son mari ; mais elle croit que l’amour et la nourriture ont au moins des points communs : on peut épicer une relation, on peut la pimenter ; une passion peut être dévorante (l’amour serait-il cannibale ?). En bonne protestante, Nicole Rognon aime douter ; mais elle reconnaît volontiers qu’elle a toujours été sensible aux intentions de Jean-Jacques ; même si celui-ci n’a pas toujours été brillant ; et ça lui est arrivé, surtout, quand il était parfaitement content de lui.

Pas brillant quand il a conçu le repas comme un exploit, comme une performance, quand il a pensé la séduire à coups de grandes recettes, d’ingrédients sophistiqués et de prouesses culinaires ; résultat, il n’était pas content de lui, arrivait fatigué au moment du repas et passait plus de temps en cuisine qu’avec elle. Pas brillant quand il a préféré l’inviter dans un très grand restaurant ; c’était presque trop facile et l’expérience s’était révélée décevante ; résultat : excellent menu, mais repas trop impersonnel. Pas brillant quand il a préparé un menu aphrodisiaque ; il n’avait qu’un seul but, qu’ils finissent au lit ; et pour utiliser tant d’expédients, il devait craindre l’absence de désir ; résultat : repas décevant, convenu, sans imagination ni raffinement ; c’était seulement profusion d’épices et sex-shop bas de gamme ; sans compter que ça n’avait pas marché.

Heureusement, avec l’âge, Jean-Jacques s’est assagi ; aujourd’hui, il s’intéresse aux goûts de sa femme ; maintenant, il n’a plus d’autre ambition que de témoigner à Nicole son amour ; que de cuisiner quelque chose qu’ils apprécieront de manger ensemble.

Depuis plus de trente ans, Nicole Rognon a appris tout ce qu’elle pouvait apprendre sur la cuisine amoureuse selon Jean-Jacques ; mais elle est convaincue qu’il peut encore la surprendre. Qu’est-ce que Jean-Jacques va leur cuisiner ce soir ?


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  • Mardi 16 mai à 15h00: « Nicole Rognon cherche un menu qui plaise à tout le monde. »

Épisodes parus:

  1. Nicole Rognon cuisine aussi comme elle croit.
  2. Nicole Rognon cuisine en chrétienne.
  3. Nicole Rognon cuisine en contexte musulman.
  4. Nicole Rognon aménage une cuisine pour qu’un couple juif puisse y cuisiner.
  5. Nicole Rognon cuisine pour les beaux-parents hindous de son fils.
  6. Nicole Rognon reçoit une leçon de cuisine bouddhiste.
  7. Nicole Rognon s’adapte à la cuisine végane.
  8. Nicole Rognon découvre qu’elle cuisine autrement.
  9. Nicole Rognon arrête de manger et de cuisiner.
  10. Nicole Rognon transmet de quoi manger en suisse.
  11. Nicole Rognon laisse Jean-Jacques cuisiner pour la Saint-Valentin.
  12. Nicole Rognon cherche un menu qui plaise à tout le monde.
  13. Nicole Rognon mange comme une déesse et Jean-Jacques comme un dieu.