« Si la porte est fermée, entrez par la fenêtre! » (Ecclésiologie et évangélisation, quatrième cours)

Résumé des épisodes précédents:

Le professeur Olivier Bauer a décidé de donner un cours de théologie vraiment pratique. Avec les pasteurs de Saint-Laurent Église, il a lancé un défi aux étudiant.e.s de Master: «Transformer les portes en seuils et les seuils en passage» (voir la présentation du cours).

La première semaine, les quatorze étudiant.e.s ont proposé à Saint-Laurent Église sept idées. Trois ont été retenues: créer un chemin qui conduise dans l’église et qui montre dehors ce qui se passe dedans; installer une communauté; organiser des combats de boxe pour symboliser les luttes spirituelles (voir le récit du premier cours).

La deuxième semaine, les étudiant.e.s ont commencé à transformer leur idée en projet. Dans un premier temps, ils ont cherché à savoir comment ils pouvaient rendre leur projet plus fidèle à l’Évangile, dans son interprétation réformée (voir le récit du deuxième cours).

La troisième semaine, les étudiant.e.s ont cherché à rendre leur projet plus efficace dans le contexte socio-culturel de Saint-Laurent Église, mais aussi par rapport aux personnes qui fréquentent ce « lieu-phare » de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud ou qui pourraient le fréquenter (voir le récit du troisième cours).


Sur les réseaux sociaux: vendredi 22 avril 2016, 6h53.

Je reçois un long commentaire sur mon blogue. Il vient de « Marcel Raymond Vonnez, pasteur retraité de l’EERV, 83 ans » qui tient à apporter sa contribution au défi et à réagir aux propositions des étudiant.e.s. Je leur transmets aussitôt son commentaire. Une étudiante prend la peine de lui répondre. Merci à Marcel Vonnez et merci à Agnès.

Sur les réseaux sociaux: vendredi 22 avril 2016, 10h01.

@UNIL, le compte Twitter de l’Université de Lausanne gazouille ceci:

unil
#FF @Bauer_Olivier, professeur à la Faculté de théologie et de sciences des religions, qui blogue ses cours: https://t.co/ENfsSxi6R4
22.04.16 10:01

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 9h15.

Je commence le cours en partageant avec mes étudiant.e.s un article de Protestinfo, l’agence suisse de presse protestante. Sous le titre « Un banc se promène au Val-de-Travers« , il raconte une initiative stimulante de la paroisse du Val-de-Travers dans l’Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel: sortir de l’église un banc d’église!

Crédit: David Allisson

Crédit: David Allisson

Sa mission est d’aller à la rencontre des personnes qui ne viennent pas volontiers à l’église. En effet, «des gens préfèrent croire à leur façon ou ne veulent absolument pas entrer dans une église, et c’est une manière de les rejoindre», confie David Allisson. Il est très important de «ne pas avoir d’idées préconçues lors des rencontres», poursuit-il. Promeneurs, passants, pratiquants ou non, ayant une vie spirituelle ou pas, tous sont invités à s’asseoir sur ce banc, pour converser ou partager un moment. «Il n’y a pas l’idée d’évangéliser, mais d’écouter et d’échanger», précise le pasteur.

Une excellente manière de « Transformer les portes en seuil et les seuils en passage »! David, j’aime bien ce que tu fais! (Je sais qu’il lit parfois ce blogue; on peut le suivre sur son compte Twitter @DavidAllisson). Le temps d’une discussion et le cours continue. Aujourd’hui, les étudiant.e.s ont 90 minutes pour mettre en commun leurs découvertes, issues de leurs lectures en histoire, en sociologie, en psychologie, en anthropologie, en gestion, etc. C’est un avantage du travail en groupe, on mobilise plus de connaissances que si l’on était seul. Cette semaine, ils/elles ont pour tâche de rendre leurs projets plus efficaces dans le contexte socio-culturel de Saint-Laurent Église. Chaque groupe s’égaille pour travailler dans son environnement préféré. Mais cette fois, je connais leurs habitudes et je sais où les retrouver. Tous, sauf un. Et je passe les rencontrer en leur demandant si tout va bien et si je peux leur être utile. Tous répondent oui à la première question et non à la seconde. Moment d’humilité du professeur… Mais moment de joie et de fierté quand un étudiant me confie en aparté que la brièveté du travail demandé pour valider le cours l’a frustré; le sujet l’a passionné, il aurait voulu en écrire plus. Et quand je lui demande si cela lui arrive souvent, il réfléchit un instant et répond que non, que c’est la première fois.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 11h30.

