culte

Pourquoi se lève-t-on pour recevoir la bénédiction à la fin du culte? Et pourquoi se rassoit-on juste après?

Le pasteur vaudois Pierre Bader raconte ce qu’un vieux pasteur lui avait raconté

Si les participant·es au culte se lèvent pour recevoir les paroles et les gestes de bénédiction, c’est que ce sont les dernières paroles et les derniers gestes; une fois celles-ci dites et ceux-ci faits, tout est dit et tout fait; il est donc temps de partir… ce qui est plus facile quand on est déjà debout. « Ite, missa est! » comme le disent mes sœurs-frères catholiques, « allez, vous êtes envoyé·es » plutôt que « allez, la messe est finie! ».

Et pourtant, en Suisse romande au moins, les participant·es au culte se rassoient après la bénédiction finale pour écouter un dernier morceau d’orgue. On devrait partir, mais on reste encore; tout est fini, mais ça continue. Que faire de cet paradoxe?

J’y vois comme un rappel que la ou le pasteur·e, malgré toute ses connaissances théologiques, ses compétences rituelles et sa reconnaissance ecclésiale, n’a pas le dernier mot. Et j’y entends comme un avertissement que la parole intelligible et rationnelle ne suffit pas à transmettre l’Évangile. Et j’aime plutôt ce que je vois et ce que j’entends.


P.S. Si vous vous demandez comment tenir aussi compte de celles et ceux qui ne peuvent pas se lever, vous pouvez lire mon article: « Quel culte protestant pour des corps humains », disponible en libre-accès sur Serval, le dépôt institutionnel de l’Université de Lausanne.

Culte Georges Brassens

Pour marquer le 100e anniversaire de la naissance de Georges Brassens, je mets en ligne l’ensemble du «culte Georges Brassens» que j’ai déjà célébré deux fois dans des Églises méthodistes et réformées en Suisse romande, en équipe, avec des musicien·nes et des théologien·nes.

L’idée de ce «culte Georges Brassens» est née d’une rencontre avec Gaël Liardon, chansonnier, musicien d’Église, doctorant en musicologie, et d’une découverte, celle de notre goût commun pour les chansons de Georges Brassens. Je dédie d’ailleurs ce culte à Gaël, maintenant qu’il est décédé.

Je ne crois pas en Georges Brassens. Mais Georges Brassens est pour moi une sorte de prophète. Je trouve dans les chansons de Georges Brassens, dans ses paroles et dans ses musiques, dans sa vie aussi, un témoignage rendu à l’Évangile. Peut-être pas le plus orthodoxe de tous les témoignages rendus à l’Évangile, mais un témoignage vrai, un témoignage parfois dérangeant, mais un témoignage souvent stimulant.

En préparant ce culte, j’ai écrit qu’il y a plus d’Évangile dans les chansons de Georges Brassens que dans certains textes de la Bible. Et même si c’est un peu exagéré, je pense que c’est un peu vrai. Et j’espère que vous en ferez l’expérience. Mais pour être honnête, je dois dire aussi que certains textes de Georges Brassens offrent moins, peu ou pas d’Évangile. Comme moi, il est un être humain avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses. Comme moi, il est seulement un être humain et c’est ce qui fait tout son charme, tout notre charme.

Vous trouverez dans le document ci-dessous un déroulement complet d’un «culte Georges Brassens» construit selon un plan de l’Église réformée de France (voir la page que l’Église protestante unie de France consacre aux liturgies) en trois temps:

  • Nous adorons Dieu ensemble: Jeanne, Chanson pour l’Auvergnat, Le temps ne fait rien à l’affaire
  • Dieu nous adresse sa parole vivifiante: Celui qui a mal tourné, La mauvaise réputation
  • Nous répondons à Dieu par des actes communautaires: La prière, Les copains d’abord

J’ai créé des textes liturgiques en lien avec des chanson du Grand Georges. Vous pouvez le célébrer librement tel que je l’ai conçu, mais je vous conseille plutôt de l’adapter aux circonstances, à votre communauté et surtout aux envies et aux capacités des musicien·nes.

