Théologie protestante

«La Bible ne parle pas, la Bible ne dit rien!» (1 prédication en 4 images seulement)

Serez-vous capable de comprendre ma prédication avec ces quatre images comme seuls éléments?

Premier élément

Publicité d'une Église à Montréal: "La Bible parle. Centre-Ville. Bienvenue à tous"

Publicité d’une Église à Montréal

Deuxième élément

Chapelle œcuménique des Hôpitaux Universitaires de Genève- À gauche, un tabernacle. À droite, une Bible dans une vitrine en verre.

Chapelle œcuménique des Hôpitaux Universitaires de Genève

Troisième élément

Caricature d'un homme debout sur les pages d'un livre. "Sola Scriptura". "Les feuilles d'automne emportées par le vent (de la Réforme)"

Caricature d’un homme debout sur les pages d’un livre

Quatrième élément

Une publicité de l'Église Unie du Canada. Une Bible avec des signets verts et roses. Signerts verts: "Agree". Signets roses: "Disagree".

Une publicité de l’Église Unie du Canada


Si vous voulez vérifier la justesse de votre intuition ou si avez de la peine à reconstruire l’ensemble de la prédication, lisez ou téléchargez le texte de la prédication «LA BIBLE NE PARLE PAS, LA BIBLE NE DIT RIEN!».

Conjuguer l’Évangile (les temps)

Présent: malgré les peines, les souffrances et les deuils, je crois ici et maintenant que la vie est un cadeau.

Imparfait: malgré tout mon orgueil, je crois quand même que je le suis.

Futur: envers et contre tout, je crois qu’il en existe plusieurs possibles, qu’il est commun et que nous devons choisir ensemble celui que nous voulons.

Passé simple: malgré le peu d’indices sur son existence, je crois qu’un simple être humain fut pleinement chrétien.

Passé composé: malgré mon désir d’autonomie, je crois que je suis l’héritier d’histoires collectives qui ont commencé bien avant moi.

Plus-que-parfait: contre les idoles qui veulent que je me soumette, je crois que seul Dieu est Dieu.

Futur antérieur: malgré ce que je vois et ce que j’entends, je crois qu’un nouveau monde a déjà commencé.


Conjuguer l’Évangile (les modes)

Infinitif: faire comme si rien n’était jamais définitif ni le bien ni le mal.

Indicatif: j’indique, je témoigne, je raconte plutôt que de démontrer ou d’asséner.

Impératif: n’en abuse pas de crainte de faire à autrui ce qu’il ou elle n’aimerait pas que tu lui fasses!

Subjonctif: que je reconnaisse que la vérité est toujours subjective, car elle m’implique comme sujet!

Conditionnel: je le supprimerais, car l’amour de Dieu est inconditionnel.


  • Demain à 9 h : Conjuguer l’Évangile (les temps)

Un repas plus que parfait

Inspiré par l’émission télévisée « Un dîner presque parfait » (au Québec « Un souper presque parfait« ), je propose de nommer la cène, nom protestant d’un moment de communion où les chrétien·nes partagent du pain et du vin, je propose ce slogan: « Un repas plus que parfait ».

Un repas à consommer au présent, entre le passé pas si simple de la mort de Jésus et le futur antérieur d’un nouveau monde qui a déjà commencé.


Découvrez ou redécouvrez ce qu’est la cène protestante sur le site de L’Oratoire du Louvre, paroisse parisienne de l’Église protestante unie de France.

Quand l’Église s’intéresse à nos fesses! (Attention, titre racoleur)

L’église protestante Sainte-Claire à Vevey, Suisse. © Olivier Bauer 2018

La paroisse protestante de Vevey (Église évangélique réformée du canton de Vaud) a remplacé les bancs de l’église Sainte-Claire  par des chaises apportées par des paroissien·nes. Le changement n’a pas été seulement cosmétique, mais aussi profond, comme on peut le lire sur le site de l’église Sainte-Claire (oui, le site de l’église, avec un petit « e ».)

De la nécessité de produire de l’ignorance en matière de religion

Reprenant une chanson de Régine et Serge Gainsbourg, je chante à mes étudiant·es en théologie: «Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça glissera mieux!» Car il faut produire de l’ignorance en matière de religion.

Imaginez ce qu’il adviendrait si l’on formait des croyant·es refusant d’avaler tout cru ce dont les religions veulent les gaver; si l’on formait des responsables religieux ouvrant les yeux sur ce que leurs institutions pensent et ne pensent pas, disent et ne disent pas, font et ne font pas!

Imaginez ce qu’il adviendrait si l’on enseignait que l’on doit penser ce que l’on croit; si l’on enseignait que la foi vient toujours avec le doute!

Imaginez ce qu’il adviendrait si l’on enseignait que toute vérité religieuse est subjective; si l’on enseignait que tout énoncé théologique est une hypothèse à mettre à l’épreuve de la vie et de la mort, de sa vie et de sa mort!

Imaginez ce qu’il adviendrait si l’on enseignait que croire n’est pas une maladie mentale; si l’on enseignait que croire, c’est simplement faire confiance et s’efforcer d’être fiable!

Imaginez ce qu’il adviendrait si chacun·e laissait l’autre libre de croire ou de ne pas croire; si chacun·e respectait l’autre dans ce qu’il croit ou ne croit pas!

Mais qui pourrait bien vouloir vivre dans un tel monde, advienne qu’il advienne?

Mieux vaut produire de l’ignorance en matière de religion.

«Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça glissera mieux!».


À propos de la théologie, on peut aussi lire sur mon blogue:


Régine. (1968). Ouvre la bouche, ferme les yeux. Paroles et musique de Serge Gainsbourg. Pathé.