mort

La tombe de la « FAMILLE DIEU » et la « SÉPULTURE MARIE »

J’aime me promener dans les cimetières. J’y fais souvent des découvertes. Comme cette pierre tombale dans le cimetière de Colombe, en Île de France, et son inscription presqu’effacée, « FAMILLE DIEU ».


Le théologien du quotidien peut en déduire:

  1. Que Dieu existe ou au moins qu’il a existé.
  2. Qu’il a eu une famille.
  3. Qu’il est mort et enterré près de Paris.
  4. Qu’il y a des gens pour entretenir sa tombe.

Ce que le théologien du quotidien ne s’explique pas, c’est qu’il faille traverser l’allée pour trouver la « SÉPULTURE MARIE ». Pourquoi est-elle enterrée à part? Ne fait-elle pas partie de la « FAMILE DIEU »?

Une seule croix à porter

Comme le théologien Gilles Bourquin dans Réformés (le mensuel des Églises reformées de Suisse romande), je trouve libérateur cet appel que les Évangiles mettent dans la bouche de Jésus:

« Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » Marc 8, 34

Ça peut sembler lourd mais ça m’allège. Ça m’allège depuis que j’ai compris que je n’ai que ma croix à porter. Rien que ma croix! Pas une autre, pas une de plus! Et maintenant, j’avance. Parfois lentement, parfois en zigzagant, parfois en titubant, mais j’avance.

L’évangile selon #Federer

Donc, on résume:

Parce que Roger Federer a été touché par la grâce…

Le quotidien suisse Le Matin affiche en manchette:

Manchette du Matin

… il est devenu immortel!

Le quotidien L'Equipe titre une photo de Roger Federer:

Titre de L’Équipe

Notons que, comme pour les quatre « évangiles de Jésus Christ », ce n’est pas le héros qui en est l’auteur.

Crémation et dispersion (attention, humour noir !)

La Toussaint ramène la religion dans les médias. Quand il s’agit de la mort, elle semble garder une certaine pertinence sociale. Cette semaine, France Inter a parlé de la crémation. J’en ai retenu deux éléments:

Seules deux religions autorisent la crémation des morts: le bouddhisme et le catholicisme.

Si l’Eglise catholique-romaine autorise la crémation, elle refuse que les cendres soient dispersées.

J’ajoute mes commentaires (évidemment!).

  1. À la journaliste: le catholicisme n’est pas une religion, mais une confession. La religion, c’est le christianisme dont fait partie le protestantisme qui n’a pas de problème avec la création.
  2. Sur le fond: le problème est celui de l’avenir du cadavre. Pendant longtemps, le christianisme a jugé qu’il fallait qu’une personne soit enterrée « en entier » pour que Dieu puisse la ressusciter avec son corps. Aujourd’hui, pour des raisons plus pratiques que théologiques, le christianisme admet que l’état du cadavre n’a pas d’importance quant à la possibilité que Dieu le ressuscite. Cependant, l’Eglise catholique-romaine considère que Dieu ne pourrait pas ressusciter une personne dont les cendres auraient été dispersées.

Mise en garde: la suite de cet article contient de l’humour noir et ne convient pas à tous les publics.
Dieu est un type intelligent. Il est capable de reconstituer même les puzzles les plus difficiles. Seulement, Dieu dans toute son intelligence connaît des limites. Ainsi, il ne peut reconstituer que les puzzles dont toutes les pièces viennent dans la même boîte, avec la reproduction du modèle sur le couvercle. Il n’est pas capable de trier les pièces pour savoir à quel puzzle elles appartiennent.
Alors s’il-vous-plaît, ne compliquez pas la tâche de Dieu! Si l’un.e de vos proches veut être incinéré.e, gardez ses cendres dans une seule et même urne!

«Il faudrait pouvoir mourir en sortant de table»: Marion Muller-Colard

Je lis le petit livre de Marion Muller-Colard, L’Autre Dieu. La Plainte, la Menace et la Grâce (paru chez Labor et Fides en 2014). Un ouvrage magnifique. J’y lis ces phrases:

«La très ancienne bénédiction biblique, qui reposa finalement sur Job après bien des tourments – mourir rassasié de jours -, a viré au supplice. Il faudrait pouvoir mourir en sortant de table, après avoir rendu grâce. Au lieu de quoi on nous ligote à notre chaise et nous voilà punis, condamnés à rester à la table d’un interminable repas. Si bon qu’il fût, on est écoeuré à la seule vue des restes.»

Touche par leur beauté et leur justesse, j’ai suspendu ma lecture. Histoire sans doute de les digérer.

Éternité. Ici et maintenant

Sur le chemin de Pâques, mais déjà pleinement ressuscité, je partage cette citation de l’écrivain suisse Georges Haldas:

« Mais il y a ceci en outre de décisif en cette même rencontre: qu’elle nous révèle le plus simplement du monde, et par là-même de manière irréfutable, qu’on n’accède pas à l’éternité vivante après notre mort, mais bien dès maintenant, dans cette vie-ci, ou encore, comme on n’a cessé de nous le ressasser de manière culturelle et par là esthétique en se servant du latin hic et nunc: « ici et maintenant. » » Haldas, G. (1991). Mémoire et résurrection: chronique extravagante. Lausanne: L’Age d’homme: page 83