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Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle! (Version théologique)

Vous connaissez sûrement l’histoire éculée du type qui repeint son plafond. Un fou arrive qui lui dit: « Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle! » Et bien, figurez-vous qu’il en existe une version théologique. Et que ça peut marcher!

« Selon les Cantigas de Santa Maria compilées à la fin du XIIe siècle par le roi de Castille et de Léon Alphonse X le Sage, un peintre avait, sur les murs d’un église, représenté le diable sous les traits affreux qui caractérisent celui-ci. Cette fois, c’est le diable qui s’insurge contre la norme iconographique qui n’est pas à son avantage. Pour punir le peintre, il fait s’écrouler l’échafaudage sur lequel celui-ci est monté. Mais la Vierge Marie veille et permet que le peintre, qui a bien servi la vérité, reste suspendu au mur de l’église par son pinceau et échappe ainsi à la mort. » Jean-Claude Schmitt (2002). Le corps des images. Essais sur la culture visuelle du Moyen Âge, Gallimard: 146

Le Christ est un DJ; la musique électronique permet la communion; elle transporte au paradis.

J’ai déjà parlé de l’utilisation d’une Cène pour la publicité du Bal en blanc, un festival de musique électronique tenu à Montréal chaque année à Pâques (lire l’article: « La Cène: Époque contemporaine »). Je viens de découvrir l’utilisation d’une Maiestas Domini pour la publicité d’Electron, le « Geneva’s festival of electronic cultures » qui se tient à Genève aux mêmes dates. Que les événements se tiennent à Pâques semble donc inspirer les publicitaires…

Affiche du festival Electron (Genève, 2017)

Affiche de la 14e semaine Bal en Blanc (Montréal, 2008)

Ce qui me frappe c’est la manière dont la « culture électronique » récupère des images christiques, mais qu’elle les décale, évidemment.

  • L’affiche du Bal en Blanc fait de la Cène une tablée de personnes qui brillent par leur diversité sexuelle (hommes et femmes, LGBTQ+), ethnique (il n’y a toutefois pas de noir) et religieuse (signes ostensibles de judaïsme, d’islam et d’hindouisme); mais qui ne brillent pas par leur diversité physique (toutes jeunes, minces et belles); elle fait du Christ un DJ, touchant de sa main droite ses écouteurs, posant la main gauche sur une double platine (au lieu d’un plat).
  • L’affiche d’Electro fait du Christ en majesté, un prêtre (identifié par le col noir qui dépasse de son aube blanche), jeune, mince, à l’allure boudeuse; elle fait du prêtre un Seigneur rayonnant (inscrit dans une mandorle en forme de cadre kitsch), levant trois doigts (ou deux doigts et demi) de sa main droite; elle fait du Christ un DJ, écouteurs sur les oreilles et serrant sur son cœur un disque vinyle noir (au lieu du livre traditionnel)

Combinées, les deux affiches délivrent un message clair: le Christ est un DJ; la musique électronique permet la communion; elle transporte au paradis.

L’art de faire du neuf avec du vieux. An Old « Young Pope »

– « Est-il possible d’illustrer chaque élément de l’affiche de la série télévisée The Young Pope avec des citations bibliques? », demande le théologien du quotidien à propos d’une série qu’il n’a pas vue.

– « Oui! », se répond-il sans plus tarder. « En voici la preuve: »

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Et, légèrement désabusé, il ajoute ces versets qu’il tire du livre du Qohélet, dans la Bible juive:
« Paroles de Qohéleth, fils de David, roi à Jérusalem.
Futilité complète, dit Qohéleth, futilité complète, tout n’est que futilité!
Quel avantage l’être humain retire-t-il de tout le travail qu’il fait sous le soleil?
Une génération s’en va, une génération vient, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche; il aspire au lieu d’où il se lève.
Allant vers le sud, tournant vers le nord, tournant, tournant, va le vent, et le vent reprend ses tours.
Tous les torrents vont à la mer, et la mer n’est pas remplie; vers le lieu où ils coulent, les torrents continuent à couler.
Tout est fatigant, plus qu’on ne peut dire; l’œil n’est pas rassasié de voir, l’oreille ne se lasse pas d’entendre.
Ce qui a été, c’est ce qui sera; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera: il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une chose dont on dise: Regarde, c’est nouveau! — elle était déjà là bien avant nous.
Il n’y a pas de souvenir du passé, et ce qui sera dans l’avenir ne laissera pas non plus de souvenir chez ceux qui viendront par la suite. »
Qohélet 9, 1-11

Dieu dans l’église: à voir et à manger

Bauer, O. (19 mars 2016). Dieu dans l’église: à voir et à manger. Eglise du Pasquart, Bienne (Suisse).

