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Mon nouveau livre: Les cultes des protestant·e·s

Le 8 mars paraitra mon nouveau livre: Bauer, O. (2017). Les cultes des protestant·e·s. Méthodes originales pour approcher les rites (Labor et Fides). Genève: 148 pages.

 

Enfin un livre qui expose ce que les cultes sont avant de prescrire ce qu’ils devraient être ! Enfin un livre qui fait place à la diversité des cultes que célèbrent les protestant.e.s ! Enfin un livre qui explore comment les cultes sollicitent ou ne sollicitent pas les différents sens de l’être humain ! Dans cet ouvrage, Olivier Bauer parcourt l’ensemble du culte avec neuf articles consacrés aux cultes, neuf articles nourris par trente ans d’expérience comme théologien et comme pasteur en Suisse, en France, en Polynésie française, aux États-Unis et au Canada, neuf articles publiés entre 2001 et 2014 en Europe et en Amérique du Nord.

Qui célèbre des cultes y trouvera des propositions pratiques. Qui s’intéresse aux coulisses y trouvera des informations inédites. Qui se pose des questions de fond – à quoi sert le culte ? La foi vient-elle seulement de ce que l’on entend ? Quel est le statut des médiations théologiques ? – y trouvera des réponses. Qui étudie le rite y trouvera des outils méthodologiques et des concepts : observation sensorielle, théorie des jeux, ritualisation, actions liturgiques. Qui aime les débats y trouvera la lettre qu’Olivier Bauer a envoyé à Joseph Ratzinger (Benoît XVI) pour critiquer sa conception de la messe.

On peut le commander tant chez Labor et Fides qu’auprès d’une librairie « dans la rue » ou « en ligne ».

Humour et prédication

Pour marquer le début de mon cours intensif d’homilétique, voici cinq anecdotes sur la prédication. À certain-e-s, elles paraîtront éculées (et c’est vrai qu’elles ne sont pas neuves), mais elles me paraissent encore formatrices.

  • Une paroissienne fait remarquer au pasteur qui lit ses prédications: «Si vous ne pouvez vous souvenir de votre prédication, comment voulez-vous que nous y parvenions?»
  • Une pasteure répond à ses paroissiens qui lui reprochent de prononcer trop souvent la même prédication: «Quand vous appliquerez la première, j’en ferai une seconde!»
  • Jaloux de son collègue pentecôtiste qui improvise ses prédications, un pasteur décide de ne rien préparer et de prêcher ce que Dieu lui inspirera. Le dimanche matin, quand il monte en chaire, il entend une petite voix qui lui répète: «Tu es paresseux, tu es paresseux.»
  • Une professeur d’homilétique enseigne à ses étudiant-e-s: «Il vaut mieux que le soupir qui suit la fin de votre prédication soit d’étonnement plutôt que de soulagement!»
  • Un pasteur explique sa méthode de prédication: «Quand je lis un texte biblique, je me demande ce qu’un pasteur dirait… Et je prêche exactement le contraire!»

À compléter par vos propres anecdotes…

Quel goût a le Christ?

On sait probablement que le christianisme établit des liens entre le pain et le corps du Christ. Des liens sont aussi divers que les pains utilisés. Jean-Jacques Agbo, un prêtre catholique suisse venu à Montréal pour mener des recherches sur la messe et les six sens, m’apprend que si l’hostie est insipide, c’est pour éviter que l’on n’attribue un goût au Christ. Il me fait réaliser que le protestantisme exprime autrement la même altérité. Il varie les pains: blanc, brun ou noir; de campagne ou brioché; complet ou sans gluten; plat ou levé; de blé, de seigle ou d’épeautre. Sucré-salé, aigre-doux, umami et pimenté, le Christ est toujours ailleurs sur la palette des goûts, sur l’échelle des saveurs.

Découvrez ou cultivez votre propre don pour la prédication!

Au trimestre de printemps 2015, je donnerai pour la toute première fois un cours intensif d’homilétique à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal. Formation initiale ou continue, ce est destiné aux prédicatrices et aux prédicateurs confirmé-e-s, débutant-e-s ou en devenir. Il aura lieu du samedi 30 mai au vendredi 5 juin.

Pour vous y inscrire, il suffit:

  • de contacter Nathalie Roy (nathalie.roy@umontreal.ca) si vous êtes étudiant-e de Cycles supérieurs de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.
  • ou de me contacter (olivier.bauer@umontreal.ca) si vous êtes étudiant-e- du Premier Cycle ou si vous voulez le suivre comme étudiant-e libre.

