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J’ai tapé « robe pastorale dans un autre moteur de recherche et…

Ce que j’ai commencé comme une plaisanterie se révèle plus profond que je ne le croyais. Un commentaire sur mon article J’ai tapé « robe pastorale » dans un moteur de recherche et… m’a rappelé que les fureteurs ou leurs algorithmes ne sont pas neutres. J’ai donc cherché « robe pastorale » avec Google sur Safari. Et voici le résultat:

Passé les publicités qui nous entraînent vers des robes féminines et printanières (elles se vendent probablement mieux), Google associe « robe pastorale » à l’habit que portent des hommes et des femmes dans diverses Églises.

Google serait donc plus pieux que Qwant!

J’ai tapé « robe pastorale » dans un moteur de recherche et…

Voici les résultats d’une recherche « robe pastorale » avec le fureteur Qwant sur Firefox.

De cette collection d’images, j’induis que « pasteur·e » est un métier féminin et printanier, ce qui l’entraîne du côté de la vie et de la joie.


P.S. Avez-vous remarqué les deux intrus·es?

Lire mon blogue pour sauver votre Noël!

Depuis quelques jours, on consulte beaucoup ce que j’ai écrit sur Noël. Pour vous faciliter la vie, je propose une sélection d’articles regroupés en trois thèmes.

Théologie

« Comment sauver Noël? (#Covid19) »

« Le point sur la conception, la naissance et l’enfance de Jésus »

Crèche

« Faites vous-mêmes votre crèche ! (théologie très pratique) »

« Placez des bergers dans votre crèche! »

« Placez des mages dans votre crèche! »

« Placez Joseph dans votre crèche! »

« Placez Marie dans votre crèche! »

« Quand faut-il placer le bébé Jésus dans la crèche ? »

« Ne placez pas de chien dans votre crèche! »

Gastronomie

« Les papilles de Noël » (1/3): Cannelle, anis, gingembre et autres épices (2e dimanche de l’Avent)

« Les papilles de Noël » (2/3): Chapon, oie, dinde et autres volailles (3e dimanche de l’Avent)

« Les papilles de Noël » (3/3): Bûche de Noël, Christmas pudding et autres sucreries (4e dimanche de l’Avent)

Clocher et minaret, bonnet blanc et blanc bonnet

Aujourd’hui, c’est de Cully au bord du lac Léman que vient le dialogue interreligieux. Depuis 1949, il y existe, un kiosque indépendant nommé Le Minaret, dont le nom vient d’une « cigarette de la marque Turmac ».

Kiosque Le Minaret © Olivier Bauer

Outre les bonbons, ce qui intéresse le théologien du quotidien, c’est le logo du kiosque qui prolonge le « i » du minaret par un clocher, peut-être celui du temple protestant de Cully sur la rue duquel se situe d’ailleurs le kiosque !

Comment mieux indiquer que le clocher est le minaret de l’église et le minaret, le clocher de la mosquée ?

Et comment alors ne pas déplorer qu’en 2009, les Suisses aient interdit la construction de minaret (voir la page « Initiative populaire “Contre la construction de minarets” » sur Wikipedia) !

Dieu « qui voit dans le secret » porte-t-il: a) un regard bienveillant b) un regard déshumanisant?

Travaillant sur les rites célébrés à distance pendant les périodes de confinement, je me plonge dans un ancien article qui m’a été recommandé par le journaliste et théologien suisse Michel Kocher (lire sa brève présentation sur Réformés.ch) . En 1978, le professeur de théologie pratique Jean-Marc Chappuis (lire sa notice dans le Dictionnaire historique de la Suisse) réfléchissait sur la réalité de la présence de celles et ceux qui écoutent et/ou regardent le culte ou la messe à la radio ou à la télévision.

J’y lis ces lignes qui me semblent rester d’actualité, tant dans la constance du regard bienveillant de Dieu que dans le renforcement de la technologie omnivoyante et déshumanisante.

« La question n’est plus en effet aujourd’hui de savoir comment je puis me comporter devant le regard omniscient de Dieu. Cette question est deux fois dépassée. Elle est dépassée parce que l’Evangile nous a révélé que le regard de Dieu « qui voit dans le secret » est un regard aimant qui ne fait pas de nous des objets inertes et manipulables, mais des sujets actifs et responsables. Elle est dépassée parce que la technologie moderne a extériorisé le péril de l’omnivoyance. Le regard intérieur de Dieu est relayé par le regard extérieur de la société. À tout moment, je puis sans m’en douter être réduit à l’état d’objet, et d’objet « dépouillé et possédé » à quoi le regard d’autrui sur moi me condamne selon l’analyse sartrienne. » Jean-Marc Chappuis (1978). « La Téléprésence réelle », Positions Luthériennes, 26/2, page 161.


Je recommande très vivement la lecture de la petite fiction de Jean-Marc Chappuis Ecclesiastic Park, Histoire fantastique de William Bolomey, dernier pasteur chrétien, paru chez Labor et Fides en 1984 et réédité en 1998.

