cène

Le vin et le christianisme (sur cath.ch et reformes.ch)

On va trouver que je suis monomaniaque, mais je reviens encore sur la valeur théologique du vin.

Mais cette fois, je donne la parole à d’autres. Je rassemble des liens vers des articles parus cet été sur les sites des médias électroniques chrétiens suisses-romands: cath.ch (le portail catholique suisse) et reformes.ch (le portail des protestants réformés de Suisse romande) qui l’été dernier ont tous deux réfléchi sur cette fameuse valeur théologique du vin.

Cath.ch – Le vin et le divin: série d’été autour de la Fête des Vignerons

Reformes.ch – Le vin: plus social que jamais

L’ivresse de Noé à l’étude

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On a communié sur la lune

Dans le documentaire Les conquérants de l’espace: Gemini et Apollo diffusé sur France 5 à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier alunissage, j’apprends que Buzz Aldrin, le deuxième être humain à poser le pied sur la lune a célébré une cène dans le module lunaire.

Comme j’ignorais totalement cet épisode, je cherche et j’en apprends plus sur le site de la chaîne de télévision History: «Buzz Aldrin Took Holy Communion on the Moon. NASA Kept it Quiet».

J’y trouve la photographie du Communion Kit emporté par l’astronaute :

The communion bag and chalice used by Buzz Aldrin during his lunar communion. (Credit: David Frohman, President of Peachstate Historical Consulting, Inc.)

Et un récit de l’événement dont je traduis quelques passages :

«L’astronaute était aussi un ancien de la Webster Presbyterian Church et, avant de partir pour l’espace en 1969, il reçut une permission spéciale de prendre du pain et du vin avec lui dans l’espace et de se donner la communion à lui-même. […]

Comme les hommes se préparaient pour l’étape suivante de leur mission, Aldrin enclencha le système de communication et s’adressa à l’équipage sur terre: “J’aimerais demander quelques instants de silence”, dit-il. “J’aimerais inviter chaque personne à l’écoute, où et qui qu’il soit à contempler un moment les événements des dernières heures et de dire merci, chacun à sa manière.”

Il prit ensuite le vin et le pain qu’il avait apporté dans l’espace — les premières nourritures jamais servies ou mangées sur la lune. “J’ai versé le vin dans la coupe que notre Église m’avait donnée. Dans la gravité six fois moindre de la lune, le vin a remonté gracieusement en formant des boucles sur les parois de la coupe”, écrivit-il plus tard. Ensuite, Aldrin lut quelques passages de la Bible et mangea. Armstrong le regarda tranquillement, mais ne participa pas.»

Saint nettoyage ou Lendemain de Cène

Pour marquer le 14 juin, journée de grève des femmes ou grève féministe en Suisse, je vous propose ce tableau du peintre catalan Joan Costa (1952 —) illustrant ce qui s’est passé le lendemain de la Cène.

Joan Costa, Sacra Neteja – III. Fundació Martinez Guerricabeitia, Universitat de València

Les disciples hommes ayant tout laissé en plan — Jésus avait une excuse valable —, ce sont les disciples femmes qui ont dû ranger et faire le ménage!


En lire sur ce tableau et sur d’autres Cènes contemporaines sur la page de mon blogue: La Cène: Époque contemporaine

Un repas plus que parfait

Inspiré par l’émission télévisée « Un dîner presque parfait » (au Québec « Un souper presque parfait« ), je propose de nommer la cène, nom protestant d’un moment de communion où les chrétien·nes partagent du pain et du vin, je propose ce slogan: « Un repas plus que parfait ».

Un repas à consommer au présent, entre le passé pas si simple de la mort de Jésus et le futur antérieur d’un nouveau monde qui a déjà commencé.


Découvrez ou redécouvrez ce qu’est la cène protestante sur le site de L’Oratoire du Louvre, paroisse parisienne de l’Église protestante unie de France.