Je peux donner le cours tout seul, mais je préférerais que vous m’aidiez à le concevoir. Ce cours intensif d’homilétique est ainsi un cours coopératif. Que vous vouliez de suivre ce cours ou non, que vous prêchiez régulièrement ou occasionnellement, que vous assistiez à la messe ou au culte pour la prédication ou que vous n’y alliez pas à cause de la prédication, j’aimerais que vous partagiez votre expérience. Vous pouvez le faire, petit-à-petit (abonnez-vous au blogue pour rester au courant) sur les pages:

 

 

THP6501


Tous mes cours vous sont ouverts que vous soyez étudiant-e ou non, que vous soyez inscrit-e à l’Université de Montréal ou ailleurs, que vous étudiez la théologie ou une autre discipline (sous réserve des exigences de l’Université de Montréal). Vous pouvez les suivre pour le plaisir (sans évaluation) ou les faire créditer.

Où Jésus le Christ peut-il déposer les fardeaux qu’il prend en charge?

Ce matin, dans mon cours de praxéologie spirituelle, j’invite un étudiant à présenter le devenir personnel d’un-e acteur/trice de la pratique qu’il observe (la messe dans une paroisse haïtienne épiscopalienne du New Jersey). Il nomme un peu spontanément «Jésus». Lorsque je lui demande comment Jésus évolue au cours de la messe, l’étudiant paraît un peu emprunté. Mais je refuse de le laisser tranquille et je propose de réfléchir tous ensemble si Jésus peut changer et, le cas échéant, comment il change pendant la messe/le culte.

Pour nourrir la discussion, je propose, toujours spontanément, ce modèle:

Devenir personnel des paroissien-ne-s et de Jésus le Christ dans la messe/le culte. Modèle 1

Devenir personnel des paroissien-ne-s et de Jésus le Christ dans la messe/le culte. Modèle 1

Et je l’explique de la manière suivante:

  • Les paroissien-ne-s viennent à la messe/au culte chargés de leurs soucis, de leurs problèmes, de leurs fardeaux, de leurs dettes, de leur péché, etc.
  • Réalisant la promesse de Jésus le Christ (« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. » Évangile attribué à Matthieu chapitre 11, verset 28), la messe/le culte permet aux paroissien-ne-s de déposer leurs soucis, leurs problèmes, leurs fardeaux, leurs dettes, leur péché, etc.
  • Car c’est Jésus le Christ (désigné par Jean-Baptiste comme « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » Évangile attribué à Jean, chapitre 1, verset 29) qui se charge de leurs soucis, de leurs problèmes, de leurs fardeaux, de leurs dettes, de leur péché, etc.

Et je suis plutôt satisfait de ma réponse.

Mais une étudiante me dit son désaccord avec mon modèle et en propose un autre:

Devenirs personnels respectifs des paroissien-ne-s et de Jésus le Christ dans la messe/le culte (modèle 2)

Devenirs personnels respectifs des paroissien-ne-s et de Jésus le Christ dans la messe/le culte (modèle 2)

Elle l’explique de la manière suivante:

  • Dans la messe, l’Eucharistie (et j’ajoute l’annonce du pardon dans le culte) représente un tournant à partir duquel les soucis, les problèmes, les fardeaux, les dettes, le péché, etc. dont sont chargés les paroissien-ne-s et les soucis, les problèmes, les fardeaux, les dettes, le péché, etc. pris en charge par Jésus le Christ diminuent.
  • À la fin de la messe/du culte, et les paroissien-ne-s et le Christ sont déchargés de leurs soucis, de leurs problèmes de leurs fardeaux, de leurs dettes, de leur péché, etc.

Dois-je dire que je préfère son modèle au mien? Ne serait-ce que pour des raisons logiques: il faut bien que Jésus le Christ puisse déposer les soucis, les problèmes, les fardeaux, les dettes, le péché, etc. qu’il prend en charge, s’il doit être sans souci, sans problème, sans fardeau, sans dette, sans péché, etc. au début d’une autre messe/culte. Mais je me pose deux questions:

Jésus le Christ a-t-il besoin de déposer les soucis, les problèmes, les fardeaux, les dettes, le péché, etc. qu’il prend en charge?

Où, à qui, quand, comment, etc. Jésus le Christ peut-il déposer les soucis, les problèmes, les fardeaux, les dettes, le péché, etc. qu’il prend en charge?


P.S. J’ai bien conscience que ma réflexion et ma question sont un peu gratuites et relève peut-être d’une pensée qui n’a pas été entièrement démythologisée. Je prie celles et ceux qui en seraient blessés de m’en excuser. En échange de mes excuses, j’aimerais bien qu’elles/ils m’expliquent comment je pourrais ou devrais réfléchir cette double question des devenirs des paroissien-ne-s et de Jésus le Christ dans la messe/le culte.