foi

La foi, c’est aussi la révolte

Lors du Second Global Congress on Sport and Christianity, une conférencière présente le rôle de la religiosité dans le processus psychologique de réhabilitation des athlètes après une blessure (je traduis et raccourcis son titre plus long et en anglais). Elle mentionne les «réponses affectives» et dresse la liste des «sentiments religieux». Je cite:

«Calme, sérénité, paix. Compassion et pardon. État d’esprit positif. Empathie. Gentillesse et humilité. Patience. Reconnaissance et gratitude. Harmonie.»

Toutes ces qualités facilitant la réhabilitation, elle conclut que la religiosité joue un rôle positif pour celles et ceux qui sont victimes de blessure.

Moi, je veux bien. Mais!

Mais dans mon Évangile à moi, la religiosité, c’est avoir confiance en Dieu. Et avoir confiance en Dieu c’est aussi l’angoisse, le désespoir, le sentiment d’injustice, l’insatisfaction, l’exigence et l’impatience. Avoir confiance en Dieu, c’est aussi la plainte, la colère, la révolte et la rébellion. Avoir confiance en Dieu, c’est aussi vouloir mieux pour le monde, pour les autres et pour soi-même. Avoir confiance en Dieu, c’est vouloir, c’est attendre toujours plus et même ce qui paraît impossible.

Et je crois que ce sont aussi des qualités et je crois qu’elles jouent un rôle positif pour la réhabilitation de celles et ceux qui sont victimes de blessure. Dans le sport comme partout.

Saint·es athlètes, priez pour nous!

La Française des jeux propose une application « Parions sport ». Pour sa campagne de publicité, elle n’hésite pas à surjouer la dimension religieuse du sport. Voyez plutôt!

De Lush à Qohélet

Si je me prétends théologien du quotidien, c’est que j’aime débusquer le théologique – au sens large de « ce qui qualifie un rapport à Dieu, au sens spécifique de « ce qui appartient à la foi chrétienne » – dans le quotidien.

Ce matin, c’est la vitrine du magasin de cosmétique Lush qui a attiré mon attention, parce qu’une affiche emprunte son langage aux confessions de foi (sur le mode: « Nous croyons en Dieu tout puissant qui a fait le ciel et la terre… »).

Affiche dans la vitrine de Lush, gare Saint Lazare à Paris. (c) Olivier Bauer

Je signerais volontiers le quatrième article – « Nous croyons qu’il est important de prendre de longs bains aux chandelles en mangeant du chocolat, de faire ou de recevoir des massages et de remplir sa maison de parfum en prenant sa douche » – qui résonne avec l’un des versets bibliques que je préfère:

« Va, mange ton pain avec plaisir et bois ton vin d’un cœur joyeux, car Dieu a déjà approuvé tes actions. En toute circonstance, mets des vêtements de fête et n’oublie pas de parfumer ton visage. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de la fugitive existence que Dieu t’accorde sous le soleil. C’est là ce qui te revient dans la vie pour la peine que tu prends sous le soleil. Utilise ta force à réaliser tout ce qui se présente à toi. Car il n’y a ni action, ni réflexion, ni savoir ni sagesse là où sont les morts que tu vas rejoindre. » La Bible juive, livre de Qohélet, chapitre 9, versets à 10.

C’est ça que j’aime dans la théologie du quotidien. Quand elle me conduit de Lush à Qohélet.

Que dit #Neymar en citant la Bible ?

Samedi dernier (13 juillet 2019), le footballeur brésilien Neymar Jr (découvrir sa biographie sur Wikipédia) a publié sur son compte Instagram (@neymarpai_) une vidéo ou il s’approprie un verset biblique (la regarder sur le site de L’Équipe):

«Toda arma forjada contra mim não prosperará, toda língua que ousar contra mim em juízo, Deus a condenara esta é a herança dos servos do Senhor, e o direito que procede Dele, diz o Senhor. Isaías 54:17»

Neymar s’approprie ce verset en remplaçant les «toi» par des «moi»; au lieu d’apostropher Dieu avec un «tu» et de le faire répondre avec un «je», il désigne Dieu par une troisième personne. Ce qui donne en français en mettant les modifications en évidence:

«Toute arme forgée contre moi ne pourra prospérer, toute langue qui s’élèvera en justice contre moi, Dieu la condamnera. Voilà le patrimoine des serviteurs du SEIGNEUR, la justice qui leur vient de Lui — déclaration du SEIGNEUR.» Ésaïe, chapitre 54, verset 17.

Qu’un joueur de football brésilien cite la Bible n’est pas exceptionnel. Beaucoup sont chrétiens évangéliques et aiment partager leur convictions.

Mais comme la vidéo contient un logo du FC Barcelone et que la rumeur veut que Neymar retourne dans ce club qu’il avait quitté en 2017 pour jouer au Paris Saint-Germain, les réseaux sociaux et les médias ont appliqué le verset d’Ésaïe à cette situation précisément.

Si je comprends bien (mais le théologien universitaire a parfois du mal à comprendre la théologie populaire), «toute arme forgée contre moi sera sans effet» devrait signifier que le contrat qui retient Neymar au PSG est une arme forgée contre lui, mais qu’elle ne l’empêchera pas de retourner jouer à Barcelone.

C’est peut-être exact. Mais je crois que la déclaration est plus large. Car Neymar est accusé d’un viol qu’il conteste, et qu’une blessure, peut-être «diplomatique», l’a empêché de jouer la Copa América que son pays vient de remporter.

Je dirais donc qu’avec cette citation biblique, Neymar fait une confession de foi: comme serviteur de Dieu, il bénéficie de la protection divine. Dieu transforme le mal qu’on lui fait en bien. Dieu lui rendra justice. Quoiqu’il arrive et dans tous les aspects de sa vie.

« L’être humain et ses limites… et Dieu dans tout ça? »

Dans le cadre de la réflexion « La planète et ses limites. Et nous dans tout ça? », proposée par le Centre 72 à Bois-Colombes (Île-de-France), je suis invité à une table ronde sur le thème « Quels engagements personnels et communautaires? ». Plutôt que d’imprimer et de photocopier ma présentation, j’ai choisi de la proposer en ligne. Un petit engagement personnel.

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Comment évangéliser les bons chrétiens?

Non, il n’y a pas d’erreur dans le titre.

On se demande souvent comment évangéliser les non chrétiens.

On se demande rarement comment évangéliser les bons chrétiens (et les bonnes chrétiennes, mais on manque alors le jeu de mot).

C’est-à-dire comment faire comprendre qu’être chrétien·ne, ce n’est pas un état mais un processus?

Pour paraphraser Nietzsche: « Il n’y a eu qu’un seul bon chrétien et il est mort sur la croix. »

Qui me dira alors comment rendre les mauvais·es chrétien·nes dont je suis le premier meilleur·es ou moins pires?