christianisme

Livre # 1 le 5 septembre 2020 : « Le combat spirituel » par Emmanuel Maillard

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi : lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans « Les meilleures ventes en christianisme » sur Amazon.fr. Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres.


Septembre 2020

Sœur Emmanuel Maillard et Laurence Chartier (2020), Le combat spirituel : voie express de l’union à Dieu. Les enfants de Medjugorje, 33 pages.

Une citation percutante

« Le tentateur est sournois : il ne pousse pas directement au mal, mais à un faux bien, en faisant croire que les vraies réalités sont le pouvoir et ce qui satisfait les besoins fondamentaux. » p. 27

Le livre

Les autrices voient le monde comme un champ de bataille et la vie chrétienne comme un combat spirituel, un combat d’abord contre soi-même, contre ses passions, ses blessures et leurs conséquences négatives, un combat dans lequel la prière est la seule arme, un combat à l’issue duquel, Dieu peut donner la paix.

En 5 chapitres, elles expliquent comment remporter le combat : par la prière (chap. 1), « lieu de l’union avec Dieu » ; contre Satan qui perturbe la prière (chap. 2) ; en utilisant les « armes » que sont, entre autres, la récitation de versets bibliques, l’invocation du nom de Jésus, le jeûne ou le chapelet et l’aide des saints et de la vierge Marie (chap. 3) ; dans le chapitre 4, elles affirment que Dieu autorise la tentation pour permettre la croissance spirituelle ; dans le chapitre 5, elles proposent des citations — de saint Macaire à Padre Pio — utilisées pour confirmer leur point de vue et d’autres arguments d’autorité, empruntés à des révélations de la vierge Marie, aux papes Benoît XVI et François et à Léon XIII, pape de 1878 à 1903.

Ce qui peut séduire

Le livre appartient à la littérature de combat. Il dramatise la situation pour faire peur, mais il donne immédiatement les solutions pour s’en sortir. J’imagine qu’il vient conforter un sentiment très à la mode, celui d’un christianisme menacé, assiégé, que ses ennemis voudraient faire disparaître. La personnalité de sœur Emmanuel et le fort accent marial du texte doivent plaire à toute une frange, plutôt conservatrice, du catholicisme. Enfin le prix bas ta brièveté de l’ouvrage en facilite l’achat et la lecture. On ne peut pas exclure que le statut de meilleur vendeur vienne d’un achat massif par un groupe ou une communauté qui les revend ou plus vraisemblablement les distribue.

Mon avis

(+) J’ai apprécié les conseils très pratiques sur la manière de vivre une vie spirituelle ; j’ai lu avec intérêts les nombreuses courtes citations d’autrices et d’auteurs hors de mon champ de connaissance ; ma curiosité teintée d’ironie m’a fait savourer les récits des visions.

(–) Fondamentalement, je n’aime pas ce christianisme de combat qui se méfie du monde et des gens, qui se replie sur lui-même et qui réserve la victoire à celles et ceux qui font les pratiques jugées bonnes.

Les autrices

  • Sœur Emmanuel Maillard est une religieuse catholique de la communauté des Béatitudes à Medjugorje (Bosnie). Le site des éditions de la communauté la présente ainsi : « Sœur Emmanuel Maillard est née en France en 1947. Elle a obtenu une licence de Littérature et d’Histoire de l’Art à la Sorbonne en 1971. Membre de la Communauté des Béatitudes, elle vit à Medjugorje depuis 1989 et voyage dans le monde entier pour évangéliser ». Membre du Renouveau charismatique, elle transmet le message du sanctuaire marial dans des livres, des vidéos, des CD, etc. Le site « Les enfants de Medjugorje » propose ses réflexions et Wikipedia lui consacre une page, mais en italien seulement.
  • Laurence Chartier (1965 —) est autrice et réalisatrice de documentaires sur le catholicisme. Elle travaille pour l’émission catholique de la télévision publique française Le Jour du Seigneur. On peut découvrir la liste de quelques-unes de ses réalisations sur Vodeus, le site de la « Mémoire vivante de l’audiovisuel chrétien ».

La maison d’édition

En général, Emmanuel Maillard publie ses livres dans la maison d’édition de sa communauté, les Éditions des Béatitudes. Mais elle a autoédité celui-ci, sous le label « Les enfants de Medjugorje ».