Télécharger à l’adresse: https://olivierbauer.files.wordpress.com/2021/10/bauer_cultebrassens_2018.pdf

Et je serais heureux que vous ajoutiez un commentaire sur cette page pour partager ce que vous allez faire ou ce que vous aurez fait.

Bon culte!

Au culte protestant, mes ami·es!

Où peut-on rencontrer des gens connus et inconnus, passer deux heures dans un lieu historique, voir des bouquets, trembler pour une funambule, découvrir un texte vieux de 2000 ans, écouter un discours de motivation, du Bach et du Brel, de la flûte traversière et de l’orgue, chanter, manger du pain et boire du vin, faire un don pour aider les autres?

Où peut-on se sentir membre d’une communauté et se sentir béni?

Au culte protestant, mes ami·es!


Combien de temps doit durer un culte?

Hier, à la fin du premier cours de théologie pratique en présence, deux étudiantes m’ont posé des questions très pratiques. Je relaye ici une discussion que nous n’aurions sans doute pas eu en visioconférence.

  • Faut-il bénir avec les doigts écartés ou les doigts serrés? J’ai des choses à écrire, mais ce sera pour une autre fois.
  • Combien de temps doit durer un culte? Je réponds à celle-ci.

La bonne durée est celle qui convient au public. Et ce qui convient au public change selon les contextes et les époques.

Pour un culte évangélique ou pentecôtiste africain ou caribéen, la bonne durée se compte plutôt en heures, au pluriel. Pour un culte réformé occidental, elle se compte plutôt en heure, au singulier. L’usage veut que le culte réformés occidental ordinaire dure autour de 60 minutes et qu’il se prolonge pour des occasions spéciales: un baptême, le culte de Pâques, la participation d’une chorale, etc.

Mais pour estimer la durée du culte, il convient d’intégrer la durée de « l’après-culte », c’est à dire de l’apéritif, du goûter ou du repas qui doivent prolonger le culte et qui font encore partie du culte. Ce qui porte donc la durée totale du culte à 1 heure et demi voire 2 heures. Ce qui me semble une bonne durée.

De manière générale, je ne pense pas que raccourcir le culte soit une bonne chose. Un culte trop court me donne moins envie de me déplacer, surtout si les déplacements sont longs. Mais évidemment, il faut que le culte soit de qualité. Et j’inclus dans la qualité aussi bien la théologie transmise, que l’émotion procurée ou les échanges rendus possibles.

Bref, un bon culte sera toujours trop court et un mauvais culte toujours trop long!

Carte d’identité des protestant·es français·es

Vu le succès de ma « Carte d’identité des protestant·es suisses », je propose de dresser celle des protestant·es français·es. Les chiffres proviennent d’une Enquête auprès des protestants réalisée par l’Institut de sondage Ipsos pour l’hebdomadaire protestant Réforme et la Fédération protestante de France. On verra que les intérêts sont différents selon les pays et selon celles et ceux qui « commandent » l’enquête.

Réalisée entre le 5 septembre et le 3 octobre 2017, elle porte sur un échantillon de « 500 personnes âgées de 15 ans et plus se déclarant de confession protestante ou évangélique ». Je me concentre sur les protestant·es « non-évangéliques ».

Je recopie les chiffres bruts en les classant dans l’ordre décroissant.

