Théologie protestante

Que dit #Neymar en citant la Bible ?

Samedi dernier (13 juillet 2019), le footballeur brésilien Neymar Jr (découvrir sa biographie sur Wikipédia) a publié sur son compte Instagram (@neymarpai_) une vidéo ou il s’approprie un verset biblique (la regarder sur le site de L’Équipe):

«Toda arma forjada contra mim não prosperará, toda língua que ousar contra mim em juízo, Deus a condenara esta é a herança dos servos do Senhor, e o direito que procede Dele, diz o Senhor. Isaías 54:17»

Neymar s’approprie ce verset en remplaçant les «toi» par des «moi»; au lieu d’apostropher Dieu avec un «tu» et de le faire répondre avec un «je», il désigne Dieu par une troisième personne. Ce qui donne en français en mettant les modifications en évidence:

«Toute arme forgée contre moi ne pourra prospérer, toute langue qui s’élèvera en justice contre moi, Dieu la condamnera. Voilà le patrimoine des serviteurs du SEIGNEUR, la justice qui leur vient de Lui — déclaration du SEIGNEUR.» Ésaïe, chapitre 54, verset 17.

Qu’un joueur de football brésilien cite la Bible n’est pas exceptionnel. Beaucoup sont chrétiens évangéliques et aiment partager leur convictions.

Mais comme la vidéo contient un logo du FC Barcelone et que la rumeur veut que Neymar retourne dans ce club qu’il avait quitté en 2017 pour jouer au Paris Saint-Germain, les réseaux sociaux et les médias ont appliqué le verset d’Ésaïe à cette situation précisément.

Si je comprends bien (mais le théologien universitaire a parfois du mal à comprendre la théologie populaire), «toute arme forgée contre moi sera sans effet» devrait signifier que le contrat qui retient Neymar au PSG est une arme forgée contre lui, mais qu’elle ne l’empêchera pas de retourner jouer à Barcelone.

C’est peut-être exact. Mais je crois que la déclaration est plus large. Car Neymar est accusé d’un viol qu’il conteste, et qu’une blessure, peut-être «diplomatique», l’a empêché de jouer la Copa América que son pays vient de remporter.

Je dirais donc qu’avec cette citation biblique, Neymar fait une confession de foi: comme serviteur de Dieu, il bénéficie de la protection divine. Dieu transforme le mal qu’on lui fait en bien. Dieu lui rendra justice. Quoiqu’il arrive et dans tous les aspects de sa vie.

Le dilemme du théologien qui doit se montrer généreux envers les moustiques.

C’est l’été.

Je suis sur une terrasse et je lis Animal Theology d’Andrew Linzey. En 1994 déjà, il défendait l’idée qu’un·e chrétien·ne doit faire preuve de générosité envers les animaux.

Mais des moustiques viennent me piquer.

D’où mon dilemme: dois-je me laisser dévorer ou les tuer?

J’ai trouvé la solution.

Je suis rentré à l’intérieur.

Mais je ne profite plus su soleil et les moustiques n’ont plus rien à manger.

« Qui porte croix? » 2, la suite

Quelques minutes après la publication de l’article « Qui porte croix?« , je me rends compte qu’en 2017, j’avais déjà écrit sur l’expression – « porter sa croix » – et sur le verset équivalent dans l’évangile attribué à Marc (lire « Une seule croix à porter »).

En comparant les deux textes, je réalise qu’en 2019, je diminue encore le poids de ce que j’ai à porter et à supporter. En deux ans, je suis passé d’une seule croix à plus de croix du tout!

Je trouve que ma théologie et ma foi sont sur le bon chemin.

Qui porte croix?

Voici une inspiration tout-à-fait décontextualisée et que je n’ai pas envie de développer:

On vous a dit:

« Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple. » évangile attribué à Luc, chapitre 14, verset 27

Mais moi je vous dis:

« Je ne porte pas de croix, c’est une croix qui me porte! »

Saint nettoyage ou Lendemain de Cène

Pour marquer le 14 juin, journée de grève des femmes ou grève féministe en Suisse, je vous propose ce tableau du peintre catalan Joan Costa (1952 —) illustrant ce qui s’est passé le lendemain de la Cène.

Joan Costa, Sacra Neteja – III. Fundació Martinez Guerricabeitia, Universitat de València

Les disciples hommes ayant tout laissé en plan — Jésus avait une excuse valable —, ce sont les disciples femmes qui ont dû ranger et faire le ménage!


En lire sur ce tableau et sur d’autres Cènes contemporaines sur la page de mon blogue: La Cène: Époque contemporaine

#Osezjesus.com Comment osez-vous?

« Quelles que soient les épreuves qui vous accablent, il existe une solution: Jésus. »

C’est la promesse qui figure sur le site « osezjesus.com » une émanation de l’Église Impact Centre Chrétien (attention visitez ces sites peut heurter votre sensibilité théologique!).

Et la publicité que j’ai reçue ce matin sur le marché décline ce thème:

Mais comment osez-vous?

Comment osez-vous profiter des personnes en détresse?

Comment osez-vous faire des promesses que vous ne pourrez pas tenir?

Et comment gérez-vous l’échec, qui se produit inévitablement?

En lui ajoutant la culpabilisation ?

« Non seulement, vous êtes en détresse, non seulement vous souffrez de problèmes émotionnels, d’addiction ou de maladie, mais en plus vous n’avez pas la foi, mais en plus vous n’êtes pas assez fidèle pour que Dieu vous guérisse! Et débrouillez-vous avec ça! »

L’amour de Dieu ne transforme pas « des gens ordinaires en Champions » mais en êtres humains qui parfois gagnent et qui parfois perdent (ce qui n’interdit à personne de préférer quand il où elle gagne…).