théologie

Popthéologie

Je ressens le besoin d’expliquer en deux points pourquoi j’inclus la chanson francophone dans ma théologie, à l’Université comme à l’Église

  1. Parce que j’écoute de la chanson francophone et qu’elle m’inspire.
  2. Parce que nous réentendrons les chansons francophones et qu’elles rappelleront peut-être la théologie qu’elles ont inspirée.

Pour un bon exemple de théologie à partir de chansons francophones – de leurs paroles et de leur musique – on peut lire l’article de Constance Luzzatti dans les Cahiers de l’ILTP: Luzzatti, C. (2019). De la théologie en chanson! Les Cahiers de l’ILTP, mis en ligne en septembre 2019: 24 pages.

L’intelligence qu’aucun diplôme ne valide

J’ai été trop dur dans mon dernier article « (Ne pas) faire de l’Évangile une morale à deux balles(Ne pas) faire de l’Évangile une morale à deux balles ». Car même une morale à deux balles peut s’avérer utile précisément à celui qui la croit inutile.

En l’occurrence, elle m’a ramené à un essentiel: l’intelligence n’est pas l’accumulation de connaissances; elle ne consiste pas même en un savoir. Elle est une attitude fondamentale qui ne s’enseigne ni d’abord ni le mieux à l’université et qu’aucun diplôme ne valide.

« Savoir s’écarter du mal, c’est l’intelligence »

Et je me sens plutôt sot.

Ce que « transmettre « Dieu » » pourrait être… ou ne pas être (là est la question)

Pour nourrir mon enseignement, j’ai demandé sur Twitter ce qu’est transmettre « Dieu ». J’ai reçu des réponses belles et diverses, y compris des réponses qui mettent en question ma suggestion de transmettre « Dieu ».

Les voici:

Merci à chacune et chacun d’avoir ainsi complété mon enseignement.


Expliquer plutôt que faire appliquer

Pour mon cours Vouloir, pouvoir, devoir transmettre « Dieu » à tous les sens, je relis un livre d’Olivier Assouly (découvrir sa page sur le site de l’Institut français de la mode), et je m’arrête sur cette citation. Le philosophe français dénonce l’arbitraire voire l’absurdité des règles alimentaires, un arbitraire voire une absurdité qu’il juge délibérée pour obliger les croyant·es (il ne vise pas seulement les religions) à les accepter et à les appliquer sans réfléchir.

« Ainsi, même le rationalisme le mieux intentionné, voire le plus diligent à l’égard d’une croyance religieuse, apparaît comme le pire fossoyeur de la foi, parce qu’il sape à la base l’axiome de la croyance en postulant des preuves à l’endroit de la confiance, la même où elle devrait prévaloir seule et sans renfort. Le recours à la rationalité est le signe d’une crise dans laquelle il faut voir les soubresauts d’une croyance qui ne suffit plus à elle-même. » Assouly, O. (2002). Les nourritures divines essai sur les interdits alimentaires. Actes Sud, p. 228.

Je me rends compte combien je suis éloigné de l’attitude qu’il dénonce. Qu’il soit bien ou mal intentionné, diligent ou agressif, ma foi, ma croyance, ma confiance a besoin de ma raison. C’est sans doute pour cela que j’étudie la théologie et c’est aussi pour cela que je l’enseigne. Expliquer plutôt que faire appliquer.

Dieu merci, je ne suis pas le seul dans mon cas. J’ai avec moi (entre autres) :

  • Mes étudiant·es et mes collègues à l’Université.
  • La majorité de et dans les Églises réformées.
  • Anselme de Cantorbéry (1033-1109) qui parlait de « Fides quaerens intellectum », de foi en quête d’intelligence.
  • Augustin d’Hippone (354-430) qui écrivait « Credo ut intelligam », je crois pour comprendre.
  • Et un certain Jésus qui aurait dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta pensée. » Évangile attribué à Matthieu, chapitre 22, verset 37.

Et quant à l’alimentation, j’aime comprendre ce que je mange et ce que je ne mange pas et pourquoi je le mange ou je ne le mange pas.


P.S. Sur le risque, la tentation et le ravage d’une foi irrationnelle, on peut (re) lire l’ouvrage d’Olivier Roy : Roy, O. (2008). La sainte ignorance : Le temps de la religion sans culture. Éditions du Seuil.

Le Master en théologie aux Universités de Lausanne et Genève

Une vidéo qui n’est pas toute récent (10 janvier 2018), mais qui reste d’actualité…

J’y présente la théologie pratique à partir de 3 minutes 40.

De Lush à Qohélet

Si je me prétends théologien du quotidien, c’est que j’aime débusquer le théologique – au sens large de « ce qui qualifie un rapport à Dieu, au sens spécifique de « ce qui appartient à la foi chrétienne » – dans le quotidien.

Ce matin, c’est la vitrine du magasin de cosmétique Lush qui a attiré mon attention, parce qu’une affiche emprunte son langage aux confessions de foi (sur le mode: « Nous croyons en Dieu tout puissant qui a fait le ciel et la terre… »).

Affiche dans la vitrine de Lush, gare Saint Lazare à Paris. (c) Olivier Bauer

Je signerais volontiers le quatrième article – « Nous croyons qu’il est important de prendre de longs bains aux chandelles en mangeant du chocolat, de faire ou de recevoir des massages et de remplir sa maison de parfum en prenant sa douche » – qui résonne avec l’un des versets bibliques que je préfère:

« Va, mange ton pain avec plaisir et bois ton vin d’un cœur joyeux, car Dieu a déjà approuvé tes actions. En toute circonstance, mets des vêtements de fête et n’oublie pas de parfumer ton visage. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de la fugitive existence que Dieu t’accorde sous le soleil. C’est là ce qui te revient dans la vie pour la peine que tu prends sous le soleil. Utilise ta force à réaliser tout ce qui se présente à toi. Car il n’y a ni action, ni réflexion, ni savoir ni sagesse là où sont les morts que tu vas rejoindre. » La Bible juive, livre de Qohélet, chapitre 9, versets à 10.

C’est ça que j’aime dans la théologie du quotidien. Quand elle me conduit de Lush à Qohélet.