religion

Quand Jésus joue au football et fait la une

J’aime traquer dans les médias les mélanges de sport et de religion. Ce matin, je suis gâté par cette image et ses légendes.

Vu sur le site Internet de la Radio télévision suisse
Vu sur le site du quotidien Le Matin

Le sportif introduit de la religion dans le sport. Et les médias aussi, en profitant que le footballeur s’appelle Gabriel Jesus.


Sur les diverses manières d’articuler sport et religion, on peut relire mon billet Les relations entre sport et religion.

La cure d’âme comme forme de soins spirituels

Pour le vernissage de l’ouvrage collectif Clinique du sens, on me demande de préciser ce qu’est la cure d’âme en théologie protestante. Je le fais en quatre images, à peine commentée.

La tradition théologique protestante opposait traditionnellement la religion comme projection humaine et la Révélation de Dieu qui se fait connaître en Jésus.

La religion et la Révélation distinguées dans deux sphères séparées

Le développement de la spiritualité oblige à redéfinir la religion. On peut les opposer, en nommant « religion » ce qui postule l’existence d’un Dieu et « spiritualité » ce qui s’en passe.

La spiritualité et la religion articulée dans un continuum entre immanence et transcendance

J’aurais plutôt tendance à faire du christianisme une forme particulière de religion et de la religion une forme particulière de spiritualité.

le christianisme fait partie de la religion qui fait partie de la spiritualité

Ce qui fait de la « cure d’âme » (un synonyme de psychothérapie) protestante une forme chrétienne, donc religieuse, de soins spirituels.

La cure d'âme est une manière chrétienne d'apporter des soins spirituels

On me demande encore quelle place reconnaître à Dieu dans les soins spirituels.

Pour moi Dieu n’a pas de place. Il est un mot. Il est le nom que certaines personnes francophones donnent à leur expérience qu’il y a quelque chose de plus que la réalité. Cette expérience peut être diverse. On l’appelle chrétienne pour celles et ceux qui donnent à Dieu le nom de Jésus-Christ. Comme toutes les relations, la relation à Dieu peut être mortifère ou vivifiante. Une relation à Dieu mortifère se reconnaît à une relation mortifère à soi, aux autres et au monde. Une relation à Dieu mortifère nécessite des soins, une « cure d’âme ». En christianisme, elle consiste à rendre la relation à Dieu vivifiante en permettant de nommer Dieu, Jésus Christ.


P.S. Je dois cette conception de la cure d’âme à l’ouvrage du théologien et psychanalyste français Jean Ansaldi (1934-2010, voire sa page sur Wikipédia) Le dialogue pastoral : De l’anthropologie à la pratique. Labor et Fides, 1986 (le livre est épuisé, ce qui est à la fois une bonne est une mauvaise nouvelle).

#Maradona est « dans la main de Dieu » (Charline Vanhoenacker, France Inter, 25.11.2020)

La mort de Diego Armando Maradona a suscité une avalanche de métaphores religieuses. Car il était Dieu.

La une de l’Équipe, 26 novembre 2020

Mais l’allusion la plus intéressante pour qui étudie les rapports entre sport et religion (voir sur mon blogue les quatre manières d’articuler « Sport et religion») vient de la journaliste satirique belge Charline Vanhoenacker (voir sa page sur Wikipédia).

Mercredi 25 novembre 2020, dans son émission « Par Jupiter ! » sur France Inter, elle affirme à propos de Maradona qu’il est maintenant « dans la main de Dieu ».

Un petit rappel contextuel peut être utile. En 1986, en quarts de finale de la coupe du monde Maradona marque avec la main un but pour l’Argentine contre l’Angleterre. Expliquant (?) ou justifiant (?) son geste, il précise peu après que c’était « la main de Dieu ».

Maradona et Charline Vanhoenacker introduisent tou·tes les deux de la religion dans le sport. Mais Maradona avait instrumentalisé Dieu et sa main, le faisant jouer aux côtés de l’Argentine. La théologie de Charline Vanhoenacker me convient mieux. La main de Dieu lui sert simplement à recueillir celles et ceux qui en ont besoin, dont Maradona.

Maradona qui avait déjà visité les « paradis artificiels ».

L’Équipe, 26 novembre 2020

Maradona à la fois « Dieu et diable ».

L’Équipe, 26 novembre 2020

Maradona, déjà « céleste » par la couleur de son maillot et qui, par sa mort, l’est devenu pour l’éternité.

La une de Libération, 26 novembre 2020

« Les meilleures ventes en christianisme » : novembre 2020

C’est un livre à succès qui est numéro 1 des ventes dans la catégorie « Christianisme » sur Amazon.fr au mois de novembre.

  • À découvrir le 15 novembre : Adrien Candiard (2020). Du fanatisme. Quand la religion est malade. Cerf, 89 pages.

Rappel du projet :

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi : lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans « Les meilleures ventes en christianisme » sur Amazon.fr. Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres que je n’achète pas forcément par correspondance.

Dieu ne protège pas du coronavirus mais le coronavirus pourrait aider les religions

Pour savoir ce qu’un théologien du quotidien pense théologiquement de la COVID-19, de son impact sur les rites et de son exploitation par certains groupes religieux, on peut lire ma Tribune sur le médias suisse en ligne heidi.news:

Fonder par la science ou la religion

Je lis Le goût du vrai (Gallimard, 2020, collection Tracts) et je tombe sur cette phrase où l’auteur Étienne Klein (découvrir sa page sur Wikipedia) donne un exemple qui démontre que la science a remplacé la religion comme « fondement officiel de notre société »:

« Sur nos paquets de cigarettes, il est écrit non pas « Fumer déplaît à Dieu » ou « Fumer compromet le salut de votre âme », mais « Fumer tue ». Preuve qu’un discours scientifique portant sur la santé du corps a fini par détrôner un discours théologique qui, lui, aurait porté sur le salut de l’âme. » chapitre 8 (il n’y a pas de pagination)

Bien vu!