«Les meilleures ventes en christianisme»

Pour l’année universitaire 2020-2021, je me lance un défi: lire, présenter et commenter chaque 15 du mois le livre classé numéro 1 dans «Les meilleures ventes en christianisme» sur Amazon.fr. Je souhaite ainsi mieux comprendre ce qui du christianisme intéresse les lectrices et les lecteurs. J’ai choisi ce site de vente par correspondance en pensant que son volume de ventes garantit la représentativité du meilleur vendeur. Et je précise que je ne reçois rien, mais que je paye tous les livres.

  • À découvrir le 15 septembre: Sœur Emmanuel Maillard et Laurence Chartier (2020), Le combat spirituel: voie express de l’union à Dieu. Les enfants de Medjugorje. 33 pages.

Dieu ne protège pas du coronavirus mais le coronavirus pourrait aider les religions

Pour savoir ce qu’un théologien du quotidien pense théologiquement de la COVID-19, de son impact sur les rites et de son exploitation par certains groupes religieux, on peut lire ma Tribune sur le médias suisse en ligne heidi.news:

Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en négatif « Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que la première plante que Noé plante après le Déluge, c’est une vigne (Genèse 9, 20).
  2. Parce que la Terre promise est un pays de blé et de vin (Deutéronome 33,28).
  3. Parce que le vin réjouit « Dieu et les êtres humains » (Juges 9,13).
  4. Parce que le vin désaltère ceux qui sont épuisés dans le désert (2 Samuel 16,2).
  5. Parce que le vin rend la vie joyeuse (Qohélet 10,19).
  6. Parce que le vin réconforte « celui qui va disparaître » (Proverbes 31,6).
  7. Parce que le vin vieilli se boit avec joie (Siracide 9,10).
  8. Parce que Jésus était considéré comme un ivrogne (Matthieu 11,19).
  9. Parce que les effets de l’esprit ressemblent à ceux du vin doux (Actes 2,13).
  10. Parce que Paul recommande boire un peu de vin pour soulager son estomac (1 Timothée 5,23).

Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vin ! 10 arguments bibliques.

À l’occasion de la publication du collectif Esprit du vin, esprit divin (Bauer, O. [éd.]. Esprit du vin, esprit divin. Labor et Fides : 2020), je me permets de méditer sur un jeu de mots. Une fois en positif et une fois en négatif (lire donc aussi en positif « Tu invoqueras le nom du Seigneur ton Dieu en vin »).

  1. Parce que l’ivresse conduit Noé à se montrer nu (Genèse 9, 21).
  2. Parce que les prêtres n’ont pas le droit de boire du vin (Lévitique 10,9).
  3. Parce que le vin est le « poison des dragons » et le « venin cruel des vipères » (Deutéronome 32,33).
  4. Parce que le vin empêche de devenir sage et riche (Proverbes 20,1 et 21,17)
  5. Parce qu’il « n’y a pas de secret là où règne l’ivresse » (Proverbes 31).
  6. Parce que le vin empêche de discerner « l’action du SEIGNEUR » (Ésaïe 5,12).
  7. Parce que ceux qui sont « grisés par le vin » se fourvoient et « vacillent dans leurs décisions » (Ésaïe 28,7).
  8. Parce que le vin déçoit (Habacuc 2,5).
  9. Parce que « le vin et les femmes égarent l’homme intelligent » (Siracide 19,2).
  10. Parce qu’il est « beau de ne pas boire de vin » (Romains 14,21).

Un Noël sans Jésus? Mais oui, c’est possible!

Le théologien du quotidien navigue sur Internet et tombe sur cet «ugly holiday sweater» (il est en solde!)

Le théologien du quotidien salue le souci d’œcuménisme (à défaut d’esthétisme) qui réunit dans le même cardigan une fête juive et une fête chrétienne. Il est frappé par l’asymétrie: le côté Hanouka est illustré par des symboles juifs, mais rien n’évoque l’origine chrétienne de Noël.

Je le disais en 2015 déjà: «Noël n’est plus la seule propriété des chrétiens». Ce qui ne me choque pas. Car c’est un beau cadeau que Dieu a fait au monde, sans y mettre aucune condition de foi!

À ce sujet, on peut relire l’entretien que j’avais donné dans le quotidien suisse 24 heures.