Université de Lausanne

Ce que « transmettre « Dieu » » pourrait être… ou ne pas être (là est la question)

Pour nourrir mon enseignement, j’ai demandé sur Twitter ce qu’est transmettre « Dieu ». J’ai reçu des réponses belles et diverses, y compris des réponses qui mettent en question ma suggestion de transmettre « Dieu ».

Les voici:

Merci à chacune et chacun d’avoir ainsi complété mon enseignement.


Le Master en théologie aux Universités de Lausanne et Genève

Une vidéo qui n’est pas toute récent (10 janvier 2018), mais qui reste d’actualité…

J’y présente la théologie pratique à partir de 3 minutes 40.

Alimentation et spiritualité (cours en sciences des religions @unil)

Au semestre d’automne, je donnerai pour la première fois à l’Université de Lausanne un cours de sciences des religions sur le thème Alimentation et spiritualité.

  • J’y aborderai l’impact des religions sur les pratiques alimentaires et l’alimentation comme lieu de spiritualité.
  • Il aura lieu le mercredi de 16h15 à 18h du 18 septembre au 18 décembre.

Comme tous les cours de la Faculté de théologie et de sciences des religions, il est ouvert aux étudiant·es mais aussi aux auditrices et aux auditeurs libres (voir la procédure d’inscription à l’Université de Lausanne). Je serai heureux de vous y accueillir.


En attendant le cours ou à la place du cours, on peut lire mon livre gratuit et en libre accès: Bauer, O. (2017). Nicole Rognon mange aussi comme elle croit. Lausanne. 34 pages

Qu’est-ce que ça fait de ne pas être baptisée?

Avec quelques étudiant·es de la Faculté de théologie et de sciences des religions, le théologien du quotidien a imaginé, organisé et tenu un atelier «Bonheurs et peurs, les émotions en religion» dans le cadre des «Mystères de l’Unil» (journées portes ouvertes de l’Université de Lausanne). Nous avons proposé aux enfants de faire des expériences religieuses sensorielles, d’exprimer leurs émotions et de découvrir pourquoi et comment les religions utilisent ces goûts, ces images, ces musiques, ces parfums, ces textures, faisaient prendre des postures.

Cet après-midi, un événement est arrivé dans le quotidien du théologien. Après avoir fait l’atelier vue, une petite fille d’environ huit ans, lui demande abruptement :

– Monsieur, j’ai une question.

– Oui.

– Qu’est-ce que ça fait de ne pas être baptisée?

Il croit avoir bien répondu en lui demandant:

– À toi, qu’est-ce que ça fait?

Surtout qu’elle lui répond:

– Moi, je m’en fiche.

Mais si vous imaginez une meilleure réponse, n’hésitez pas à me la communiquer!

Faire de la théologie pratique avec des hypothèses. David Lodge à ma rescousse [1/2]

Je ne sais pas si les étudiant·es à qui j’enseigne la théologie pratique lisent mon blogue. Ils et elles n’y sont pas tenu·es. Je ne les sanctionne pas s’ils et elles ne le font pas et je ne les récompense pas s’ils et elles le font.

Mais cet article pourrait intéresser celles et ceux qui suivent mon cours «Education à/de/dans/par la foi. Pédagogie, adogogie, anthropogogie de la religion». Nous y discutons catéchèse, mais aussi méthode. Nous posons des hypothèses à propos la catéchèse et nous regardons si elles résistent à l’épreuve de la réalité. C’est la méthode du rationalisme critique, adaptée à la théologie par Pierre Paroz, notamment dans son ouvrage Foi et raison (Labor et Fides, 1985).

En relisant un livre de David Lodge, j’ai trouvé cette citation où une romancière explique brillamment, ce que je tente d’expliquer laborieusement.

«Sans doute ai-je toujours cru que la conscience était le territoire de l’art, principalement de la littérature, particulièrement du roman. La conscience est en somme ce dont traitent la plupart des romans, en tous cas les miens. La conscience est mon gagne-pain. C’est peut-être pour cette raison qu’elle ne m’est jamais apparue sous l’aspect d’un phénomène problématique. La conscience est simplement le siège de la vie, là où réside le sentiment de l’identité. Le problème consiste à en dépeindre le cheminement, surtout chez des êtres différents de soi. En ce sens, les romans pourraient être qualifiés d’expériences sur la pensée. On invente des personnes, on les place dans des situations hypothétiques et on décide de la manière dont ils vont réagir. L’expérience aboutit à une “preuve” si leur comportement paraît intéressant, plausible, révélateur de la nature humaine.»

David Lodge, Pensées secrètes. Rivages 2001, p. 81-82

La romancière du romancier décrit parfaitement la méthode que je propose à mes étudiant·es. Et je leur partagerai cet exemple lors du prochain cours. Mais j’en modifierai quelques expressions.

Comme les écrivain·es, les théologien·nes inventent des théories, les placent dans des situations — mais des situations réelles — et observent — non pas décident — la manière dont elles réagissent. L’expérience aboutit à une “preuve” si leur comportement paraît intéressant, plausible, susceptible d’aider les êtres humains — plutôt que révélateur de la nature humaine.

Cohabiter? Mais oui, c’est possible!

© Olivier Bauer, 2018