« Profil des répondants »

  • 53 % des protestant·es sont des hommes. 47 % des femmes.
  • 56 % des protestant·es ont entre 34-64 ans. 25 % ont 65 ans et plus. 19 % ont moins de 35 ans.
  • 35 % des protestant·es sont « retraité ». 20 % « employé ». 13 % « cadre supérieur ». 13 % « profession intermédiaire ». 9 % « ouvrier ». 5 % « artisan, commerçant, chef d’entreprise ». 1 % « inactif ».
  • Politiquement, 21 % des protestant·es ne sont proches d’aucun parti. 20 % sont proches des Républicains. 18 % du Parti socialiste/Europe Écologie les Verts. 17 % de La République en Marche/MoDem. 12 % du Front National. 10 % de la France Insoumise/Parti Communiste.
  • 87 % des protestant·es sont né·es en France métropolitaine. 12 % dans un autre pays. 1 % en France d’outre-mer.

« Rapport à la religion »

  • 80 % des protestant·es sont « né·es dans une famille protestante ». 20 % sont « devenu·es protestant au cours de son adolescence ou à l’âge adulte ».
  • Parmi les converti·es, 70 % viennent du catholicisme. 26 % n’avaient pas de religion. 2 % viennent « de la religion musulmane ». 1 % « de la religion juive ». 1 % « d’une autre religion ».
  • 74 % des protestant·es disent « qu’il faut poursuivre le rapprochement actuel entre les confessions chrétiennes sans pour autant chercher à les réunir ». 19 % « qu’il ne faut pas aller plus loin dans le rapprochement entre les confessions chrétiennes ». 7 % « qu’il faut désormais réunir les confessions chrétiennes en une seule église ».

« Niveau de pratique »

  • « D’habitude », 57 % des protestant·es ne vont jamais à un « office religieux » ou « uniquement pour les cérémonies, mariages, enterrements… ». 28 % y vont « une ou deux fois par mois » ou « de temps en temps, aux grandes fêtes ». 15 % « plusieurs fois par semaine » ou « une fois par semaine ».
  • « Chez elles ou eux », 64 % des protestant·es ne lisent jamais la Bible ou « plus rarement ». 20 % la lisent « au moins une fois par semaine » et « quelques fois par an ». 16 % la lisent « au moins une fois par semaine » ou « plusieurs fois par mois ».
  • 21 % des protestant·es appartiennent à une « association caritative ».

« Grands enjeux politiques »

  • Les protestant·es sont « d’accord ou plutôt d’accord » avec les affirmations suivantes à…
90 %« Il faudrait faire davantage pour lutter contre le réchauffement climatique »
79 %« Dans certaines circonstances, chacun devrait pouvoir choisir le moment de sa mort »
64 %« L’ouverture des droits au mariage aux couples homosexuels est une bonne chose »
63 %« Il y a trop d’immigrés en France »
60 %« C’est un devoir pour la France d’accueillir les réfugiés des pays en guerre »
60 %« Les couples homosexuels devraient pouvoir être bénis par les Églises »
58 %« En France, la laïcité prend trop souvent la forme d’un rejet des religions de la vie sociale »
57 %« Pour relancer la croissance, il faut limiter au maximum le rôle de l’État dans l’économie française et donner aux entreprises le plus de liberté possible »
56 %« À terme, il faut abandonner la production d’énergie nucléaire en France »
54 %« Les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment »
51 %« La Procréation Médicalement Assistée devrait être étendue aux couples de femmes »
46 %« La Gestation Pour Autrui (GPA) devrait être autorisée en France »

Lire aussi: Carte d’identité des protestant·es suisses

Carte d’identité des protestant·es suisses

Le 14 décembre 2020, l’Office fédéral de la statistique en Suisse a publié les « Premiers résultats de l’Enquête sur la langue, la religion et la culture 2019 ». Ils concernent la « Population résidante permanente âgée de 15 ans ou plus ».

Il m’a semblé utile d’en extraire les chiffres concernant la « Communauté protestante ». Elle réunit les « Églises nationales protestantes ou Réformés » distinguées des « Autres communautés évangéliques ou évangéliques libres » (1,5 %) et des « communautés luthériennes et des autres églises remontant à la Réforme ou des communautés chrétiennes internationales » (1,1 %) incluses parmi les « Autres communautés chrétiennes ».