Pain de la terre, pain du ciel

Dans le cadre de la Fête du blé et du pain organisée cet été à Echallens (près de Lausanne), je propose une exposition intitulée « Pain de la terre, pain du Ciel ». Elle est visible en visite libre du 15 juillet au 26 août de 8h à 20h30 dans le temple de la paroisse réformée d’Echallens . Vous pouvez vous y rendre et la voir « pour de vrai ». Mais, puisque des gens du monde entier suivent mon blogue (quel orgueil dans la formulation!), je la propose aussi en exposition virtuelle que pouvez visiter en cliquant sur l’affiche.


  • L’expression « Pain de la terre, pain du Ciel » est empruntée à l’exposition tenue au Musée de l’hospice du Grand-Saint-Bernard en 2012 (visiter le site du Musée et voir l’exposition) et au livre publié par Pierre Rouyer en 2012 aux Éditions du Grand-Saint-Bernard.
  • Pour la fête du blé et du pain, la paroisse réformée d’Echallens célèbre sur le thème du pain deux cultes et une célébration intercommunautaire les dimanches 12, 19 et 26 août à 9h45 (en découvrir le programme).

Le Christ se trouve-t-il dans le pain ou dans le sel?

La théologie pratique part toujours d’une expérience. Laissez-moi vous raconter celle que je viens de faire!

Le pasteur Jean-François Ramelet m’invite à prêcher à l’Esprit sainf, lieu phare de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud, dans un cycle de cultes sur le goût. Je choisis d’évoquer le sel. Et je décide de partir d’un petit verset dans lequel trois évangiles font dire à Jésus: «Vous êtes le sel de la terre.» (Matthieu 5,13), «Ayez du sel en vous!» (Marc 9,49-50) et «Le sel est une bonne chose.» (Luc 14,34-35).

Le samedi précédent ma prédication (le culte a lieu le samedi soir), je me rends à Saint-François pour le culte consacré à l’acide. Au moment de la Cène, j’ai la surprise de découvrir que le pain a un goût de safran (pour celles et ceux qui connaissent, c’est une cuchaule).

Lundi en terminant ma prédication, je réalise que je suis un peu dur avec le sel. Je dis en substance que trop de sel est mauvais pour la santé, pour la foi et pour la terre. Je suggère donc de célébrer la Cène avec du pain sans sel. Après avoir vérifié que l’on va trouver du pain sans sel, l’idée est acceptée.

Mardi matin, je reçois un courriel d’un officiant laïc. Il craint que la célébration de la Cène avec du pain sans sel soit mal vécue. Car les trois évangiles font aussi dire à Jésus: «Si le sel perd son goût, il ne sert à rien et il ne reste plus qu’à le jeter.» Je reconstruis son raisonnement : un pain sans sel, c’est un pain sans goût; donc un pain sans sel, c’est un pain sans Christ.

Mercredi matin, nous avons une conversation téléphonique et nous clarifions le malentendu. Nous garderons le pain sans sel et je présenterai dans le culte la raison qui me l’a fait choisir.

L’expérience se termine ici et la théologie pratique s’en empare.

Le Christ est-il dans le pain où dans le sel? La théologie pratique répond que la question n’est pas pertinente. Dans une perpective protestante réformée, le Christ n’est présent ni dans le pain, ni dans le sel. S’il est présent dans la Cène, il l’est dans le geste de partager une nourriture. Peu importe que le pain soit de la cuchaule ou du pain de campagne; peu importe qu’il soit assaisonné de safran; peu importe qu’il soit avec ou sans sel; et même, peu importe que ce soit du pain ou un autre aliment! Mais l’expérience montre que le goût des aliments n’est pas sans importance. Pour l’officiant laïc, il n’est pas indifférent que le pain contienne ou ne contienne pas du sel. Plus généralement, manger du pain, du riz ou de la noix de coco n’a pas la même valeur théologique.

Samedi soir, j’espère qu’en mangeant du pain sans sel, les célébrantes et les célébrants ressentiront un manque et qu’ils auront envie de devenir le sel de la terre. Pour saler, un peu, la terre, pour donner du goût à la vie, faire fondre les regards, les mots et les gestes qui glacent, assaisonner les débats, conserver ce qui risque de pourrir. J’espère qu’ils et elles auront envie d’offrir le sel de leurs larmes, de leur sueur et de leur sang.

Comme le culte a lieu ce soir, je ne sais encore rien de l’effet d’une Cène célébrée avec du pain sans sel.