« Que peut-il se passer au XXIe siècle lorsque sociologues, ethnologues, psychoallergologues et autres savants découvrent parmi les anciennes cures métamorphosées en centres culturels une communauté chrétienne oubliée où le pasteur William Bolomey (2021-2102) continue fidèlement d’officier ? Tout simplement une cascade de conséquences plus imprévisibles les unes que les autres, qui éclairent d’un humour discret la fin du XXe siècle. »


Oui, les professeurs de théologie pratique peuvent avoir des visions prophétiques… Et pour ne pas laisser d’ambiguïté, je précise que le prophète annonce un avenir possible pour nous inciter à l’empêcher d’arriver.


Ajout à 16h40: Michel Kocher évoque la téléprésence réelle dans un entretien avec Joël Burri: « La radio permet de vivre un événement de la Parole », Réformés.ch, 13 mars 2020.

« Mon cœur, mon amour »

Dans la dynamique de mon cours Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, je propose chaque mercredi matin pendant les prochaines semaines, 12 chroniques réunies sous le titre Les confessions d’un autre pasteur B., en hommage au titre du livre de Jacques Chessex : Chessex, J. (1974). La confession du pasteur Burg. Ch. Bourgois.


10. « Mon cœur, mon amour »

Mille excuses !

J’ai voulu traiter les sens un par un et j’ai eu tort. Car nous sommes des êtres synesthésiques — du grec syn (avec) et aesthesis (sensation) —. Nous ne percevons pas les stimuli sensoriels un par un, mais tous ensemble. Une rose séduit par son parfum, mais aussi, en même temps par sa couleur, par sa forme, par sa douceur et même par ses épines acérées. Et par le souvenir des heures passées à jardiner ou du visage de toi qui me l’a offerte. Ce qui vaut pour une rose vaut pour « Dieu » ; puisque nous sommes des êtres synesthésiques.

Longtemps, toujours, j’ai été trop fier ou trop homme ou trop occidental ou trop universitaire ou trop protestant — vous pouvez sans autre remplacer les « ou » par des « et » — pour m’intéresser aux sens qu’on m’avait appris à discréditer. Un pasteur réformé s’intéresse aux paroles et à la musique, à l’écriture et aux images ; pas aux goûts — excepté son cognac dominical — ; pas aux odeurs — celle de la pipe, mais seulement s’il est barthien — ; pas aux matières — sauf celle dont est faite sa robe pastorale — ; il ne connaît que deux postures : assis, debout. J’ai longtemps cru que c’était là ce qu’un pasteur protestant devait croire. Et, pour une foi aussi hérétique, j’aurais bien mérité d’être excommunié, d’être déclaré anathème !

Car « Dieu » ne se transmet pas seulement aux oreilles et aux yeux. En vérité, je vous le dis, il ne se transmet ni aux oreilles ni aux yeux. Pas plus à la bouche, au nez, à la peau. Ni au corps. « Dieu » se transmet au cœur ! « Dieu » se transmet aux tripes ! « Dieu » entre dans notre corps. Oui, je suis enthousiaste — du grec en (dans) et theos (Dieu) —. « Dieu » vient en moi. Par mes deux oreilles et mes deux yeux, par ma bouche et mes deux narines, par chacun de mes muscles et tous les pores de ma peau, « Dieu » entre dans mon être.

J’écris « “Dieu” se transmet » et je réalise brusquement, brutalement que « Dieu » n’a pas besoin de moi, ni de vous, ni de personne. Le verbe pronominal ne laisse planer aucun doute : « Dieu » se transmet tout seul et « Dieu » se transmet très bien tout seul. Cruel bilan de 35 ans de ministère, je crains de n’avoir été, de n’être qu’un serviteur inutile.

Mais si « Dieu » voulait quelque chose de moi, si « Dieu » m’accordait de le transmettre — ne serait-ce que pour me rassurer au soir de mon ministère —, alors je le ferais désormais toujours, tout le temps à tous les sens. J’essayerais de manifester « Dieu » au cœur, aux tripes, de le faire ressentir au plus profond de chaque être. Et je suis convaincu que je serais plus efficace en « le » ou « la » donnant toujours en même temps à entendre, à voir, à goûter, à sentir, à toucher à éprouver.

Mille excuses. À vous comme à « Dieu ».


  1. «Paroles, paroles, paroles» (19 février)
  2. «Elle est ailleurs» (4 mars)
  3. «Des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose» (11 mars)
  4. «Comme de bien entendu» (18 mars)
  5. «Voir, il faut voir, sais-tu voir?» (25 mars)
  6. «Jolie bouteille, sacrée bouteille» (1er avril)
  7. «Ça se sent que c’est toi» (8 avril)
  8. «Arrête, arrête, ne me touche pas» (22 avril)
  9. «Quand on ouvre les mains» (29 avril)
  10. «Mon coeur, mon amour» (6 mai)
  11. «Quand au temple nous serons» (13 mai)
  12. « Y’a qu’un Jésus digne de ce nom » (20 mai)