Je recopie les chiffres bruts (complétés par quelques « données relatives au graphique ») en les classant dans l’ordre décroissant.

« Appartenance religieuse »

  • La communauté protestante représente 23,1 % de la population suisse.
  • Les 65 ans ou plus représentent 34,5 % de la communauté protestante. Les 50-64 ans 25,3 %. Les 15-34 ans 21,4 %. Les 35-49 ans 18,8 %.
  • La communauté protestante se compose à 87,2 % d’une « population non issue de la migration ». À 10,7 % d’une « population issue de la migration de 1re génération ». À 2,1 % d’une « population issue de la migration de 2e génération ou plus ».

« Pratiques religieuses et spirituelles » pendant les 12 deniers mois

  • 49,1 % de la communauté protestante a participé « aux services religieux collectifs » entre une et cinq fois par année. 24,6 % n’y a jamais participé. 19,6 % a participé entre six fois par an et au moins une fois par mois. 6,7 % au moins une fois par semaine.
  • 28,2 % de la communauté protestante a suivi une célébration religieuse « au moins sur un média ». 20,8 % « à la TV ». 9,2 % « à la radio ». 7,9 % « sur Internet ».
  • 38,1 % de la communauté protestante n’a « jamais prié ». 22,7 % a prié « tous les jours ou presque ». 21,6 % a prié « entre au moins une fois par semaine et au moins une fois par mois ». 14,1 % a prié « entre une et onze fois par année ». 3,1 % a prié « plusieurs fois par jour ».
  • Les membres de la communauté protestante ont déclaré être des personnes :
 TrèsPlutôtPlutôt pasPas du tout
Religieuses11,7 %28,3 %40,4 %19,6 %
Spirituelles6,7 %24,2 %35,0 %34,0 %
  • 22,3 % de la communauté protestante a « pratiqué de façon rituelle une technique basée sur le mouvement/la respiration ». 20,3 % a « utilisé des objets apportant chance, protection ou guérison ». 20,0 % a « entrepris des démarches allant dans le sens du développement personnel ». 15,9 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) religieux, tels que la Bible, le Coran, la Torah ou un autre livre sacré ». 10,6 % a « lu régulièrement un ou des livre(s) ou magazine(s) traitant d’ésotérisme ou de spiritualité ». Personne n’a « recouru à un/une guérisseur/-euse », « demandé à se faire établir son horoscope ou recouru à un/e voyant/e », ni « participé à un rituel ésotérique, magique ou chamanique ».

« Croyances »

  • 39,7 % de la communauté protestante croit en un Dieu unique. 31,3 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux », mais croit « en une puissance supérieure ». 18,9 % ne sait pas « si un Dieu unique ou plusieurs dieux existent » et ne croit pas « qu’on puisse le savoir ». 9,1 % ne croit « ni en un Dieu unique ni en plusieurs dieux ». 1,1 % croit « en plusieurs dieux ».

« Importance de la religion ou de la spiritualité »

  • 19,0 % des parents de la communauté protestante déclarent que leurs enfants appartiennent à la communauté protestante.
  • Pour 59,8 % de la communauté protestante, la religion ou la spiritualité joue « un rôle plutôt pas important ou aucun rôle » dans l’éducation des enfants. Pour 40,2 %, elles jouent « un rôle plutôt ou très important ».
  • 49,1 % de la communauté protestante « tient à transmettre d’autres valeurs qui ne soient ni religieuses ni spirituelles à ses enfants ». 22,9 % « tient à éduquer ses enfants selon les principes de sa religion ». 16,3 % n’est d’accord avec aucune des trois affirmations. 11,7 % « tient à transmettre des valeurs spirituelles à ses enfants ».

« Valeurs et attitudes »

  • 4,6 % de la communauté protestante a « fait l’expérience de la discrimination au cours des douze derniers mois dans au moins une situation concrète ».

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