Jésus avait-il deux papas? (En plus de Dieu, bien entendu)

Vitrail de la Nativité dans le temple protestant de Chailly (Suisse). Crédit photo: Virgile Rochat

Vitrail de la Nativité; église protestante de Chailly (Suisse). Crédit photo: Virgile Rochat

Quand j’ai vu ce vitrail de la Nativité, j’ai été immédiatement frappé, par le personnage en bleu sur le côté gauche de la crèche. Je me suis demandé: « Mais que fait Jésus adulte dans sa propre crèche? » Et puis j’ai vu les longs cheveux bouclés et je me suis dit qu’il s’agissait probablement de Marie. Mais avouez qu’elle semble bien peu féminine! Elle est plutôt tout le portrait de son fils.

  • Je savais que certains artistes plaçaient une femme à la table de la Cène…
  • Je savais qu’il existe des crèches d’où Marie est absente (grâce à Jonas St-Martin, dont j’ai dirigé le mémoire sur les crèches de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal)…
  • Mais c’est la première fois que je vois, dans une église, la représentation d’une crèche où Jésus pourrait avoir deux papas (en plus de Dieu, bien entendu).

Ce qui ne me choque pas, mais me réjouit. Car la bonne nouvelle de Noël, c’est qu’il existe un Dieu qui me permet d’accueillir sans condition toutes les familles qu’elles comptent un papa et une maman, un papa et/ou une maman, deux papas, deux mamans, ni papa ni maman, plusieurs papas plusieurs mamans, etc., etc.


À propos de la famille de Jésus, lire aussi sur mon blogue:

 

Après le Dernier Repas

En étudiant les réinterprétations du Cenacolo de Léonard de Vinci, j’ai trouvé ce tableau de l’artiste catalan Joan Costa, exposé en 2008 dans une Église de Valence. À ma connaissance, c’est le seul,et unique artiste à avoir imaginé ce qui a pu se passer le lendemain du Dernier Repas. C’est mon cadeau pour ce « Jeudi saint »!

Joan Costa (2007). “Sacra limpieza. El día siguiente” (4,8 x 2,2 m.). Église de Las Escuelas Pías de Gandia (Valence, Espagne). (crédit: http://joancosta.net/joan-costa-galeria3/02g03-sacra-neteja-escolapia-de-gandia/#main)

Joan Costa (2007). “Sacra limpieza. El día siguiente” (4,8 x 2,2 m.). Église de Las Escuelas Pías de Gandia (Valence, Espagne). (crédit: http://joancosta.net/joan-costa-galeria3/02g03-sacra-neteja-escolapia-de-gandia/#main)

« La última creación del pintor gandiense Joan Costa es un cuadro de grandes dimensiones en el que ha empleado una temática poco utilizada dentro de la iconografía religiosa. Costa ha recreado en el lienzo que ya cuelga en la iglesia de las Escuelas Pías de Gandia el día después de la Última Cena de Jesucristo. Las protagonistas, en este caso las homenajeadas, son las mujeres anónimas que limpian el cenáculo.

El lienzo tiene una longitud de 4,80 metros y una altura de 2,20 y en él se observa a un grupo de 12 mujeres que están limpiando el cenáculo que Leonardo Da Vinci pintó para ambientar su conocida Última Cena, para un convento de Milán.

El lienzo pintado durante el verano pasado es un « autorregalo » de los escolapios para conmemorar el segundo centenario de la llegada de los escolapios a Gandia. El cenáculo de Da Vinci, con trece hombres dispuestos alrededor de la mesa era la representación de la autoridad y la virilidad. Pero a este espacio se le abren dos puertas de servicio por las que acceden mujeres que no salen en el relato evangélico y que « hoy en día siguen limpiando de forma anónima los templos ». En él se constata la madurez del pintor gandiense puesto que se puede comparar con el altar mayor del templo que fue pintado por el mismo autor cuando contaba 21 años. » Lasprovincias.es


Sur le même sujet, vous pouvez consulter sur mon blogue: