sport

L’évangile selon #Federer

Donc, on résume:

Parce que Roger Federer a été touché par la grâce…

Le quotidien suisse Le Matin affiche en manchette:

Manchette du Matin

… il est devenu immortel!

Le quotidien L'Equipe titre une photo de Roger Federer:

Titre de L’Équipe

Notons que, comme pour les quatre « évangiles de Jésus Christ », ce n’est pas le héros qui en est l’auteur.

Être dans la zone, c’est vivre un moment de grâce

Je suis à York, UK pour participer au « Inaugural Global Congress on Sports and Christianity » (je propose les diapositives de mon exposé sur mon blogue: « Cheat, Play, Love! How can you be a Christian Athlete?« ).

Affiche du Inaugural Global Congress on Sports and Religion

Lors d’une table ronde, on a demandé aux participant.e.s en quoi la Bible pouvait aider à comprendre le sentiment de plénitude (fulfillment) que peut procurer le sport. Or, il me semble que c’est prendre les choses du mauvais côté.

Et si c’était plutôt le sentiment de plénitude que procure parfois le sport (le sport notamment, mais aussi le fait de manger, d’aimer, de lézarder, de lire, etc.) qui permettait de comprendre ce que la Bible et la théologie chrétienne tentent de dire avec des mots comme « règne de Dieu », « vie éternelle » ou « résurrection »? Et si être dans la zone, c’était vivre un moment de grâce?

Je crois que dire les choses dans cet ordre aurait plus de sens, aurait plus d’impact.

Les Jeux Olympiques restent colonialistes et sexistes (moi aussi, quelque part au fond de moi)

Mon article « Pourquoi les Hindous sont-ils absents des podiums olympiques? » (chronique « Sacrément sport » dans le quotidien suisse Le Temps) suscite le débat. Je m’en réjouis!

Un journaliste sportif me fait savoir qu’il regrette de ne pas avoir abordé lui-même ce sujet. Un courriel me reproche d’égratigner les Jeux Olympiques. J’affirme qu’ils privilégient les sports pratiqués en Occident; mais les pays les plus médaillés ne sont pas tous occidentaux. J’imagine que si le yoga était une discipline olympique, les femmes devraient le pratiquer en mini short et en brassière microscopique; mais les athlètes, femmes et hommes, choisiraient leur tenue pour optimiser leurs performances.

Le débat continue. N’hésitez pas à ajouter votre commentaire.

Pour ma part, je persiste: oui, les Jeux Olympiques restent colonialistes et sexistes. Ce qui m’étonne, c’est que je continue à les regarder. Et qu’en plus j’y prends du plaisir… C’est certainement aussi parce que, quelque part au fond de moi, je reste colonialiste et sexiste.

Petit guide pour décrypter les signes religieux dans le sport

Au début d’un été riche en événements sportifs (en plus des classiques estivaux – Wimbledon, Tour de France – se dérouleront notamment le championnat d’Europe de football et les Jeux Olympiques), j’offre ce petit guide qui permettra de décoder les gestes religieux préformés par les sportifs et les sportives. Non sans rappeler que tous ces gestes sont  susceptibles d’être accomplis avec mille et une variantes.

L’athlète qui, debout…

  • Touche du bout des doigts de sa main droite successivement son front, sa poitrine, son épaule droite, son épaule gauche avant parfois d’embrasser sa main performe un signe de croix selon la tradition catholique.
  • Touche du pouce, de l’index et du majeur de la main droite réunis successivement son front, son cœur, son épaule gauche et son épaule droite performe un signe de croix selon la tradition orthodoxe.
  • Embrasse une médaille ou un pendentif performe un geste selon la tradition catholique pour demander l’aide la personne représentée.
  • Dessine avec son pouce trois petites croix sur son front, ses lèvres ou sa poitrine performe un petit signe de croix selon la tradition catholique.
  • Marche la tête haute, les yeux fermés les bras légèrement écartés, les avant-bras repliés et les mains largement ouvertes performe un geste de prière selon une tradition protestante.
  • S’immobilise la tête baissée, les avant-bras repliés, les mains ouvertes et les paumes tournées vers le haut puis se frotte le visage de ses deux mains performe une invocation selon la tradition musulmane.
  • Etire le bras droit devant lui, la main fermée, l’index pointé vers le haut, ou plie et déplie plusieurs fois ses avant-bras, ses deux indexs tendus vers le haut performe un geste spirituel qui renvoie à « quelque chose au-dessus de nous », qui peut être un dieu, mais aussi un.e ami.e ou un.e parent.e décédé.e.
  • Replie l’avant-bras droit et pointe l’index vers le haut performe un geste selon la tradition musulmane, un geste qui exprime l’unicité d’Allah.

L’athlète qui, assis.e…

  • Pose son coude droit sur son genou droit, ferme le poing et pose son front ou son nez sur le rond formé par son pouce et son index serré performe un geste de prière selon une tradition protestante.

L’athlète qui, à genou…

  • Tombe à genoux et se fige les deux mains jointes devant son visage performe un geste de prière selon une tradition protestante.
  • Tombe à genoux et se fige les bras écartés, les paumes et le regard tournés vers le ciel ou les indexs tendus vers le ciel performe un geste de louange selon une tradition protestante.
  • S’agenouille et s’incline pour poser les deux paumes de la main et le front sur le sol performe un geste de prière selon la tradition musulmane.
  • Pose le genou droit à terre, incline la tête et se fige performe un geste de prière selon la tradition protestante.

Sur ce même thème, lire aussi ma chronique Sacrément sport dans le quotidien suisse Le Temps: « De quoi ces signes sont-ils le signe? » (22 juin 2016).

Jean Dion sur la valeur des matchs nuls

Superbe formule du journaliste sportif Jean Dion (qui est aussi philosophe et même, au moins dans ce cas, théologien. Mais non! Mais si, Messi, Messie!) dans le quotidien québécois Le Devoir:

« En général, l’humanité réprouve les verdicts nuls parce qu’elle n’apprécie pas les zones de gris, mais le match nul est là pour rappeler à tout un chacun que la vie n’est pas ainsi faite, qu’il est parfaitement possible d’avoir passé les deux dernières heures à tenter quelque chose qui n’a finalement rien donné. »

Jean Dion, À l’unisson, Le Devoir, 21 juin 2016

L’Église vaut plus que je ne le croyais 

Si vous êtes un théologien un peu déprimé, je vous recommande la course à pied. Outre les bienfaits physiques, psychiques et, j’ose le mot, spirituels, que vous en retirerez, vous pouvez côtoyer des gens  convaincus de l’intérêt de l’Église: comme un publicitaire qui s’en inspire pour créer des communautés autour d’un récit; comme une gestionnaire de capital risque qu’elle fascine parce qu’elle investit dans les valeurs spirituelles plutôt que matérielles.