Tour à tour, chaque groupe vient présenter son projet. Ils ont beaucoup évolué depuis l’idée imaginée la première semaine. Ils sont  plus aboutis, mais ils sont aussi parfois très différents. Le passage par la double interprétation en théologie et en sciences, sciences humaines et sciences sociales a porté du fruit. Je maintiens le suspens. Vous ne connaîtrez les projets que mercredi prochain, après qu’ils auront été présentés à Saint-Laurent Église.

Vient l’heure de la pause de midi. Pour les un.e.s, repos ou repas; pour les autres, étude biblique dans le cadre de l’aumônerie universitaire; pour le professeur, entretien avec le quotidien français La Croix (sur le pain, ça ne se refuse pas) et rencontre avec le doyen de la faculté, le sociologue des religions Jörg Stolz.

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 13h15.

L’après-midi est consacrée à un retour sur le thème du cours: trois questions à débattre en plénum: « À quelles portes fermées vous êtes-vous heurté.e.s? Quels seuils avez-vous passés? Quels passages avez-vous trouvés ou creusés? » Les réponses évoquent le contenu, mais elles s’orientent vers une réflexion fondamentale, sur l’idée même d’une porte grande ouverte: sur quoi? pour qui? pourquoi? À l’appui, deux références bibliques, qui pourraient remettre en cause le défi. (Heureusement, personne ne cite la conclusion de la parabole des invités au banquet: 23Le maître dit alors au serviteur: “Va-t’en par les routes et les jardins, et force les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie. Évangile attribué à Luc, chapitre 14.)

13Entrez par la porte étroite. Large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux ceux qui s’y engagent; 14combien étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux ceux qui le trouvent. Évangile attribué à Matthieu, chapitre 7.

20Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi. Apocalypse, chapitre 3.

Je me rassure: si la porte est étroite, au moins elle peut s’ouvrir… Le professeur serait-il un peu désabusé? Pour nous tou.te.s, c’est le quatrième cours intensif consécutif. En 22 jours: 36 heures de cours sur le même sujet, plus la préparation, plus les travaux. C’est long… Mais une belle expression de l’un des groupes me redonne de l’énergie: « La porte était fermée et nous sommes entrés par la fenêtre ». Et de fait, ce groupe a littéralement retourné l’église. (Mais si c’est possible! Vous saurez comment la semaine prochaine.)

 UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 14h30.

IltpCh
Cours Ecclesiologie et évangélisation: @bauer_olivier reçoit le pasteur et théologien Virgile Rochat, pour parler d’une Église publique.
26.04.16 14:58

Les thèses de son livre « Le temps presse! » ayant été quelque peu discutées (voir le compte-rendu du troisième cours), j’ai invité Virgile Rochat (pasteur, théologien, ancien aumônier de l’Université, un ami aussi), pour qu’il puisse exposer sa version d’une Église de service publique.

Difficile de résumer ses propos (mieux vaut lire son livre), mais je peux redire quelques idées fortes:

« La religion, c’est la gestion historique et sociale du spirituel. Elle s’est construite comme une langue, du cri primitif au langage articulé. »

« Une Église publique a comme mission de gérer le sacré endémique. » (Celui de la région où vit cette Église)

« En tant que pasteur, je suis reçu comme quelqu’un qui a une relation particulière avec Dieu. »

« Jésus dit: Tu as une chance, tu as le droit, tu peux. »

UNIL, bâtiment Anthropole: mardi 26 avril 2016, 15h40.

J’ai juste le temps de rappeler que mardi prochain, il faudra présenter les projets à Saint-Laurent Église. Il faudra convaincre et peut-être séduire…


Et rendez-vous sur mon blogue pour le compte-rendu du cinquième e dernier cours: mercredi 4 mai.

Un commentaire

  1. Merci Olivier! Je lis en effet ton blog avec plaisir et intérêt! Bon vent aux portes, seuils et passages et celles et ceux qui les ouvrent!

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